Domaine de Brin - Vignes, cyprès et bâtisse en pierre blanche sous un ciel d’été

Domaine de Brin

Région viticole

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Sud-Ouest

Bio

Une ferme de polyculture où la vigne pousse entre les lentilles et le blé

Le Domaine de Brin cultive 14 hectares de vignes à Castanet, dans le Tarn, en appellation Gaillac. Elles s’inscrivent dans une ferme familiale dont les 100 hectares de terres tournent entre céréales, légumineuses et fourrages. Damien Bonnet la conduit en agriculture biologique depuis son installation en 2008. Une terre en bonne santé y nourrit à la fois les vignes, les bois et les cultures vivrières.

Des pierres blanches, une batteuse à vapeur et la coopérative

La ferme existe depuis des générations, comme en témoignent ses vieilles bâtisses en pierre calcaire blanche. Chaque génération lui a donné une orientation : polyculture, élevage, puis une entreprise de battage, du temps des machines à vapeur. La vigne, elle, n’a jamais quitté les lieux.

Domaine de Brin - Damien Bonnet devant un mur de pierre couvert de vieilles plaques émaillées
Damien Bonnet, installé en 2008 sur la ferme familiale.

Avant Damien, ses parents livraient leurs raisins à la cave coopérative et s’occupaient de leurs grandes cultures. Enfant déjà, il voulait reprendre le domaine et faire son propre vin. Ses études en viticulture et en œnologie, les visites chez d’autres vignerons et les dégustations lui ont ouvert d’autres façons de travailler.

En 2008, il s’installe et met les vins en bouteille au domaine. Il choisit d’emblée l’agriculture biologique pour toutes ses vignes et engage la certification en 2011, auprès d’Ecocert. Aujourd’hui, une petite équipe et toute la famille travaillent autour de lui.

Pois chiches, orge brassicole et bois de chênes

Les terres de la ferme tournent sur de nombreuses rotations. On y cultive des lentilles, des pois chiches, du petit épeautre, du lin, de la luzerne, de l’orge brassicole, du blé et du tournesol. Certaines de ces cultures poussent au milieu même du vignoble, d’autres tout autour.

Des bois de chênes bordent les parcelles. Damien Bonnet a fait le choix de garder cette polyculture, parce qu’elle offre un milieu varié et calme aux animaux, aux insectes, aux champignons et aux plantes. Tous jouent un rôle dans la richesse des sols. Damien Bonnet en est convaincu : la qualité du vin dépend de la bonne santé du vignoble et de son environnement.

Quatorze hectares sur les coteaux et plateaux argilo-calcaires de Castanet

Les rouges sur l’argile, les blancs sur la roche

Le vignoble occupe des coteaux et plateaux argilo-calcaires. Damien Bonnet y a réparti ses cépages selon le sol. Les parcelles de rouges se trouvent sur la partie la plus argileuse du domaine, celles de blancs sur la partie rocheuse et calcaire, très caillouteuse.

Domaine de Brin - Deux blocs de calcaire blanc ramassés dans le vignoble
Les blancs poussent sur la partie la plus rocheuse et calcaire du domaine.

Les vignes s’étagent entre 260 et 300 mètres d’altitude. La plupart regardent vers le sud, quelques parcelles vers l’est, comme celle qui donne le mauzac rose des bulles.

Le prunelart, l’ondenc et le mauzac rose remis en terre

Le socle du vignoble, ce sont les grands cépages du Gaillacois : mauzac, loin de l’œil, braucol et duras. Une parcelle de mauzac date de 1945, et fournit l’essentiel du vin orange. La syrah, le cabernet-sauvignon et le merlot entrent aussi dans quelques cuvées.

Damien a réintégré peu à peu trois cépages historiques : le prunelart, l’ondenc et le mauzac rose. À Gaillac, le prunelart passait pour perdu après le phylloxéra, avant de retrouver sa place dans le cahier des charges de l’AOC en 2008. L’ondenc, éliminé lui aussi après la crise, revient grâce à quelques vignerons.

Une taille qui suit le chemin de la sève

Les rangs restent enherbés naturellement. En hiver, Damien y sème des engrais verts, puis travaille le sol en surface avant les chaleurs de l’été. La taille, l’ébourgeonnage et l’épamprage suivent les principes Poussard, qui respectent les flux de sève de la vigne.

Domaine de Brin - Jeune grappe tenue dans la main au printemps
Taille, ébourgeonnage et épamprage suivent les principes Poussard.

Au fil de l’année, de nombreuses opérations à la main et à la machine visent un raisin aéré, sain et bien mûr. La récolte se fait à la main, cépage par cépage, à la date que chacun demande.

Une cave où chaque contenant tient un rôle

Grès, terre cuite, chêne et béton

Le chai du Domaine de Brin réunit une large palette de contenants. On y trouve des jarres de grès de 1 000 litres, un œuf en grès, des amphores en terre cuite, des barriques anciennes de 500 litres, des foudres de chêne, des cuves en inox et en béton. Pour Damien Bonnet, chacun pèse sur le profil du vin.

Il leur attribue un effet précis. L’amphore, poreuse, laisse passer un peu d’oxygène : le vin garde son fruit et ses tanins s’arrondissent. Le grès, peu poreux et épais, autorise un élevage long sans effacer le cépage ni le terroir.

Levures du raisin, gravité et soufre au minimum

Toutes les fermentations partent spontanément, avec les levures indigènes. Les rouges sont le plus souvent égrappés, puis extraits en douceur, avec peu de remontages et sans pigeage. Les blancs sont pressés en grappes entières, et leur moût est parfois débourbé par le seul froid.

Le vin se clarifie par simple gravité, puis par soutirage, sans collage. La plupart des cuvées s’élèvent sans soufre et ne reçoivent qu’un très faible sulfitage à la mise en bouteille. Les rouges sont mis sans filtration. Il n’y a pas de recette fixe : les choix se font au fil du millésime, et de nouvelles cuvées apparaissent parfois.

Quinze cuvées, du pétillant naturel au vin de voile

La gamme compte quinze cuvées, réparties entre sept styles : pétillant naturel, blanc sec, vin orange, rouge, rosé, vins doux et vin de voile. La richesse des cépages et des contenants permet au domaine de couvrir tout ce registre. Une partie sort en AOC Gaillac, l’autre en Vin de France.

Des rouges de duras et de braucol

Les rouges de l’appellation reposent sur le duras et le braucol, seuls ou assemblés. Chacun a son contenant : cuve béton pour Vendemia, foudre et béton pour Anthocyanes, barrique de 500 litres pour Brin de temps, amphore ou jarre de grès pour les cuvées qui portent le nom de leur récipient ou de leur cépage. Le prunelart a droit à sa propre cuvée, élevée douze mois en jarre.

Anthocyanes, assemblage de braucol et de syrah, a reçu le coup de cœur du Guide Hachette 2014 pour son millésime 2011. Le guide y relevait des fruits rouges bien mûrs, des notes poivrées et réglissées, des tanins enrobés.

Domaine de Brin - Bouteilles de la gamme alignées sur le comptoir, Anthocyanes au premier plan
Anthocyanes assemble braucol et syrah, élevés en foudre et en cuve béton.

Le mauzac en jarre, en macération et en bulles

Le mauzac se décline sous quatre visages. Pierres Blanches l’assemble au loin de l’œil, en foudre, en barrique et en cuve, sur lies et sans bâtonnage, pour garder de la fraîcheur. Une autre cuvée le présente seul, élevé neuf mois en jarre de grès. La troisième le vinifie comme un rouge, avec une quinzaine de jours de macération : c’est le vin orange du domaine.

Les bulles suivent la méthode ancestrale. La fermentation reprend en bouteille avec le seul sucre du raisin, sans levure ajoutée, avant un dégorgement. Dbulles assemble mauzac rose et ondenc. Sa version rosée réunit duras, cabernet-sauvignon et braucol.

Des doux passerillés, du loin de l’œil au cabernet

Les vins doux naissent de vendanges tardives. Le loin de l’œil mûrit sur pied jusqu’au passerillage, une partie des baies touchée par la pourriture noble. Sa fermentation dure tout l’hiver, en petite cuve, jusqu’à l’équilibre voulu entre alcool, sucre et acidité.

Brin de folie suit la même voie avec du cabernet-sauvignon, pour un rosé doux. Les deux sortent en bouteilles de 50 cl, mises tôt pour éviter le sulfitage et garder leurs arômes de fruit.

Gaillac, un vignoble de cépages qui ne poussent presque nulle part ailleurs

Entre l’Atlantique, la Méditerranée et le vent d’autan

Le vignoble de Gaillac s’étend dans le nord du Tarn, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Toulouse. Il reçoit l’humidité de l’Atlantique, la chaleur de la Méditerranée et le souffle sec du vent d’autan. On le présente comme l’un des plus vieux vignobles de France.

Sa singularité tient à ses cépages. Le loin de l’œil doit son nom à sa grappe, portée au bout d’un long pédoncule, loin du bourgeon. Le mauzac est le cépage de la méthode ancestrale gaillacoise. Le braucol, aussi appelé fer servadou, donne des notes de cassis et de framboise, le duras des rouges épicés et poivrés.

Terres de Gaillac, un collectif de vignerons en bio

Le Domaine de Brin fait partie de Terres de Gaillac, une association née en 2004, qui compte aujourd’hui 18 vigneronnes et vignerons. Ses membres se retrouvent autour d’une philosophie commune : agriculture biologique, biodynamie et vins nature.

Leur charte demande la certification bio, favorise les cépages autochtones et les vendanges manuelles. Elle exclut les intrants comme les enzymes, les tanins ou les copeaux, et plafonne les doses de soufre. L’association veut faire connaître des méthodes de travail naturelles et éthiques, et défendre une autre image du vignoble.

Le domaine reçoit au caveau pour la dégustation et la vente, et fait visiter ses caves sur demande. Pour Damien Bonnet, tout commence par l’écoute : laisser la nature s’exprimer, en l’accompagnant avec attention.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

  • Château du Grand Roc

    Le Château du Grand Roc cultive 7 hectares de vignes bio à Lamothe-Montravel, sur des coteaux argilo-calcaires tournés au sud, au bord de la Dordogne. Ingénieur agronome passé par le conseil viticole, Edouard Barkhausen l’a repris en 2023 à Henri-Paul Guillot, qui le conduisait en bio depuis près de trente ans. Il vinifie en cuves béton, en amphore, en œuf ou en demi-muids, de l’AOC Bergerac aux cuvées en IGP Périgord. Autour des vignes, des vaches highland entretiennent les prairies, entre les bois et les haies du domaine.

  • Domaine La Valette

    Le Domaine La Valette cultive 3 hectares en bio à Villaudric, dans l’AOP Fronton, au nord de Toulouse. Issu d’une famille de vignerons du Val de Loire, Antoine Rouiller y a planté une partie des vignes en 2019 et 2021. La négrette y côtoie la syrah, le cabernet franc, le mauzac et le chardonnay, vendangés à la main pour des vins soufrés au tiers de la dose autorisée. Le Guide Hachette 2027 accorde deux étoiles à l’Arlequin rouge 2024 et à la Négrette Only 2025.

  • Domaine Damiens

    Le Domaine Damiens cultive 16 hectares à Aydie, en appellations Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh, engagés en bio depuis 2011. Son nom vient d’un aïeul trouvé sous un porche d’église le jour de la Saint-Côme-et-Damien, et les Beheity tiennent la propriété depuis 1950. Pierre-Michel Beheity restructure le vignoble à partir de 2008 en faveur du tannat, tout en gardant un capital de vieilles vignes. Du tannat de printemps sans sulfites ajoutés aux Madiran de garde, la gamme compte aussi des Pacherenc secs et doux de petit et gros manseng.

  • Causse Marines

    Causse Marines cultive à peine 10 hectares sur un causse calcaire de Vieux, dans le vignoble de Gaillac, repris par Patrice Lescarret en 1993. Le domaine y conduit plus de quinze cépages, dont le mauzac, l’ondenc, le verdanel et le prunelart, tous issus de sélection massale. Certifiées bio depuis 2006 et travaillées en partie au cheval, les vignes donnent des vins nature, sortis pour la plupart en Vin de France. Les cuvées jouent du verlan, de Zacmau à Rasdu, et refusent les fiches techniques trop sérieuses.

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