Domaine bio Clos des Nines

Le Clos des Nines

Région viticole

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Languedoc-Roussillon

Bio
Sommaire

Les Nines, trois filles et une reconversion

Une vigneronne venue d’ailleurs

Le Clos des Nines, domaine bio de l’Hérault, est né d’une reconversion. Isabelle Mangeart n’est pas née en Languedoc et ne vient pas du milieu viticole. Elle s’installe dans la région en famille à la fin des années 1990. Elle y est séduite par la lumière, les paysages et la culture viticole.

Elle suit alors une formation en viticulture et œnologie à Montpellier. Sur le terrain, auprès de vignerons expérimentés, elle apprend la taille, les travaux du cycle végétatif et la vinification. Avant de trouver ses vignes, elle travaille pour l’Abbaye de Valmagne, le Mas Mortiès et le Domaine de la Prose.

Elle a rencontré son mari, Christian Marbler, à la London Business School. Lui a fait carrière dans le commerce du vin. Il est passé par Bouchard Père et Fils en Bourgogne, puis par Skalli et Gérard Bertrand en Languedoc.

Deux ans et demi pour trouver le vignoble

Le couple part à la recherche d’un vignoble. Isabelle s’est fixé des critères stricts : des vignes d’un seul tenant, en appellation et près d’une grande ville. Elle aurait aimé le Pic Saint-Loup, mais s’y faire une place en venant d’ailleurs n’avait rien de simple. La recherche dure deux ans et demi.

Fin 2002, elle achète une petite exploitation d’environ 10 hectares entre Montpellier et Sète. Les vignes appartenaient à un coopérateur qui partait à la retraite. Sa première saison de taille commence aussitôt, et le premier millésime du domaine est le 2003.

Nines, Niño, Obladie : la famille sur les étiquettes

Le domaine trouve son nom lors de sa première vendange. En langue d’Oc, les « nines » sont les filles : c’est un clin d’œil aux trois filles du couple. Elles sont nées à Paris, à Beaune puis à Montpellier, au fil du chemin de la famille vers le sud.

Le dernier enfant est un garçon, d’où le nom du rosé, Niño. Le blanc Obladie doit le sien à une chanson des Beatles. Quant à Ouate, il se lit comme l’anglais « What! ».

Dix hectares d’un seul tenant sur les Collines de la Moure

Entre Villeveyrac, Montbazin et Poussan

Le vignoble forme un seul bloc de 10 hectares, dans un triangle entre Villeveyrac, Montbazin et Poussan. Il compte 8 hectares de vignes et 2 hectares d’oliviers, au milieu de la garrigue des Collines de la Moure. Des murets en pierres sèches l’entourent, et une capitelle le domine.

La mer est à environ 7 kilomètres à vol d’oiseau, face à l’étang de Thau. À l’horizon, on aperçoit la Méditerranée et le mont Saint-Clair de Sète. Le vignoble s’étend à 70 mètres d’altitude, le long d’un couloir venteux.

Isabelle n’a pas de voisins, seulement de la garrigue. Elle y décrit oliviers, chênes, fenouil, laurier et thym. Selon elle, cet ensemble donne aux raisins des arômes particuliers.

Fossiles d’huîtres, sables et bauxite

Les sols reposent sur un bassin kimméridgien. Ils sont parsemés d’huîtres fossilisées et de galets calcaires, et deux parcelles se trouvent sur des grès rouges. Isabelle dit avoir appris à connaître ses sols saison après saison.

Chaque couleur a sa place. Les rouges poussent sur des sols argilo-calcaires, qui préservent l’acidité potentielle des raisins. Les blancs sont plantés sur des sols limono-sableux, qui drainent bien l’eau. En 2016, sur la radio locale, Isabelle précisait : le grenache sur les sables, le cinsault sur la bauxite, la syrah sur l’argilo-calcaire.

Vignoble du Clos des Nines

Languedoc, Grés de Montpellier et Collines de la Moure

Le terroir est classé en AOP Languedoc et Grés de Montpellier. Les Grés de Montpellier ont été reconnus en 2003 comme dénomination de l’AOC Coteaux du Languedoc, devenue AOC Languedoc en 2007. En occitan, les « grés » désignent les terres de coteaux pauvres et caillouteuses.

Cette appellation est réservée aux vins rouges. Elle repose sur le grenache, le mourvèdre et la syrah, avec le carignan, le cinsault et le morrastel en appoint. Poussan, Montbazin et Villeveyrac font partie de son aire. Fabrègues, où se trouve le chai, figure dans l’aire de proximité immédiate, où la vinification est permise.

Plusieurs cuvées sortent en vin de pays. Les Collines de la Moure sont l’une des unités géographiques de l’IGP Pays d’Hérault. Cette unité couvre entre autres Poussan, Villeveyrac, Montbazin et Fabrègues.

Restructurer le vignoble, puis passer en bio

La moitié des vignes arrachée

Le domaine hérite de carignan, d’alicante, de cinsault, de grenache et de syrah. Durant les trois premières années, Isabelle arrache la moitié des vignes pour restructurer le vignoble. Elle laisse les parcelles fatiguées en jachère quatre ans avant de replanter.

Sur ces parcelles arrivent le mourvèdre et les cépages blancs : grenache blanc, roussanne, vermentino et viognier. Elle installe aussi un palissage, pour une meilleure maturation des baies. Le domaine cultive aujourd’hui dix cépages méridionaux, muscat à petits grains compris. Ses vieux carignans, eux, dépassaient déjà 80 ans en 2016.

Engagé en bio en 2013, certifié en 2016

Isabelle abandonne l’historique « chimique » du domaine. Elle commence en agriculture raisonnée, puis passe en bio. Son engagement auprès d’Ecocert date d’août 2013, et la certification Agriculture biologique est acquise le 2 novembre 2016. Les oliviers sont eux aussi conduits en bio.

Aucun produit de synthèse n’entre dans le sol ni sur la plante. Les traitements se limitent au soufre, au cuivre et à un peu d’essence d’écorces d’orange, pour ses vertus antifongiques. Chaque automne, les sols reçoivent du compost bio. Le travail du sol reste limité au strict nécessaire : les vers de terre font le reste.

Des vendanges à la main, le matin

Le travail se fait à la main, de la taille à la récolte, et les rendements sont naturellement faibles. Les vendanges s’étalent sur cinq à six semaines, selon la maturité des cépages. Elles ont lieu de préférence le matin, pour préserver la fraîcheur des baies.

Si nécessaire, les raisins sont triés à la vigne. En cave, une hygiène stricte permet de limiter l’utilisation des sulfites. Isabelle privilégie une intervention minimale et une extraction légère.

Neuf vins et deux huiles d’olive

Pulp et Niño, à boire sur le fruit

Les deux Pulp sortent en vin de pays des Collines de la Moure. Leur nom évoque la pulpe d’un fruit frais dans lequel on croque. Le blanc assemble vermentino, viognier et muscat. Le rouge repose sur 80 % de carignan, complété de syrah et de grenache. Ce sont les cuvées des copains, à boire jeunes.

Niño, rosé en AOP Languedoc, assemble 80 % de cinsault et 20 % de grenache noir. Les raisins sont pressés en direct, comme pour un vin blanc. Le cinsault y apporte la délicatesse des petites fraises des bois. Le domaine le conseille de l’apéritif aux grillades.

Obladie, L’Orée et O du Clos en appellation

Obladie est le blanc en AOP Languedoc, dont le premier millésime date de 2008. Il assemble 40 % de grenache blanc, 30 % de roussanne, 20 % de vermentino et 10 % de viognier. Une partie est élevée 8 mois en barriques neuves. Le domaine le décrit frais en attaque, intense en bouche, avec une finale épicée.

L’Orée, en AOP Languedoc, est le vin de terroir du domaine. Il réunit 50 % de grenache, 25 % de syrah et 25 % de cinsault. Isabelle y retrouve la garrigue environnante, des notes fumées et chocolatées, et une bouche souple.

O du Clos, en AOP Grés de Montpellier, est la grande cuvée. Il assemble 80 % de syrah et 20 % de grenache, élevés 18 mois en barriques.

Le Mour, Cinso Loco et Ouate, les pas de côté

Le Mour assemble 70 % de mourvèdre et 30 % de vieux carignan. Isabelle avait planté le mourvèdre pour poivrer ses assemblages, sans penser en tirer un vin à part. Le résultat l’a fait changer d’avis.

Cinso Loco, 100 % cinsault, vient de vignes de 40 ans. Fruits rouges et soupçon de poivre : le domaine en parle comme de son « pinot » languedocien. Ouate, lui, naît de raisins surmûris, vinifiés longtemps après la fin des vendanges. Ce vin doux, en bouteille de 50 cl, accompagne le chocolat ou le foie gras.

Lucques et Picholine, rescapées du gel de 1956

Les 2 hectares d’oliviers comptent quatre variétés. La lucques et la picholine, en production, viennent de vieux arbres rescapés du terrible gel de l’hiver 1956. Au début de l’aventure, Christian a planté deux anciennes variétés locales, la rougette de Pignan et la violette de Montpellier. Il faudra encore patienter avant leur première récolte.

Les deux huiles monovariétales sont obtenues par pressurage direct à froid. Elles sont conditionnées en bouteilles de grès, à l’abri de la lumière. La picholine est ardente et poivrée, sur des arômes d’herbes fraîches. La lucques, ronde et douce, évoque l’amande, l’artichaut et le foin. Après une récolte insuffisante, elles peuvent manquer à la vente.

Un chai en bois à Fabrègues

Un caveau au bord de la départementale

Isabelle n’a pas obtenu de permis de construire près de ses vignes. Le chai s’est donc installé à Fabrègues, au bord de la départementale 613, entre Sète et Montpellier. Le vignoble n’est qu’à vingt minutes de tracteur. Construit vers 2014, le bâtiment est en bois dehors, et marie verre, métal et bois dedans.

À l’entrée, le comptoir est fait de douelles d’anciennes barriques. Il a été réalisé par le créateur Bopalett, à Saint-Rémy-de-Provence.

Déguster au caveau, trouver les vins ailleurs

Isabelle et Christian reçoivent au caveau. Les horaires varient selon la saison, et le domaine invite à prendre rendez-vous. L’accueil se fait en français, en anglais et en allemand, pour des visites individuelles ou de groupe, libres ou guidées.

Les vins se trouvent aussi chez des cavistes et des restaurateurs, en France et à l’étranger. Le domaine indique volontiers l’adresse la plus proche de chez soi. Isabelle Mangeart fait partie des Vinifilles, l’association de femmes vigneronnes d’Occitanie, et le domaine figure à l’annuaire des Vignerons Indépendants.

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Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon

  • Château Lancyre

    Au hameau de Lancyre, à Valflaunès, la famille Durand-Valentin cultive 80 hectares en Pic Saint-Loup, sur les premiers contreforts des Cévennes. Elle compte parmi la poignée de vignerons à l’origine de l’appellation, et ses premières bouteilles sont sorties en 1984. Engagé en bio en 2019, le domaine a vu ses rouges certifiés dès le millésime 2022, ses blancs et ses rosés en 2024. Ses vignes se partagent entre trois îlots, Clapassous, Les Couronnes et Valflaunès, et plusieurs cuvées portent le nom d’une parcelle.

  • Domaine Benastra

    Le Domaine Benastra cultive 12 hectares en agriculture biologique depuis sa création en 2015, à Saint-Paul-de-Fenouillet, dans les Pyrénées-Orientales. Ses parcelles s’étagent entre 250 et 500 mètres d’altitude, sur des schistes noirs et des roches granitiques. La fraîcheur des nuits et la tramontane donnent des rouges de fruit et des blancs tendus, tous vendangés à la main. La gamme va de l’effervescent au Maury tuilé hors d’âge, en passant par six à dix cuvées en IGP Côtes Catalanes.

  • Domaine Terre des Âmes

    Au Bosc, dans l’Hérault, Benjamin Lureau a repris en famille le domaine du Vieux Clocher après une carrière dans les ONG et un tour du monde à vélo. Ses 10 hectares, partagés entre les argilo-calcaires de Loiras et les ruffes de Saint-Alban, ne sont jamais irrigués. Engagé en conversion bio depuis 2024, le Domaine Terre des Âmes travaille à la main et vinifie avec un minimum d’interventions. Ses cinq cuvées, en Terrasses du Larzac et en IGP Saint-Guilhem-le-Désert, portent des noms tirés de cultures animistes.

  • Le Clos Rivieral

    Créé en 2008 par Olivier Bellet, fils de coopérateur, Le Clos Rivieral est aujourd’hui mené avec Célia Bellet à Loiras du Bosc, dans l’Hérault. Ses 7 hectares se répartissent sur une vingtaine de parcelles de schistes et de grès rouges. Engagé en agriculture biologique depuis 2008, le domaine signe des rouges en AOC Terrasses du Larzac et un blanc de chenin et de grenache blanc. Le Roc des Cistes a reçu un coup de cœur du Guide Hachette pour le millésime 2017.

  • Mas Llossanes

    Créé en 2016 par Solenn et Dominique Génot, le Mas Llossanes cultive 11 hectares entre 600 et 700 mètres d’altitude, à Tarerach et Arboussols, face au Canigou. Ses vignes, plantées à partir des années 1940, poussent sur des arènes granitiques et des schistes. Conduit en agriculture biologique depuis 2016 et en biodynamie depuis 2020, le domaine est membre de Biodyvin. Il a déclassé ses vins en IGP Côtes Catalanes pour travailler librement deux cépages rares, le chasan et le chenanson.

  • Domaine du Traginer

    Fondé en 1975 à Banyuls-sur-Mer par Jean-François Deu, le Domaine du Traginer doit son nom au muletier catalan, en hommage à son oncle Anicet. Ses plus de 18 hectares de vignes, entre mer et montagne, sont encore en grande partie labourés au mulet. Engagé en bio en 1998 et certifié Demeter depuis 2013, le domaine est membre de la Renaissance des Appellations. Il élabore des Banyuls, dont un grand cru, des Collioure et un vin orange.

  • Domaine du Petit Chaumont

    À Aigues-Mortes, le Domaine du Petit Chaumont cultive 120 hectares de vignes sur les sables de Petite Camargue, à un mètre au-dessus de la mer. Déminé au début des années 1970 par Alain Bruel, il est mené aujourd’hui par Nathalie et Laurent, de la famille Bruel. Engagé en bio depuis 2008, il diffuse aussi de la musique dans une partie de ses vignes contre l’esca. Ses gris d’AOP Sable de Camargue, dont la cuvée Elles, côtoient des rouges élevés en fût.

  • Domaine Les 3 Mazets

    Créé en 2016 par Luc Fonta, ancien technicien du traitement de l’eau, le Domaine Les 3 Mazets cultive 6 hectares à Villeveyrac, au bord de l’étang de Thau. Certifié en agriculture biologique depuis sa création, il ne traite plus ses vignes depuis 2019, ni cuivre ni soufre. Luc Fonta les pilote selon l’approche pH/redox du chercheur Olivier Husson, en agroécologie et en agroforesterie. Vendangées à la main, ses parcelles donnent cinq cuvées, dont trois rouges nature sans sulfites ajoutés.

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