Domaine de la Cotelleraie
Sommaire
- Des asperges de 1957 aux 27 hectares de cabernet franc
- Claude Vallée, la vigne parmi les vergers
- 1997, la première génération qui ne vit que du vin
- Saint-Nicolas-de-Bourgueil, une commune, une appellation
- Une terrasse de la Loire adossée à un coteau boisé
- Le « breton », cépage de la Loire depuis le Moyen Âge
- Un choix bio fait en 1999, certifié par Ecocert
- Une philosophie avant un label
- Labour, décavaillonnage, binage
- Le retour des vendanges à la main
- Sept cuvées, du premier lieu-dit vendangé au dernier
- Les Mauguerets, la « mauvaise terre » cueillie en premier
- Sur les graves, la Cuvée Domaine et Pigeur Fou
- Les Perruches, graviers et crasse de fer
- L’Envolée et le Vau Jaumier, sur l’argile et le calcaire
- Postumus, des amphores sur les restes d’une villa romaine
- Des rouges amples que les guides suivent depuis 2010
- Francs, frais et faits pour durer
- Une étoile au guide de la RVF
- Visiter le chai dans les dépendances du XIXe siècle
- Comprendre le rôle de la barrique
- Anne-Claire et Gérald Vallée à l’accueil
Des asperges de 1957 aux 27 hectares de cabernet franc
Claude Vallée, la vigne parmi les vergers
Le Domaine de la Cotelleraie appartient à la famille Vallée depuis plusieurs générations. Il se trouve à Saint-Nicolas-de-Bourgueil, en Indre-et-Loire, dans le vignoble de la Vallée de la Loire. Tous ses vins sont des rouges de cabernet franc, produits en agriculture biologique.
La vigne n’a pas toujours été la seule culture de la famille. En 1957, quand Claude Vallée débute, l’exploitation compte 12 hectares de vignes. S’y ajoutent des cultures d’asperges et d’arbres fruitiers. Claude avait commencé à travailler à 14 ans.
Son fils Gérald dit avoir hérité de lui « le virus du travail bien fait », avec un savoir-faire qu’il compte transmettre à son tour à ses enfants, s’ils le souhaitent.
1997, la première génération qui ne vit que du vin
Gérald Vallée reprend le domaine en 1997. Il devient alors la première génération de la famille à ne se consacrer qu’au vin. Depuis 1957, l’exploitation est passée de 12 à 27 hectares de vignes.
Gérald gère le domaine et s’efforce de faire ressortir les caractères du terroir et la typicité de ses cabernets francs. Le domaine produit en moyenne 100 000 bouteilles par an.

Saint-Nicolas-de-Bourgueil, une commune, une appellation
Une terrasse de la Loire adossée à un coteau boisé
L’AOC Saint-Nicolas-de-Bourgueil ne couvre qu’une seule commune, celle qui lui donne son nom. Elle est reconnue depuis 1937. On la trouve à l’extrémité nord-ouest du vignoble de Touraine, quelques kilomètres en amont de la confluence de la Vienne et de la Loire.
L’appellation s’étend sur environ 950 hectares. Le vignoble occupe surtout une ancienne terrasse de la Loire, orientée au sud. Au-dessus, un pied de coteau le prolonge, coiffé au nord par un massif forestier. Ce plateau boisé protège les vignes des vents du nord.
Les sols de la terrasse sont sablo-graveleux, très filtrants, et retiennent peu d’eau. Une grande « montille » d’alluvions plus récentes se dresse dans le lit majeur du fleuve. En pied de coteau apparaissent des sols argilo-calcaires, issus du tuffeau, et des sols argilo-siliceux.
Le « breton », cépage de la Loire depuis le Moyen Âge
Ici, on appelle le cabernet franc « breton ». Originaire du Bordelais, il serait arrivé par le fleuve, probablement aux XIe et XIIe siècles. Après le phylloxéra, les vignerons ont replanté rapidement les parcelles détruites avec ce même cépage.
Le cahier des charges fait du cabernet franc le cépage principal. Le cabernet sauvignon n’y est qu’accessoire, limité à 10 % de l’encépagement. À la Cotelleraie, la question ne se pose pas : les 27 hectares sont plantés à 100 % en cabernet franc.
Sur les graviers, les vins atteignent vite leur maturité et se montrent souples et fruités, avec des notes de violette. Ceux des coteaux, plus charpentés et plus tanniques, ont une bonne aptitude au vieillissement. Le domaine possède des vignes sur les deux, et il en tire ses cuvées.
Un choix bio fait en 1999, certifié par Ecocert
Une philosophie avant un label
Gérald Vallée estime avoir hérité de vignes plantées sur les meilleurs terroirs de l’appellation. En 1999, il décide d’y mettre en place une culture biologique. Le respect de la plante, des sols et de l’environnement lui paraît alors une exigence de travail.
Pour lui, les connaissances techniques ne suffisent pas. Il faut aussi de la sensibilité, savoir écouter la plante et lui laisser reprendre ses droits naturels. Il résume sa vision ainsi : le vin est une matière vivante qui se fabrique d’abord autour du cep, toute l’année.
La demande de labellisation auprès d’Ecocert suit en 2009. L’engagement de l’exploitation date du 24 avril 2009, et les fiches des cuvées indiquent une certification obtenue en 2012, en 2014 pour Le Vau Jaumier. La fiche de l’exploitation à l’Agence Bio mentionne aussi des vignes en conversion, à côté de celles déjà certifiées.
Labour, décavaillonnage, binage
Dans les vignes, Gérald et son équipe suivent un rythme de travail rigoureux :
- Le labour
- Le décavaillonnage
- Le binage
- Des traitements à base de soufre ou de cuivre, à partir du printemps
Ce travail remplace les désherbants chimiques, les engrais et les autres pesticides. Gérald vise un écosystème équilibré, avec une vraie vie microbienne dans les sols. Il le reconnaît : un tel rythme ne tient qu’avec une équipe soudée, convaincue du bien-fondé de la démarche.
Le retour des vendanges à la main
Pour concrétiser ce travail de toute une année, le domaine a repris les vendanges manuelles. Le raisin est ensuite trié grain par grain. Coupeurs et hotteurs travaillent dans les rangs pendant que la vendange rejoint les cuves.

La plupart des cuvées fermentent en cuves bois. On y pratique le pigeage au pied, deux fois par jour pendant une dizaine de jours. Selon les cuvées, la macération se prolonge ensuite de dix jours à un mois.
Sept cuvées, du premier lieu-dit vendangé au dernier
Les Mauguerets, la « mauvaise terre » cueillie en premier
Le domaine présente sept cuvées de Saint-Nicolas-de-Bourgueil, dont plusieurs portent le nom de leur lieu-dit. Les Mauguerets ouvre souvent les vendanges. Son nom signifie « mauvais guérets » : une terre pauvre, peu profonde et difficile à travailler, sur la terrasse graveleuse.
Sur ces trois hectares de vieilles vignes, le sol pauvre limite les rendements. Le vin passe un an en foudre avant sa mise en bouteille, en octobre. Il livre des notes de fruits mûrs et des tanins veloutés.
Sur les graves, la Cuvée Domaine et Pigeur Fou
La Cuvée Domaine assemble les différentes vignes de la propriété. C’est la plus diffusée, celle qui a fait la réputation de la maison. Élevée en foudre pendant l’hiver, elle joue sur les fruits rouges, les notes florales et des tanins tendres.
Pigeur Fou vient aussi de la terrasse graveleuse, un terroir précoce. Ses grappes entrent entières en cuve, sans égrappage. Elles fermentent une quinzaine de jours sans sulfites ajoutés, puis le vin passe six mois en cuve bois. Le domaine le présente comme un vin nature, très fruité, sur la framboise.
Les Perruches, graviers et crasse de fer
Les Perruches pousse sur les montils graveleux. Ces montils forment une couche épaisse de graviers argilo-siliceux, avec de la crasse de fer en profondeur. Les vignes y ont au moins 25 ans. La macération dure environ un mois, puis le vin passe un an en barrique.
L’Envolée et le Vau Jaumier, sur l’argile et le calcaire
L’Envolée vient d’un clos d’un hectare, sur un coteau argilo-calcaire. Ses vieilles vignes ont 60 ans et donnent environ 35 hl/ha. Le vin fait sa fermentation malolactique en barrique, puis reste 24 mois en fûts neufs. Il se met en bouteille sans collage ni filtration.
Le Vau Jaumier occupe un faible coteau exposé au sud, lui aussi argilo-calcaire. C’est la dernière parcelle vendangée du domaine. Le vin s’élève 18 mois en fûts d’un vin. Il associe des fruits rouges très mûrs à une finale vanillée et épicée.
Postumus, des amphores sur les restes d’une villa romaine
Postumus provient des plus vieilles vignes du domaine, âgées de 80 ans, sur la terrasse de graviers. Dès que la terre est remuée, des restes d’amphores remontent à la surface. Ils viennent des décombres d’une villa gallo-romaine qui s’élevait dans ce vignoble, d’où le nom de la cuvée.
Comme le Pigeur Fou, ce vin macère en grappes entières, mais dans des amphores de terre cuite, pendant trois semaines. Il y reste ensuite 12 mois avant une mise en bouteille sans collage ni filtration. Ses arômes marient des fruits rouges presque confits et les tanins du raisin.
Des rouges amples que les guides suivent depuis 2010
Francs, frais et faits pour durer
Gérald Vallée veut de grands cabernets qui reflètent leur terroir. Il les décrit francs, frais, fruités, élégants et dotés d’une belle matière. D’une année et d’une cuvée à l’autre, la vigne ne répond jamais de la même façon.
La Revue du vin de France décrit des cabernets francs amples, aux tanins suaves, accessibles jeunes mais aptes à la garde. Une verticale de 1988 à 2017 a montré ce potentiel de garde. Le domaine annonce de 2 à 3 ans pour Pigeur Fou et plus de 15 ans pour L’Envolée.
Une étoile au guide de la RVF
La page presse du domaine recense des articles et des guides depuis 2010, de la RVF au guide Bettane et Desseauve. Dans le Guide des meilleurs vins de France 2023, la RVF décerne son étoile au domaine. L’édition 2024 la conserve.
L’édition 2023 accorde aussi son coup de cœur aux Perruches 2019. En novembre 2021, la revue note L’Envolée 2018 à 92/100. Le guide cite aussi La Croisée, qu’il présente comme la cuvée « de fruit » du domaine.
Visiter le chai dans les dépendances du XIXe siècle
Comprendre le rôle de la barrique
Le domaine reçoit ses visiteurs dans des dépendances du XIXe siècle, entièrement rénovées. Sur rendez-vous, une visite du chai explique le rôle du passage en barrique. Le domaine porte le label Cave touristique d’Interloire.


Anne-Claire et Gérald Vallée à l’accueil
Anne-Claire et Gérald Vallée accueillent les visiteurs et font déguster la gamme produite sur place. Les visites guidées se font sur demande, en individuel ou en groupe : environ 40 minutes seul, 1 h 15 en groupe. La visite individuelle est gratuite.
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