Château Barouillet - Amphores en terre cuite alignées dans le chai

Château Barouillet

Région viticole

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Sud-Ouest

BioDemeter

Huit générations au Barouillet, et un virage pris en 2010

Le Château Barouillet appartient à la même famille depuis huit générations, sur les hauteurs de Pomport, en Dordogne. Le domaine se trouve au milieu de l’aire d’appellation Monbazillac. Il produit des vins bio et biodynamiques en Bergerac, en Pécharmant et en Vin de France. Il est engagé en agriculture biologique depuis 2010 et certifié Demeter.

Un hameau de Pomport et une lignée de vignerons

L’arrière-grand-père, Émilien, compte parmi les pionniers de la vente en bouteille à Monbazillac. À partir de 1945, Yves Alexis, dit Milou, connaît l’arrivée de la mécanisation et de la chimie agricole. Il organise aussi des fêtes publiques et des courses de vélo au départ du domaine. Le hameau du Barouillet vit alors comme un petit village d’une cinquantaine de personnes.

Château Barouillet - La famille Alexis réunie sur un banc devant la maison
Plusieurs générations de la famille Alexis réunies au Barouillet.

Dans les années 1980, Gérard Alexis prend le relais pour plus de cinquante millésimes. C’est l’époque du vrac, de la grande distribution et de l’agrandissement. En 1992, il achète des vignes à Pécharmant. Il s’occupait encore des bâtiments et de la gestion quand il a disparu brusquement, en juillet 2024.

Vincent Alexis sort du vrac et passe en bio

Vincent Alexis revient à Pomport en 2010. Il a étudié dans le Languedoc et en Bourgogne, puis vinifié à l’étranger, surtout au Canada. Il convertit le vignoble en bio dès son installation : son engagement auprès d’Ecocert date du 12 mars 2010.

La conversion avance par étapes. Tout le domaine est certifié ou en conversion en 2014, et entièrement certifié bio depuis 2018. Dans le même temps, Vincent arrête le vrac et la grande distribution, et ouvre les ventes à l’export.

Château Barouillet - Vincent Alexis assis sur des fûts dans le chai
Vincent Alexis a repris le domaine familial en 2010.

Le Guide Hachette remarque vite le changement. Son édition 2014 fait entrer le domaine avec un monbazillac 2011 noté d’une étoile. Elle relève déjà le choix des levures indigènes et des fermentations longues.

Une petite équipe entre la vigne et le caveau

Vincent travaille avec Romuald, apprenti au Barouillet en 2012, parti créer son propre domaine puis revenu. Tous deux pensent ensemble le passage en biodynamie, au chai comme à la vigne. Nicolas, d’abord saisonnier, est devenu chef d’équipe pour les travaux de saison et suit la partie technique du vignoble l’hiver.

Estelle, au domaine depuis 2015, tient le secrétariat et accueille les visiteurs pour la dégustation de la gamme. Ghislain a rejoint l’équipe fin 2025 sur un poste polyvalent.

Quarante hectares en trois îlots, de Pomport à Lembras

Le domaine s’étend sur 40 hectares répartis en trois îlots. Pomport se trouve au sud de Bergerac, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Saint-Émilion. Le Barouillet y occupe l’un des plateaux les plus hauts de l’appellation Monbazillac, à 175 mètres.

Vingt-six hectares de blancs autour du chai

Autour du domaine, un îlot de 26 hectares porte les blancs : pétillants, secs, moelleux et liquoreux. Les sols sont des argilo-calcaires, faits de couches alternées de calcaire lacustre et de molasses. Les vignes ont 50 ans en moyenne et sont plantées à 5 000 pieds par hectare.

Château Barouillet - Le vignoble vu depuis la lisière des bois et des fougères
Les vignes du domaine, vues depuis la lisière des bois.

L’encépagement déborde largement du cadre de l’appellation. Le sémillon et la muscadelle côtoient le sauvignon blanc, gris et même rose. S’y ajoutent le chenin, l’ondenc, l’ugni blanc, le chardonnay et les grenaches blanc, gris et noir. Au total, le domaine cultive plus de vingt-cinq cépages.

À Mescoules, les rouges et la mérille

Sur les communes de Mescoules et de Pomport, 10 hectares de rouges profitent d’expositions est-ouest. Les sols sont argileux, peu profonds, à tendance calcaire. Les vignes ont une trentaine d’années. Le cabernet sauvignon, le merlot, le cabernet franc et le malbec en forment la base, classique pour la région.

Le domaine y a planté de la mérille, aussi appelée périgord, l’un des rares cépages autochtones de la Dordogne. Le fer servadou, ou braucol, vient du reste du Sud-Ouest. Plus récemment sont arrivés le pinot noir, le trousseau et le poulsard, par goût personnel, pour des rouges légers et frais.

Quatre hectares de Pécharmant et un second chai à Lembras

Au nord de Bergerac, sur la commune de Lembras, le domaine exploite 4 hectares en appellation Pécharmant. Ils sont exposés plein sud, sur une pente douce. Le sol mêle grès roulés, silex et argiles sableuses. Le tout repose sur une argile blanche et sur le tran, l’argile ferrugineuse typique de ce terroir.

Les vignes, d’une trentaine d’années, sont plantées à 5 500 pieds par hectare en merlot, cabernet franc et malbec. Un second chai, installé au milieu des parcelles, permet de traiter la vendange dès qu’elle arrive.

Une biodynamie certifiée Demeter, préparations faites sur place

Du calendrier lunaire aux tisanes de plantes

Le Barouillet suit le calendrier lunaire, à la vigne comme au chai. Il ajoute à ses bouillies de traitement des tisanes et des décoctions de plantes. Enherbement, travail du sol ou tonte se décident parcelle par parcelle, selon leur nature et la météo de l’année.

Le domaine voit dans cette approche un retour à une agriculture paysanne, attentive à chaque terroir. Les vendanges se font à la main.

Bouse de corne et silice de corne maison

La certification Demeter couvre tout le domaine depuis 2021. Le Barouillet fabrique lui-même ses préparations biodynamiques, la bouse de corne et la silice de corne.

Château Barouillet - Cornes de vache pour la bouse de corne, préparation biodynamique
Cornes pour la bouse de corne, préparée au domaine.

Pour l’équipe, la biodynamie va plus loin que l’exclusion des produits de synthèse. Elle considère le domaine comme un organisme vivant. Le sol n’y est pas un simple support, c’est un milieu de vie pour la vigne.

Au chai, des amphores plutôt que des barriques

Levures indigènes et soufre à dose minimale

Le raisin arrive par tapis élévateur, passe au pressoir pneumatique et circule à la pompe péristaltique. Toutes les fermentations se font en levures indigènes. Le seul intrant toléré est le soufre, à très faible dose. Plusieurs rouges sont même mis en bouteille sans sulfitage.

La plupart des vins ne sont ni filtrés ni collés. Le domaine reconnaît le risque : se passer de levures sélectionnées demande une hygiène irréprochable au chai. Il y voit en retour une garantie de typicité.

Béton, inox, grès et terre cuite

L’élevage change avec chaque vin. Il se fait en cuves de béton ou d’inox, en œufs en béton, en foudres et surtout en amphores de grès ou de terre cuite, de toutes tailles. Le domaine écarte la barrique, pour ne pas maquiller ses vins, et recherche une micro-oxygénation douce.

Il aime assembler dans une même bouteille des vins élevés en cuve, en amphore et en béton. O’ranch est son premier vin orange. La muscadelle, l’ondenc et le chenin y macèrent six mois en amphore de terre cuite, puis y restent encore un an.

Bergerac, Pécharmant et Vin de France : le profil des vins

Des blancs entre lies fines et macération

Le Bergecrac blanc assemble sauvignon blanc et gris, sémillon et chenin, élevés sur lies fines en cuve. Son nez part sur le toasté et le beurré avant la pêche et les agrumes. La bouche rappelle le pamplemousse.

Truculence vient d’un sauvignon blanc de 60 ans sur calcaire, macéré six jours puis fermenté en foudres et en amphores. C’est un blanc dense, de gastronomie. À l’opposé, Splash, pétillant naturel 100 % sémillon, joue la bulle légère pour l’apéritif.

Des rouges de fruit, souvent sans soufre

Le Bergecrac rouge mêle malbec, cabernets et merlot, en partie en grappes entières, sans soufre. Larcin, en appellation Bergerac, se vinifie surtout en grappes entières, avec une part de macération carbonique. Son millésime 2022 a reçu une étoile au Guide Hachette 2025.

Gibus, 100 % cabernet franc, macère en amphore puis y vieillit deux ans. En Pécharmant, Hécate s’élève douze mois en œuf béton, et la cuvée Pécharmant se garde une dizaine d’années. Toutan Kharbo, un primeur, assemble merlot, malbec, sauvignon rose et sémillon.

Un liquoreux déclassé en Vin de France

Monbazar naît de raisins entièrement botrytisés, cueillis sur les plus hauts coteaux calcaires. Sa fermentation dure douze mois, avec les seules levures du raisin. Elle s’arrête d’elle-même vers 10,5 %. Le monbazillac exigeant 12 % d’alcool, le vin sort en Vin de France.

La Gouyate, moelleux de chenin, de sémillon et de muscadelle, garde 25 g/l de sucre et une attaque acidulée. Le domaine décrit l’ensemble comme des vins festifs et vivifiants, pour les grands moments comme pour les grandes soifs.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Feely

    Le Château Feely cultive 7 hectares de vignes à Saussignac, en Dordogne, repris en 2005 par Caro et Sean Feely. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2007, le vignoble suit aussi des pratiques biodynamiques et n’utilise en moyenne que 1,5 kg de cuivre par hectare. La plupart des vins sortent en Vin de France sous des noms en « ité », dont le Silex, né d’un sémillon planté en 1945. Les rouges sont des vins naturels depuis 2014, et un parcours biodynamique balisé fait découvrir les vignes.

  • Château de Mayragues

    Le Château de Mayragues cultive 12 hectares de vigne en biodynamie depuis 1999 dans l’appellation Gaillac, près de la forêt de la Grésigne. Premier domaine du Gaillacois labellisé en biodynamie, il porte aujourd’hui le label Demeter. Ses vins reposent sur les cépages locaux, duras et braucol en rouge, mauzac et loin de l’œil en blanc, du sec jusqu’au vin de voile. La famille Geddes restaure depuis 1980 cette maison forte du XIIe siècle, inscrite aux Monuments historiques.

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

  • Domaine de Brin

    Le Domaine de Brin cultive 14 hectares de vignes en AOC Gaillac à Castanet, dans une ferme familiale où poussent aussi lentilles, pois chiches et orge brassicole. Damien Bonnet y met les vins en bouteille depuis 2008, en bio dès le départ, avec une certification engagée en 2011. Mauzac, loin de l’œil, braucol, duras et prunelart s’élèvent en jarre de grès, en amphore, en foudre ou en béton. Ses quinze cuvées vont du pétillant naturel au vin de voile, en passant par l’orange et les doux.

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