Château de Rhodes
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Région viticole
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En bio depuis 2008
Sommaire
De la finance aux coteaux de Boissel
Un vigneron arrivé en 2002
Le Château de Rhodes se trouve au lieu-dit Boissel, à Gaillac, dans le Tarn. Ses vignes occupent les premiers coteaux de la rive droite du Tarn, en appellation Gaillac. Eric Lépine en est le propriétaire et le dirige depuis 2002. Le domaine est conduit en agriculture biologique depuis 2008.
Avant la vigne, il y a eu la finance, à Paris. Eric Lépine l’a quittée pour s’installer dans une région qu’il aimait déjà. Il a acheté le domaine, puis passé un bac pro agricole pour apprendre le métier. En février 2016, La Revue du vin de France voyait en lui « la force tranquille du BIO dans le Gaillacois ».
Un château à tourelles et deux caves voûtées
Le Guide Hachette décrit un château aux tourelles aiguisées, posé dans un paysage de collines qui rappelle la Toscane. Le domaine fait lui-même la comparaison. Sous les bâtiments, deux caves voûtées en brique accueillent les bouteilles et les visiteurs.
La vigne n’est plus seule sur l’exploitation. Eric Lépine a planté des oliviers il y a peu, et l’Agence Bio les compte parmi les cultures certifiées, à côté du raisin de cuve et des prairies.
Une équipe où chacun a son poste
Eric Lépine ne travaille pas seul. Nicolas Rech dirige l’équipe qui soigne la vigne, pour que les raisins arrivent au chai dans le meilleur état possible. Vincent Lacharme, œnologue, presse, écoule et soutire les vins. C’est aussi lui qui les étiquette, puis les expédie avec les documents qui vont avec.

Une trentaine d’hectares en bio depuis 2008
Des vignes de 20 à plus de 60 ans
Autour du château, la famille Lépine exploite une trentaine d’hectares de vignes. Elles regardent au sud sud-ouest, une exposition qui amène les raisins à bonne maturité. Certaines ont plus de 60 ans. La plupart ont entre 20 et 30 ans, et le domaine continue de planter des cépages locaux sur ses meilleures parcelles. On compte en moyenne 5 000 pieds par hectare.

Les rouges en 2008, les blancs en 2010
La conversion s’est faite en deux temps. Les vignes de cépages rouges sont passées en agriculture biologique en 2008, celles de cépages blancs en 2010. Les premiers vins certifiés sont donc ceux du millésime 2011, contrôlés par Ecocert. L’Agence Bio date le premier engagement de l’exploitation au 25 août 2008.
Dans les rangs, le sol est travaillé pour l’aérer, sans aucun désherbant chimique. Contre les maladies, le domaine n’emploie que du cuivre, du soufre, des huiles essentielles et des argiles, à doses contrôlées. Les engrais chimiques ont laissé la place aux composts naturels et aux algues.
Le rendement se règle par le travail de la vigne. Taille raisonnée, enherbement naturel, épamprage et effeuillage s’enchaînent au fil de la saison.
Deux mois de vendanges
La récolte s’étale sur deux mois. Elle commence fin août avec les raisins de la méthode ancestrale et se termine fin octobre avec ceux du liquoreux. Selon le vin, elle se fait à la machine ou à la main.

Du béton, des levures du raisin et de la brique
Des cuves en béton pour tous les vins
Tous les vins du domaine sont vinifiés dans des cuves en béton revêtues d’une peinture alimentaire. La température y varie plus doucement que dans d’autres cuveries. Les fermentations se font à température maîtrisée.
Depuis les vendanges 2011, le chai n’utilise plus de levures sélectionnées. Ce sont les levures indigènes, présentes sur les raisins, qui font partir les fermentations. Le domaine compte sur elles pour faire ressortir le caractère de son terroir.

Quarante mètres de briques toulousaines
Les rouges s’élèvent un à deux ans en cuve béton, puis en bouteille. Ces bouteilles attendent dans une cave voûtée souterraine, faite de deux travées de briques toulousaines de 40 mètres sur 7. La lumière n’y entre pas et la température n’y fait pas d’à-coups.
Cette cave change la façon de vendre. Le Château de Rhodes peut proposer des rouges déjà élevés, prêts à boire.
Peu d’intrants, et un léger dépôt
Le soufre est ajouté avec parcimonie, et chaque ajout suit une analyse. Les collages se font seulement quand le vin en a besoin, à l’œuf, à la caséine ou à l’argile. Le domaine ne procède à aucune stabilisation tartrique. Le plus souvent, une seule filtration a lieu, juste avant la mise en bouteille.
Ce choix laisse parfois un léger dépôt au fond des bouteilles. Il ne change rien à la qualité du vin.
Gaillac en rouge, en blanc et en bulles
Un vignoble sur les deux rives du Tarn
Le vignoble de Gaillac remonte à l’occupation romaine. Son vin pétillant avait sa réputation bien avant l’invention du champagne. Il s’étend sur les deux rives du Tarn et distingue trois terroirs : les terrasses de la rive gauche, le plateau cordais et les coteaux de la rive droite. Le Château de Rhodes se trouve sur ces derniers.
Le Sud-Ouest garde une grande variété de cépages, dont certains très anciens. Le duras, le mauzac et le fer servadou en font partie, et donnent aux vins de la région leur caractère. Au Château de Rhodes, ils côtoient le loin de l’œil, l’ondenc, la muscadelle et le prunelard.
Le prunelard revenu dans les rangs
Le Guide Hachette crédite Eric Lépine d’avoir réintroduit le prunelard, un vieux cépage local. D’après La Revue du vin de France d’août 2018, le millésime 2016 a été le premier pur prunelard du domaine. Il sort sous le nom de Prunelart, en cuvée à part, et entre aussi dans l’assemblage du rouge Château de Rhodes.
Des rouges épicés, des blancs vifs
En rouge, le Château de Rhodes assemble braucol, duras, syrah et prunelard. Le Braucol est vinifié à 100 % en braucol. Le Chevalier de Rhodes s’appuie surtout sur le duras, avec de la syrah, du merlot et du cabernet franc. Le domaine décrit des vins épicés, sur les fruits rouges mûrs, aux tanins soyeux. Il conseille souvent de les carafer.
Le blanc sec marie loin de l’œil, mauzac, muscadelle et ondenc. Son nez mêle le citron, la pomme, l’estragon et l’anis, et la bouche reste vive jusqu’au bout. Une autre cuvée blanche, Mauzac Ondenc, réunit ces deux cépages.
La méthode ancestrale, 100 % mauzac, rappelle le granité de pomme et de poire. Les vendanges tardives donnent un liquoreux sur le coing et l’abricot. Un rosé ferme la gamme.
Ce qu’en disent les guides
Le Guide Hachette a donné deux étoiles au blanc 2022 dans son édition 2024, puis une étoile au Braucol 2023 dans l’édition 2026. Le domaine annonce aussi une médaille d’or au Concours national des Vignerons Indépendants 2024 pour le Chevalier de Rhodes 2020.
Pousser la porte du Château de Rhodes
Une visite guidée, puis le verre
Le Château de Rhodes reçoit pour des visites guidées suivies d’une dégustation, en famille, entre amis ou seul. On y parle des cépages, du terroir et de ce qui fait le goût des vins. Le domaine demande qu’on le prévienne avant de venir, pour mieux accueillir.

L’office de tourisme indique que l’accueil se fait en français, en anglais, en espagnol et en néerlandais. Les groupes sont reçus jusqu’à 20 personnes.
Une boutique de plain-pied
Les vins se vendent à la propriété, dans la boutique du domaine. Elle est accessible aux personnes à mobilité réduite, qui peuvent y participer à une dégustation. Certains espaces du domaine restent en revanche inaccessibles en fauteuil roulant.
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