Château Lafitte - Le chai éco-responsable construit en 2018 à Monein

Château Lafitte

Région viticole

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Sud-Ouest

BioDemeter

Une maison seigneuriale de Monein rendue à la vigne

Le Château Lafitte produit des vins blancs certifiés en biodynamie sur 5 hectares de vigne à Monein, dans les Pyrénées-Atlantiques. La commune se trouve entre Pau et Oloron-Sainte-Marie, dans l’aire du Jurançon. Le domaine a d’abord signé des jurançons remarqués, puis s’est tourné vers les vins naturels, aujourd’hui vendus pour la plupart en Vin de France.

Une demeure du XIVe siècle remaniée au XVIe

Le plus ancien témoignage retrouvé dans les archives atteste l’existence du château au XIVe siècle. Sa forme actuelle date pourtant de travaux menés au XVIe siècle. La maison seigneuriale se reconnaît à ses deux tours d’angle.

Château Lafitte - Le château photographié en noir et blanc
Le château et ses deux tours d’angle.

À cette époque, ses terres formaient une vaste propriété agricole. La vigne et le vin y tenaient déjà une place importante. Le nom s’écrit avec deux « t », sans lien avec le Château Lafite Rothschild de Pauillac, qui n’en prend qu’un.

Philippe et Brigitte Arraou, puis leur fils Antoine

La famille Arraou a repris le domaine dans les années 2000. Philippe et Brigitte Arraou avaient un projet en tête : relancer la production de vin sur la propriété et lui rendre une vie de famille.

Depuis 2012, leur fils Antoine Arraou conduit le domaine. Il l’a fait passer de l’agriculture biologique à la biodynamie, puis a ouvert la voie aux vins naturels. Le premier d’entre eux s’appelle Argile, un blanc sec de petit manseng vinifié sans aucun produit œnologique.

Cinq hectares de mansengs conduits en biodynamie

Petit manseng et gros manseng à parts égales

Le vignoble couvre 5 hectares, plantés à parts égales de petit manseng et de gros manseng. Le domaine présente le petit manseng comme un cépage typiquement pyrénéen, capable de donner des vins très fins. Les raisins de la cuvée Argile poussent sur un sol très argileux, typique de la région, d’où son nom.

Les vendanges se font à la main. Elles commencent dans la première quinzaine de septembre pour Argile et Orange, et se terminent dans la première quinzaine de novembre pour les vendanges tardives. En 2020, elles ont démarré dès le 25 août, avec près de trois semaines d’avance sur une année ordinaire.

Brebis en hiver, abeilles le reste de l’année

La vigne ne pousse pas seule sur les parcelles. Le domaine y cultive des arbres fruitiers et des céréales, au milieu d’une grande variété de plantes. Des brebis en hiver, des abeilles le reste du temps participent à la biodiversité des parcelles.

Ces parcelles nourrissent même une boisson sans alcool, Vivace. Le domaine la veut faite des seuls ingrédients qui y poussent : sarments, bourgeons et feuilles de vigne, verjus et plantes compagnes, mis en décoction, en infusion ou en macération selon les saisons.

Bio depuis 2008 et label Demeter

L’exploitation est engagée en agriculture biologique depuis 2008, sous le contrôle de l’organisme Qualisud. Le domaine dit avoir toujours appliqué les méthodes du bio sur ses vignes. Il y a ajouté la biodynamie, certifiée depuis 2016, et ses vins portent le label Demeter.

Le calendrier biodynamique règle une partie du travail. Pendant les vendanges 2020, l’équipe a profité de la lune montante et de nombreux jours « fruit ». La cuvée « Le Litre » de ce millésime a même été pressée à 3 heures du matin, sous la pleine lune.

Un chai de 2018 qui travaille par gravité

Toiture solaire, eau de pluie et puits canadien

En 2018, le domaine a construit un nouveau chai, dessiné par l’architecte palois Geoffroy Boulin. Une toiture photovoltaïque le rend autonome pour sa consommation d’électricité. L’eau de pluie récupérée sert au nettoyage des machines agricoles.

Le bâtiment est enterré et équipé d’un puits canadien, qui lui garde une fraîcheur naturelle et constante. Il s’étage sur plusieurs niveaux pour que les vins circulent par gravité. Le domaine y trouve les conditions d’hygiène qu’exigent des vinifications sans intrants.

Château Lafitte - Le chai et ses niveaux étagés dans la pente
Le chai de 2018, signé de l’architecte palois Geoffroy Boulin.

Jarres, amphores, œufs et dames-jeannes

Le chai réunit une large gamme de contenants. Les barriques de 500 litres accueillent le blanc sec. Argile fermente et s’élève 24 mois en jarre de grès, les vins de macération en amphore de terre cuite.

Château Lafitte - Barriques et jarres en terre cuite dans le chai
Barriques et jarres côte à côte dans le chai.

En 2020 est arrivée une cuve ovoïde en béton, fabriquée par la société Nomblot selon les proportions du nombre d’or. L’artiste Steven Burke, installé à Soorts-Hossegor, l’a peinte, après avoir signé une fresque sur le chai. Un vin passe aussi par un œuf de porcelaine de Limoges, un autre vieillit dehors, en dames-jeannes.

Château Lafitte - La cuve ovoïde en béton peinte par Steven Burke
La cuve ovoïde arrivée en 2020, peinte par Steven Burke.

Du jurançon primé aux vins naturels

Un sec coup de cœur du Guide Hachette

Le Sec assemble aujourd’hui 80 % de petit manseng et 20 % de gros manseng, fermentés spontanément en barrique puis élevés 9 mois sur lies fines, sans filtration. Le domaine lui trouve un nez légèrement grillé, de pain frais, puis de fruits confits, et une bouche ronde et fraîche.

Le Guide Hachette des vins 2016 a donné trois étoiles et un coup de cœur au Sec 2013, un jurançon sec. L’édition 2018 a accordé deux étoiles au Sec 2016.

Argile et Orange, des blancs sans sulfites ajoutés

Les vins naturels du domaine sont vinifiés sans aucun produit œnologique, pas même des sulfites, et sans filtration. Argile, en petit manseng, est un blanc sec que le domaine décrit comme minéral, entre tension et fruit, avec une palette aromatique qui change à chaque millésime.

Orange est un vin de macération d’inspiration géorgienne. Les raisins de petit manseng sont éraflés à la main, puis macèrent de 21 à 28 jours en amphore avant deux ans d’élevage en terre cuite. Il en sort une couleur orange profonde et une vraie structure tannique. Le domaine suggère de le boire comme un rouge léger.

Des doux oxydatifs élevés en solera ou au grand air

Faire un moelleux sans sulfites ajoutés n’a rien d’évident. Le domaine s’y est essayé avec du petit manseng de vendange tardive, récolté en novembre. Mémoire fermente en barrique puis s’élève en solera, un système qui assemble des vins d’années différentes, sans jamais passer par une machine électrique.

Sol i Serena, « soleil et ombre » en catalan, fermente en dames-jeannes de 25 litres posées à l’extérieur pendant 3 à 4 ans, exposées aux changements de saison. Orange douce, enfin, est un moelleux de macération élevé deux ans en terre cuite puis un an en œuf de porcelaine. Tous trois sont des vins oxydatifs.

Funambule, une bulle remuée à la main

Funambule est un pétillant naturel de gros manseng, élaboré selon la méthode ancestrale : le vin est mis en bouteille pendant sa fermentation, sans ajout de sucre ni de levure. Il passe 15 mois sur lattes, puis le remuage se fait à la main, sur pupitre, et le dégorgement à la volée.

Château Lafitte - Dégustation au pied des pupitres de remuage
Les pupitres de remuage du chai.

Le domaine le présente comme le plus « glouglou » de ses vins, léger en alcool, avec une fraîcheur aromatique entre citron et mandarine selon les millésimes. Il le conseille de l’apéritif au dessert.

Un domaine du Jurançon qui signe en Vin de France

De l’appellation Jurançon au Vin de France

Le domaine se situe dans le piémont pyrénéen, en Béarn, dans le vignoble du Jurançon. Ses vins y ont longtemps porté l’appellation. Le Sec est sorti en Jurançon au moins jusqu’au millésime 2021, tout comme un doux en 2019 et Mémoire en 2017.

Argile, Orange, Orange douce et Sol i Serena sont en revanche présentés en Vin de France, et le Sec figure désormais lui aussi sous cette mention sur la page des vins du domaine.

Un petit négoce et un litre entre amis

À côté de ses propres raisins, le domaine vinifie dans son chai des raisins certifiés bio venus d’ailleurs dans le Sud-Ouest. Ce petit négoce donne un « blouge » d’un litre, co-fermentation de fer servadou et de mansengs, et (R)osez !, un pétillant rosé de tannat.

Le 1 Litre blanc, lui, vient du domaine. Il est issu d’une très vieille vigne aux cépages mêlés, dont personne ne connaît la date de plantation, et passe par un œuf en béton. Le domaine le décrit comme un très bon blanc sec nature, à partager entre amis.

Visiter le chai sur rendez-vous

Le Château Lafitte reçoit les visiteurs au domaine, uniquement sur rendez-vous. La visite fait découvrir le chai éco-responsable et le déroulé d’une vinification naturelle, avant une dégustation des vins biodynamiques et naturels.

Château Lafitte - La salle de dégustation sous les poutres
L’espace d’accueil du domaine.

Les cavistes, bars à vins et restaurateurs peuvent aussi demander une visite et une dégustation, gratuites pour eux. Antoine Arraou les accueille lui-même. Le domaine a rejoint en 2020 le Syndicat de défense des vins nature’l, qui défend la reconnaissance de ces vins auprès de l’INAO.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

  • Château Feely

    Le Château Feely cultive 7 hectares de vignes à Saussignac, en Dordogne, repris en 2005 par Caro et Sean Feely. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2007, le vignoble suit aussi des pratiques biodynamiques et n’utilise en moyenne que 1,5 kg de cuivre par hectare. La plupart des vins sortent en Vin de France sous des noms en « ité », dont le Silex, né d’un sémillon planté en 1945. Les rouges sont des vins naturels depuis 2014, et un parcours biodynamique balisé fait découvrir les vignes.

  • Château de Mayragues

    Le Château de Mayragues cultive 12 hectares de vigne en biodynamie depuis 1999 dans l’appellation Gaillac, près de la forêt de la Grésigne. Premier domaine du Gaillacois labellisé en biodynamie, il porte aujourd’hui le label Demeter. Ses vins reposent sur les cépages locaux, duras et braucol en rouge, mauzac et loin de l’œil en blanc, du sec jusqu’au vin de voile. La famille Geddes restaure depuis 1980 cette maison forte du XIIe siècle, inscrite aux Monuments historiques.

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

  • Domaine de Brin

    Le Domaine de Brin cultive 14 hectares de vignes en AOC Gaillac à Castanet, dans une ferme familiale où poussent aussi lentilles, pois chiches et orge brassicole. Damien Bonnet y met les vins en bouteille depuis 2008, en bio dès le départ, avec une certification engagée en 2011. Mauzac, loin de l’œil, braucol, duras et prunelart s’élèvent en jarre de grès, en amphore, en foudre ou en béton. Ses quinze cuvées vont du pétillant naturel au vin de voile, en passant par l’orange et les doux.

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