Le chai du Domaine du Vieux Noyer

Domaine du Vieux Noyer

Région viticole

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Sud-Ouest

Bio
Sommaire

Un vieux noyer devenu sculpture à l’entrée de la cave

L’arbre centenaire qui a donné son nom au domaine

Le Domaine du Vieux Noyer doit son nom à un arbre. Un noyer centenaire se dressait à la porte de la cave. Le domaine se trouve à Boyne, un hameau de Rivière-sur-Tarn. Il produit des vins en AOP Côtes de Millau et en IGP Aveyron, dont huit certifiés bio.

L’arbre est mort de vieillesse, comme le rapportait le Guide Hachette des Vins dans son édition 2007. Pour en garder le souvenir, la famille Portalier a tenu à le sculpter. Il est devenu une sculpture monumentale de 5 mètres. On y a gravé les symboles de la vie de la vigne : le bourgeon, la feuille et la grappe.

Le tronc sculpté trône toujours à l’entrée de la propriété.

Entrée du Domaine du Vieux Noyer

De la cave coopérative au chai de 1992

Les grands-parents paternels et maternels de Bernard Portalier vivaient déjà au village, et ils étaient vignerons. Bernard était adhérent de la cave coopérative depuis 1979. Il construit le chai actuel en 1992.

Le Guide Hachette le dit installé en cave particulière depuis 1994. C’est l’année où les Côtes de Millau accèdent au rang de VDQS. Dans l’édition 2007 du guide, le travail du domaine est mis au crédit de Carmen, Bernard et Ludovic.

Une cuvée garde la mémoire de ces débuts. Isaïe rend hommage à un voisin disparu, qui avait beaucoup aidé Bernard Portalier quand il s’est lancé.

Ludovic Bouviala et Éric Portalier aujourd’hui

Ludovic Bouviala et Éric Portalier sont aujourd’hui à la tête du domaine. Ils se présentent comme des vignerons paysans, et comme des acteurs du renouveau de l’AOP Côtes de Millau.

Le domaine a changé d’échelle. En 2006, le Guide Hachette parlait d’un domaine de 6 hectares, aux caves semi-troglodytiques. Son site en annonce aujourd’hui 32.

Eric Portalier et Ludovic Bouviala

Les Côtes de Millau, cinquante kilomètres de vignes le long du Tarn

Un vin apprécié à la cour pontificale d’Avignon

Les premières traces écrites du vignoble datent du IXe siècle. Ce sont des donations de vignes aux églises et aux monastères. Dès 1327, le vin de la vallée est apprécié à la cour pontificale d’Avignon. Il le doit au cardinal de Mostuéjouls, originaire de la région.

De cette époque vient l’habitude locale d’appeler « gamet du Pape » les vins de vieux gamay. Au XVIIIe siècle, le vignoble couvre plus de 10 000 hectares. Un registre de 1771 note que la paroisse de Rivière n’a « d’autre commerce que le débit du vin ».

Le phylloxéra, puis la chute des cours, l’incitation à l’arrachage et la crise industrielle de Millau font fondre le vignoble. En 1957, il ne compte plus que 300 hectares.

Du syndicat de 1966 à l’AOC de 2011

La relance commence un an plus tard, avec des parcelles expérimentales et l’arrivée de la syrah et du cabernet-sauvignon. Les producteurs se fédèrent en syndicat en 1966. Le vin de pays « Gorges et Côtes de Millau » est reconnu en 1981. Suivent le VDQS en 1994, puis l’AOC Côtes de Millau en 2011.

L’appellation reste petite. En 2008, elle couvrait environ 60 hectares, travaillés par quatre producteurs indépendants et une cave coopérative. Ses vignes s’étirent sur près de 50 kilomètres le long du Tarn. La bande ne dépasse jamais 2 kilomètres de large.

Dans ce petit cercle, le Guide Hachette voyait en 2010 la famille Portalier comme « un pilier des côtes-de-millau ».

Gamay et syrah pour les rouges, chenin pour les blancs

Pour les rouges, le cahier des charges retient le gamay et la syrah comme cépages principaux. Le cabernet-sauvignon les complète. Les blancs reposent sur le chenin, complété par le mauzac. Les rosés s’appuient d’abord sur le gamay.

Dans la vallée, la syrah méridionale mûrit tardivement. Le gamay, plus précoce, atteint vite une maturité élevée. Le texte de l’appellation parle de cépages d’origines diverses, « souvent cultivés dans leurs limites climatiques ».

Des coteaux à plus de 400 mètres autour de Peyrelade

Boyne et Liaucous, sur les versants de la vallée

Les 32 hectares du domaine se répartissent autour du château de Peyrelade. Les vignes sont implantées à Boyne et à Liaucous, sur la commune de Mostuéjouls. Elles occupent les versants des coteaux, protégés par les hauts plateaux caussenards, tout au long de la vallée du Tarn.

Elles poussent à plus de 400 mètres d’altitude, sur des coteaux exposés plein sud. Le sol est argilo-calcaire. Tout autour, les plateaux des causses culminent entre 800 et 900 mètres. Ils servent de pâturages aux brebis dont le lait fait le roquefort.

Bio depuis 2009, avec une part non bio

L’exploitation s’est engagée en agriculture biologique le 18 septembre 2009, sous le contrôle d’Ecocert. En 2012, le Guide Hachette notait un vignoble en cours de conversion. En 2026, l’Agence Bio certifie en AB ses raisins de cuve, ses vins, ses vinaigres et ses jus de fruits.

Le même annuaire classe toutefois l’exploitation en mixité. À côté de ses productions certifiées, elle déclare donc une activité non bio, qu’il ne détaille pas. Sur la boutique, huit vins portent la mention bio. Ce sont les trois Barandelles, Isaïe, Louradou, Peyrelou et les deux Entre vous et moi. Le Calinou et les vins en Wini-Bag ne la portent pas.

Densité, taille et rendements

Pour les Barandelles, les vignes sont plantées à 4 500 pieds par hectare et taillées court, en guyot. Les rendements varient selon les cuvées. Le Barandelles rouge donne 45 hl/ha, le Louradou 30 hl/ha, Entre vous et moi 25 hl/ha.

Selon les cuvées, la vendange est manuelle, mécanique ou les deux. Isaïe vient des vignes anciennes du domaine, vendangées à la main, dont les sols sont travaillés mécaniquement. Le Peyrelou est un gamay d’altitude, issu de vignes de 20 ans en moyenne.

Des rouges élevés dans des fûts de deux à cinq ans

Chaque cépage vinifié à part

Les rouges sont vinifiés en cuve. Selon les cuvées, ils passent ensuite environ un an dans des fûts de chêne de 2 à 5 ans. Pour le Louradou, chaque cépage est vinifié séparément, suivant la méthode des Côtes de Millau. Les fermentations se déroulent entre 26 et 28 °C.

À la fin des fermentations alcooliques, un apport ménagé d’oxygène par micro-bullage stabilise la couleur et assouplit les tanins. La cuvaison dure trois à quatre semaines. Les assemblages se décident ensuite à la dégustation et à l’analyse de chaque cuve.

Isaïe macère 18 jours, puis passe 11 mois en fût. Ses barriques de 2 à 5 ans marquent peu le vin, relève le Guide Hachette.

Le profil des rouges : fruits rouges, cassis et poivre vert

Le Barandelles rouge assemble 50 % de syrah, 30 % de gamay et 20 % de cabernet-sauvignon. Seuls 5 % passent en fût. Le domaine le décrit rond et souple, sur les fruits rouges bien mûrs, le cassis et les épices.

Isaïe et Louradou réunissent les trois mêmes cépages. Le Guide Hachette trouve à Isaïe 2021 une robe grenat clair et des tanins fermes. Ses parfums floraux et fruités sont relevés de poivre vert. Le domaine décrit le Louradou sur le cassis, la garrigue et les épices, avec une finale sur le poivre vert.

Entre vous et moi rouge est une syrah pure. Elle passe 12 mois en fûts de chêne neufs de 400 litres. Le domaine y décrit un boisé subtil et des arômes de réglisse.

Chenin en blanc, gamay et syrah en rosé

Les blancs viennent surtout du chenin, parfois complété de mauzac, cépage originaire de la vallée du Tarn. Le Barandelles blanc compte 90 % de chenin et 10 % de mauzac. Élevé 3 à 6 mois en fût sur lies, avec bâtonnage, il livre un nez d’agrumes et de fleur de tilleul.

Entre vous et moi blanc est un chenin pur, élevé 12 mois en fûts neufs. Il joue sur la poire, les fruits confits et l’amande. Le Calinou, lui aussi 100 % chenin, reste légèrement moelleux. Le rosé Barandelles marie syrah et gamay à parts égales, sur la fraise et la fleur blanche.

Deux appellations, une gamme et des apéritifs de la ferme

Des Barandelles aux cuvées de fût

La gamme se partage entre deux appellations. En AOP Côtes de Millau : les Barandelles rouge, rosé et blanc, Isaïe et Louradou. En IGP Aveyron : Peyrelou, les deux Entre vous et moi et le Calinou. Le domaine vend aussi du vin en Wini-Bag de 3 et 5 litres.

Du rouge 1999 au Louradou coup de cœur

Dès l’édition 2002, le Guide Hachette des Vins cite un rouge 1999 du domaine. Deux ans plus tard, il présente Bernard Portalier comme un habitué du guide. Souvent retenu pour ses rouges, le domaine s’y distingue en 2018 avec un blanc, le 2016, noté une étoile.

Le Louradou 2018 obtient deux étoiles et un coup de cœur dans l’édition 2021. Le guide y salue un assemblage de syrah, de gamay et de cabernet d’une « remarquable harmonie ». Plus récemment, l’édition 2025 accorde une étoile à Isaïe 2021.

Calistou, mirabelles et vinaigre de cerises

Le Calistou est une des spécialités du domaine. Ludovic et Éric l’ont créé à partir de rosé de l’année. Ils y font macérer des mirabelles et des noix de leur exploitation. Il se boit très frais, sans glaçon.

La boutique propose aussi un vin de mirabelle, Saveurs de Mirabelle. On y trouve un vinaigre de vin vieilli en fût et un vinaigre de cerises, à utiliser comme un balsamique. Le Guide Hachette mentionne en outre les bières de leur brasserie artisanale.

Le domaine reçoit pour la dégustation et la vente à la propriété. Les groupes sont accueillis sur réservation à partir de 10 personnes. La ferme porte les marques Bienvenue à la ferme et Fabriqué en Aveyron.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

  • Domaine de Brin

    Le Domaine de Brin cultive 14 hectares de vignes en AOC Gaillac à Castanet, dans une ferme familiale où poussent aussi lentilles, pois chiches et orge brassicole. Damien Bonnet y met les vins en bouteille depuis 2008, en bio dès le départ, avec une certification engagée en 2011. Mauzac, loin de l’œil, braucol, duras et prunelart s’élèvent en jarre de grès, en amphore, en foudre ou en béton. Ses quinze cuvées vont du pétillant naturel au vin de voile, en passant par l’orange et les doux.

  • Château du Grand Roc

    Le Château du Grand Roc cultive 7 hectares de vignes bio à Lamothe-Montravel, sur des coteaux argilo-calcaires tournés au sud, au bord de la Dordogne. Ingénieur agronome passé par le conseil viticole, Edouard Barkhausen l’a repris en 2023 à Henri-Paul Guillot, qui le conduisait en bio depuis près de trente ans. Il vinifie en cuves béton, en amphore, en œuf ou en demi-muids, de l’AOC Bergerac aux cuvées en IGP Périgord. Autour des vignes, des vaches highland entretiennent les prairies, entre les bois et les haies du domaine.

  • Domaine La Valette

    Le Domaine La Valette cultive 3 hectares en bio à Villaudric, dans l’AOP Fronton, au nord de Toulouse. Issu d’une famille de vignerons du Val de Loire, Antoine Rouiller y a planté une partie des vignes en 2019 et 2021. La négrette y côtoie la syrah, le cabernet franc, le mauzac et le chardonnay, vendangés à la main pour des vins soufrés au tiers de la dose autorisée. Le Guide Hachette 2027 accorde deux étoiles à l’Arlequin rouge 2024 et à la Négrette Only 2025.

  • Domaine Damiens

    Le Domaine Damiens cultive 16 hectares à Aydie, en appellations Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh, engagés en bio depuis 2011. Son nom vient d’un aïeul trouvé sous un porche d’église le jour de la Saint-Côme-et-Damien, et les Beheity tiennent la propriété depuis 1950. Pierre-Michel Beheity restructure le vignoble à partir de 2008 en faveur du tannat, tout en gardant un capital de vieilles vignes. Du tannat de printemps sans sulfites ajoutés aux Madiran de garde, la gamme compte aussi des Pacherenc secs et doux de petit et gros manseng.

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