Domaine du Vieux Noyer
Sommaire
- Un vieux noyer devenu sculpture à l’entrée de la cave
- L’arbre centenaire qui a donné son nom au domaine
- De la cave coopérative au chai de 1992
- Ludovic Bouviala et Éric Portalier aujourd’hui
- Les Côtes de Millau, cinquante kilomètres de vignes le long du Tarn
- Un vin apprécié à la cour pontificale d’Avignon
- Du syndicat de 1966 à l’AOC de 2011
- Gamay et syrah pour les rouges, chenin pour les blancs
- Des coteaux à plus de 400 mètres autour de Peyrelade
- Boyne et Liaucous, sur les versants de la vallée
- Bio depuis 2009, avec une part non bio
- Densité, taille et rendements
- Des rouges élevés dans des fûts de deux à cinq ans
- Chaque cépage vinifié à part
- Le profil des rouges : fruits rouges, cassis et poivre vert
- Chenin en blanc, gamay et syrah en rosé
- Deux appellations, une gamme et des apéritifs de la ferme
- Des Barandelles aux cuvées de fût
- Du rouge 1999 au Louradou coup de cœur
- Calistou, mirabelles et vinaigre de cerises
Un vieux noyer devenu sculpture à l’entrée de la cave
L’arbre centenaire qui a donné son nom au domaine
Le Domaine du Vieux Noyer doit son nom à un arbre. Un noyer centenaire se dressait à la porte de la cave. Le domaine se trouve à Boyne, un hameau de Rivière-sur-Tarn. Il produit des vins en AOP Côtes de Millau et en IGP Aveyron, dont huit certifiés bio.
L’arbre est mort de vieillesse, comme le rapportait le Guide Hachette des Vins dans son édition 2007. Pour en garder le souvenir, la famille Portalier a tenu à le sculpter. Il est devenu une sculpture monumentale de 5 mètres. On y a gravé les symboles de la vie de la vigne : le bourgeon, la feuille et la grappe.
Le tronc sculpté trône toujours à l’entrée de la propriété.

De la cave coopérative au chai de 1992
Les grands-parents paternels et maternels de Bernard Portalier vivaient déjà au village, et ils étaient vignerons. Bernard était adhérent de la cave coopérative depuis 1979. Il construit le chai actuel en 1992.
Le Guide Hachette le dit installé en cave particulière depuis 1994. C’est l’année où les Côtes de Millau accèdent au rang de VDQS. Dans l’édition 2007 du guide, le travail du domaine est mis au crédit de Carmen, Bernard et Ludovic.
Une cuvée garde la mémoire de ces débuts. Isaïe rend hommage à un voisin disparu, qui avait beaucoup aidé Bernard Portalier quand il s’est lancé.
Ludovic Bouviala et Éric Portalier aujourd’hui
Ludovic Bouviala et Éric Portalier sont aujourd’hui à la tête du domaine. Ils se présentent comme des vignerons paysans, et comme des acteurs du renouveau de l’AOP Côtes de Millau.
Le domaine a changé d’échelle. En 2006, le Guide Hachette parlait d’un domaine de 6 hectares, aux caves semi-troglodytiques. Son site en annonce aujourd’hui 32.

Les Côtes de Millau, cinquante kilomètres de vignes le long du Tarn
Un vin apprécié à la cour pontificale d’Avignon
Les premières traces écrites du vignoble datent du IXe siècle. Ce sont des donations de vignes aux églises et aux monastères. Dès 1327, le vin de la vallée est apprécié à la cour pontificale d’Avignon. Il le doit au cardinal de Mostuéjouls, originaire de la région.
De cette époque vient l’habitude locale d’appeler « gamet du Pape » les vins de vieux gamay. Au XVIIIe siècle, le vignoble couvre plus de 10 000 hectares. Un registre de 1771 note que la paroisse de Rivière n’a « d’autre commerce que le débit du vin ».
Le phylloxéra, puis la chute des cours, l’incitation à l’arrachage et la crise industrielle de Millau font fondre le vignoble. En 1957, il ne compte plus que 300 hectares.
Du syndicat de 1966 à l’AOC de 2011
La relance commence un an plus tard, avec des parcelles expérimentales et l’arrivée de la syrah et du cabernet-sauvignon. Les producteurs se fédèrent en syndicat en 1966. Le vin de pays « Gorges et Côtes de Millau » est reconnu en 1981. Suivent le VDQS en 1994, puis l’AOC Côtes de Millau en 2011.
L’appellation reste petite. En 2008, elle couvrait environ 60 hectares, travaillés par quatre producteurs indépendants et une cave coopérative. Ses vignes s’étirent sur près de 50 kilomètres le long du Tarn. La bande ne dépasse jamais 2 kilomètres de large.
Dans ce petit cercle, le Guide Hachette voyait en 2010 la famille Portalier comme « un pilier des côtes-de-millau ».
Gamay et syrah pour les rouges, chenin pour les blancs
Pour les rouges, le cahier des charges retient le gamay et la syrah comme cépages principaux. Le cabernet-sauvignon les complète. Les blancs reposent sur le chenin, complété par le mauzac. Les rosés s’appuient d’abord sur le gamay.
Dans la vallée, la syrah méridionale mûrit tardivement. Le gamay, plus précoce, atteint vite une maturité élevée. Le texte de l’appellation parle de cépages d’origines diverses, « souvent cultivés dans leurs limites climatiques ».
Des coteaux à plus de 400 mètres autour de Peyrelade
Boyne et Liaucous, sur les versants de la vallée
Les 32 hectares du domaine se répartissent autour du château de Peyrelade. Les vignes sont implantées à Boyne et à Liaucous, sur la commune de Mostuéjouls. Elles occupent les versants des coteaux, protégés par les hauts plateaux caussenards, tout au long de la vallée du Tarn.
Elles poussent à plus de 400 mètres d’altitude, sur des coteaux exposés plein sud. Le sol est argilo-calcaire. Tout autour, les plateaux des causses culminent entre 800 et 900 mètres. Ils servent de pâturages aux brebis dont le lait fait le roquefort.
Bio depuis 2009, avec une part non bio
L’exploitation s’est engagée en agriculture biologique le 18 septembre 2009, sous le contrôle d’Ecocert. En 2012, le Guide Hachette notait un vignoble en cours de conversion. En 2026, l’Agence Bio certifie en AB ses raisins de cuve, ses vins, ses vinaigres et ses jus de fruits.
Le même annuaire classe toutefois l’exploitation en mixité. À côté de ses productions certifiées, elle déclare donc une activité non bio, qu’il ne détaille pas. Sur la boutique, huit vins portent la mention bio. Ce sont les trois Barandelles, Isaïe, Louradou, Peyrelou et les deux Entre vous et moi. Le Calinou et les vins en Wini-Bag ne la portent pas.
Densité, taille et rendements
Pour les Barandelles, les vignes sont plantées à 4 500 pieds par hectare et taillées court, en guyot. Les rendements varient selon les cuvées. Le Barandelles rouge donne 45 hl/ha, le Louradou 30 hl/ha, Entre vous et moi 25 hl/ha.
Selon les cuvées, la vendange est manuelle, mécanique ou les deux. Isaïe vient des vignes anciennes du domaine, vendangées à la main, dont les sols sont travaillés mécaniquement. Le Peyrelou est un gamay d’altitude, issu de vignes de 20 ans en moyenne.
Des rouges élevés dans des fûts de deux à cinq ans
Chaque cépage vinifié à part
Les rouges sont vinifiés en cuve. Selon les cuvées, ils passent ensuite environ un an dans des fûts de chêne de 2 à 5 ans. Pour le Louradou, chaque cépage est vinifié séparément, suivant la méthode des Côtes de Millau. Les fermentations se déroulent entre 26 et 28 °C.
À la fin des fermentations alcooliques, un apport ménagé d’oxygène par micro-bullage stabilise la couleur et assouplit les tanins. La cuvaison dure trois à quatre semaines. Les assemblages se décident ensuite à la dégustation et à l’analyse de chaque cuve.
Isaïe macère 18 jours, puis passe 11 mois en fût. Ses barriques de 2 à 5 ans marquent peu le vin, relève le Guide Hachette.
Le profil des rouges : fruits rouges, cassis et poivre vert
Le Barandelles rouge assemble 50 % de syrah, 30 % de gamay et 20 % de cabernet-sauvignon. Seuls 5 % passent en fût. Le domaine le décrit rond et souple, sur les fruits rouges bien mûrs, le cassis et les épices.
Isaïe et Louradou réunissent les trois mêmes cépages. Le Guide Hachette trouve à Isaïe 2021 une robe grenat clair et des tanins fermes. Ses parfums floraux et fruités sont relevés de poivre vert. Le domaine décrit le Louradou sur le cassis, la garrigue et les épices, avec une finale sur le poivre vert.
Entre vous et moi rouge est une syrah pure. Elle passe 12 mois en fûts de chêne neufs de 400 litres. Le domaine y décrit un boisé subtil et des arômes de réglisse.
Chenin en blanc, gamay et syrah en rosé
Les blancs viennent surtout du chenin, parfois complété de mauzac, cépage originaire de la vallée du Tarn. Le Barandelles blanc compte 90 % de chenin et 10 % de mauzac. Élevé 3 à 6 mois en fût sur lies, avec bâtonnage, il livre un nez d’agrumes et de fleur de tilleul.
Entre vous et moi blanc est un chenin pur, élevé 12 mois en fûts neufs. Il joue sur la poire, les fruits confits et l’amande. Le Calinou, lui aussi 100 % chenin, reste légèrement moelleux. Le rosé Barandelles marie syrah et gamay à parts égales, sur la fraise et la fleur blanche.
Deux appellations, une gamme et des apéritifs de la ferme
Des Barandelles aux cuvées de fût
La gamme se partage entre deux appellations. En AOP Côtes de Millau : les Barandelles rouge, rosé et blanc, Isaïe et Louradou. En IGP Aveyron : Peyrelou, les deux Entre vous et moi et le Calinou. Le domaine vend aussi du vin en Wini-Bag de 3 et 5 litres.
Du rouge 1999 au Louradou coup de cœur
Dès l’édition 2002, le Guide Hachette des Vins cite un rouge 1999 du domaine. Deux ans plus tard, il présente Bernard Portalier comme un habitué du guide. Souvent retenu pour ses rouges, le domaine s’y distingue en 2018 avec un blanc, le 2016, noté une étoile.
Le Louradou 2018 obtient deux étoiles et un coup de cœur dans l’édition 2021. Le guide y salue un assemblage de syrah, de gamay et de cabernet d’une « remarquable harmonie ». Plus récemment, l’édition 2025 accorde une étoile à Isaïe 2021.
Calistou, mirabelles et vinaigre de cerises
Le Calistou est une des spécialités du domaine. Ludovic et Éric l’ont créé à partir de rosé de l’année. Ils y font macérer des mirabelles et des noix de leur exploitation. Il se boit très frais, sans glaçon.
La boutique propose aussi un vin de mirabelle, Saveurs de Mirabelle. On y trouve un vinaigre de vin vieilli en fût et un vinaigre de cerises, à utiliser comme un balsamique. Le Guide Hachette mentionne en outre les bières de leur brasserie artisanale.
Le domaine reçoit pour la dégustation et la vente à la propriété. Les groupes sont accueillis sur réservation à partir de 10 personnes. La ferme porte les marques Bienvenue à la ferme et Fabriqué en Aveyron.



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