Domaines Bunan
Les Domaines Bunan réunissent trois terroirs de l’ouest du Var : le Moulin des Costes, le Château la Rouvière et le Bélouvé. Ils s’étendent entre La Cadière-d’Azur, Le Castellet et Le Beausset. Les deux premiers donnent des vins d’AOP Bandol, le troisième des Côtes de Provence. Tout ce vignoble est certifié en agriculture biologique depuis 2008. La troisième génération de la famille le conduit aujourd’hui.
D’Oran à La Cadière-d’Azur, une famille installée à Bandol depuis 1961
Une gazette lue à Oran, et le Moulin des Costes
En 1954, Paul Bunan vit à Oran. Il découvre le nom de Bandol dans une gazette. Marlon Brando y vit une histoire d’amour avec une jeune comédienne, fille d’un pêcheur du port. Paul garde la photo de l’acteur. En 1961, il pose avec son frère Pierre les fondations des Domaines Bunan à La Cadière-d’Azur. Leur premier terroir est le Moulin des Costes.
Les deux frères n’arrivent pas en néophytes. Leurs parents, Félix et Lucie, étaient déjà vignerons et leur ont transmis le goût du métier. Paul et Pierre choisissent Bandol sur un coup de cœur, pour son appellation et pour ses vins.
La Rouvière en 1969, le Bélouvé en 1978
En 1969, Pierre achète le Château la Rouvière, au Castellet. C’est un petit terroir orienté plein sud, dont les vieilles vignes de mourvèdre regardent la mer. En 1978, les deux frères reconstituent le vignoble du Bélouvé, autrefois possédé par des religieux. Ils y produisent un vin d’appellation Côtes de Provence.
Depuis, ces trois terroirs distincts forment une seule entité, les Domaines Bunan. Chacun donne son nom à ses propres cuvées.
Françoise, Laurent, Claire et Philippe, la troisième génération
Paul et Pierre ont passé le relais à leurs enfants, sans cesser d’arpenter les vignes. Laurent a vinifié son premier vin à six ans. Il étudie la viticulture et l’œnologie à Beaune, puis passe par la Napa Valley dans les années 1980. Diplômé en œnologie, il est le premier à rejoindre l’exploitation familiale. Depuis trente ans, il fait connaître le Bandol à l’export.
Sa sœur Françoise, formée aux beaux-arts, mêle la création artistique à l’art de faire du vin. Leurs cousins complètent l’équipe. Claire, titulaire d’un master en marketing des vins, a repris la direction commerciale. Philippe, ingénieur agronome, tient les vinifications. Au chai, chaque foudre de chêne porte le nom d’un membre de la famille.

Moulin des Costes, Rouvière, Bélouvé : trois terroirs, et une maison à part
Le Moulin des Costes, trente hectares sur le trias
Premier ancrage de la famille, le Moulin des Costes couvre 30 hectares sur La Cadière-d’Azur et Le Castellet. Ses restanques, ouvertes sur la Méditerranée, portent des pieds de mourvèdre et de grenache de 45 ans. Le sous-sol est triasique, argilo-calcaire et caillouteux. On y trouve argile rouge, gypse, dolomies, calcaires, conglomérats et grès du retournement de Fontanieu.
Le domaine en tire 30 000 bouteilles de rouge, 40 000 de rosé et 10 000 de blanc. La cuvée Moulin des Costes, reconnaissable à son étiquette dorée, existe depuis plus de soixante ans. Charriage, tirée à 5 000 bouteilles, vient des vieilles vignes du terroir. Elle compte 98 % de mourvèdre et 2 % de syrah.
Château la Rouvière, trois rangs de vigne par restanque
Au Castellet, une bastide du XVIIIe siècle domine un coteau de restanques abruptes, exposées plein sud. La vue porte jusqu’aux crêtes calcaires du Bec de l’Aigle. Le vignoble couvre 21 hectares sur des calcaires, grès et marnes du crétacé supérieur marin. Ses terrasses sont si étroites qu’elles reçoivent tout juste trois rangs de vigne.
Les cinq cépages caractéristiques de l’appellation y sont plantés, avec de nombreux pieds cinquantenaires. Le Château la Rouvière rouge vient des ceps les plus anciens du domaine. Il compte 90 % de mourvèdre. Le Mas de la Rouvière, lui, est présenté par le domaine comme une cuvée de ce même terroir. Ses parcelles choisies donnent un vin fruité, qui initie au mourvèdre.
Le Bélouvé, « beau raisin » en provençal
Au Bélouvé, une autre bastide du XVIIIe siècle se dresse parmi les oliviers séculaires et les cyprès florentins. Des religieux y vinifiaient autrefois, et le nom signifie « beau raisin » en provençal. Le vignoble couvre 10 hectares sur l’aire du Castellet et du Beausset. Son sous-sol de calcaires, grès et marnes est le même qu’à la Rouvière.
Grâce à un microclimat particulier, il reçoit chaque année les premiers vendangeurs de la région. En 1993, ce furent même les premiers de France. Son Côtes de Provence sort à 25 000 bouteilles de rosé, 5 000 de rouge et 3 000 de blanc.



Le Château Margillière, une exploitation distincte à Brignoles
Le site des Domaines Bunan présente aussi le Château Margillière, à Brignoles, en Coteaux Varois en Provence. Cette propriété relève d’une autre société, la SCEA Château la Margillière, dont Laurent Bunan est cogérant. Elle est certifiée en agriculture biologique sous son propre numéro depuis 1999. Cette fiche ne porte que sur le Moulin des Costes, la Rouvière et le Bélouvé.
En bio depuis 2008 sur les trois terroirs
Du soufre, du cuivre et le travail à la main
La famille est passée à l’agriculture biologique en 2008. L’Agence Bio date son premier engagement du 19 mars 2008, auprès d’Ecocert. La certification couvre le raisin comme les vins. En 2026, une partie du raisin est encore en conversion. Le Moulin des Costes, la Rouvière et le Bélouvé sont tous trois conduits en bio.
Au vignoble, ni désherbage chimique ni produit de synthèse. Le soufre protège de l’oïdium, le sulfate de cuivre du mildiou. Tout est travaillé à la main, précise le domaine. Le domaine compte sur l’entretien des sols, la sélection du végétal et la vendange en vert. La cueillette est sélective et suit l’avancement des maturités. « C’est la terre et la pierre qui nourrissent les vignes », résume Philippe Bunan.

HVE et Vignerons Indépendants
Les Domaines Bunan sont aussi certifiés Haute Valeur Environnementale. C’est le plus haut des trois niveaux de la certification environnementale. Ils figurent à l’annuaire officiel des exploitations HVE, avec une certification datée du 21 juin 2025.
La famille adhère aux Vignerons Indépendants. Elle cultive ses vignes, fait son vin dans sa cave et le vend elle-même. Côté accueil, le domaine affiche le label Vignobles & Découvertes, attribué par Atout France, et la marque Qualité Tourisme.
Des Bandol de garde, avec le mourvèdre en fil conducteur
Ce que l’appellation Bandol impose
L’appellation Bandol, reconnue en 1941, s’étend sur huit communes du Var, dont La Cadière-d’Azur, Le Castellet et Le Beausset. Ses coteaux en restanques forment un amphithéâtre fermé au nord et ouvert sur la mer. Le domaine rappelle que ses vignes s’enracinent dans un sol triasique vieux de 250 millions d’années.
Pour les rouges, le cahier des charges fixe la part du mourvèdre entre 50 et 95 % de l’encépagement. Il leur impose au moins 18 mois d’élevage en fûts ou en foudres. Selon le domaine, ses racines descendent jusqu’à dix mètres. C’est lui qui donne aux rouges leur aptitude au vieillissement.
Une longue cuvaison, puis le foudre
Chez les Bunan, les raisins rouges sont entièrement éraflés et foulés. Ils cuvent ensuite de 21 à 31 jours, en cuves inox ou tronconiques en bois. Les cépages, et au besoin les parcelles, sont vinifiés à part. Les remontages rythment la fermentation en cuve inox, les pigeages en cuve bois.
La plupart des vins, encore issus de cépages purs, évoluent ensuite séparément avant l’assemblage des cuvées. L’élevage dure 18 mois et plus en foudres ou en barriques de chêne français, avec des soutirages réguliers. Deux caveaux de maturation, d’une capacité totale de 350 000 cols, accueillent ensuite les bouteilles.
Des rouges pour dix à vingt ans, des rosés de pressurage direct
Le domaine donne à ses rouges 10 à 20 ans de garde, selon les cuvées et les millésimes. Le Moulin des Costes rouge, à 70 % de mourvèdre, joue la rondeur sur la mûre et la framboise. Charriage part sur les épices, le menthol et le cèdre, avec des tanins puissants. Le Château la Rouvière rouge évoque la truffe et le sous-bois, sur des tanins fins.
Rosés et blancs naissent d’un pressurage des raisins entiers et foulés. Les jus sont débourbés en cuve inox, fermentent à température régulée et s’élèvent au moins six mois. Les rosés de Bandol assemblent mourvèdre, grenache et cinsault. Le Bélouvé rosé associe cinsault, cabernet sauvignon et ugni blanc. Les blancs de Bandol reposent surtout sur la clairette, le Bélouvé blanc sur le rolle et l’ugni blanc.
Huit coups de cœur au Guide Hachette
Le Guide Hachette des vins recense huit coups de cœur pour les vins de la famille. Le premier date de l’édition 2001, pour le Mas de la Rouvière 1998. Le plus récent revient au Château la Rouvière rosé 2021, dans l’édition 2023. Le Bélouvé 2001, le Charriage 2002 et le Moulin des Costes blanc 2014 figurent parmi eux.
Visiter les Domaines Bunan à La Cadière-d’Azur
De la collection de cépages au caveau
Le domaine occupe les collines de La Cadière-d’Azur. Il regarde la Sainte-Baume, les villages médiévaux alentour et la Méditerranée au loin. La visite passe par la collection ampélographique, la salle des foudres et le chai de réception des vendanges. Elle mène jusqu’au caveau de vieillissement. Le parcours s’achève par une dégustation au caveau.
Les clients peuvent aussi suivre une balade autonome, commentée en sept étapes audio. Elle raconte l’appellation, les vendanges, le chai, la salle des foudres et le choix du bio. Pour les 65 ans du domaine, la famille a refait son chai de dégustation. Elle a fait appel à l’architecte Jean-Jacques Pichoux et à la designer Romy Bunan.
Trente ans d’art dans la salle des foudres
Depuis trente ans, la famille donne chaque été carte blanche à des artistes dans sa salle des foudres. Les rouges mûrissent dans cet espace « cathédrale ». Dans le domaine, un couple de plasticiens anglo-irlandais a laissé des œuvres pérennes sur le passage du temps. On croise un four en pierres sèches, un foudre goudronné devenu cadran solaire et une pierre dressée orientée au nord.

Au caveau, la gamme s’étend aux spécialités provençales de la maison. Le vieux marc est distillé dans le vieil alambic du domaine, à feu nu, puis vieilli en barrique. Le Secret d’orange suit une vieille recette provençale. Le vin y macère avec de l’eau-de-vie, des épices, des oranges et des citrons. Le reste de la recette est gardé secret.
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