Domaine bio Clos des Nines

Le Clos des Nines

  • Languedoc-Roussillon

    Région viticole

  • 8ha

    Surface du vignoble

  • 2002

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2013

Sommaire

Les Nines, trois filles et une reconversion

Une vigneronne venue d’ailleurs

Le Clos des Nines, domaine bio de l’Hérault, est né d’une reconversion. Isabelle Mangeart n’est pas née en Languedoc et ne vient pas du milieu viticole. Elle s’installe dans la région en famille à la fin des années 1990. Elle y est séduite par la lumière, les paysages et la culture viticole.

Elle suit alors une formation en viticulture et œnologie à Montpellier. Sur le terrain, auprès de vignerons expérimentés, elle apprend la taille, les travaux du cycle végétatif et la vinification. Avant de trouver ses vignes, elle travaille pour l’Abbaye de Valmagne, le Mas Mortiès et le Domaine de la Prose.

Elle a rencontré son mari, Christian Marbler, à la London Business School. Lui a fait carrière dans le commerce du vin. Il est passé par Bouchard Père et Fils en Bourgogne, puis par Skalli et Gérard Bertrand en Languedoc.

Deux ans et demi pour trouver le vignoble

Le couple part à la recherche d’un vignoble. Isabelle s’est fixé des critères stricts : des vignes d’un seul tenant, en appellation et près d’une grande ville. Elle aurait aimé le Pic Saint-Loup, mais s’y faire une place en venant d’ailleurs n’avait rien de simple. La recherche dure deux ans et demi.

Fin 2002, elle achète une petite exploitation d’environ 10 hectares entre Montpellier et Sète. Les vignes appartenaient à un coopérateur qui partait à la retraite. Sa première saison de taille commence aussitôt, et le premier millésime du domaine est le 2003.

Nines, Niño, Obladie : la famille sur les étiquettes

Le domaine trouve son nom lors de sa première vendange. En langue d’Oc, les « nines » sont les filles : c’est un clin d’œil aux trois filles du couple. Elles sont nées à Paris, à Beaune puis à Montpellier, au fil du chemin de la famille vers le sud.

Le dernier enfant est un garçon, d’où le nom du rosé, Niño. Le blanc Obladie doit le sien à une chanson des Beatles. Quant à Ouate, il se lit comme l’anglais « What! ».

Dix hectares d’un seul tenant sur les Collines de la Moure

Entre Villeveyrac, Montbazin et Poussan

Le vignoble forme un seul bloc de 10 hectares, dans un triangle entre Villeveyrac, Montbazin et Poussan. Il compte 8 hectares de vignes et 2 hectares d’oliviers, au milieu de la garrigue des Collines de la Moure. Des murets en pierres sèches l’entourent, et une capitelle le domine.

La mer est à environ 7 kilomètres à vol d’oiseau, face à l’étang de Thau. À l’horizon, on aperçoit la Méditerranée et le mont Saint-Clair de Sète. Le vignoble s’étend à 70 mètres d’altitude, le long d’un couloir venteux.

Isabelle n’a pas de voisins, seulement de la garrigue. Elle y décrit oliviers, chênes, fenouil, laurier et thym. Selon elle, cet ensemble donne aux raisins des arômes particuliers.

Fossiles d’huîtres, sables et bauxite

Les sols reposent sur un bassin kimméridgien. Ils sont parsemés d’huîtres fossilisées et de galets calcaires, et deux parcelles se trouvent sur des grès rouges. Isabelle dit avoir appris à connaître ses sols saison après saison.

Chaque couleur a sa place. Les rouges poussent sur des sols argilo-calcaires, qui préservent l’acidité potentielle des raisins. Les blancs sont plantés sur des sols limono-sableux, qui drainent bien l’eau. En 2016, sur la radio locale, Isabelle précisait : le grenache sur les sables, le cinsault sur la bauxite, la syrah sur l’argilo-calcaire.

Vignoble du Clos des Nines

Languedoc, Grés de Montpellier et Collines de la Moure

Le terroir est classé en AOP Languedoc et Grés de Montpellier. Les Grés de Montpellier ont été reconnus en 2003 comme dénomination de l’AOC Coteaux du Languedoc, devenue AOC Languedoc en 2007. En occitan, les « grés » désignent les terres de coteaux pauvres et caillouteuses.

Cette appellation est réservée aux vins rouges. Elle repose sur le grenache, le mourvèdre et la syrah, avec le carignan, le cinsault et le morrastel en appoint. Poussan, Montbazin et Villeveyrac font partie de son aire. Fabrègues, où se trouve le chai, figure dans l’aire de proximité immédiate, où la vinification est permise.

Plusieurs cuvées sortent en vin de pays. Les Collines de la Moure sont l’une des unités géographiques de l’IGP Pays d’Hérault. Cette unité couvre entre autres Poussan, Villeveyrac, Montbazin et Fabrègues.

Restructurer le vignoble, puis passer en bio

La moitié des vignes arrachée

Le domaine hérite de carignan, d’alicante, de cinsault, de grenache et de syrah. Durant les trois premières années, Isabelle arrache la moitié des vignes pour restructurer le vignoble. Elle laisse les parcelles fatiguées en jachère quatre ans avant de replanter.

Sur ces parcelles arrivent le mourvèdre et les cépages blancs : grenache blanc, roussanne, vermentino et viognier. Elle installe aussi un palissage, pour une meilleure maturation des baies. Le domaine cultive aujourd’hui dix cépages méridionaux, muscat à petits grains compris. Ses vieux carignans, eux, dépassaient déjà 80 ans en 2016.

Engagé en bio en 2013, certifié en 2016

Isabelle abandonne l’historique « chimique » du domaine. Elle commence en agriculture raisonnée, puis passe en bio. Son engagement auprès d’Ecocert date d’août 2013, et la certification Agriculture biologique est acquise le 2 novembre 2016. Les oliviers sont eux aussi conduits en bio.

Aucun produit de synthèse n’entre dans le sol ni sur la plante. Les traitements se limitent au soufre, au cuivre et à un peu d’essence d’écorces d’orange, pour ses vertus antifongiques. Chaque automne, les sols reçoivent du compost bio. Le travail du sol reste limité au strict nécessaire : les vers de terre font le reste.

Des vendanges à la main, le matin

Le travail se fait à la main, de la taille à la récolte, et les rendements sont naturellement faibles. Les vendanges s’étalent sur cinq à six semaines, selon la maturité des cépages. Elles ont lieu de préférence le matin, pour préserver la fraîcheur des baies.

Si nécessaire, les raisins sont triés à la vigne. En cave, une hygiène stricte permet de limiter l’utilisation des sulfites. Isabelle privilégie une intervention minimale et une extraction légère.

Neuf vins et deux huiles d’olive

Pulp et Niño, à boire sur le fruit

Les deux Pulp sortent en vin de pays des Collines de la Moure. Leur nom évoque la pulpe d’un fruit frais dans lequel on croque. Le blanc assemble vermentino, viognier et muscat. Le rouge repose sur 80 % de carignan, complété de syrah et de grenache. Ce sont les cuvées des copains, à boire jeunes.

Niño, rosé en AOP Languedoc, assemble 80 % de cinsault et 20 % de grenache noir. Les raisins sont pressés en direct, comme pour un vin blanc. Le cinsault y apporte la délicatesse des petites fraises des bois. Le domaine le conseille de l’apéritif aux grillades.

Obladie, L’Orée et O du Clos en appellation

Obladie est le blanc en AOP Languedoc, dont le premier millésime date de 2008. Il assemble 40 % de grenache blanc, 30 % de roussanne, 20 % de vermentino et 10 % de viognier. Une partie est élevée 8 mois en barriques neuves. Le domaine le décrit frais en attaque, intense en bouche, avec une finale épicée.

L’Orée, en AOP Languedoc, est le vin de terroir du domaine. Il réunit 50 % de grenache, 25 % de syrah et 25 % de cinsault. Isabelle y retrouve la garrigue environnante, des notes fumées et chocolatées, et une bouche souple.

O du Clos, en AOP Grés de Montpellier, est la grande cuvée. Il assemble 80 % de syrah et 20 % de grenache, élevés 18 mois en barriques.

Le Mour, Cinso Loco et Ouate, les pas de côté

Le Mour assemble 70 % de mourvèdre et 30 % de vieux carignan. Isabelle avait planté le mourvèdre pour poivrer ses assemblages, sans penser en tirer un vin à part. Le résultat l’a fait changer d’avis.

Cinso Loco, 100 % cinsault, vient de vignes de 40 ans. Fruits rouges et soupçon de poivre : le domaine en parle comme de son « pinot » languedocien. Ouate, lui, naît de raisins surmûris, vinifiés longtemps après la fin des vendanges. Ce vin doux, en bouteille de 50 cl, accompagne le chocolat ou le foie gras.

Lucques et Picholine, rescapées du gel de 1956

Les 2 hectares d’oliviers comptent quatre variétés. La lucques et la picholine, en production, viennent de vieux arbres rescapés du terrible gel de l’hiver 1956. Au début de l’aventure, Christian a planté deux anciennes variétés locales, la rougette de Pignan et la violette de Montpellier. Il faudra encore patienter avant leur première récolte.

Les deux huiles monovariétales sont obtenues par pressurage direct à froid. Elles sont conditionnées en bouteilles de grès, à l’abri de la lumière. La picholine est ardente et poivrée, sur des arômes d’herbes fraîches. La lucques, ronde et douce, évoque l’amande, l’artichaut et le foin. Après une récolte insuffisante, elles peuvent manquer à la vente.

Un chai en bois à Fabrègues

Un caveau au bord de la départementale

Isabelle n’a pas obtenu de permis de construire près de ses vignes. Le chai s’est donc installé à Fabrègues, au bord de la départementale 613, entre Sète et Montpellier. Le vignoble n’est qu’à vingt minutes de tracteur. Construit vers 2014, le bâtiment est en bois dehors, et marie verre, métal et bois dedans.

À l’entrée, le comptoir est fait de douelles d’anciennes barriques. Il a été réalisé par le créateur Bopalett, à Saint-Rémy-de-Provence.

Déguster au caveau, trouver les vins ailleurs

Isabelle et Christian reçoivent au caveau. Les horaires varient selon la saison, et le domaine invite à prendre rendez-vous. L’accueil se fait en français, en anglais et en allemand, pour des visites individuelles ou de groupe, libres ou guidées.

Les vins se trouvent aussi chez des cavistes et des restaurateurs, en France et à l’étranger. Le domaine indique volontiers l’adresse la plus proche de chez soi. Isabelle Mangeart fait partie des Vinifilles, l’association de femmes vigneronnes d’Occitanie, et le domaine figure à l’annuaire des Vignerons Indépendants.

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L'agenda du Clos des Nines

Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon

  • Domaine des Schistes

    Le Domaine des Schistes cultive 50 hectares en bio entre Estagel, Tautavel et Maury, dans la vallée de l’Agly. Sortis de la coopérative en 1989, Jacques et Nadine Sire ont rouvert le chai familial de 1906, puis leur fils Mickaël a engagé le bio en 2010. Leurs vieilles vignes en gobelet donnent des rouges frais, des parcellaires de garde et des vins doux naturels élevés en solera. Le Gora 2023 et le V.O. 2022 ont reçu un coup de cœur au Guide Hachette 2026.

  • Domaine de la Grande Sieste

    Le Domaine de la Grande Sieste, né en 2015 à Aniane dans l’Hérault, est engagé en bio depuis 2016. Boris et Leticia y pratiquent la vitiforesterie : des haies fruitières de 17 essences alternent avec les rangs, et les nouvelles parcelles mêlent plusieurs cépages sur le même rang. La date des vendanges, la vinification et les assemblages se décident au goût, raisin et moût dégustés chaque jour. Neuf vins en trois gammes, Rêves, Crapuleuses et Fantasmes, se servent aussi au restaurant viticole du domaine.

  • Domaine Trilles

    Le Domaine Trilles cultive une trentaine d’hectares à Tresserre, sur le terroir aride des Aspres, entre Perpignan et le Canigou. Jean-Baptiste Trilles, issu d’une famille de viticulteurs, y vinifie depuis 2007 et a construit sa cave au village en 2009. Sans herbicide depuis ses premières cuvées, le domaine est engagé en bio depuis 2018 et certifié à partir du millésime 2021. Côtes du Roussillon, mourvèdre, carignan centenaire et vins doux de Rivesaltes composent une gamme d’une quinzaine de vins.

  • Domaine de Bon Augure

    Le Domaine de Bon Augure cultive près de 9 hectares de vignes à Joncels, à plus de 600 mètres d’altitude, dans la Haute-Vallée de l’Orb. Cédric Guy, vigneron venu de Faugères, l’a créé en 2013 sur les vignes oubliées d’une ancienne abbaye bénédictine, en agriculture biologique. Le chardonnay y occupe 6 hectares sur argile ferreuse et socle calcaire, aux côtés du petit manseng et du pinot noir. Ses quatre cuvées en IGP Haute Vallée de l’Orb vont du blanc de grande garde au vin orange.

  • Domaine Rouanet-Montcélèbre

    Le Domaine Rouanet-Montcélèbre cultive 20 hectares de vigne bio à 300 mètres d’altitude, au bord des gorges de la Cesse, à Cesseras. La famille Rouanet s’y est installée en 1987, et Annie Rouanet mène aujourd’hui le domaine avec son fils Jérémy. Neuf cépages donnent des vins frais et fruités en Minervois, en cru Minervois-La Livinière et en IGP Pays d’Oc, du carignan au rolle. Le Minervois rouge 2023 a décroché l’or à Mâcon en 2026, et des oliviers centenaires poussent au milieu des vignes.

  • Château Montfin

    Le Château Montfin cultive 20 hectares de vignes en AOP Corbières à Peyriac-de-Mer, sur des coteaux argilo-calcaires qui dominent les étangs et la mer. Jérôme et Raymond Estève ont acquis le domaine en 2002 et l’ont engagé en bio dès 2009, avec quelques principes empruntés à la biodynamie. Vendanges à la main, amphores en grès et rouges sans sulfites ajoutés signent le travail du chai. Le blanc Saint Jacques, une roussanne de garrigue, a reçu deux coups de cœur du Guide Hachette, en 2014 et en 2026.

  • Chai Julip

    Le Chai Julip cultive 12 hectares de vignes de plus de 60 ans en AOP Saint-Chinian, plantées en courbes de niveau autour d’une colline de schiste qui culmine à 220 mètres. Judith Melka, ancienne cheffe, et Philippe, ancien pilote, ont repris le domaine en 2021 et l’ont engagé en bio. Ils travaillent en agriculture de conservation, sans irrigation, et vinifient au levain maison, sans intrant. Cinsault, grenache, carignan et syrah donnent des cuvées aux étiquettes signées par des artistes plasticiens.

  • Colline de l’Hirondelle

    À Douzens, dans l’Aude, Didier Ferrier, enfant du village, et Jennifer Buck, venue de Berkeley, cultivent en bio 9 hectares autour de leur cave, sur une colline tournée vers les Corbières. Leur parcelle de La Joupatière, plantée avant le phylloxéra, abrite quinze variétés de vigne. Vieux carignan, chenançon, terret et roussanne donnent deux gammes, Classic[o] et Magnific[o], en Vin de France. Les bouteilles vieillissent plusieurs années dans l’ancienne remise de l’auberge du village avant de sortir.

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