Vignoble du Domaine des Girasols

Domaine des Girasols

Région viticole

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Vallée du Rhône

Bio
Sommaire

Des maraîchers lyonnais devenus vignerons à Rasteau

1974, quinze hectares face aux Dentelles de Montmirail

Le Domaine des Girasols est un domaine familial de vins bio installé à Rasteau, dans le Vaucluse. Son histoire commence en 1974. Cette année-là, Paul et Marie-Élisabeth Joyet quittent Lyon pour la Provence. Ils abandonnent le métier de maraîcher pour celui de vigneron.

Le couple tombe sous le charme de 15 hectares de vignes en coteaux. Le vignoble forme un seul tenant, aménagé en terrasses et en coteaux autour de la cave et de la maison familiale. Il s’étend au pied du village médiéval, face aux Dentelles de Montmirail et au mont Ventoux.

Une opale trouvée dans un dictionnaire de 1750

Le nom du domaine sort d’un vieux livre. Les Joyet le découvrent dans un dictionnaire agricole datant de 1750. « Girasols » y désigne une variété d’opale, cette pierre qui capte la lumière. Le domaine se présente d’ailleurs aujourd’hui comme « l’opale de la Vallée du Rhône ».

À la fin des années 2000, l’épouse de Paul Joyet exposait l’été ses créations modernes de patchwork. Le domaine dispose toujours d’un espace d’accueil pour les expositions, à côté de la dégustation.

Jon, Françoise, Julien et Pauline

Aujourd’hui, Jon et Françoise Larum ont repris les rênes. Françoise est la fille de Paul et Marie-Élisabeth, et c’est elle qui gère la société du domaine. Leur fils Julien les accompagne : avec lui, la troisième génération est en place.

Leur fille Pauline vit à New York, où elle est sommelière. C’est elle qui a réalisé l’étiquette du Rasteau 2023, sur une idée de son père.

Famille du Domaine des Girasols

Les grenaches de Malalangue, plantés en 1912

Le coteau en face de la maison

Les plus vieilles vignes du domaine sont des grenaches plantés en 1912. Elles occupent le coteau situé en face de la maison, nommé « Malalangue ». Ces ceps de plus de cent ans ne donnent que de tout petits rendements.

Sur l’ensemble du vignoble, les vignes ont en moyenne 60 ans. Les grenaches qui donnent la Cuvée Gracieuse atteignent 70 ans de moyenne. Le Côtes du Rhône Tombaronne, lui, est issu des jeunes vignes du domaine.

Quatre cépages rouges composent les assemblages : grenache, syrah, mourvèdre et cinsault. Le domaine résume leur caractère en trois mots : grenache puissant, syrah structurée, mourvèdre épicé.

Une cave de 1978 pensée pour la gravité

La cave de vinification a été construite en 1978. Elle est partiellement enterrée, ce qui permet de travailler par gravité. Le rosé montre bien le principe. Les raisins sont égrappés et foulés, puis macèrent quelques heures. Le jus s’écoule ensuite par gravité dans une cuve en contrebas, où il fermente.

Plusieurs rouges sont élevés en cuve béton, comme les Vieilles Vignes et la Cuvée Gracieuse. Parmi les rouges, une seule cuvée passe sous bois : la Lampereuse, élevée 10 mois en demi-muids de 600 litres. Les cuvaisons varient beaucoup, de plus de 20 jours pour les Vieilles Vignes à une petite semaine pour le Rasteau 2023.

En bio certifié depuis le millésime 2023

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique en septembre 2020, sous le contrôle d’Ecocert France. Depuis le millésime 2023, l’ensemble de ses vins est certifié bio. Au contrôle de 2026, les raisins comme les vins sont notés en agriculture biologique.

Le domaine adhère aussi aux Vignerons Indépendants. Le Guide Hachette le suit de longue date : il retenait déjà son Rasteau 2004 dans l’édition 2008.

Rasteau, un cru né du vin doux naturel

De 1944 à 2010, trois appellations successives

À Rasteau, les premiers vins reconnus en AOC furent des vins doux naturels. Élaborés dès 1935, ils obtiennent leur appellation en 1944. Les rouges suivent en 1966, sous le nom de Côtes du Rhône Villages Rasteau.

Il faut attendre le 24 novembre 2010 pour voir naître l’AOC Rasteau des vins rouges secs. Le cru porte donc aujourd’hui deux appellations : le Vin Doux Naturel Rasteau et le Rasteau rouge sec. Pour ce dernier, le grenache noir représente au moins 50 % de l’encépagement.

Des collines d’argile sous le mistral

Le terroir de Rasteau ne dépasse pas 360 mètres d’altitude. Au nord, une multitude de petites collines séparées par des vallons évoque les dents d’un râteau. Le nom du village viendrait de là. Plus au sud, d’anciennes terrasses déploient leurs pentes.

Les sols sont surtout caillouteux et argileux. On y trouve des marnes bleues d’origine marine, des marnes rouges lacustres, du safre et des cailloutis calcaires. L’argile, présente partout, retient l’eau en période de sécheresse. Le climat méditerranéen et surtout le mistral complètent le tableau.

L’Ambré hors d’âge, la fierté du domaine

Les Girasols restent fidèles à cette histoire. Leur Rasteau Vin Doux Naturel Ambré est la fierté du domaine. La production a bien diminué sur l’appellation, mais la famille continue d’en faire. C’est un vin de mutage : on ajoute de l’alcool à 96° à un jus partiellement fermenté.

Issu de 100 % grenache, il vieillit ensuite cinq ans en fûts. Il a reçu une médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants 2018. Il se sert très frais et se garde plusieurs dizaines d’années en cave.

Neuf cuvées, du rosé de saignée aux vieilles vignes

Des rouges entre puissance et fraîcheur

Le domaine décrit ses vins comme fins, élégants et empreints de fraîcheur. La gamme compte neuf cuvées, dont six Rasteau rouges. Certaines sortent en toute petite quantité, parfois moins de 1 000 bouteilles.

Les Vieilles Vignes assemblent les grenaches de Malalangue à 20 % de mourvèdre. La robe est rubis soutenu, le nez mêle fruits rouges et noirs, la bouche finit sur la réglisse. Le millésime 2018 a reçu une étoile au Guide Hachette 2022, pour 7 200 bouteilles.

Deux petites cuvées de 1 000 bouteilles n’ont pas été refaites depuis 2018. La Gracieuse, pur grenache élevé deux ans en cuve béton, joue la souplesse et la finesse. La Bienveillante assemble syrah et grenache, avec une bouche marquée par la syrah, riche et veloutée.

Des étiquettes dessinées en famille

L’étiquette de l’Arbre de Vie reprend un arbre de vie brodé au point de croix par Catherine. S’y ajoute la bande d’un quilt de famille, visible au domaine. Ce Rasteau de grenache, syrah, mourvèdre et cinsault sent le cassis et les épices. Gouleyant, il se boit dès l’apéritif.

La Cuvée Lampereuse porte une étiquette dessinée et peinte par un ami, sur une idée de Jon. Elle assemble 55 % de grenache et 45 % de syrah. Son nez de fruits noirs très mûrs s’accompagne d’épices et de notes boisées, avec une touche de pruneau en bouche.

Le Rasteau 2023, premier rouge vendu en bio

Le Rasteau 2023 marque le début de la vente des rouges bio du domaine, jusque-là en conversion. Son étiquette pop, signée Pauline, annonce le vin espéré : de la fraîcheur et du « peps ». La famille n’en a tiré que 2 400 bouteilles.

Ce vin de grenache et de mourvèdre a connu une cuvaison courte, et seul le vin de goutte a été gardé. Il se veut friand et gouleyant. Moins puissante qu’un Rasteau, la Cuvée Tombaronne en Côtes du Rhône offre des fruits rouges frais. Le rosé en Côtes du Rhône Villages, vin de saignée, mise sur les agrumes et une bouche acidulée.

Rencontrer les Larum, à Rasteau ou en salon

Une salle de dégustation ouverte sur la nature

La famille reçoit dans une salle de dégustation spacieuse, ouverte sur la nature. L’un des membres de la famille guide chaque visiteur dans son choix. Pour les groupes de plus de 8 personnes, mieux vaut prendre rendez-vous.

Sur réservation, le domaine propose aussi un plateau de charcuteries et de fromages. La visite de la cave se fait sur rendez-vous, pour 2 à 30 personnes.

Des salons aux tables des chefs

Les Larum vont aussi à la rencontre des amateurs. Ils parcourent les salons de toute la France, et jusqu’en Belgique dans la province de Namur.

Leurs cuvées se trouvent chez des cavistes, des restaurants et des chambres d’hôtes, de la Normandie à l’Occitanie. On les sert par exemple au restaurant L’Arnsbourg, à Baerenthal, ou au Bistrot des Oies, à Paris. Des hôtels et des cavistes les proposent aussi ailleurs en Europe.

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Domaine l’Ancienne École

    Sur le plateau qui domine Vinsobres, à 400 mètres, Anna et Wilson Thorburn ont créé le Domaine l’Ancienne École en 2007, dans l’ancienne école du quartier. Leurs 13 hectares de Grenache noir et de Syrah sont conduits en agriculture biologique, certifiée depuis 2014. Le domaine produit du cru Vinsobres et des Côtes du Rhône, dont le Terra Firma 2023, médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants 2025. Deux chambres d’hôtes et trois gîtes partagent une piscine à débordement face au Mont Ventoux.

  • Domaine Barou

    Ancienne ferme de polyculture-élevage passée en agriculture biologique dès 1971, le Domaine Barou s’est tourné vers la vigne avec Emmanuel Barou en 1997. Ses 15 hectares environ de granits altérés se partagent entre Charnas et Limony, en Ardèche. Le domaine y produit du Saint-Joseph, du Condrieu et des IGP Collines Rhodaniennes, surtout à partir de Syrah, de Marsanne, de Roussanne et de Viognier. Couverts semés entre les rangs, petit-lait et préparations biodynamiques 500 et 501 accompagnent le travail des sols.

  • Mas de Libian

    Propriété de la famille Thibon depuis 1670, le Mas de Libian cultive ses vignes à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. Conduit en bio depuis toujours, il est certifié en biodynamie Demeter depuis 2005 et travaille une partie du sol avec un cheval de trait. Ses 20 hectares de vignes, taillées en gobelet et vendangées à la main, côtoient oliviers, céréales et ruches. Hélène Thibon et sa famille en tirent six vins, en Côtes du Rhône et en Vin de France.

  • Mas des Terrasses

    Repris en 2024 par la famille Voisin, l’ancien Domaine de Graillefiot est devenu le Mas des Terrasses, sur une colline de Sabran à 150 mètres d’altitude. Un peu plus de 7 hectares s’y partagent entre terrasses en Côtes du Rhône Villages et parcelles vallonnées en Côtes du Rhône, sur grès et sables. Conduit en agriculture biologique depuis plus de vingt ans, le domaine vendange à la main et élève trois cuvées en fût de chêne. Il reçoit au caveau et loue deux gîtes au milieu du domaine.

  • Château Clématis

    Créé en 2004 par Xavier Tronc, hors du cadre familial, le Château Clématis cultive 30 hectares à Sainte-Cécile-les-Vignes, dans le Vaucluse. Ses vins relèvent de trois appellations : Côtes du Rhône, Côtes du Rhône Villages Sainte-Cécile et Rasteau. Engagé chez Ecocert depuis 2019, le domaine passe au bio cuvée par cuvée, depuis le Fruité 2020, et reste en partie en conversion. Ses rouges reposent surtout sur le Grenache, à côté d’un blanc boisé et d’un rosé de Cinsault médaillés au Challenge Millésime Bio.

  • Domaine de l’Amandier

    Le Domaine de l’Amandier cultive 18 hectares au nord du Gard, sur Saint-Christol-de-Rodières, Aiguèze et Saint-Julien-de-Peyrolas, à la limite des gorges de l’Ardèche. La quatrième génération y travaille en agriculture biologique depuis 1999, et met son vin en bouteille depuis 2004. La gamme va du Côtes du Rhône L’Incompris(e) aux vins de cépage en IGP Pays d’Oc, plus des bag-in-box et un jus de raisin. Tous se dégustent gratuitement dans un moulin à huile du XVIe siècle à Aiguèze, rouvert en caveau en 2021.

  • Domaine de MasLauris

    À Lauris, entre Luberon et Durance, le Domaine de MasLauris est né en 2011 autour d’un ancien corps de ferme de l’époque vaudoise. Après l’arrachage des vieilles vignes, le vignoble a été replanté en sélection massale à partir de 2014 et compte 12 hectares bio à 300 mètres d’altitude. Vendangées à la main dès 4 heures du matin, à la lampe frontale, ses vignes donnent dix cuvées en AOP Luberon. Margeaux et Chiara Théophile poursuivent aujourd’hui l’aventure avec le vigneron Aurélien Le Tellier.

  • Domaine du Pourra

    Racheté en 1998 par Jean-Christian Mayordome, médecin franco-gabonais, le Domaine du Pourra cultive trois lieux-dits en altitude à Séguret et à Gigondas, jusqu’à 450 mètres. La vigne y est conduite sans intrant chimique depuis 1999, certifiée en agriculture biologique depuis 2012 et travaillée en biodynamie. Au Pourra, le rendement moyen se limite à 9 à 12 hl/ha, et les vins fermentent en cuve béton sans levures ajoutées. Leurs élevages sur lies fines durent souvent de 30 mois à cinq ans, et la boutique propose encore des millésimes de plus de vingt ans.

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