Château d’Escabes
Sommaire
- Un château de brique rendu à ses vignes en 2017
- Une brique datée de 1665 sur la tour sud-est
- Albert Hauchard, l’incendie de 1989 et les jardins
- Vingt-quatre ans de bail avec la cave de Rabastens
- Cinquante-cinq hectares d’un seul tenant sur la rive droite du Tarn
- Des coteaux entre vent d’Autan et vent d’ouest
- Engagé en bio en mai 2018, certifié en 2021
- L’équipe de Bernard Durand
- Trois gammes pour lire les cépages de Gaillac
- Les Originaux, un cépage par bouteille
- Contemplatifs et Audacieux, des assemblages au vin orange
- La fraîcheur pour fil conducteur
- Lisle-sur-Tarn dans l’histoire du vignoble de Gaillac
- L’une des trois villes-ports du Tarn
- Les coteaux de la rive droite, de Castelnau-de-Lévis à Rabastens
- Des cépages que Gaillac garde pour lui
Un château de brique rendu à ses vignes en 2017
Le Château d’Escabes, domaine bio de l’AOC Gaillac, se trouve à Lisle-sur-Tarn, sur la rive droite du Tarn. La famille Hauchard en est propriétaire depuis 1974. Pendant vingt-quatre ans, pourtant, ses vignes ont travaillé pour la cave coopérative de Rabastens. La famille n’en a repris la conduite qu’en 2017, et elle a converti le vignoble à l’agriculture biologique dans la foulée.
Une brique datée de 1665 sur la tour sud-est
Le château a très probablement été bâti au XVIIe siècle. Son architecture et la forme des fentes de tir encore en place le suggèrent. Une date, 1665, est inscrite sur une brique de la tour sud-est et pourrait marquer sa construction. Le château appartenait alors à la famille de Lantaniac, première famille noble de Lisle-sur-Tarn.
Le petit château est entièrement construit en brique cuite. C’est un bâtiment quadrangulaire flanqué de quatre tours d’angle. Les deux tours nord, plus hautes d’un étage, semblent avoir été aménagées en pigeonnier dès l’origine. Les deux tours sud, en encorbellement, sont percées chacune de sept canonnières.
À l’intérieur, une grande cheminée de brique a traversé les siècles, avec le petit four à pâtisserie accolé à son flanc. Les deux corps de logis qui encadrent la cour figurent déjà sur le cadastre des années 1830. Leur construction pourrait remonter au XVIIIe siècle.

Albert Hauchard, l’incendie de 1989 et les jardins
Albert Hauchard, le père de famille, est tombé amoureux du lieu. À côté de son activité industrielle, il en a fait « son atelier ». Le vin, la nature, la décoration et l’architecture l’y occupent tour à tour.
En 1989, un incendie ravage une grande partie du bâtiment. Le chantier de reconstruction est colossal, mais le propriétaire y voit l’occasion d’exprimer sa créativité. Il redessine aussi entièrement les jardins. Aux cèdres historiques s’ajoutent des cyprès florentins, qui ouvrent des perspectives, et une collection de palmiers.
Vingt-quatre ans de bail avec la cave de Rabastens
De 1974 à 1993, la famille vend elle-même les vins du château, exclusivement en France. Son activité principale, le publipostage, l’oblige ensuite à se retirer de l’exploitation. Elle signe un bail de longue durée avec la cave coopérative de Rabastens. Celle-ci fait partie des trois grandes caves de vinification créées dans le vignoble dans les années 1950.
Le bail court jusqu’en 2017. Cette année-là, Colette et Albert Hauchard et leurs trois fils reprennent la gestion du domaine. Ils convertissent aussitôt le vignoble en bio. Leur projet : relancer la vente en France et à l’export, et ouvrir le lieu aux visiteurs. Ils veulent partager l’atmosphère de « Toscane occitane » qui règne à Escabes.
Cinquante-cinq hectares d’un seul tenant sur la rive droite du Tarn
Des coteaux entre vent d’Autan et vent d’ouest
Le domaine couvre 75 hectares, dont 55 hectares de vignes, toutes classées en appellation Gaillac. Les vignes forment un seul tenant, sur différents coteaux qui entourent le château. Elles occupent les premiers coteaux de la rive droite du Tarn. Dix cépages composent le parcellaire.
Le domaine décrit ses sols comme des boulbènes, de nature limono-argilo-calcaire. Le vignoble se tient au carrefour des influences méditerranéenne et océanique, entre le vent d’Autan et le vent d’ouest. C’est à cette situation que le domaine attribue la fraîcheur de ses vins.
Engagé en bio en mai 2018, certifié en 2021
Le domaine n’emploie ni pesticide ni insecticide sur le cycle de la vigne. Il travaille le sol sans désherbant. Le domaine s’est engagé auprès d’Ecocert le 14 mai 2018. Le label Agriculture biologique est arrivé en 2021 : c’est le premier millésime certifié.
La certification ne s’arrête pas au raisin. L’exploitation déclare aussi des prairies temporaires et permanentes, ainsi que des jachères, conduites en bio elles aussi.
L’équipe de Bernard Durand
Bernard Durand est le responsable d’exploitation du domaine. Laurent Llech le seconde et Thierry Barreau est chef tractoriste. Laurent Vines s’occupe des ventes en France. Le domaine adhère aux Vignerons indépendants, où Rodolphe Hauchard et Bernard Durand le représentent.
Le château reçoit pour la dégustation et la vente à la propriété.


Trois gammes pour lire les cépages de Gaillac
Les Originaux, un cépage par bouteille
La gamme Les Originaux met en avant les cépages du pays, vinifiés seuls. En blanc sec, on trouve le Mauzac, le Loin de l’Œil et la Muscadelle. En rouge, le Duras et le Braucol portent l’AOC Gaillac. Le Gamay complète la gamme en IGP Côtes du Tarn.
Ce parti pris rejoint une évolution récente de l’appellation. Depuis 2017, le cahier des charges de l’AOC Gaillac permet de présenter les cépages autochtones seuls.
Le Braucol donne une idée du travail en cave. C’est l’un des cépages les plus tardifs du domaine. La vendange est éraflée, puis fermentée en cuves béton sous un contrôle strict des températures, pour une extraction douce. Le domaine en tire 20 000 bouteilles, issues d’une sélection de parcelles.
Contemplatifs et Audacieux, des assemblages au vin orange
Les Contemplatifs réunissent les vins d’assemblage. Le domaine les rattache au décor du château, qui invite à la contemplation. Contemplatif N°1 est un rouge, Contemplatif N°3 un blanc, tous deux en AOC Gaillac.
Les Audacieux laissent parler l’intuition, selon les mots du domaine. Audacieux N°1 est un rouge et Audacieux N°2 un blanc sec, en AOC Gaillac. Audacieux N°3 est un vin orange, vendu en Vin de France. Hors gammes, le château produit aussi Colette, un rosé en AOC Gaillac, et un blanc doux.
La fraîcheur pour fil conducteur
Le Braucol affiche une robe cerise griotte intense. Ses arômes de fruits des bois, relevés d’une touche mentholée, lui donnent de la fraîcheur. La violette et le cassis accompagnent une structure tannique affirmée, qui finit en souplesse. Le domaine le conseille carafé, sur un plat mijoté, une viande en sauce ou un fromage affiné.
Le Duras 2020 tient sur des arômes fins de cerise mûre, d’épices et de menthol. Sa bouche souple et ronde porte des tanins soyeux, avec de la fraîcheur en finale. Le Loin de l’Œil 2023 a été vendangé de nuit pour garder son fruit. Il sent la poire, les fruits jaunes et exotiques, et finit sur les épices et le zeste d’agrumes.
Le Guide Hachette des vins a retenu plusieurs de ces cuvées. Le Braucol 2018 y a obtenu deux étoiles dans l’édition 2021, le Duras 2020 deux étoiles dans l’édition 2023. Le Loin de l’Œil 2023 a reçu une étoile dans le guide 2025. Au Concours des Vignerons indépendants 2025, Contemplatif N°1 a décroché une médaille d’or.
Lisle-sur-Tarn dans l’histoire du vignoble de Gaillac
L’une des trois villes-ports du Tarn
Le vignoble de Gaillac se trouve à 50 km à l’est de Toulouse, dans le nord du Tarn. À partir de Gaillac, la rivière est navigable et rejoint Bordeaux par la Garonne. Dès le XVIe siècle, de grandes familles bâtissent châteaux et maisons bourgeoises dans la campagne. Au bord du Tarn, Gaillac, Lisle-sur-Tarn et Rabastens sont les trois « villes-ports » du vignoble.
Les pigeonniers abondent dans le vignoble. Aux XIIe et XIIIe siècles, des décrets interdisaient de fumer les vignes avec autre chose que la colombine, la fiente de pigeon. Les tours nord d’Escabes, avec leur pigeonnier sans doute d’origine, appartiennent à ce paysage.
Les coteaux de la rive droite, de Castelnau-de-Lévis à Rabastens
L’appellation distingue six terroirs. Lisle-sur-Tarn appartient aux Coteaux de la Rive Droite, une vaste zone de coteaux argilo-calcaires vallonnés. Elle domine la vallée du Tarn, de Castelnau-de-Lévis jusqu’à Rabastens. Le Mauzac et le Braucol y expriment pleinement leur caractère.
Le climat mêle l’humidité de l’Atlantique et la chaleur de la Méditerranée. Les vignerons y ajoutent l’Autan, un vent chaud et asséchant qu’ils considèrent comme un allié de la vigne. Les blancs de Gaillac ont obtenu l’AOC en 1938, les rouges et les rosés en 1970.
Des cépages que Gaillac garde pour lui
Le Loin de l’Œil doit son nom à son long pédoncule, qui éloigne la grappe du bourgeon qui l’a vu naître. Il est cultivé pour l’essentiel dans le Gaillacois. Le Mauzac pousse surtout à Gaillac et à Limoux. Il est le seul cépage du Gaillac mousseux méthode ancestrale.
En rouge, le Duras serait originaire du Tarn. Il avait disparu après le phylloxéra. Son retour s’amorce en 1970, quand il devient cépage obligatoire du Gaillac rouge. Le Braucol porte aussi le nom de Fer Servadou. Le domaine rappelle que « servadou » signifie en occitan « facile à garder », un nom qui dit son aptitude au vieillissement.
Dans ce vignoble de 6 800 hectares, 80 exploitations travaillent en agriculture biologique. Elles cultivent 1 100 hectares, soit 16 % du vignoble, dont 40 % encore en conversion.
Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.
Les cuvées du Château d'Escabes
Les autres domaines de la région Sud-Ouest
Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio
Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.


