Château de Mayragues - Vendanges manuelles dans les rangs du vignoble en biodynamie

Château de Mayragues

Région viticole

Région viticole

Sud-Ouest

BioDemeter

Douze hectares en biodynamie au bord de la Grésigne

Le Château de Mayragues cultive 12 hectares de vigne en biodynamie dans l’appellation Gaillac, sur la commune de Castelnau-de-Montmiral, dans le Tarn. Le vignoble s’étend sur les coteaux de la rive droite du Tarn, près de la forêt de la Grésigne. Gaillac se trouve à 10 km au sud, Albi à 25 km à l’est. Autour des rangs, le domaine garde des champs, des prairies, des bois et des bosquets.

Le premier vignoble biodynamique du Gaillacois

La famille Geddes a fait basculer tout le domaine en biodynamie en 1999. C’est le premier domaine du Gaillacois labellisé en biodynamie. Il porte aujourd’hui le label Demeter, et sa certification bio, suivie par Ecocert, remonte à 2001.

Château de Mayragues - Panneau du vignoble en biodynamie à l’entrée du domaine
À l’entrée du domaine, le panneau du vignoble en biodynamie.

Avant ce tournant, le domaine travaillait en agriculture raisonnée, « pas loin du bio », selon le fils de la famille. Il situe le déclic dans la rencontre avec Paul Barre. Le principe retenu tient en quelques mots : « faire avec plutôt que contre ».

Concrètement, tout le vignoble est enherbé. Les vignes reçoivent la bouse de corne, à raison de 700 grammes pour 6 hectares, puis la silice, 24 grammes pour la même surface, répandue pour favoriser la photosynthèse. Le purin d’ortie, la valériane et la prêle complètent les soins, au rythme du calendrier de Maria Thun.

Les préparations sont brassées dans l’eau puis pulvérisées à des moments précis du calendrier lunaire et planétaire. Le domaine y voit un moyen d’obtenir un sol vivant et des racines qui plongent loin pour trouver leur nourriture. Une vigne ainsi nourrie résiste mieux aux maladies, selon lui, et donne des raisins sains.

Calcaire, marnes et nuits fraîches

Les sols sont dominés par le calcaire, avec des zones plus argileuses de marne. Le vignoble compte aussi une ancienne zone de colluvionnement, faite de dépôts accumulés au pied d’un versant. Elle est probablement liée à un ancien cours d’eau qui débouchait sur une petite vallée, à l’ouest. Les vignes regardent globalement vers le sud-ouest.

Le climat de Gaillac est continental, mais il reçoit deux influences : la douceur humide de l’Atlantique et la chaleur sèche de la Méditerranée. Mayragues bénéficie en plus d’une certaine fraîcheur pendant les nuits d’été, que le domaine attribue à la proximité de la forêt de la Grésigne.

Château de Mayragues - Le château derrière un champ de coquelicots
Le château au-dessus d’un champ de coquelicots.

Des céréales, des prairies et une bière maison

La certification ne s’arrête pas à la vigne. Le domaine cultive aussi en bio du blé tendre, de l’orge, du grand épeautre, du sarrasin, des lentilles et du tournesol, entre des prairies et des parcelles en jachère.

L’orge du domaine sert à brasser sur place une bière, avec l’eau de la source de la propriété. Elle n’est ni filtrée ni pasteurisée, et sa fermentation en bouteille se fait avec du houblon et du sucre de canne bio. On la goûte au caveau, à côté des vins.

Les cépages de Gaillac, du braucol au loin de l’œil

Gaillac se présente comme l’un des plus anciens vignobles de France, avec cette devise : « Parce que les vins d’avenir ont toujours un passé ». Il a gardé des variétés propres à la région, et Mayragues en a fait le cœur de sa gamme.

Le duras et le braucol portent les rouges, le mauzac et le loin de l’œil les blancs. La syrah, le cabernet sauvignon et le gamay complètent l’encépagement.

Duras et braucol pour les rouges

Le braucol, aussi appelé fer servadou, donne des vins tanniques qui vieillissent bien. Dans Les Mages, il compte pour 70 %, avec 30 % de cabernet sauvignon, sur des vignes de 20 ans d’âge moyen. Le domaine y décrit le cassis, le poivron grillé et le pruneau, avec des notes de tabac blond et une structure puissante.

Le duras, probablement originaire du Tarn, aime les terrains pauvres et le plein soleil. Il domine la cuvée 1609 à 65 %, avec 30 % de syrah et 5 % de gamay : un rouge épicé, poivré, sur la groseille et le cassis. Le domaine le met aussi en bouteille seul, en magnum, sous le nom de Duras.

La cuvée 23° Fahrenheit réunit les cinq cépages rouges du domaine dans un registre fruité et gourmand, sur les fruits rouges et la cerise. Le domaine produit aussi un gamay en IGP Côtes du Tarn, baptisé Make a Gamay Great Again.

Le loin de l’œil, du sec à l’eau-de-vie

Le loin de l’œil, len de l’el en occitan, est le cépage que Mayragues décline le plus. En blanc sec, il donne un vin floral sur la pêche et la poire, frais, avec une bonne acidité. Vendangé en surmaturité, par tris successifs, il devient le Doux de Mayragues.

Ce blanc doux s’ouvre sur le miel, les fleurs, la poire, la mandarine et l’amande. Il fermente lentement avec ses levures indigènes, puis passe 9 mois sur lies en fûts d’acacia. Le domaine lui prête une garde de sept à dix ans, et une acidité qui fait oublier ses sucres.

Deux barriques de ce vin doux ont pris la direction de l’alambic. Distillées deux fois chez Laurent Cazottes, à Villeneuve-sur-Vère, elles ont donné l’Esprit de Mayragues, une eau-de-vie de vin.

Château de Mayragues - Bouteilles de la gamme au caveau de dégustation
L’Esprit de Mayragues au caveau, parmi les autres vins du domaine.

Le mauzac, les bulles et le vin de voile

Le mauzac signe Les Mages en blanc, un vin floral aux nuances de pomme verte. Il alterne avec le loin de l’œil dans l’Ambre de Mayragues, un vin de voile tiré tantôt de l’un, tantôt de l’autre, selon le millésime. Il se vend en bouteille de 50 cl.

Côté bulles, le Brut de Mayragues est un pétillant naturel issu du duras. Le vin est mis en bouteille pendant sa première fermentation, et ce sont les sucres du raisin qui créent la mousse en la terminant. Le domaine le propose en brut et en demi-sec. La gamme compte aussi un rosé, un vin orange et une seconde cuvée effervescente, Bulles de Loin.

Une maison forte du XIIe siècle relevée de ses ruines

Des ruines rachetées en 1980

Le château est une ancienne maison forte, bâtie sur un éperon rocheux et fondée au XIIe siècle. La famille de Tonnac l’a agrandie au XVIIe siècle et lui a donné un décor intérieur. Son chemin de ronde en encorbellement, posé au-dessus de la structure en pierre, en fait l’un des rares exemples encore debout de l’architecture fortifiée de la région.

Le château est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1960.

Laurence et Alan Geddes l’ont acquis en 1980, à l’état de ruine. La restauration a mobilisé des bénévoles et des artisans locaux, avec de la pierre, du bois, de la chaux et du sable roux. Elle a reçu en 1998 le Grand prix des Vieilles Maisons Françaises. Dans le même temps, le couple a restructuré le vignoble et aménagé un chai.

Château de Mayragues - Façade de la maison forte et son chemin de ronde en bois à Castelnau-de-Montmiral
La maison forte restaurée et son chemin de ronde en bois.

La vigne à Mayragues depuis au moins 1609

Une archive de 1609 montre déjà le domaine partagé entre vignes, prés et bois. On y cultive donc la vigne depuis plus de quatre siècles. Des tessons et des objets romains du Ier siècle, mis au jour dans les vignes, laissent même envisager une présence plus ancienne, à l’époque où les Romains ont établi le vignoble de Gaillac.

Près du chai se dresse un pigeonnier sur quatre colonnes de pierre, lui aussi inscrit aux Monuments historiques. Ces pigeonniers fournissaient la colombine, la fiente de pigeon longtemps utilisée comme engrais pour la vigne.

Château de Mayragues - Le pigeonnier sur colonnes de pierre près du chai
Le pigeonnier sur colonnes, inscrit aux Monuments historiques.

Duncan et Anne Geddes à la relève

Depuis 2014, Duncan et Anne Geddes ont pris la suite de leurs parents. Duncan est le gérant de la société qui exploite le domaine, dont sa sœur est associée. Les vins restent élaborés surtout à partir des cépages locaux, avec une ligne simple au chai : levures indigènes et aucun intrant en dehors d’un minimum de sulfites.

De la vendange à la bouteille, tout se fait au château

Trois moments de vendange selon le vin

Les vendanges se font entièrement à la main, en caissettes. Le domaine choisit le jour de la cueillette selon le vin visé : tôt pour l’effervescent, à pleine maturité pour les blancs secs et les rouges, en surmaturité pour le vin doux.

Selon les parcelles, la densité va de 4 000 à 5 000 pieds par hectare, avec une taille manuelle en cordon de Royat ou en gobelet. L’herbe pousse naturellement entre les rangs et la terre est travaillée, sans produit chimique de synthèse.

Un chai conduit selon le cahier des charges Demeter

Les vins sont vinifiés et élevés dans le chai du château, selon le cahier des charges de Demeter. La mise en bouteille se fait aussi sur place, ce qui permet au domaine de suivre chaque vin de la vigne à la bouteille. Pour les blancs, les raisins partent directement au pressoir, avec un pressurage lent et un débourbage à froid.

Château de Mayragues - Dégustation entre les barriques du chai
Dégustation entre les barriques du chai.

Plusieurs vins sont passés par le Guide Hachette des vins. L’édition 2020 a retenu le Doux de Mayragues 2017, l’édition 2021 le gaillac rouge Classique 2018 et le Brut de Mayragues 2019, l’édition 2027 le Make a Gamay Great Again 2025. Le Doux de Mayragues a aussi obtenu une médaille d’argent au concours Amphore des vins biologiques en 2015.

Un chai ouvert aux visiteurs

Le chai est ouvert à la visite, pour déguster et acheter les vins en direct. L’équipe travaillant souvent dans les vignes, le domaine demande d’appeler avant de passer. L’été, des concerts ont lieu dans les jardins, et le château reçoit des hôtes dans deux chambres aménagées au deuxième étage.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

  • Château Feely

    Le Château Feely cultive 7 hectares de vignes à Saussignac, en Dordogne, repris en 2005 par Caro et Sean Feely. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2007, le vignoble suit aussi des pratiques biodynamiques et n’utilise en moyenne que 1,5 kg de cuivre par hectare. La plupart des vins sortent en Vin de France sous des noms en « ité », dont le Silex, né d’un sémillon planté en 1945. Les rouges sont des vins naturels depuis 2014, et un parcours biodynamique balisé fait découvrir les vignes.

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

  • Domaine de Brin

    Le Domaine de Brin cultive 14 hectares de vignes en AOC Gaillac à Castanet, dans une ferme familiale où poussent aussi lentilles, pois chiches et orge brassicole. Damien Bonnet y met les vins en bouteille depuis 2008, en bio dès le départ, avec une certification engagée en 2011. Mauzac, loin de l’œil, braucol, duras et prunelart s’élèvent en jarre de grès, en amphore, en foudre ou en béton. Ses quinze cuvées vont du pétillant naturel au vin de voile, en passant par l’orange et les doux.

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