Vingoble du domaine Laougué

Domaine Laougué

Région viticole

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Sommaire

Trois générations de Dabadie sur les coteaux de Viella

De Charles à Pierre, un domaine qui s’agrandit

Le Domaine Laougué est un domaine familial de Viella, dans le Gers, en piémont pyrénéen. Il produit des vins bio sous les appellations Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh. Trois générations s’y sont succédé : Charles, puis Pierre, puis Sylvain Dabadie.

Pierre Dabadie a repris le flambeau de son père dans les années 1980. Il a agrandi le domaine et construit de nouveaux chais. Il a aussi cherché à moderniser l’appellation, ses méthodes de culture et surtout sa vinification. Son but affiché : anoblir les vins de Madiran.

Le vignoble couvre aujourd’hui 25 hectares. La famille l’exploite elle-même, et Pierre travaille toujours aux côtés de son fils. Le domaine se présente comme l’histoire d’une transmission d’hommes en Gascogne.

2014, Sylvain prend le relais et passe au bio

Sylvain Dabadie a pris le relais en 2014. Il a réorienté la conduite de la vigne et renouvelé les cuvées. Il a surtout engagé la conversion du vignoble à l’agriculture biologique.

L’exploitation s’est engagée en bio le 14 août 2021, sous le contrôle de Bureau Veritas. En 2026, ses vins sont certifiés en agriculture biologique, et une partie du raisin est encore en troisième année de conversion. Les fiches techniques des onze cuvées portent la mention « agriculture biologique ».

Le domaine revendique la préservation de la biodiversité et le respect de l’environnement comme priorités. Il dit vouloir créer des vins « enthousiasmants », qui allient la modernité à la typicité des deux appellations.

Vignerons du domaine Laougué

Viella, dernière commune entrée dans l’aire du Madiran

Galets roulés, gravettes et argiles limoneuses

Les vignes de Laougué reposent sur trois types de sols. Les coteaux exposés plein sud portent un sol argilo-calcaire à galets roulés. Ailleurs, des gravettes sur substrat argilo-limoneux donnent un sol drainant et sec. En bas de coteaux, le sol devient argilo-limoneux.

Toutes les cuvées viennent de vignes plantées à 4 400 pieds par hectare et taillées en Guyot double. Les expositions varient d’une cuvée à l’autre. La plupart des parcelles regardent le sud, celle de Marty l’ouest, et celle d’Arbison, sur argile rouge à galets roulés, le nord.

Le climat subit l’influence de l’océan, avec des hivers doux et des étés chauds. Le domaine relève 1 852 heures d’ensoleillement et 1 132 mm de pluie par an, bien répartis entre le printemps et l’automne. L’été, un fort ensoleillement et des pluies modérées jouent un rôle clé dans la maturité du raisin.

Une appellation de rouges bâtie sur le Tannat

L’AOC Madiran est réservée aux vins rouges tranquilles. Son aire compte 37 communes réparties sur trois départements : les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées et le Gers. Reconnue par décret en 1948, elle a gardé presque le même périmètre depuis. Seule Viella y a été ajoutée, en 1966.

Le Tannat est le cépage principal de l’appellation. Le cahier des charges le décrit comme très coloré et tannique. Au XVIIIe siècle, il s’est ajouté au Fer et au Bouchy, l’ancien nom du Cabernet Franc, et s’est développé avec la demande des marchés. Le Cabernet Franc reste parmi les cépages accessoires.

Le texte de l’appellation signale aussi un vent du sud chaud et sec, de type fœhn. En fin d’été et en automne, il souffle en moyenne un jour sur trois. Le domaine, lui, parle d’un terroir balayé par les vents des Pyrénées.

Le Pacherenc, des piquets de vigne en rang

Les blancs du domaine relèvent du Pacherenc du Vic-Bilh, qui partage le territoire du Madiran. C’est une appellation confidentielle d’environ 300 hectares. Son nom vient d’une expression béarnaise, « pachets en renc », qui désigne des piquets de vigne en rang.

Elle se décline en sec et en doux. D’abord connue pour ses blancs doux, elle s’est ensuite diversifiée vers les blancs secs. Les doux naissent de raisins passerillés sur souche, cueillis tard et en plusieurs tries. Ses cépages sont locaux : Petit Manseng, Gros Manseng, Petit Courbu, avec l’Arrufiac en cépage minoritaire.

Levures indigènes et demi-muids : le chai de Sylvain Dabadie

Des vendanges manuelles jusqu’à la mi-décembre

Au Domaine Laougué, on vendange à la main, d’octobre à la mi-décembre. Pour Les Péricles, un Pacherenc doux, la récolte a lieu fin novembre, avant un pressurage en grappes entières. Les fermentations se font en levures indigènes sur la plupart des cuvées.

Les contenants changent selon les vins. Le Laougué rouge s’élève en cuves béton. Camy passe 12 mois en fûts de deux et trois vins, Marty 16 mois en demi-muids. Arbison, pur Tannat, est vinifié de bout en bout en demi-muids, puis élevé 24 mois.

Les rendements vont de 15 hl/ha pour Les Péricles à 40 hl/ha pour le Laougué rouge, Camy ou Marty. Les vignes de Marty ont plus de 60 ans, celles d’Arbison plus de 50 ans.

Le Petit Courbu en premier rôle

Côté blancs, Sylvain Dabadie met en avant le Petit Courbu. Dans l’appellation, ce cépage n’apparaît le plus souvent qu’en appoint. Au domaine, il porte L’Orée, un Pacherenc sec élevé 12 mois sur lies en demi-muids.

Il entre aussi dans Talion, aux côtés du Petit Manseng. Ce Pacherenc sec est vinifié sans soufre, puis élevé en demi-muids entre 18 et 24 mois. Et on le retrouve dans Les Bulles, un effervescent en méthode ancestrale, avec le Petit Manseng et le Sauvignon blanc.

Quatre familles de cuvées

Le domaine produit onze cuvées. En 2025, il les a habillées d’une nouvelle identité visuelle. Elle distingue quatre familles : les cuvées emblématiques, les parcellaires, les vins au sommet et les atypiques. Trois cuvées portent le nom du domaine : Laougué rouge, sec et doux. Les parcellaires réunissent Camy, Marty, L’Orée et Les Péricles.

Les « vins au sommet », Arbison et Talion, se reconnaissent à une forme de bouteille différente. Les atypiques complètent la gamme : Les Bulles et une cuvée de Tannat en sélection massale, élevée quatre mois en barrique.

Des Madiran soyeux, des Pacherenc entre douceur et fraîcheur

Des goûts affirmés, ancrés dans l’histoire madiranaise

Le domaine décrit ses vins comme modernes, stylisés et gourmands. Les Madiran associent le Tannat au Cabernet Franc, ou le vinifient seul. Leurs fiches parlent de fruits noirs, d’épices et de tanins soyeux et fondus. Leur garde annoncée va de trois ans pour le Tannat des atypiques à dix ans et plus pour Marty et Arbison.

Les Pacherenc doux misent sur le Petit Manseng. Le Laougué doux cherche une union de douceur et de fraîcheur, sur les fruits exotiques et l’abricot. Les secs vont de la rondeur du Laougué sec à la franche acidité de Talion, qui étire le vin vers une finale saline.

La Revue du Vin de France voit en Sylvain Dabadie un vigneron à la pointe du renouveau de la jeune génération de Madiran. Elle évoque des goûts affirmés, personnels, parfois inattendus, dans un travail qui reste ancré dans l’histoire viticole madiranaise.

Du Guide Hachette au Guide Vert de la RVF

Le Guide Hachette retient régulièrement ses Madiran et ses Pacherenc. Dans son édition 2021, il a attribué deux étoiles et un coup de cœur au Madiran Marty 2018.

Le domaine a fait son entrée dans le Guide Vert de la RVF avec l’édition 2026. Arbison 2020 y a reçu un coup de cœur. L’Orée 2023, Talion 2020 et Marty 2022 ont obtenu 92 points. Dans l’édition 2027, Talion 2023 atteint 93/100.

Le magazine américain Wine Enthusiast a aussi noté les vins, sous la plume de Roger Voss. Marty 2022 a obtenu 94 points et Camy 2022 93 points.

Du vignoble au chai, les rendez-vous du Domaine Laougué

De la vigne au verre, et le Vitinéraire

Le domaine reçoit toute l’année, et la dégustation se fait sur rendez-vous. La visite « De la vigne au verre » part du vignoble pour comprendre le terroir, puis explore les chais où le vin se transforme et s’élève. Elle s’achève sur une dégustation des Madiran et des Pacherenc.

Le Vitinéraire propose une balade en autonomie dans le vignoble, à la découverte des particularités du terroir. Le plan s’obtient auprès du domaine. Les groupes, ou les visites un dimanche ou un jour férié, se préparent en contactant directement l’équipe.

Les portes ouvertes de novembre, à la fin des vendanges

En novembre, en 2025 comme en 2026, la famille Dabadie organise ses portes ouvertes en Madiran. Pour elle, ce rendez-vous marque la fin des vendanges et la naissance d’un nouveau millésime. Au programme : dégustation et repas gastronomique sur réservation, accompagné des vins du domaine.

L’édition 2026 ajoute une journée le vendredi. Le docteur David Chauvaud y donne une conférence sur la pédologie des terroirs, suivie d’une verticale des vins du domaine. Le samedi, l’équipe fait visiter les chais.

En 2025, le domaine a aussi accueilli un pique-nique vigneron indépendant, avec dégustation à la barrique aux côtés de Sylvain. Il a aussi pris part à Vignobles en Scène, le rendez-vous d’octobre de la destination Cœur Sud-Ouest, labellisée Vignobles & Découvertes.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

  • Domaine de Brin

    Le Domaine de Brin cultive 14 hectares de vignes en AOC Gaillac à Castanet, dans une ferme familiale où poussent aussi lentilles, pois chiches et orge brassicole. Damien Bonnet y met les vins en bouteille depuis 2008, en bio dès le départ, avec une certification engagée en 2011. Mauzac, loin de l’œil, braucol, duras et prunelart s’élèvent en jarre de grès, en amphore, en foudre ou en béton. Ses quinze cuvées vont du pétillant naturel au vin de voile, en passant par l’orange et les doux.

  • Château du Grand Roc

    Le Château du Grand Roc cultive 7 hectares de vignes bio à Lamothe-Montravel, sur des coteaux argilo-calcaires tournés au sud, au bord de la Dordogne. Ingénieur agronome passé par le conseil viticole, Edouard Barkhausen l’a repris en 2023 à Henri-Paul Guillot, qui le conduisait en bio depuis près de trente ans. Il vinifie en cuves béton, en amphore, en œuf ou en demi-muids, de l’AOC Bergerac aux cuvées en IGP Périgord. Autour des vignes, des vaches highland entretiennent les prairies, entre les bois et les haies du domaine.

  • Domaine La Valette

    Le Domaine La Valette cultive 3 hectares en bio à Villaudric, dans l’AOP Fronton, au nord de Toulouse. Issu d’une famille de vignerons du Val de Loire, Antoine Rouiller y a planté une partie des vignes en 2019 et 2021. La négrette y côtoie la syrah, le cabernet franc, le mauzac et le chardonnay, vendangés à la main pour des vins soufrés au tiers de la dose autorisée. Le Guide Hachette 2027 accorde deux étoiles à l’Arlequin rouge 2024 et à la Négrette Only 2025.

  • Domaine Damiens

    Le Domaine Damiens cultive 16 hectares à Aydie, en appellations Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh, engagés en bio depuis 2011. Son nom vient d’un aïeul trouvé sous un porche d’église le jour de la Saint-Côme-et-Damien, et les Beheity tiennent la propriété depuis 1950. Pierre-Michel Beheity restructure le vignoble à partir de 2008 en faveur du tannat, tout en gardant un capital de vieilles vignes. Du tannat de printemps sans sulfites ajoutés aux Madiran de garde, la gamme compte aussi des Pacherenc secs et doux de petit et gros manseng.

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