Domaine des Rouillats
Trois hectares du Montravel, entre chenin et abouriou
Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares de vignes à Saint-Antoine-de-Breuilh, en Dordogne. La commune appartient à l’aire du Montravel, à l’ouest de Bergerac, aux portes du Libournais et des Côtes de Castillon. Le domaine est certifié en agriculture biologique depuis 2010 et labellisé Demeter en biodynamie depuis le millésime 2025.
Sa particularité tient dans l’encépagement. À côté du merlot et du cabernet-sauvignon, Danièle et Benoît Coq cultivent du chenin, plus répandu en Anjou et en Touraine que dans le Sud-Ouest, et de l’abouriou, une vieille variété locale qui a bien failli disparaître. Ces choix font sortir la plupart de leurs cuvées de l’appellation.
2008, la reprise du domaine familial
Danièle et Benoît Coq ont repris le domaine familial en 2008. Ils se présentent comme des vignerons artisans, et vinifient puis mettent en bouteille toute leur récolte à la propriété. Leur vignoble se trouve dans le Périgord pourpre.

Dès la reprise, le couple engage les vignes vers l’agriculture biologique. Le premier engagement auprès d’Ecocert date de février 2010, et la certification couvre aujourd’hui le raisin comme le vin. Elle s’étend aussi aux vergers de la ferme, des abricotiers et d’autres fruitiers.
La biodynamie à partir du millésime 2025
Après quinze ans de bio, le domaine est passé à la biodynamie avec le millésime 2025. Danièle Coq figure parmi les adhérents de Demeter, et les vins de ce millésime portent le label : les deux pétillants naturels, le blanc Fleur, le rosé Insolite ou le blanc de noirs Passage.
Le couple présente ce passage comme la continuité de son devoir envers les générations futures, pour une agriculture plus saine. Les abricots du verger sont eux aussi certifiés Demeter.
Un vignoble planté serré, à 7 000 pieds par hectare
Aux Rouillats, la vigne est plantée à 7 000 pieds par hectare. Le cahier des charges du Montravel en exige 5 000 au minimum. Le domaine attend de cette forte densité trois choses : une vendange mieux aérée, une maturité plus homogène et une protection naturelle contre les maladies.
Sables graveleux, sables limoneux et argilo-calcaire
Sur ces trois hectares, le domaine distingue trois types de sols. Il s’appuie sur la sélection parcellaire et les vendanges manuelles, et chaque sol a sa destination dans la gamme.
- Les sables graveleux donnent les rouges frais et fruités et les blancs aromatiques
- Les sables limoneux sont réservés aux pétillants naturels
- Les argilo-calcaires portent la grande cuvée de rouge, qui allie complexité, finesse et longueur
Des arbres fruitiers au milieu des vignes
Les vignes poussent parmi des arbres fruitiers, parsemés là pour favoriser la biodiversité. Les traitements se font avec des produits naturels, et le domaine privilégie le travail mécanique du sol.
Après les vendanges, le domaine sème un engrais vert entre les rangs. Ces choix visent à préserver la faune et la flore qui se développent sur la propriété.
Épamprage, effeuillage et vendanges en vert
La saison se règle par des gestes précis. L’épamprage retire du cœur des ceps les pousses indésirables. L’effeuillage se fait du côté du levant, pour aérer les grappes.
Puis les vendanges en vert retirent une partie des grappes, pour régler la production et égaliser la maturité. Le but affiché : des raisins mûrs et aromatiques, à la base de vins gourmands.
L’abouriou, un cépage oublié remis en terre
Le domaine dit avoir choisi des cépages anciens, retenus pour leur adaptation au terroir. L’abouriou en est le plus singulier. Danièle et Benoît Coq l’ont planté à Saint-Antoine-de-Breuilh, une variété qui a bien failli disparaître.
Le « précoce » venu de Villeréal
Son nom signifie « précoce » en occitan. L’abouriou est originaire de Villeréal, en Lot-et-Garonne, et il appartient aux cépages traditionnels de ce département et de la Dordogne. Dans le Marmandais voisin, c’est le cépage fétiche des côtes-du-marmandais.
Le domaine le décrit par sa couleur dense, ses notes fruitées et épicées et ses tanins fins. Le Montravel rouge ne l’admet pas dans son encépagement, fondé sur le merlot, les cabernets et le cot. Les cuvées qui en contiennent sortent donc en IGP Périgord ou en vin de France.
Du pétillant rosé au rouge Origine
L’abouriou se retrouve à plusieurs étages de la gamme. Il donne les Bulles d’Abouriou, un pétillant naturel rosé. Dans Origine, il compose 80 % de l’assemblage du millésime 2021, avec le merlot en appoint, qui a passé dix mois en barrique.
Ailleurs, il reste en touche discrète : 20 % aux côtés du merlot dans le rouge Source 2020, 10 % dans le rosé Insolite 2022.
Un chai qui ménage le raisin
Toute la récolte se fait à la main, en cagettes. Au chai, les fermentations partent avec les levures indigènes, celles qui viennent du terroir, en rouge comme en blanc.
Des rouges pigés à la main
Les raisins rouges sont éraflés, puis montent en cuve par tapis, sans être écrasés, pour garder le fruit intact. Le pigeage manuel extrait les tanins en douceur. La cuvaison dure deux à trois semaines.
Les vins sont écoulés avant la fermentation malolactique, qui se fait en barrique pour certaines cuvées. L’élevage va de quelques mois pour les rouges d’été, frais et fruités, à plus d’un an pour les grandes cuvées.
Des blancs refroidis à 5 °C avant le pressoir
En blanc, les raisins sont ramassés en petites cagettes pour ne pas abîmer les baies. Ils passent ensuite en chambre froide à 5 °C. Pressés froids au pressoir pneumatique, ils s’oxydent moins et donnent des jus plus aromatiques.
La fermentation se fait en cuve inox, suivie de quelques mois d’élevage sur lies, qui arrondissent la bouche. Seuls les chenins de la cuvée Harmonie fermentent et s’élèvent en fûts de 300 litres, pendant dix mois.
Montravel d’un côté, Périgord de l’autre
La gamme compte une dizaine de cuvées, réparties entre trois mentions : l’AOC Montravel, l’IGP Périgord et le vin de France. Elle couvre les pétillants naturels, les blancs secs, un rosé, un blanc de noirs et des rouges, du frais et fruité au vin de garde.
Élévation, le rouge de garde en Montravel
Reconnu en rouge depuis 2001, le Montravel impose au moins 50 % de merlot et dix-huit mois d’élevage. Le Guide Hachette présente Élévation comme le haut de gamme rouge du domaine. Il assemble le merlot, majoritaire (80 % sur le 2020), et le cabernet-sauvignon. Après une longue macération avec pigeages, il passe 18 mois en barrique.
Le Guide Hachette lui a donné deux étoiles pour le 2019, dans l’édition 2022, puis pour le 2020, dans l’édition 2024, où il a recueilli des voix pour un coup de cœur. Le guide y relève les fruits noirs, la griotte et les épices, dans une bouche ronde et fraîche.
Le chenin en IGP Périgord
Les blancs reposent sur un assemblage où domine le chenin, avec la muscadelle et parfois une pointe de sémillon. Fleur a été élevé trois mois sur lies fines en 2020. Harmonie, passé en fût, a reçu deux étoiles au Guide Hachette 2025 pour son millésime 2022, avec des notes de noisette grillée et de fruits jaunes.
Le chenin ne figure pas parmi les cépages du Montravel blanc. Ces vins sortent donc en IGP Périgord, comme la plupart des rouges et le rosé. De l’édition 2022 à celle de 2026, le Guide Hachette a retenu chaque année des vins du domaine.
Pet’nat et blanc de noirs en vin de France
Deux pétillants naturels viennent des sables limoneux : les Bulles de Chenin en blanc, les Bulles d’Abouriou en rosé. Avec Passage, un blanc de noirs sec, ils sortent en vin de France.
Le domaine reçoit toute l’année, sur rendez-vous, pour la visite et la dégustation.
Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.
Les autres domaines de la région Sud-Ouest
Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio
Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

