Domaine de La Jasse Castel

La Jasse Castel

Région viticole

Région viticole

Languedoc-Roussillon

Bio
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Sommaire

À 400 mètres, les plus hautes vignes de Montpeyroux

1997, une citadine devient vigneronne

Le Domaine La Jasse Castel, vignoble bio des Terrasses du Larzac en Languedoc, est né en 1997 d’un coup de foudre. Pascale Rivière vivait alors en ville. Journaliste, enseignante et écrivain, rien ne la destinait à la vigne. Ses premières parcelles l’ont transformée en vigneronne.

Ces vignes, plantées au début des années 1980, sont les plus hautes de Montpeyroux. Elles occupent le causse, à 400 mètres d’altitude. Le site est battu par les vents, et seuls quelques nouveaux vignerons, portés par leurs rêves, s’y aventurent.

Une jasse, c’est une bergerie

Le nom du domaine vient d’une bergerie du XVIIe siècle. En occitan, une jasse désigne justement une bergerie. Castel, lui, était le nom de son premier propriétaire. Dressée face aux vents, la bâtisse regarde la vallée de l’Hérault et veille sur les vignes plantées à ses pieds.

D’un seul regard, on embrasse toute la vallée. Au loin, Sète dessine ses courbes. Par temps clair, le Canigou enneigé apparaît comme un mirage.

Onze hectares réunis parcelle après parcelle

Autour de ces premières vignes, le domaine s’est construit pièce par pièce. Une parcelle de Counoise au pied du village d’Arboras, accroché à flanc de coteau. Un vieux Carignan « édenté », planté au milieu des Olivettes. Une Syrah obstinée au lieu-dit le Goulou.

Pascale Rivière a aussi planté un Grenache en gobelet aux Combariolles, une large terrasse face aux montagnes de la Séranne. C’est la première vigne plantée après la création du domaine, en 2001. Avec quelques fermages, le vignoble atteint 11 hectares, morcelés autour de Montpeyroux et de Saint-Jean-de-Fos.

Une cave en bois et les Vinifilles

En 2014, le domaine s’est doté d’une cave en bois. Pascale Rivière y élabore ses vins et y reçoit sa clientèle. Les visiteurs sont accueillis sur rendez-vous.

La vigneronne fait partie des Vinifilles, une association de femmes vigneronnes d’Occitanie créée en 2009. Ses membres partagent leurs savoir-faire et s’entraident. Pour Pascale Rivière, cette aventure collective est venue compléter son parcours.

Vendanger de nuit, encuver par gravité

Gobelets bas, labours légers et aucun produit de synthèse

Le domaine est conduit en agriculture biologique, sous le contrôle d’Ecocert depuis 2008. Aucun désherbant, aucun pesticide, aucun engrais chimique n’entre dans les vignes. Le soufre, un peu de cuivre et des amendements organiques suffisent.

La taille reste courte, en gobelets bas palissés ou en cordon de Royat. Les sols reçoivent des labours légers et des passages d’interceps. Au printemps vient l’ébourgeonnage des souches. Les rendements restent faibles, entre 15 et 25 hl/ha.

Des cagettes remplies de 3 h 30 à 10 h 30

Tous les raisins du domaine sont vendangés à la main et de nuit, de 3 h 30 à 10 h 30 du matin. Ils rejoignent la cave en cagettes. Là, on les trie puis on les égrappe.

Un wagonnet inox, surélevé au-dessus des cuves, permet ensuite l’encuvage par gravité. Pour le blanc El Abanico, les six cépages sont tous ramassés la même nuit, puis pressés.

Longues cuvaisons et barriques de deux vins

Les fermentations sont lentes et se font sans apport de SO2. Des pigeages accompagnent des cuvaisons de quatre à cinq semaines. Le soufre n’intervient qu’avant la mise en bouteilles.

Bleu Velours et La Jasse passent un an en barriques bourguignonnes de deux ou trois vins, puis six mois en cuve. Soit 18 mois d’élevage au total. Le Grenache, lui, reste en cuve pour lui éviter toute oxydation.

Un causse battu par « les sorcières »

Éboulis du mont Baudille et pierres de lave

Sur le causse, le sol argilo-calcaire provient d’éboulis descendus du mont Baudille. On y trouve de nombreuses pierres volcaniques. Elles rappellent l’activité ancienne d’un petit volcan tout proche, dans le prolongement du Massif central.

Ailleurs, les sols changent. La Syrah de la cuvée La Jasse pousse à Saint-Jean-de-Fos, sur un sol sablo-limoneux au sous-sol calcaire. Aux Combariolles, le Grenache s’enracine dans des terrasses de Riss, des alluvions anciennes graveleuses et très filtrantes.

Du vent, de l’eau et de la garrigue

Le vent souffle sans pitié sur le causse. Ses tourbillons sauvages ont un nom : « les sorcières ». Ils gardent les vignes saines, mais rendent l’équilibre incertain les jours de taille.

Le Larzac reçoit chaque année des pluies importantes, complétées par les orages d’été. Cette eau nourrit les sources et les nappes du sous-sol, où la vigne puise pendant les sécheresses. Autour des rangs, la garrigue mêle immortelle, thym, romarin, cade et genêt.

Aigles de Bonelli et plumes turquoise

Le causse reste très vivant. Les abeilles butinent, les lièvres détalent, et les sangliers défoncent parfois les rangs. Quelques aigles de Bonelli survivants surveillent le plateau. Début mai, les cris stridents des guêpiers et leurs plumes turquoise apportent une touche d’exotisme.

Terrasses du Larzac et Languedoc sur un même domaine

Le domaine se partage entre deux appellations, Languedoc Montpeyroux et Terrasses du Larzac. La seconde a été reconnue en AOC fin 2014. Elle regroupe 32 communes à l’ouest de Montpellier et produit des vins rouges.

Son climat méditerranéen est tempéré par le plateau du Larzac. Les nuits y restent relativement fraîches, un facteur clé de l’élégance des vins selon le syndicat de l’appellation. Parmi les cépages accessoires figure la Counoise, celle-là même que le domaine cultive près d’Arboras.

Toutes les cuvées ne portent pas cette appellation. La Pimpanela et L’Égrisée sont en AOP Languedoc. Le blanc El Abanico sort en IGP Pays d’Hérault, Roméo en IGP Saint-Guilhem-le-Désert, et Zinnia en Vin de France.

Neuf vins, de la poudre de diamant à la cartagène

Écorce d’orange, cacao et garrigue : le fil des rouges

Les rouges de garde du domaine partagent des repères communs. On y retrouve l’écorce d’orange, le cacao, les épices douces et la garrigue. Selon le millésime, la cerise ou les petits fruits rouges s’y ajoutent. La bouche reste fraîche et équilibrée.

Les blancs jouent sur la vivacité. L’Égrisée évoque la garrigue, le fenouil, la lavande et la poire. En vieillissant, elle se met à « pétroler » et révèle sa minéralité. El Abanico mêle fleurs blanches, abricot et menthol.

Deux blancs nés sur le causse

L’Égrisée doit son nom à la poudre de diamant qui sert aux joailliers à polir les pierres. Un Grenache blanc en coteaux, au pied des remparts du Castellas de Montpeyroux, s’y complète de Carignan blanc et de Roussanne. Grâce à une belle acidité, sa fermentation malolactique ne se déclenche pas.

El Abanico, « l’éventail » en espagnol, assemble à parts égales six cépages plantés en 2009 à 400 mètres : Carignan blanc, Grenache blanc, Roussanne, Chardonnay, Petit Manseng et Chenin. Il doit beaucoup aux conseils de Laurent Vaillé, le regretté vigneron de la Grange des Pères.

Ce blanc fermente lentement en barriques bourguignonnes de deux vins, avec bâtonnage des lies. Il s’élève ensuite 18 mois avant sa mise en bouteilles.

Des rouges de soif aux rouges de garde

Roméo porte le prénom de celui qui a planté sa parcelle de Carignan de 60 ans. Un peu de Cabernet Sauvignon et de Cinsault complètent ce rouge fruité et léger. Il existe en étiquette classique et en étiquette manga. La Pimpanela, la pivoine en occitan, assemble Grenache, Cinsault, Carignan et Syrah, chaque cépage vinifié à part.

La Jasse repose sur une Syrah dominante, alliée au Grenache et à un peu de Cinsault. Les Combariolles, à dominante de Grenache, n’est produite que lors des millésimes exceptionnels. Bleu Velours réunit la Syrah et le Grenache des vignes les plus hautes du causse à la Counoise des terrasses d’Arboras. Il se polit pendant deux hivers en cave.

Zinnia et La Cartafleur, un rosé de fruit et une cartagène

Pour Zinnia, les raisins ne restent que trois jours en cuve après éraflage. Le but : garder seulement les premiers arômes d’extraction. Le vin hésite entre un rosé foncé et un rouge très clair. Son étiquette reprend une photo de zinnias de l’artiste Katharina von Flotow.

La Cartafleur est la cartagène du domaine, le vin de liqueur traditionnel du Languedoc. Elle réunit trois quarts de jus de Cinsault frais et un quart d’eau-de-vie bio, qui empêche la fermentation. En 2023, elle a vieilli dans une barrique non pleine, dehors, en plein soleil, pour prendre une touche d’oxydation.

De l’argent en 2023, de l’or en 2024 et 2025

Au Challenge Millésime Bio, trois rouges du domaine ont reçu une médaille d’argent en 2023 : Les Combariolles 2020, La Pimpanela 2021 et Bleu Velours 2020. Bleu Velours 2021 a décroché l’or en 2024, puis La Jasse 2022 en 2025.

Plusieurs tables étoilées servent aussi ces vins. Le domaine cite notamment Le Parc et La Barbacane à Carcassonne, La Réserve Rimbaud à Montpellier, La Table de Saint Crescent à Narbonne et La Galinette à Perpignan.

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Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon

  • Château Lancyre

    Au hameau de Lancyre, à Valflaunès, la famille Durand-Valentin cultive 80 hectares en Pic Saint-Loup, sur les premiers contreforts des Cévennes. Elle compte parmi la poignée de vignerons à l’origine de l’appellation, et ses premières bouteilles sont sorties en 1984. Engagé en bio en 2019, le domaine a vu ses rouges certifiés dès le millésime 2022, ses blancs et ses rosés en 2024. Ses vignes se partagent entre trois îlots, Clapassous, Les Couronnes et Valflaunès, et plusieurs cuvées portent le nom d’une parcelle.

  • Domaine Benastra

    Le Domaine Benastra cultive 12 hectares en agriculture biologique depuis sa création en 2015, à Saint-Paul-de-Fenouillet, dans les Pyrénées-Orientales. Ses parcelles s’étagent entre 250 et 500 mètres d’altitude, sur des schistes noirs et des roches granitiques. La fraîcheur des nuits et la tramontane donnent des rouges de fruit et des blancs tendus, tous vendangés à la main. La gamme va de l’effervescent au Maury tuilé hors d’âge, en passant par six à dix cuvées en IGP Côtes Catalanes.

  • Domaine Terre des Âmes

    Au Bosc, dans l’Hérault, Benjamin Lureau a repris en famille le domaine du Vieux Clocher après une carrière dans les ONG et un tour du monde à vélo. Ses 10 hectares, partagés entre les argilo-calcaires de Loiras et les ruffes de Saint-Alban, ne sont jamais irrigués. Engagé en conversion bio depuis 2024, le Domaine Terre des Âmes travaille à la main et vinifie avec un minimum d’interventions. Ses cinq cuvées, en Terrasses du Larzac et en IGP Saint-Guilhem-le-Désert, portent des noms tirés de cultures animistes.

  • Le Clos Rivieral

    Créé en 2008 par Olivier Bellet, fils de coopérateur, Le Clos Rivieral est aujourd’hui mené avec Célia Bellet à Loiras du Bosc, dans l’Hérault. Ses 7 hectares se répartissent sur une vingtaine de parcelles de schistes et de grès rouges. Engagé en agriculture biologique depuis 2008, le domaine signe des rouges en AOC Terrasses du Larzac et un blanc de chenin et de grenache blanc. Le Roc des Cistes a reçu un coup de cœur du Guide Hachette pour le millésime 2017.

  • Mas Llossanes

    Créé en 2016 par Solenn et Dominique Génot, le Mas Llossanes cultive 11 hectares entre 600 et 700 mètres d’altitude, à Tarerach et Arboussols, face au Canigou. Ses vignes, plantées à partir des années 1940, poussent sur des arènes granitiques et des schistes. Conduit en agriculture biologique depuis 2016 et en biodynamie depuis 2020, le domaine est membre de Biodyvin. Il a déclassé ses vins en IGP Côtes Catalanes pour travailler librement deux cépages rares, le chasan et le chenanson.

  • Domaine du Traginer

    Fondé en 1975 à Banyuls-sur-Mer par Jean-François Deu, le Domaine du Traginer doit son nom au muletier catalan, en hommage à son oncle Anicet. Ses plus de 18 hectares de vignes, entre mer et montagne, sont encore en grande partie labourés au mulet. Engagé en bio en 1998 et certifié Demeter depuis 2013, le domaine est membre de la Renaissance des Appellations. Il élabore des Banyuls, dont un grand cru, des Collioure et un vin orange.

  • Domaine du Petit Chaumont

    À Aigues-Mortes, le Domaine du Petit Chaumont cultive 120 hectares de vignes sur les sables de Petite Camargue, à un mètre au-dessus de la mer. Déminé au début des années 1970 par Alain Bruel, il est mené aujourd’hui par Nathalie et Laurent, de la famille Bruel. Engagé en bio depuis 2008, il diffuse aussi de la musique dans une partie de ses vignes contre l’esca. Ses gris d’AOP Sable de Camargue, dont la cuvée Elles, côtoient des rouges élevés en fût.

  • Domaine Les 3 Mazets

    Créé en 2016 par Luc Fonta, ancien technicien du traitement de l’eau, le Domaine Les 3 Mazets cultive 6 hectares à Villeveyrac, au bord de l’étang de Thau. Certifié en agriculture biologique depuis sa création, il ne traite plus ses vignes depuis 2019, ni cuivre ni soufre. Luc Fonta les pilote selon l’approche pH/redox du chercheur Olivier Husson, en agroécologie et en agroforesterie. Vendangées à la main, ses parcelles donnent cinq cuvées, dont trois rouges nature sans sulfites ajoutés.

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