Château les Miaudoux - Rangs de vigne enherbés au printemps et pigeonnier de pierre sur le coteau, à Saussignac

Château les Miaudoux

Région viticole

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Sud-Ouest

BioDemeter
Sommaire

Le Château les Miaudoux produit des vins bio et biodynamiques à Saussignac, en Dordogne, dans les appellations Bergerac, Côtes de Bergerac et Saussignac. La famille Cuisset y travaille depuis 1987. Elle a converti la propriété en bio en 2003. La génération suivante l’a menée à la biodynamie certifiée Demeter en 2014.

Deux générations de Cuisset sur le coteau de Saussignac

Gérard et Nathalie, du vin et des pruneaux d’Agen

Gérard et Nathalie Cuisset achètent l’exploitation des Miaudoux en 1987. Ils se lancent dans la production et la vente de bergerac, en blanc sec, moelleux, rosé et rouge, et de saussignac. À leurs débuts, la vigne occupe 25 hectares, et des pruniers 8 hectares de plus, pour le pruneau d’Agen.

Le domaine vend toujours ses pruneaux d’Agen et un jus de pruneaux, à côté de jus de raisin blanc et rouge. Son logo porte d’ailleurs la mention « Vin & pruneaux biodynamiques ».

En 2003, le couple convertit l’exploitation à l’agriculture biologique et s’engage auprès d’Ecocert pour la certification de ses produits.

Samuel et Lisa, et le passage à Demeter en 2014

En 2014, leur fils aîné Samuel et son épouse Lisa s’installent sur l’exploitation. Toutes les surfaces passent alors en biodynamie, et les produits obtiennent le label Demeter. Le couple dirige aujourd’hui l’EARL des Miaudoux, certifiée en bio par Ecocert et adhérente de Demeter France.

Lisa a un temps développé du maraîchage bio à côté de la vigne. L’exploitation s’est depuis concentrée sur le vin, sans abandonner les prunes ni les jus.

Une biodynamie qui observe avant d’appliquer

Steiner lu comme un ingénieur, pas comme un prophète

Le domaine ne présente pas la biodynamie comme un dogme. Sur son site, sous le titre « Notre éthique », la famille lit Rudolf Steiner comme un ingénieur qui a posé des hypothèses. Pas comme un messager à suivre à la lettre.

D’où une règle de travail simple : observer le sol et les plantes avant tout. Vitalité, force, couleur et éclat servent à interroger la théorie, pas à la réciter. Le domaine reconnaît même que les sols de qualité biodynamique restent rares, chez les biodynamistes compris. Il parle plus volontiers de « sol en chemin vers la biodynamie ».

Le domaine pointe surtout la fumure mal compostée. Elle libère nitrates et phosphates dans l’eau du sol, que la vigne absorbe à son insu. La plante pousse alors plus que nécessaire et devient vulnérable aux parasites.

Compost, préparations, brebis et cheval

Le cahier des charges Demeter impose un compost biodynamique à la vigne. Elle reçoit aussi, au moins une fois par an, les préparations de bouse de corne et de silice de corne. Il réduit aussi le recours aux sulfites et interdit de nombreuses enzymes, colles et levures au chai.

Aux Miaudoux, les animaux reviennent dans les cultures. À la suite de son père, Samuel élève un troupeau de brebis, pour préserver l’équilibre entre le végétal et l’animal. Quelques jeunes parcelles sont travaillées au cheval, en prestation, pour réduire l’impact du travail du sol.

Saussignac, la petite appellation des tries successives

Quatre communes et le « muscat fou »

L’appellation Saussignac ne couvre que quatre communes : Saussignac, Razac-de-Saussignac, Monestier et Gageac-et-Rouillac. Reconnue en 1982 pour des vins moelleux, elle a glissé vers le liquoreux sous l’impulsion de ses vignerons. Rabelais citait déjà les « grands buveurs de Saussignac » dans Pantagruel, en 1532.

Ces blancs doivent leur douceur à des vendanges manuelles par tries successives. On n’y cueille que des raisins surmûris, par la pourriture noble ou par concentration sur souche. Les blancs doux s’y sont développés au XVIIIe siècle, avec l’arrivée de la muscadelle, qu’on appelait ici « muscat fou ».

Les plus vieilles vignes pour le liquoreux

Le saussignac du château vient des plus vieilles vignes du domaine, exposées au sud-est sur argilo-calcaire. L’assemblage réunit 60 % de sémillon et 40 % de muscadelle. Les vendangeurs passent trois ou quatre fois dans les rangs pour cueillir le meilleur du botrytis. Le rendement tombe à 12 hectolitres par hectare.

Au chai, le pressurage est très lent et le débourbage léger. Le vin fermente en barrique de chêne neuf, puis s’y élève longuement : 30 mois pour le millésime 2011. Le Guide Hachette des Vins a décerné un coup de cœur au saussignac 2012 du domaine dans son édition 2016.

Rêverie, un liquoreux sans sulfite ajouté

Certaines années, le soleil donne un jus si sucré que la famille tente une autre voie. Les étés 2016 et 2018 ont ainsi donné Rêverie des Miaudoux, un saussignac sans sulfite ajouté. Il vient de deux petites parcelles de sémillon et de muscadelle.

Le vin passe deux ans en barrique, où il fermente et décante sans aucun ajout. Sa robe brunit, ses arômes se confisent : vanille, fleur d’oranger, raisin de Corinthe, abricot sec, pâte de coing. Le domaine assume cette évolution oxydative, fruit d’un élevage laissé à lui-même.

Des bergerac secs vifs aux rouges élevés sous bois

Sauvignon et sémillon sur les coteaux calcaires

Le bergerac sec sort à environ 30 000 bouteilles. Il assemble sauvignon, sémillon et une pointe de muscadelle. Les vignes ont 25 ans en moyenne et poussent sur des coteaux argilo-calcaires exposés au sud et au sud-ouest. Ces sols résistent bien à la sécheresse.

Les raisins macèrent 20 à 30 heures avec leurs peaux, puis fermentent à basse température avant un élevage sur lies fines. Le nez part sur le buis, le fruit de la passion et les agrumes. Le Guide Hachette des Vins lui a donné deux étoiles pour les millésimes 2018 et 2019, dans ses éditions 2020 et 2021.

Merlot sur boulbènes, cabernets en rosé

Le bergerac rouge réunit 75 % de merlot, 15 % de cabernet franc et 10 % de cabernet sauvignon. Ses vignes poussent sur des boulbènes, des terres pauvres qui freinent la vigueur de la plante et donnent du corps au vin. La cuve reçoit deux remontages par jour et un pigeage manuel, pendant deux à trois semaines de macération.

Ce rouge s’élève en cuve pour garder sa fraîcheur : cassis et pruneau au nez, tanins soyeux. Le rosé, lui, vient du seul cabernet sauvignon. Groseille et fraise très mûre au nez, il garde une matière tannique qui rappelle les clairets.

Fûts de chêne, moelleux et bulles

Les cuvées de garde passent par le bois. Le bergerac rouge « fût de chêne » s’y élève 18 mois, et l’Inspiration des Miaudoux rouge 12 mois en fût neuf. L’Inspiration en blanc sec met en avant le sauvignon gris, sans sulfite ajouté. Elaïa, un rouge lui aussi sans sulfite ajouté, joue les fruits des bois et le clou de girofle.

La gamme compte aussi un moelleux frais et léger, issu de vignes de 40 ans. L’Impromptu est un mousseux brut en méthode traditionnelle. Les vins de tous les jours existent en Bag-in-Box sous le nom de Naturel des Miaudoux, mis en poche à la propriété.

Venir déguster et séjourner aux Miaudoux

Trois quarts d’heure à la salle de dégustation

Le domaine reçoit les visiteurs dans sa salle de dégustation. La visite-dégustation individuelle dure en moyenne 45 minutes, et les vins se vendent sur place. Les visites guidées se font uniquement sur rendez-vous.

Un gîte de 278 m² au milieu des vignes

À 100 mètres de la propriété, la famille loue une ancienne ferme rénovée de 278 m², entourée de vignes cultivées en biodynamie. La maison compte six chambres, une piscine clôturée et un terrain de 1 500 m². Bergerac est à 20 km, Sainte-Foy-la-Grande à 9 km.

Château les Miaudoux - Le gîte en pierre blonde, à cent mètres de la propriété
Le gîte, à cent mètres de la propriété.

De là, on rayonne vers les vignobles voisins, de Monbazillac à Pécharmant et Montravel. Le village de Saussignac et son court de tennis sont à 500 mètres.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

  • Château Feely

    Le Château Feely cultive 7 hectares de vignes à Saussignac, en Dordogne, repris en 2005 par Caro et Sean Feely. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2007, le vignoble suit aussi des pratiques biodynamiques et n’utilise en moyenne que 1,5 kg de cuivre par hectare. La plupart des vins sortent en Vin de France sous des noms en « ité », dont le Silex, né d’un sémillon planté en 1945. Les rouges sont des vins naturels depuis 2014, et un parcours biodynamique balisé fait découvrir les vignes.

  • Château de Mayragues

    Le Château de Mayragues cultive 12 hectares de vigne en biodynamie depuis 1999 dans l’appellation Gaillac, près de la forêt de la Grésigne. Premier domaine du Gaillacois labellisé en biodynamie, il porte aujourd’hui le label Demeter. Ses vins reposent sur les cépages locaux, duras et braucol en rouge, mauzac et loin de l’œil en blanc, du sec jusqu’au vin de voile. La famille Geddes restaure depuis 1980 cette maison forte du XIIe siècle, inscrite aux Monuments historiques.

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

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