Dimitri et Laure du Domaine de Lorient

Domaine de Lorient

Sommaire

Lorient, une ferme relevée sur les hauteurs de Saint-Péray

Une bâtisse délabrée reprise en 2014

Le Domaine de Lorient est d’abord une ferme. Laure Colombo et Dimitri Roulleau-Gallais s’y sont installés en 2014, dans une bâtisse délabrée à flanc de coteau, entourée de friches. Elle se trouve au lieu-dit Lorient, sur les hauteurs granitiques de Saint-Péray, en Ardèche.

Le couple y a planté ses propres vignes et monté une ferme vigneronne. Depuis la maison en pierres aux volets rouges, la vue embrasse la vallée du Rhône sur 180 degrés. Au loin se dessine le Vercors.

Un nom tourné vers le soleil levant

Le domaine porte le nom du lieu-dit, exposé au soleil levant. C’est aussi un clin d’œil aux racines grecques de Dimitri. Ses parents possèdent une oliveraie familiale sur l’île de Corfou.

Laure Colombo, revenue sur les collines de son enfance

Laure est la fille d’Anne et Jean-Luc Colombo, deux œnologues de référence de la vallée du Rhône. Elle a grandi dans les collines ardéchoises qui surplombent le fleuve. Avant de revenir, elle a fait des études de commerce et voyagé de New York à New Delhi.

Elle est revenue s’installer sur les hauteurs de Saint-Péray pour se replonger dans la viticulture et l’œnologie. Son ambition est claire : « J’aimerais faire renaître l’appellation Saint-Péray comme mes parents ont redonné du souffle à l’appellation Cornas. »

À l’automne 2021, les Toques Blanches Lyonnaises lui ont remis le trophée de la meilleure vigneronne de l’année.

Trois appellations sur le granite de la rive droite

Saint-Péray, un vignoble de blancs sur deux communes

Saint-Péray est le vignoble le plus méridional du Rhône septentrional. L’appellation couvre deux communes ardéchoises, Saint-Péray et Toulaud, face à Valence. Elle est réservée aux vins blancs, tranquilles ou mousseux, issus de marsanne et de roussanne.

Le mousseux a longtemps fait sa renommée : au début du XXe siècle, il pesait environ 90 % de la production. Dans les années 1960, l’appellation était descendue à une trentaine d’hectares, grignotée par la pression foncière. Elle en comptait 130 en 2022.

Le cahier des charges décrit un climat un peu plus frais qu’à Cornas. En cause, la bise, qui emprunte la vallée du Mialan ouverte au nord. Le chêne vert rappelle pourtant l’influence méditerranéenne sur les pentes bien exposées.

Quatre hectares de roussanne et de marsanne à 500 mètres

Autour de la ferme, le couple a planté 4 hectares en AOC Saint-Péray, à 500 mètres d’altitude. La roussanne y domine à 70 %, la marsanne fait le reste. Le sol vient de la partie granitique de l’appellation, qu’on appelle ici le « gore ».

Les parcelles entourent la maison, exposées au sud et au sud-est. Des haies d’espèces locales plantées par le couple et des forêts préservées les abritent du vent du nord. La première parcelle, en roussanne, a été plantée en 2014.

Cornas et Saint-Joseph, deux petites parcelles de syrah

À Cornas, le domaine exploite un peu moins d’1 hectare au-dessus du lieu-dit Chaillots, à 300 mètres. Le granite décomposé y est doré, acide et filtrant. Une haie champêtre protège la parcelle au nord, un bois de pins au sud.

Ses vignes d’une trentaine d’années sont issues de sélection massale. Les rangs, plantés à 2,20 mètres, restent enherbés pour la vie du sol. Le couple a densifié la parcelle en 2019. L’appellation Cornas n’admet que la syrah et ne produit que des rouges.

À Saint-Joseph, une parcelle de 0,25 hectare se trouve au nord de Mauves, en pied de coteau. Le granite s’y mêle aux alluvions de graviers descendus du Massif central. Plantées en 2014, ses jeunes vignes viennent d’une sélection massale réalisée par Lilian Berillon.

Au total, le vignoble décrit par le site du domaine, dans sa version de 2020, couvre donc environ 5 hectares.

Des vignes à la main, entre forêts et prairies

Plus de 500 arbres plantés en haies

Les vignes sont en coteaux et se cultivent essentiellement à la main. Le travail est physique, et c’est ce qui plaît au couple : il reste au plus près des ceps. Forêts et prairies entourent les parcelles, et Laure et Dimitri tiennent à ce que cela ne change pas.

Ils ont planté plus de 500 arbres d’espèces locales en haies champêtres. Nichoirs à mésanges, hôtels à insectes et abris à chauves-souris complètent l’ensemble. Le domaine est labellisé Observatoire de la Biodiversité Agricole.

Le projet d’agroforesterie vise une cinquantaine d’arbres par hectare dans la vigne. Amandiers, cerisiers et cognassiers y côtoient tilleuls, merisiers et oliviers. Laure l’explique : ce qui est planté sous un arbre isolé dans la parcelle ne gèle pas.

Des vaches au printemps, des moutons l’hiver

Les animaux participent au travail. Au printemps, les deux vaches, Noisette et Ingénieuse, passent entre les rangs pour manger le fourrage. Les moutons prennent le relais l’hiver, hors période végétative. Ils « tondent » l’herbe et apportent un engrais naturel.

Écopâturage au Domaine de Lorient

Entre les rangs poussent des engrais verts, comme le trèfle et la vesce, et des plantes mellifères pour les abeilles. Les jeunes plantations sont paillées au bois raméal fragmenté tiré des forêts locales. Les rangs sont travaillés légèrement, en surface. Certaines parcelles sont même labourées au cheval.

Les sarments sont broyés sur place et rendus au sol. Le fumier des vaches et des chevaux du domaine, ou un compost, complète les apports.

Suivre le rythme de la vigne

La vigne est une liane, que le vigneron contient « tel un bonzaï », écrivent-ils. À Lorient, on n’écime pas : les rameaux sont enroulés. La taille respecte au mieux les flux de sève, et le greffage se fait en fente.

Contre les maladies, le couple mise sur la prévention. Des tisanes stimulent la plante, et on évite l’entassement du feuillage pour faire circuler l’air entre les ceps. Le domaine est engagé en agriculture biologique depuis 2015, sous le contrôle d’Ecocert.

À la cave, des levures venues de la parcelle

Le Saint-Péray, pressé dès son arrivée

Les raisins sont vendangés à la main en caissettes de 28 kg, puis rejoignent la cave en moins de 30 minutes. Les grappes de blanc sont pressées directement, pour garder leur fraîcheur et éviter l’oxydation. Le jus est débourbé à froid en cuve inox.

Il descend ensuite en fûts de 228 et 400 litres. La fermentation part seule, grâce à un pied de cuve préparé sur la parcelle 10 jours avant la récolte. Jusqu’en novembre, le couple goûte les fûts pour décider d’un bâtonnage. Après, c’est la saison des olives.

Au printemps suivant, le vin remonte en cuve. Il est mis en bouteille avant l’été, pour garder sa fraîcheur. Les sulfites restent limités : le vin n’est protégé qu’après les fermentations malolactiques, avec un ajustement si besoin à la mise.

Cornas et Saint-Joseph, une extraction tout en douceur

Pour les rouges, le tri se fait à la vigne, puis sur table à la cave. Les grappes sont en partie éraflées. Avec les millésimes chauds, une part croissante part en vendange entière. Le Cornas fermente dans une cuve béton brut de 30 hl, le Saint-Joseph dans une petite cuve inox de 11 hl.

L’extraction reste très légère. Chaque matin, le jus est remonté doucement pour humidifier le chapeau de marc : dix minutes pour le Cornas, cinq pour le Saint-Joseph. La macération dure deux à trois semaines pour le premier, environ deux pour le second. Le décuvage se fait à la main.

Le jus de goutte et un peu de presse sont entonnés en fûts de 228 ou 400 litres. Le Cornas y reste 15 à 18 mois, le Saint-Joseph 8 mois. Les malolactiques s’y font tranquillement, souvent au printemps suivant.

Des blancs floraux, des rouges charpentés

Selon le cahier des charges, les blancs de Saint-Péray offrent souvent des arômes floraux de violette, d’aubépine ou d’acacia. Avec l’âge, ils évoluent vers des notes minérales et miellées.

Pour les rouges de Cornas, le cahier des charges décrit une robe très foncée, presque noire, et des vins puissants et charpentés. Leur structure en fait des vins de garde.

Le couple a ses idées pour la table. Le Saint-Péray va avec des orecchiettes au chou romanesco, fromage de brebis et jambon cru de Lorient. Le Cornas accompagne une côte de bœuf grillée aux ceps de syrah, le Saint-Joseph un gigot d’agneau de Lorient « façon maman grecque ».

Miel, huile et jus de pomme : la ferme autour du vin

Un éco-cocon qui nourrit la famille

Le couple essaie de faire vivre sa famille de ce que produit la ferme. Potager, fruitiers, cueillette sauvage, moutons, vaches, cochons, abeilles et poules font partie du quotidien. La vigne reste l’activité principale, mais Laure et Dimitri veulent avant tout éviter la monoculture.

Laure s’occupe d’une dizaine de ruches, après une petite formation en apiculture au lycée agricole de Valence. Les abeilles sont sédentaires et butinent les fleurs des alentours.

Des oliviers de Corfou à la Côte bleue

Depuis 2014, le couple part chaque année à Corfou, en Grèce, aider les parents de Dimitri à récolter les olives de Kefalo, leur propriété familiale. Ces oliviers multicentenaires de 18 mètres donnent de toutes petites olives noires. L’huile est pressée sur place dans un petit moulin traditionnel, puis mise en bouteille en Ardèche.

Depuis 2017, ils ont aussi remis en état les oliviers des parents de Laure, sur la Côte bleue près de Marseille, et à Cornas. Ils en tirent une huile de picholine et de grossane.

Depuis 2016, ils restaurent enfin les pommiers de variétés anciennes plantés par les ancêtres de Laure à Vieljouves, dans les Cévennes. Ce verger à 1 000 mètres d’altitude n’a jamais reçu de produits phytosanitaires. Son jus, non filtré, est légèrement acide et très parfumé.

La maisonnette et le pigeonnier

Le couple a restauré une partie du corps de ferme et une maisonnette attenante pour recevoir des hôtes. Les deux gîtes, la maisonnette et le pigeonnier, sont prévus pour deux personnes. Chacun a sa cuisine, une chambre avec salle de bain et un espace extérieur.

Sur demande, des paniers de petit-déjeuner et de repas sont préparés avec les produits de la ferme. Un sentier pédagogique, carte en main, permet de découvrir le domaine seul. Vins, huile d’olive, crème de marron, jus et confitures se vendent sur place.

La ferme reçoit aussi des artistes, des cours de danse et de théâtre. Hors saison, elle héberge des bénévoles en woofing, un à la fois, pour leur faire découvrir le métier.

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    Le Domaine de la Ganse est né en 2008 à Vacqueyras, où Coralie Onde cultive 9 hectares de vignes bio, certifiées depuis le millésime 2014. Sans chai sur place, elle assemble sa cuvée à la parcelle, en choisissant ses raisins à la vendange. Le grenache domine, avec la syrah, un mourvèdre surgreffé en 2015 et des blancs plantés depuis 2017. Le rouge 2017 a obtenu deux étoiles au Guide Hachette 2020, le 2022 une grande médaille d’or au Concours mondial de Bruxelles 2025.

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