Jarre du Clos d'un Jour

Le Clos d’un Jour

  • Sud-Ouest

    Région viticole

  • 7ha

    Surface du vignoble

  • 1999

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2009

Sommaire

De la banlieue parisienne aux terrasses du Lot

Une archéologue et un architecte changent de vie

Le Clos d’un Jour est un domaine bio de l’appellation Cahors, à Duravel, dans le Lot. Il est né d’un changement de vie. Véronique Azémar, archéologue, et Stéphane Azémar, architecte de formation, venaient de Savigny-sur-Orge, en banlieue parisienne. Ils n’avaient jamais travaillé la vigne.

En 1999, le couple s’installe sur une petite propriété de Duravel, un village abrité du vent du nord par un arc de collines. Véronique a fait l’École du Louvre et une licence d’archéologie. Elle apprend le métier par une formation en viticulture et œnologie. Elle suit aussi des cours chez David Fourtoux, dans le Bergeracois.

Cinq hectares arrachés et replantés

Au départ, les Azémar reprennent une petite vigne d’environ 5 hectares. Ils la rebaptisent le Clos d’un Jour. La propriété était alors une exploitation de polyculture avec de vieilles vignes, comme beaucoup dans le secteur. Le couple a arraché et replanté.

Le vignoble a grandi depuis. Il compte aujourd’hui 7 hectares. Quand tout va bien, Véronique en tire environ 30 000 bouteilles.

Véronique seule aux commandes depuis 2017

Les Azémar ont ensuite suivi chacun leur chemin. Véronique dirige le domaine depuis 2017 et conduit seule le vignoble. Stéphane, qui pratiquait l’élevage en jarres, est devenu céramiste.

Véronique résume son cap en une phrase : « l’équilibre entre puissance et finesse est la signature du grand Cahors ».

Sept hectares sur la troisième terrasse du Lot

Un sol argilo-calcaire pour des vins de garde

Les vignes du Clos d’un Jour poussent sur la troisième terrasse du Lot. Le sol y est argilo-calcaire. Le domaine le décrit comme un terroir réputé pour ses vins riches et aptes à la garde.

Les vignes du Clos d'un Jour

L’encépagement tient en deux noms. Le malbec fait deux cuvées à lui seul et 90 % de la troisième. Le merlot apporte les 10 % restants.

En bio certifié depuis 2009

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique le 10 mai 2009, sous le contrôle d’Ecocert. Aucun traitement chimique n’entre dans les vignes. Le travail y est manuel, et Véronique parle d’un sol préservé.

Le cahors, l’appellation du vin noir

Le vignoble de Cahors s’étend de part et d’autre du Lot. La rivière y a creusé ses vallées et ses méandres. On y trouve des traces de production de vin dès le VIIe siècle. Au Moyen Âge, les Anglais prisaient son « black wine ». L’appellation a été reconnue en 1971.

L’AOC Cahors ne produit que des vins rouges, sombres et aptes au vieillissement. Ils reposent en majorité sur le malbec, appelé aussi auxerrois ou côt, un cépage originaire du Quercy. Chaque vin passe au moins 6 mois en élevage chez le producteur.

Trois rouges de malbec, trois façons de les élever

Le Clos d’un Jour, en cuve de béton brut

Le domaine ne fait que du rouge, en trois cuvées d’AOC Cahors. Chacune a son contenant d’élevage. La cuvée Le Clos d’un Jour ouvre la gamme. Elle assemble 90 % de malbec et 10 % de merlot, élevés en cuve de béton brut. Le domaine la présente comme un cahors riche et puissant.

Un Jour, élevé en fût de chêne

Un Jour est un malbec pur élevé en fût de chêne. Véronique l’explique simplement : le Japon le lui demande. Pour le millésime 2009, le raisin a macéré un mois avant deux ans de barrique. Le Guide Hachette 2025 décrit le 2022, élevé deux ans sous bois, comme très fruité : cerise, grenade, groseille, kirsch.

Un Jour sur Terre, dans des jarres de terre cuite

Un Jour sur Terre, autre malbec pur, doit son nom à son élevage en jarres de terre cuite tournées à la main. Le Guide Hachette les compare aux dolia de l’Antiquité. Comme la barrique, elles permettent une oxygénation ménagée, mais sans arômes boisés. Des millésimes 2004 et 2010 y sont restés dix-huit mois.

Pour Véronique, la jarre préserve la pureté du vin, et elle en fait l’une des innovations du domaine. Le Guide Hachette 2025 y trouve la mûre, la myrtille et la cerise confiturée, puis le chocolat et la violette. Selon lui, ce 2022 se boit sur son fruit de jeunesse ou s’attend en cave.

Du millésime 2000 à la vigneronne de l’année

Une étoile dès le millésime 2000

Présenté au Guide Hachette des Vins, le millésime 2000 a décroché une étoile dans l’édition 2003. Les millésimes 2001 et 2002 en ont obtenu deux. Avec le 2004, le domaine a reçu deux coups de cœur dans l’édition 2007, pour Un Jour sur Terre et pour Un Jour.

D’autres coups de cœur ont suivi : Un Jour 2009 dans l’édition 2013, Un Jour sur Terre 2016 dans l’édition 2020. Véronique se dit contre les concours payants. Elle accepte en revanche le Concours général agricole, qui vient prélever les vins sur la propriété.

Vigneronne de l’année 2025 pour le Sud-Ouest

Le Guide Hachette des Vins 2025 a désigné Véronique Azémar vigneronne de l’année pour le Sud-Ouest. La même édition donne un coup de cœur à Un Jour sur Terre 2022 et deux étoiles à Un Jour 2022. La Dépêche lui a consacré un entretien le 13 décembre 2024.

Du Japon au chai de Duravel

Environ 80 % des vins partent à l’export. Ils vont au Japon, en Suède, en Corée du Sud, en Belgique, en Allemagne et en Autriche. Le reste, autour de 5 000 bouteilles, va aux particuliers et aux restaurants.

À Duravel, le domaine reçoit dans son chai de dégustation. Les dégustations y sont gratuites et se font sur rendez-vous.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Domaine La Colombière

    À Villaudric, dans l’appellation Fronton, Diane et Philippe Cauvin cultivent 13 hectares en biodynamie certifiée Biodyvin. Le domaine est né en 1970 sur un lieu planté de vignes depuis 1470, et ses rouges reposent sur la négrette. En 2009, le couple a retrouvé de vieilles souches de bouysselet, un cépage blanc disparu, et l’a fait renaître par surgreffage. Sa gamme va de la négrette pure élevée en foudre au rancio sec de bouysselet.

  • Château de la Jaubertie

    À Colombier, au sud de Bergerac, le Château de la Jaubertie conduit 42 hectares de vignes en bio depuis 2006, autour d’un château Directoire inscrit aux Monuments historiques. La famille Ryman en est propriétaire depuis 1973, et l’œnologue Hugh Ryman y signe les vins aux côtés d’Anne Ryman. Le domaine produit du Bergerac dans les trois couleurs, un Monbazillac et quelques vins en IGP Périgord. Sa gamme Les Cépages Oubliés assemble la mérille et le fer servadou, sans aucun intrant.

  • Clos Lapeyre

    Le Clos Lapeyre cultive 18 hectares de Petit et de Gros Manseng sur les coteaux de Chapelle-de-Rousse, à Jurançon, en bio depuis 2002 et en pratiques biodynamiques. Ancienne ferme de fraises et de vaches blondes, le domaine naît en 1985 avec Jean-Bernard Larrieu, troisième génération de la famille. Ses terrasses, plantées dès 1972, comptent parmi les premières de l’appellation, avant un retour à la plantation dans la pente. Il produit des Jurançon secs de garde, des moelleux passerillés et quelques vins nature.

  • Domaine Nigri

    Au quartier Candeloup de Monein, le Domaine Nigri est une propriété viticole depuis 1685, tenue par la quatrième génération de Lacoste. L’œnologue Jean-Louis Lacoste y conduit 15 hectares de coteaux en Jurançon, engagés en bio depuis 2001. Le domaine garde deux cépages béarnais devenus très rares, le camaralet et le lauzet, qui entrent dans ses cuvées Confluence et Hors Piste. Sa production se partage à parts égales entre jurançon sec et jurançon doux.

  • Château les Miaudoux

    Le Château les Miaudoux cultive la vigne à Saussignac, en Dordogne, où Gérard et Nathalie Cuisset se sont installés en 1987. Converti en bio en 2003, le domaine est passé en biodynamie certifiée Demeter à l’arrivée de leur fils Samuel et de son épouse Lisa, en 2014. Il produit du bergerac blanc, rouge et rosé, et des liquoreux de Saussignac issus de ses plus vieilles vignes, dont une cuvée sans sulfite ajouté. Brebis, cheval et pruneaux d’Agen complètent une ferme qui préfère l’observation du sol au dogme.

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

  • Château Feely

    Le Château Feely cultive 7 hectares de vignes à Saussignac, en Dordogne, repris en 2005 par Caro et Sean Feely. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2007, le vignoble suit aussi des pratiques biodynamiques et n’utilise en moyenne que 1,5 kg de cuivre par hectare. La plupart des vins sortent en Vin de France sous des noms en « ité », dont le Silex, né d’un sémillon planté en 1945. Les rouges sont des vins naturels depuis 2014, et un parcours biodynamique balisé fait découvrir les vignes.

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