Château de la Jaubertie - Rangs de vignes bordés de cyprès sous un ciel nuageux à Colombier

Château de la Jaubertie

  • Sud-Ouest

    Région viticole

  • 42ha

    Surface du vignoble

  • Bio

    En bio depuis 2006

Sommaire

Un château Directoire au sud de Bergerac

Du relais de chasse d’Henri IV à la maison de Léon Beylet

Le Château de la Jaubertie se trouve à Colombier, en Dordogne, à une centaine de kilomètres de Bordeaux. Ses vignes, conduites en agriculture biologique, donnent des vins d’appellation Bergerac et Monbazillac, avec quelques cuvées en IGP Périgord et en Vin de France. Le domaine doit son nom à la Jaubertie, une petite rivière qui traverse toujours la propriété.

Son histoire commence très tôt. Le domaine fait état de vestiges d’un campement néolithique, puis d’un fief connu au XIIe siècle. Au XVIe siècle, Henri IV en fait un relais de chasse, qu’il offre à Gabrielle d’Estrées.

Pendant la Révolution, le château devient la résidence de Léon Beylet, que le domaine présente comme le médecin favori de Marie-Antoinette. C’est lui qui achève la construction dans le style Directoire. En 1916, un incendie endommage une partie de l’édifice, et le fronton actuel date de sa reconstruction.

Château de la Jaubertie - Façade Directoire du château avec son fronton et son bas-relief
La façade Directoire et son bas-relief. Photo Victoria Hardina.

Façades, pavillons et pigeonniers inscrits aux Monuments historiques

Le château est inscrit aux Monuments historiques. La protection porte sur les façades et les toitures du château, sur les pavillons, les pigeonniers et le puits. La notice du ministère de la Culture le décrit comme un édifice reconstruit à la fin du XVIIIe siècle et remanié au XIXe.

Entre la fin du XVIIIe et le début du XXe siècle, les pavillons ont été détachés du bâtiment principal. La silhouette de l’ensemble a changé à ce moment-là.

Château de la Jaubertie - Tour octogonale à toit d’ardoise couverte de lierre
Une tour octogonale du domaine, couverte de lierre.

Les Ryman à Colombier depuis 1973

Nick Ryman, homme d’affaires britannique, achète la Jaubertie en 1973. Son fils Hugh Ryman, œnologue connu comme flying winemaker, quitte ensuite les vignobles d’Australie pour reprendre la propriété, restée dans la famille.

Aujourd’hui, Hugh Ryman est l’œnologue du domaine et Anne Ryman le dirige. Autour d’eux, Grégoire est responsable d’exploitation, Émilie s’occupe des ventes et de l’œnotourisme, et Thierry est chef de culture. Une équipe d’une dizaine de personnes fait tourner la propriété.

Quarante-deux hectares en bordure de Monbazillac

Le plateau, les coteaux et les bas-fonds de boulbène

Le vignoble couvre 42 hectares en bordure de l’appellation Monbazillac. Le climat y mêle des influences semi-continentales et océaniques. Les étés secs se prêtent à la culture biologique. Les printemps, parfois humides, obligent en revanche à surveiller le mildiou de près.

La propriété se partage en trois terroirs. Sur le plateau, une argile brun rougeâtre recouvre un calcaire blanc, avec une roche mère entre 0,5 et 2 mètres de profondeur. Ce sol garde l’humidité et protège les rouges du stress hydrique pendant les étés secs.

Les coteaux qui entourent le plateau sont riches en calcaire. Le domaine y cultive ses blancs, le sauvignon en tête, et leurs expositions variées donnent des profils aromatiques différents. Plus bas, les bas-fonds d’argile grise, la boulbène, sont plus lourds et plus humides. Le raisin y mûrit plus tard : ils vont aux rosés et à certains blancs.

Onze cépages, dont la mérille et le fer servadou

Côté blancs, le domaine cultive sauvignon, sémillon, muscadelle, chardonnay et, depuis peu, chenin. Côté rouges, merlot, malbec, cabernet franc et cabernet sauvignon côtoient deux cépages anciens du Sud-Ouest, la mérille et le fer servadou.

Les vignes sont plantées à 5 500 pieds par hectare pour les blancs et à 5 000 pour les rouges. Toutes sont palissées à la verticale et taillées à latte ou à courson. Depuis 2008, les nouvelles plantations viennent de sélections massales : le sauvignon, le sémillon et le cabernet sauvignon sont issus du domaine, le cabernet franc de sélections de Saint-Émilion.

Château de la Jaubertie - Thierry, chef de culture, dans les vignes
Thierry, chef de culture du domaine.

En bio depuis 2006, entre couverts, jachères et bois laissés à eux-mêmes

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique en 2006, sous le contrôle d’Ecocert. Ses raisins et ses vins sont certifiés bio. En 2026, le registre de l’Agence Bio compte aussi des parcelles de vigne en conversion.

Entre les rangs, un couvert semé chaque année (vesce, orge, féverole, pois) nourrit le sol à la place des engrais. Les parcelles arrachées restent trois ans en jachère, semées de phacélie, d’orge et de luzerne. Sur les terres non plantées, luzerne, tournesol et maïs attirent les abeilles et les oiseaux.

Contre l’eudémis, un papillon ravageur de la vigne, le domaine pratique la confusion sexuelle. Il laisse aussi certains bois sans entretien : les arbres morts y nourrissent la microflore, les insectes et les oiseaux. Au-delà de la vigne, l’exploitation est certifiée bio pour des prairies, du sorgho, des bois et des truffes.

Château de la Jaubertie - Prairie fauchée et vignes en lisière de bois
Prairie fauchée en lisière des vignes. Photo Victoria Hardina.

Au chai, peu de soufre et des rouges non filtrés

Des rouges vinifiés à basse température

La date de vendange des rouges se décide sur l’arôme du fruit, le pH et la maturité des tanins. Les vins fermentent à basse température, sans ajout de soufre. Le domaine limite les remontages et les délestages, pour garder la netteté du fruit sans trop extraire.

Les Tradition macèrent trois jours à froid avant fermentation, et sont pressés avant qu’elle se termine. Monologue, Mirabelle et Colombier passent au contraire par une macération après fermentation, puis s’élèvent en fûts de chêne français de 225 et 400 litres, avec un apport minime de soufre. La fermentation malolactique attend le printemps suivant. Tous les rouges sont mis en bouteille sans filtration.

Château de la Jaubertie - Chai à barriques sous charpente bois
Le chai à barriques. Photo Eric Sander.

Des blancs vendangés à l’aube

Les blancs se récoltent à l’aube, au moment le plus frais de la journée. Si besoin, les raisins sont refroidis entre 5 et 8 °C avant pressurage. Une part de 15 à 20 % des jus fermente en barriques de chêne français de trois à cinq ans. Le domaine travaille avec six souches de levures, choisies selon le profil de chaque parcelle.

Les blancs s’élèvent ensuite sur lies, sans sulfites ajoutés, pendant un à quatre mois. Les rosés suivent un chemin proche. Le contact entre le jus et les peaux reste très court, et c’est ce qui leur donne une teinte pâle.

Les Cépages Oubliés, vinifiés sans aucun intrant

Pour ses vins nature, le domaine s’en tient à une règle : aucun intrant extérieur. Vendangés à la main, les raisins macèrent trois jours à froid, sans levures ajoutées, sans additifs et sans filtration. L’élevage se fait uniquement en cuve, et la mise en bouteille sans soufre. Le vin peut garder un léger trouble naturel.

La gamme Les Cépages Oubliés est vinifiée selon le cahier des charges Vin Méthode Nature. Le rouge assemble 40 % de mérille, 40 % de fer servadou et 20 % de malbec, pour un vin de fruits rouges et de baies sauvages aux tanins soyeux. Le blanc associe sémillon, sauvignon blanc et chenin. Les deux sortent en IGP Périgord.

Bergerac, Monbazillac et IGP Périgord : le profil des vins

Colombier, l’une des cinq communes du Monbazillac

Colombier fait partie des cinq communes de l’aire du Monbazillac, avec Monbazillac, Pomport, Rouffignac-de-Sigoulès et Saint-Laurent-des-Vignes, sur la rive gauche de la Dordogne, au sud de Bergerac. Le domaine y produit un liquoreux. L’essentiel de sa gamme sort pourtant en Bergerac : rouge, rosé et blanc sec.

Tradition, Mirabelle, Monologue : trois niveaux de gamme

La gamme Tradition rassemble des vins de fruit. Le blanc sec, sauvignon et sémillon, sent les agrumes. Le rosé est pâle et le rouge, merlot et malbec, a des tanins souples. Le Chardonnay de la Jaubertie, non boisé, l’accompagne en IGP Périgord.

Mirabelle est le grand vin du château, issu des meilleures parcelles et élevé en fût.

Le blanc, 85 % sauvignon et 15 % sémillon, passe 12 mois en fûts de 300 litres : il est riche et minéral, sur les fruits jaunes, le sureau et des notes fumées. Le rouge, merlot et cabernet sauvignon à parts égales avec un peu de cabernet franc, s’élève 18 mois et demande à être carafé.

Monologue associe un cépage à un terroir. Le cabernet franc vient du plateau, sur argile brune et calcaire à un mètre, et s’élève en barriques de 400 litres et en amphore. Le chardonnay vient du terroir de Labadie, un versant sud riche en argile, avec du calcaire.

Château de la Jaubertie - Quatre bouteilles du domaine devant la façade du château
Quatre vins du domaine devant la façade du château.

Colombier, un Monbazillac et deux vins de bulles

La cuvée Colombier, la plus prestigieuse du domaine, ne sort que les grandes années. Elle assemble 75 % de cabernet sauvignon, 15 % de cabernet franc et 10 % de merlot, élevés deux ans en fûts neufs. Le Monbazillac Mirabelle vient de vieilles vignes de sémillon et de muscadelle, récoltées en plusieurs tries.

Deux effervescents complètent la gamme : un pétillant naturel baptisé Joe & Bertie et un brut rosé de malbec et de cabernet franc.

Le domaine compte quatre coups de cœur au Guide Hachette des vins, le quatrième dans l’édition 2010 pour le Mirabelle rouge 2007. Plus près de nous, le Mirabelle blanc 2023 a obtenu deux étoiles dans l’édition 2026, et le Tradition blanc 2023 une médaille d’or au Concours général agricole 2024.

Venir à la Jaubertie

Une visite du vignoble et des chais

La salle de dégustation est ouverte toute l’année. Une visite guidée de 45 minutes fait découvrir le vignoble et les chais, puis se termine par une dégustation, sur réservation. D’autres formules associent la visite à un buffet en accords mets et vins, ou à une planche de fromages et de charcuteries préparée par une maison de Bergerac. Les groupes sont reçus sur demande.

Concerts, expositions et séminaires au château

Le château accueille au fil de l’année des concerts, des pièces de théâtre, des expositions et des cours de yoga. Une salle de réception se loue aussi pour une réunion ou un séminaire. Le domaine se trouve dans le Périgord pourpre, à quelques kilomètres des châteaux de Monbazillac et de Bridoire.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Clos Lapeyre

    Le Clos Lapeyre cultive 18 hectares de Petit et de Gros Manseng sur les coteaux de Chapelle-de-Rousse, à Jurançon, en bio depuis 2002 et en pratiques biodynamiques. Ancienne ferme de fraises et de vaches blondes, le domaine naît en 1985 avec Jean-Bernard Larrieu, troisième génération de la famille. Ses terrasses, plantées dès 1972, comptent parmi les premières de l’appellation, avant un retour à la plantation dans la pente. Il produit des Jurançon secs de garde, des moelleux passerillés et quelques vins nature.

  • Domaine Nigri

    Au quartier Candeloup de Monein, le Domaine Nigri est une propriété viticole depuis 1685, tenue par la quatrième génération de Lacoste. L’œnologue Jean-Louis Lacoste y conduit 15 hectares de coteaux en Jurançon, engagés en bio depuis 2001. Le domaine garde deux cépages béarnais devenus très rares, le camaralet et le lauzet, qui entrent dans ses cuvées Confluence et Hors Piste. Sa production se partage à parts égales entre jurançon sec et jurançon doux.

  • Château les Miaudoux

    Le Château les Miaudoux cultive la vigne à Saussignac, en Dordogne, où Gérard et Nathalie Cuisset se sont installés en 1987. Converti en bio en 2003, le domaine est passé en biodynamie certifiée Demeter à l’arrivée de leur fils Samuel et de son épouse Lisa, en 2014. Il produit du bergerac blanc, rouge et rosé, et des liquoreux de Saussignac issus de ses plus vieilles vignes, dont une cuvée sans sulfite ajouté. Brebis, cheval et pruneaux d’Agen complètent une ferme qui préfère l’observation du sol au dogme.

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

  • Château Feely

    Le Château Feely cultive 7 hectares de vignes à Saussignac, en Dordogne, repris en 2005 par Caro et Sean Feely. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2007, le vignoble suit aussi des pratiques biodynamiques et n’utilise en moyenne que 1,5 kg de cuivre par hectare. La plupart des vins sortent en Vin de France sous des noms en « ité », dont le Silex, né d’un sémillon planté en 1945. Les rouges sont des vins naturels depuis 2014, et un parcours biodynamique balisé fait découvrir les vignes.

  • Château de Mayragues

    Le Château de Mayragues cultive 12 hectares de vigne en biodynamie depuis 1999 dans l’appellation Gaillac, près de la forêt de la Grésigne. Premier domaine du Gaillacois labellisé en biodynamie, il porte aujourd’hui le label Demeter. Ses vins reposent sur les cépages locaux, duras et braucol en rouge, mauzac et loin de l’œil en blanc, du sec jusqu’au vin de voile. La famille Geddes restaure depuis 1980 cette maison forte du XIIe siècle, inscrite aux Monuments historiques.

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

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