Domaine La Valette - Vignes aux couleurs d’automne en lisière de bois

Domaine La Valette

Région viticole

Région viticole

Sud-Ouest

Bio

Trois hectares entre les bois de Villaudric

Le Domaine La Valette tient son nom d’un lieu-dit de Villaudric, à quelques kilomètres au nord de Toulouse. Son vignoble couvre 3 hectares conduits en agriculture biologique, dans l’AOP Fronton. Antoine Rouiller y produit des rouges, des rosés et des blancs en petites séries, vendangés à la main et vinifiés dans son chai de Bouloc, la commune voisine.

Un retour aux vignes de l’enfance, depuis le Saumurois

Antoine Rouiller vient d’une famille de viticulteurs du Val de Loire. Il a grandi dans une propriété viticole du Saumurois et passé tous ses étés dans le vignoble de ses grands-parents. Ces souvenirs ne l’ont pas quitté.

À l’approche de la cinquantaine, l’envie d’un métier artisanal le rattrape. Il monte son projet viticole dans le Frontonnais, loin de la Loire, et engage ses vignes en bio dès 2019. Il parle lui-même de « cuvées intimes » : de petites quantités, travaillées avec beaucoup de soin.

Des fermages et deux plantiers au lieu-dit La Valette

Le domaine s’est construit en deux temps. Une partie des vignes est prise en fermage. L’autre a été plantée par Antoine Rouiller lui-même, en 2019 puis en 2021, au lieu-dit La Valette.

Domaine La Valette - Jeunes vignes d’un plantier au lieu-dit La Valette
Les plantiers de 2019 et 2021 ont agrandi le vignoble.

L’encépagement mêle le local et l’ailleurs. La négrette, cépage typique de Fronton, y côtoie la syrah, le cabernet franc, le mauzac et le chardonnay. Les cuvées font aussi appel au merlot et au malbec. Le mauzac vient de vieilles vignes d’une soixantaine d’années.

Douze ruches et une jachère fleurie au milieu des parcelles

Les parcelles occupent un coin resté sauvage. Des bois les entourent, sur les terrasses proches du Tarn et de la Garonne. Les vignes sont cultivées sans pesticide, avec une attention portée aux sols et à la faune qui les habite.

L’une des parcelles abrite un rucher de 12 ruches, installé à côté d’une jachère fleurie.

Fronton, l’appellation de la négrette

Le vignoble de Fronton s’étend sur vingt communes entre Toulouse et Montauban. L’appellation d’origine contrôlée y a été reconnue en 1975 pour les rouges et les rosés. Avant elle, Villaudric avait déjà ses propres vins délimités de qualité supérieure, les VDQS de Villaudric.

Un cépage que l’on ne cultive presque nulle part ailleurs

La négrette, « la noire » en occitan, fait l’identité de Fronton. Le vignoble rassemble 96 % des surfaces de négrette plantées en France. Le cépage est réputé capricieux, sensible au mildiou, et il demande beaucoup de soins à la vigne.

Ses vins se reconnaissent à leurs arômes floraux et épicés. Il s’assemble souvent avec la syrah, le cabernet franc ou le côt. Depuis 2009, l’appellation autorise aussi les cuvées de négrette seule. Le Domaine La Valette en signe une, baptisée Négrette Only.

Les boulbènes des terrasses du Tarn

Le Frontonnais repose sur d’anciennes terrasses alluviales déposées par le Tarn. À La Valette, les sols sont surtout faits de boulbène, une terre silico-argileuse et acide, typique des vallées de la Garonne et du Sud-Ouest.

Sur les parcelles des rouges, la boulbène forme une couche d’environ 80 centimètres, faite de sable et de limons argileux rougeâtres. Sur tout le vignoble, le vent d’autan, chaud et sec, contribue à assainir la vigne.

Domaine La Valette - Vignes taillées sous le givre, un matin d’hiver
Vignes taillées sous le givre, un matin d’hiver.

Des cuvées de quelques centaines de bouteilles

La gamme compte huit cuvées, en AOP Fronton, en IGP Comté Tolosan et en Vin de France. Chacune reste confidentielle : d’environ 800 bouteilles pour le chardonnay à environ 3 000 pour le rouge Initiale. On les reconnaît à leurs étiquettes multicolores.

Raisins égrappés, pigeage à la main et soufre au tiers

Toutes les vendanges se font à la main. Elles réunissent amis et famille, le temps des week-ends. Les grappes sont ensuite éraflées.

Domaine La Valette - Vendangeurs réunis entre les rangs, amis et famille
Vendanges à la main, entre amis et en famille.

Les rouges sont pigés à la main. Pour les blancs, Antoine Rouiller pratique une macération pelliculaire avant pressage. Le sulfitage reste minimal, juste de quoi stabiliser le vin : les doses sont réduites au tiers de ce qu’autorise la réglementation.

Le chai de Bouloc réunit cuves inox et barriques. La cuvée Arlequin rouge y passe 12 mois en barriques de quatre ans, ce qui lui laisse un boisé très discret.

Domaine La Valette - Barriques et cuves inox au chai de Bouloc
Barriques et cuves inox au chai de Bouloc.

Du rouge sans sulfites ajoutés au blanc perlé

Les rouges en AOP Fronton tournent autour de la négrette, assemblée au cabernet franc, à la syrah et au malbec. L’Arlequin évoque la cerise, le cassis et la violette, l’Initiale les fruits rouges et la violette, avec une pointe d’épices. Le Champ du Merlot, en Comté Tolosan, mise sur le fruit rouge et la fraîcheur.

Terre en Équilibre est vinifiée sans sulfites ajoutés. Le rosé Initiale passe par un pressoir hydraulique vertical, et garde le gaz carbonique de sa fermentation jusqu’à la mise en bouteille, d’où une fraîcheur perlée.

Côté blancs, le chardonnay Initiale est mis en bouteille sans filtration, naturellement perlé, sur des arômes de coing et de poire. L’Arlequin Mauzac, sec, joue sur le coing et la pomme confite.

Quatre cuvées étoilées au Guide Hachette

Le Guide Hachette des vins a donné une étoile à l’Initiale rouge 2020 dans son édition 2023, puis une étoile au Champ du Merlot 2024 dans l’édition 2026. L’édition 2027 accorde deux étoiles à l’Arlequin rouge 2024 et à la Négrette Only 2025.

La Revue du vin de France a sélectionné l’Initiale rouge 2024. Le rosé Initiale 2023 a été sélectionné par la revue Cavistes et Sommeliers, et par le chef du Cénacle, à Toulouse, pour un accord mets et vin.

Le chai de Bouloc ouvre sur rendez-vous

Antoine Rouiller reçoit au chai, à Bouloc, uniquement sur rendez-vous, pour une visite ou une dégustation de la gamme. Les vignes, elles, se trouvent sur la commune voisine de Villaudric.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

  • Domaine de Brin

    Le Domaine de Brin cultive 14 hectares de vignes en AOC Gaillac à Castanet, dans une ferme familiale où poussent aussi lentilles, pois chiches et orge brassicole. Damien Bonnet y met les vins en bouteille depuis 2008, en bio dès le départ, avec une certification engagée en 2011. Mauzac, loin de l’œil, braucol, duras et prunelart s’élèvent en jarre de grès, en amphore, en foudre ou en béton. Ses quinze cuvées vont du pétillant naturel au vin de voile, en passant par l’orange et les doux.

  • Château du Grand Roc

    Le Château du Grand Roc cultive 7 hectares de vignes bio à Lamothe-Montravel, sur des coteaux argilo-calcaires tournés au sud, au bord de la Dordogne. Ingénieur agronome passé par le conseil viticole, Edouard Barkhausen l’a repris en 2023 à Henri-Paul Guillot, qui le conduisait en bio depuis près de trente ans. Il vinifie en cuves béton, en amphore, en œuf ou en demi-muids, de l’AOC Bergerac aux cuvées en IGP Périgord. Autour des vignes, des vaches highland entretiennent les prairies, entre les bois et les haies du domaine.

  • Domaine Damiens

    Le Domaine Damiens cultive 16 hectares à Aydie, en appellations Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh, engagés en bio depuis 2011. Son nom vient d’un aïeul trouvé sous un porche d’église le jour de la Saint-Côme-et-Damien, et les Beheity tiennent la propriété depuis 1950. Pierre-Michel Beheity restructure le vignoble à partir de 2008 en faveur du tannat, tout en gardant un capital de vieilles vignes. Du tannat de printemps sans sulfites ajoutés aux Madiran de garde, la gamme compte aussi des Pacherenc secs et doux de petit et gros manseng.

  • Causse Marines

    Causse Marines cultive à peine 10 hectares sur un causse calcaire de Vieux, dans le vignoble de Gaillac, repris par Patrice Lescarret en 1993. Le domaine y conduit plus de quinze cépages, dont le mauzac, l’ondenc, le verdanel et le prunelart, tous issus de sélection massale. Certifiées bio depuis 2006 et travaillées en partie au cheval, les vignes donnent des vins nature, sortis pour la plupart en Vin de France. Les cuvées jouent du verlan, de Zacmau à Rasdu, et refusent les fiches techniques trop sérieuses.

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