Domaine de la Garenne - Vignes aux couleurs d’automne au pied des collines boisées

Domaine de la Garenne

Région viticole

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Provence

Bio

À Bandol, un rosé qui porte l’initiale du mourvèdre

Le Domaine de la Garenne cultive 25 hectares de vignes à La Cadière-d’Azur, dans le Var, en appellation Bandol. Béatrix de Balincourt le dirige depuis 2000. Le rosé fait ici l’essentiel du travail, avec 70 % de la production. Le rouge en fait 30 %, et le blanc vient en petite quantité certaines années. Engagé en agriculture biologique en 2023, le domaine est aujourd’hui certifié bio.

Sa réputation tient à un cépage. Le domaine le présente comme le roi de l’appellation : le mourvèdre. Il donne ici des rouges puissants et des rosés de gastronomie. C’est par ces vins-là qu’il faut entrer dans La Garenne.

La cuvée M et ses deux coups de cœur

Le « M » de la cuvée renvoie au mourvèdre. Il pèse entre 70 et 80 % de l’assemblage selon les millésimes, avec du cinsault, du grenache et parfois du carignan. La vendange est égrappée et foulée, puis le jus part en pressurage direct et fermente entre 16 et 18 °C. Le rendement de cette cuvée descend à 36 hectolitres par hectare.

Le Guide Hachette lui a donné deux coups de cœur. Le premier, dans l’édition 2021, pour le millésime 2019. Le second, dans l’édition 2025, pour le 2023, classé « vin exceptionnel ». Ce même 2023 a obtenu une médaille d’or au Concours général agricole 2024.

Dans le verre, la robe tire vers le rose orangé clair. Le nez part sur le pamplemousse, les petits fruits rouges et les épices. La bouche, généreuse, glisse vers des notes épicées et minérales, puis finit sur les fruits exotiques. Le domaine la destine à la table : bourride, bouillabaisse, poissons grillés ou en sauce.

Le rosé tradition, mené par le cinsault

Le Bandol rosé tradition inverse les proportions. Le cinsault en fournit 45 %, le grenache 30 % et le mourvèdre 25 %. La méthode reste la même : vendange égrappée, pressurage direct, fermentation entre 16 et 18 °C. Le domaine décrit un vin tout en finesse.

Sa robe est saumonée et claire, son nez subtil, sur les agrumes. Le domaine le sert sur les poissons grillés, la bouillabaisse ou à l’apéritif.

Un rouge de garde élevé dix-huit mois en foudre

Le Bandol rouge repose lui aussi sur le mourvèdre, autour de 80 %. Grenache et cinsault complètent, avec une pointe de carignan certains millésimes. La cuvaison dure trois semaines, avec pigeage, à une température proche de 25 °C. Après la fermentation malolactique, le vin passe 18 mois en foudres de chêne.

Domaine de la Garenne - Foudres de chêne alignés dans la cave
Renouvelés en 2005, les foudres élèvent les Bandol rouges pendant 18 mois.

Il en sort grenat profond, avec des reflets violacés. Le nez mêle la garrigue, l’olive, le tabac, le poivre et la cannelle. La bouche, juteuse, évoque la gelée de cassis, la mûre, le thym et la réglisse, et se resserre sur des tanins mûrs. Le domaine lui donne 7 à 15 ans de garde. Il le sert sur le gibier à plumes, les daubes ou les fromages de caractère.

Le millésime 2020 a reçu une médaille d’or au Concours général agricole 2023. Le Guide Hachette avait retenu le 2018 dans son édition 2022, avec la mention « vin très réussi ».

Une garenne close de murs dans le vallon de Saint-Côme

1790, un avocat achète un enclos pour la chasse

Le nom vient du premier propriétaire connu. En 1790, Maître Barquety, avocat, achète un enclos de 2 hectares pour y chasser le lapin de garenne. Ce terrain clos de murs a donné son nom au domaine, et une partie de l’enceinte tient encore debout.

On n’y chasse plus. Les lapins, eux, sont restés : il arrive qu’on en voie traverser le chemin en montant à la cave.

De Madame de Regis à Jean de Balincourt

La propriété appartient ensuite à une famille originaire de La Cadière-d’Azur. L’arrière-grand-mère de Béatrix, Madame de Regis, née dans le Var en 1866, en hérite de sa mère. Le domaine passe ensuite au comte Jean de Balincourt, qui le reçoit en 1962.

C’est lui qui tourne ces terres de chasse vers la vigne. La première vinification date de 1965. Il consacre ensuite sa vie à agrandir l’exploitation jusqu’à sa surface actuelle, et son nom figure toujours sur les étiquettes.

La famille Testu de Balincourt vient d’Anjou, de Touraine et de Picardie. Son blason porte trois léopards, l’un tourné à contre-sens des deux autres. Sa devise, « vis leonis », signifie la force du lion.

Béatrix de Balincourt aux commandes depuis 2000

Formée par son père, Béatrix de Balincourt reprend l’exploitation en 2000. Elle modernise le domaine, notamment ses installations, sans rompre avec le savoir-faire transmis par son père.

Domaine de la Garenne - Béatrix de Balincourt dans les vignes du domaine
Béatrix de Balincourt dirige le domaine depuis 2000.

Elle porte aussi les vins hors de Provence, en participant à des salons internationaux pour trouver de nouveaux marchés. La Garenne est aujourd’hui distribuée aux États-Unis, au Mexique, en Nouvelle-Calédonie, en Australie et au Japon.

Des argilo-calcaires du Crétacé entre pinède et embruns

À cinq kilomètres de la Méditerranée

Le domaine occupe le vallon de Saint-Côme, à 5 kilomètres de la mer, avec vue sur le village de La Cadière-d’Azur. Une forêt de pins et des oliviers bordent les parcelles. Assez loin dans les terres pour échapper au gel, le vignoble garde la fraîcheur des embruns. Il reçoit plus de 3 000 heures de soleil par an.

Domaine de la Garenne - Oliviers en bordure des vignes
Oliviers en lisière des vignes du domaine.

Les vignes poussent sur un sol argilo-calcaire daté du Crétacé supérieur. Le mourvèdre, le cinsault et le grenache, les trois cépages noirs du domaine, y trouvent leur terrain.

Gobelet pour le mourvèdre, palissage pour le cinsault

La conduite change selon le cépage : le mourvèdre est taillé en gobelet, le cinsault palissé. Le sol est travaillé de façon traditionnelle, et l’herbe laissée entre les rangs là où la configuration du terrain le permet. Les nouvelles plantations se font à 5 000 pieds par hectare.

Domaine de la Garenne - Travail du sol au cheval entre les rangs de vigne
Le sol est travaillé de façon traditionnelle entre les rangs.

Les rendements de base s’établissent à 40 hectolitres par hectare pour les rosés et les blancs, 38 pour les rouges. Les Bandol sont vendangés à la main, et pour le rouge, les grappes sont déjà triées dans les rangs.

De la HVE à la certification biologique

Labellisé Haute Valeur Environnementale, le domaine s’est engagé en agriculture biologique le 27 mars 2023, auprès de l’organisme Qualisud. Après les années de conversion, l’ensemble de son raisin de cuve est désormais certifié AB.

Trois couleurs en Bandol, trois en Mont Caume

Une appellation de 1941 tenue par le mourvèdre

L’appellation Bandol existe depuis 1941. Ses règles sont exigeantes : elles imposent l’ébourgeonnage au printemps, les « sagattes », puis la vendange à la main.

La Garenne produit un Bandol dans chacune des trois couleurs. Le blanc assemble la clairette (70 %), l’ugni blanc (20 %), le rolle (7 %) et le sémillon (3 %). Égrappé sans être foulé, il fermente entre 22 et 25 °C et donne un vin sec et fruité, frais en finale. Le Guide Hachette 2027 a retenu son millésime 2025, tout comme la cuvée M de la même année.

Les vins de pays du Mont Caume

À côté des Bandol, le domaine signe trois vins en IGP Mont Caume. La syrah y entre, absente des Bandol de la maison. Le rouge en contient 50 %, avec grenache, mourvèdre et cinsault. C’est un vin fruité qui a de la tenue en bouche.

Le rosé s’appuie sur le cinsault (50 %) et le grenache (30 %). Le blanc assemble le rolle (90 %) et le grenache blanc. Ce sont les vins de tous les jours de la gamme, servis sur une grillade, une paëlla ou une plancha.

Une cave de cent cinquante ans et des soirées sous les oliviers

Des foudres renouvelés en 2005

La cave a été construite il y a environ 150 ans. Elle a été agrandie dans les années 1980 pour accueillir la mise en bouteilles, le stockage et la préparation des expéditions. En 2005, tous les foudres de chêne ont été remplacés : ce sont eux qui élèvent aujourd’hui les Bandol rouges.

Le caveau de dégustation reçoit les visiteurs au domaine. Béatrix de Balincourt tient à y accueillir elle-même le public, dans une ambiance conviviale.

Domaine de la Garenne - Entrée du caveau sous la vigne vierge
L’entrée du caveau de dégustation.

Tablées champêtres et soirées dans les vignes

Le domaine ouvre aussi un espace en plein air aux événements privés : séminaires, fêtes de famille, anniversaires. Le repas champêtre est préparé avec des partenaires du domaine et servi avec ses vins. Un DJ peut animer la soirée.

Plusieurs éditions des Escapades se sont tenues à La Garenne. De longues tables y sont dressées sous les oliviers, en bordure des vignes. Le programme des soirées à venir est annoncé sur le compte Instagram du domaine.

Domaine de la Garenne - Soirée au domaine, tablées sous les oliviers
Longues tablées sous les oliviers lors d’une Escapade au domaine.

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Les autres domaines de la région Provence

  • Château des Demoiselles

    Le Château des Demoiselles cultive 72 hectares de vignes en Côtes-de-Provence sur un domaine de 300 hectares à La Motte, dans la vallée des Esclans. La famille d’Aurélie Bertin, propriétaire de 1956 à 1978, l’a repris en 2005 et rebaptisé en hommage aux filles du comte de Provence. Engagé en bio en 2019, le vignoble est certifié Agriculture Biologique depuis 2022 et labellisé Vignerons Engagés. Deux collections, Château des Demoiselles et Charme des Demoiselles, se déclinent en rosé, blanc et rouge.

  • Château de la Bégude

    Le Château de la Bégude cultive 32 hectares en bio sur les coteaux de Rousset, au pied de la Sainte-Victoire, en appellation Côtes de Provence. La famille Rey-Sabatier-Lefebvre le tient depuis 1896, et Didier Lefebvre, ancien avocat, en est la cinquième génération. Ses rouges, vendangés à la main, sont vinifiés en grappes entières et élevés en vieux foudres ou demi-muids. Le blanc, le rosé et le blanc de noirs de grenache sont vendangés de nuit, pour garder leur fraîcheur.

  • Château Bonisson

    Le Château Bonisson cultive 10 hectares de vignes en bio à Rognes, en appellation Coteaux d’Aix-en-Provence, autour d’une bastide du XVIIIe siècle. Repris en 2017 par la famille Le Dorze, il est dirigé par Victoire Le Dorze, formée à l’Université du Vin de Suze-la-Rousse. Les rangs se labourent au cheval, les travaux suivent les phases de la lune et toute la vendange se fait à la main. Ses trois gammes, La Petite Causerie, la Cuvée B et Abstraction, se dégustent au caveau, voisin d’un centre d’art contemporain.

  • Château Gassier

    Au pied de la Sainte-Victoire, le Château Gassier cultive 40 hectares en bio à Puyloubier, découpés en 26 micro-parcelles sur calcaire et argile rouge. Antoni Gassier achète la propriété en 1982, rejoint le groupe AdVini avec son fils en 2004, et Georges reprend le vignoble en 2009. Certifié bio en 2016, le domaine ne produit que des rosés et des blancs, en Côtes de Provence et en Sainte-Victoire. Ses cuvées passent en cuve béton ou en demi-muid autrichien, comme le rosé 946, né en 2010, et Elevae, élevé vingt-quatre mois.

  • Domaines Bunan

    Les Domaines Bunan réunissent trois terroirs autour de La Cadière-d’Azur et du Castellet : le Moulin des Costes, fondé en 1961 par Paul et Pierre Bunan, le Château la Rouvière et le Bélouvé. Les deux premiers donnent des Bandol, le troisième des Côtes de Provence. Tout le vignoble est certifié en agriculture biologique depuis 2008 et conduit par la troisième génération de la famille. Le mourvèdre guide des rouges de garde, élevés 18 mois et plus en foudres ou en barriques de chêne.

  • Domaine Fredavelle

    Le Domaine Fredavelle cultive 25 hectares en agriculture biologique à Éguilles, à dix minutes d’Aix-en-Provence, dans l’appellation Coteaux d’Aix-en-Provence. David Ravel y vinifie depuis 1999 les raisins que ses grands-parents vendaient à la coopérative, associé depuis 2015 à l’œnologue Olivia Menigoz. Engagé en bio en 2019, le domaine produit surtout des rosés, du plus frais au rosé de gastronomie élevé sous bois. Des rouges, des blancs, deux Pet’Nat’ de grenache et la gamme Echo x Olivia complètent la production.

  • Sinaca Villa

    Sinaca Villa, l’ancien nom de Sénas, désigne le vignoble de 6 hectares planté de zéro en 2018 par Agathe Genty et Nicolas Mertz, entre Alpilles et Luberon. Rencontrés en Nouvelle-Zélande, ces deux ingénieurs agronomes ont choisi des cépages atypiques en Provence, dont le petit verdot, le caladoc et le souvignier gris, résistant aux maladies. Engagé en bio depuis 2020, le domaine vendange de nuit sur les galets et les argiles de l’ancienne vallée de la Durance. Deux gammes, Sinaca et Arômes, déclinent les trois couleurs en IGP Méditerranée.

  • Domaine de Valdition

    Entre Orgon et Eygalières, le Domaine de Valdition couvre 240 hectares au pied des Alpilles, une terre offerte en dot par François Ier à sa fille Caroline du Prévôt. Ses 70 hectares de vignes, en bio depuis 2006, réunissent une vingtaine de cépages, du grenache au chasan et à la petite arvine. Le domaine signe des IGP Alpilles et le Coteaux d’Aix-en-Provence Vallon des Anges, né sur les coteaux calcaires de Roquemartine. Ses 30 hectares d’oliviers donnent des huiles en AOP Vallée des Baux de Provence.

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