Jarre du Clos d'un Jour

Le Clos d’un Jour

Région viticole

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Sud-Ouest

Bio
Sommaire

De la banlieue parisienne aux terrasses du Lot

Une archéologue et un architecte changent de vie

Le Clos d’un Jour est un domaine bio de l’appellation Cahors, à Duravel, dans le Lot. Il est né d’un changement de vie. Véronique Azémar, archéologue, et Stéphane Azémar, architecte de formation, venaient de Savigny-sur-Orge, en banlieue parisienne. Ils n’avaient jamais travaillé la vigne.

En 1999, le couple s’installe sur une petite propriété de Duravel, un village abrité du vent du nord par un arc de collines. Véronique a fait l’École du Louvre et une licence d’archéologie. Elle apprend le métier par une formation en viticulture et œnologie. Elle suit aussi des cours chez David Fourtoux, dans le Bergeracois.

Cinq hectares arrachés et replantés

Au départ, les Azémar reprennent une petite vigne d’environ 5 hectares. Ils la rebaptisent le Clos d’un Jour. La propriété était alors une exploitation de polyculture avec de vieilles vignes, comme beaucoup dans le secteur. Le couple a arraché et replanté.

Le vignoble a grandi depuis. Il compte aujourd’hui 7 hectares. Quand tout va bien, Véronique en tire environ 30 000 bouteilles.

Véronique seule aux commandes depuis 2017

Les Azémar ont ensuite suivi chacun leur chemin. Véronique dirige le domaine depuis 2017 et conduit seule le vignoble. Stéphane, qui pratiquait l’élevage en jarres, est devenu céramiste.

Véronique résume son cap en une phrase : « l’équilibre entre puissance et finesse est la signature du grand Cahors ».

Sept hectares sur la troisième terrasse du Lot

Un sol argilo-calcaire pour des vins de garde

Les vignes du Clos d’un Jour poussent sur la troisième terrasse du Lot. Le sol y est argilo-calcaire. Le domaine le décrit comme un terroir réputé pour ses vins riches et aptes à la garde.

Les vignes du Clos d'un Jour

L’encépagement tient en deux noms. Le malbec fait deux cuvées à lui seul et 90 % de la troisième. Le merlot apporte les 10 % restants.

En bio certifié depuis 2009

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique le 10 mai 2009, sous le contrôle d’Ecocert. Aucun traitement chimique n’entre dans les vignes. Le travail y est manuel, et Véronique parle d’un sol préservé.

Le cahors, l’appellation du vin noir

Le vignoble de Cahors s’étend de part et d’autre du Lot. La rivière y a creusé ses vallées et ses méandres. On y trouve des traces de production de vin dès le VIIe siècle. Au Moyen Âge, les Anglais prisaient son « black wine ». L’appellation a été reconnue en 1971.

L’AOC Cahors ne produit que des vins rouges, sombres et aptes au vieillissement. Ils reposent en majorité sur le malbec, appelé aussi auxerrois ou côt, un cépage originaire du Quercy. Chaque vin passe au moins 6 mois en élevage chez le producteur.

Trois rouges de malbec, trois façons de les élever

Le Clos d’un Jour, en cuve de béton brut

Le domaine ne fait que du rouge, en trois cuvées d’AOC Cahors. Chacune a son contenant d’élevage. La cuvée Le Clos d’un Jour ouvre la gamme. Elle assemble 90 % de malbec et 10 % de merlot, élevés en cuve de béton brut. Le domaine la présente comme un cahors riche et puissant.

Un Jour, élevé en fût de chêne

Un Jour est un malbec pur élevé en fût de chêne. Véronique l’explique simplement : le Japon le lui demande. Pour le millésime 2009, le raisin a macéré un mois avant deux ans de barrique. Le Guide Hachette 2025 décrit le 2022, élevé deux ans sous bois, comme très fruité : cerise, grenade, groseille, kirsch.

Un Jour sur Terre, dans des jarres de terre cuite

Un Jour sur Terre, autre malbec pur, doit son nom à son élevage en jarres de terre cuite tournées à la main. Le Guide Hachette les compare aux dolia de l’Antiquité. Comme la barrique, elles permettent une oxygénation ménagée, mais sans arômes boisés. Des millésimes 2004 et 2010 y sont restés dix-huit mois.

Pour Véronique, la jarre préserve la pureté du vin, et elle en fait l’une des innovations du domaine. Le Guide Hachette 2025 y trouve la mûre, la myrtille et la cerise confiturée, puis le chocolat et la violette. Selon lui, ce 2022 se boit sur son fruit de jeunesse ou s’attend en cave.

Du millésime 2000 à la vigneronne de l’année

Une étoile dès le millésime 2000

Présenté au Guide Hachette des Vins, le millésime 2000 a décroché une étoile dans l’édition 2003. Les millésimes 2001 et 2002 en ont obtenu deux. Avec le 2004, le domaine a reçu deux coups de cœur dans l’édition 2007, pour Un Jour sur Terre et pour Un Jour.

D’autres coups de cœur ont suivi : Un Jour 2009 dans l’édition 2013, Un Jour sur Terre 2016 dans l’édition 2020. Véronique se dit contre les concours payants. Elle accepte en revanche le Concours général agricole, qui vient prélever les vins sur la propriété.

Vigneronne de l’année 2025 pour le Sud-Ouest

Le Guide Hachette des Vins 2025 a désigné Véronique Azémar vigneronne de l’année pour le Sud-Ouest. La même édition donne un coup de cœur à Un Jour sur Terre 2022 et deux étoiles à Un Jour 2022. La Dépêche lui a consacré un entretien le 13 décembre 2024.

Du Japon au chai de Duravel

Environ 80 % des vins partent à l’export. Ils vont au Japon, en Suède, en Corée du Sud, en Belgique, en Allemagne et en Autriche. Le reste, autour de 5 000 bouteilles, va aux particuliers et aux restaurants.

À Duravel, le domaine reçoit dans son chai de dégustation. Les dégustations y sont gratuites et se font sur rendez-vous.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Mas del Périé

    Le Mas del Périé cultive 23 hectares de vignes à Trespoux-Rassiels, sur des coteaux calcaires à 350 mètres, aux confins de l’appellation Cahors. Fabien Jouves l’a créé en 2006 sur l’exploitation de ses parents, certifiée bio depuis 2009 et Demeter depuis 2011. Ses Cahors parcellaires, vinifiés sans intrants, suivent trois sols : le kimméridgien, la marne du Miocène et le sidérolithique. Autour des vignes vivent des haies, des truffiers, un conservatoire de cépages autochtones et les porcs noirs gascons de la Ferme du Tessou.

  • Domaine Le Passelys

    Installé à Douelle, au bord du Lot, le Domaine Le Passelys cultive la vigne depuis 1857 et compte plus de huit générations de Baudel. Ses 9,5 hectares en agriculture biologique occupent surtout les troisièmes terrasses argilo-siliceuses de l’AOC Cahors. Dès 2016, la famille plante des cépages résistants, qui suppriment 95 à 100 % des traitements utilisés en bio. Ils donnent la gamme Colibri, à côté des Cahors Tradition, Prestige et Centenaire, ce dernier issu de vignes de plus de 120 ans.

  • Domaine AntocyÂme

    Chimiste de formation, diplômée œnologue à l’Ensat de Toulouse, Muriel Zoldan a acheté en 2017 le Domaine AntocyÂme, à La Salvetat-Belmontet, près de Montauban. Ses 7,5 hectares, engagés en agriculture biologique depuis 2012, relèvent des Coteaux et Terrasses de Montauban, unité de l’IGP Comté Tolosan. Les fermentations partent des levures indigènes, et presque toutes les cuvées sont sans sulfites ajoutés. Le domaine vinifie en cuve, en barrique et en amphore sept cépages, dont le Tannat et l’Abouriou.

  • Château Lacapelle Cabanac

    Sur le causse argilo-calcaire qui domine la vallée du Lot, le Château Lacapelle Cabanac produit des Cahors bio à environ 300 mètres d’altitude. Thierry Simon et Philippe Vérax l’ont repris en 2001 et le conduisent en agriculture biologique depuis 2002. Les vignes poussent sur des pierrailles calcaires et des argiles du Kimméridgien, et le merlot y pèse moins de 10 % de l’encépagement. Du Tradition au Malbec Original, élevé sur lies en cuve béton, la gamme compte aussi un savagnin en Vin de France.

  • Château Haut-Monplaisir

    À Lacapelle-Cabanac, dans l’appellation Cahors, Cathy et Daniel Fournié ont repris en 1998 une exploitation familiale de 15 hectares, qui compte aujourd’hui près de 30 hectares. Leurs vignes occupent la troisième terrasse du Lot, plein sud, sur des sols argilo-siliceux à galets roulés. Engagé en bio chez Ecocert en 2009, le domaine a sorti ses premières cuvées labellisées en 2012. Leur fille Mathilde les a rejoints en 2015, l’année de L’Envie, un malbec vinifié et élevé sans soufre ajouté.

  • Château du Cèdre

    À Vire-sur-Lot, le Château du Cèdre cultive 27 hectares dans le vignoble de Cahors, sur un cône d’éboulis calcaire, les grèzes, et sur les hautes terrasses du Mindel. Venue de Belgique en 1914, la famille Verhaeghe y plante sa première vigne en 1958 et met en bouteille dès 1973. Certifié en agriculture biologique depuis 2012, le domaine vinifie en levures indigènes, sans intrant ni sulfites ajoutés. Ses rouges sont en 100 % Malbec, d’Extra Libre, sans soufre, à Charly, et ses blancs en Viognier ou Sauvignon.

  • Château de Chambert

    Sur le causse de Floressas, à 300 mètres au-dessus de la vallée du Lot, le Château de Chambert cultive 45 hectares en AOC Cahors, certifiés bio par Ecocert et en biodynamie par Demeter. Resté en friche jusqu’en 1973, le vignoble a été replanté dès 1974, puis repris en 2007 par Philippe Lejeune. Le Malbec y fait 97 % de l’encépagement, sur des calcaires kimméridgiens et des argiles rouges sidérolithiques. Sa gamme va du Causse, élevé en cuve béton, aux trois parcellaires élevés en foudres, dont Le Puits.

  • Château Lamartine

    À Soturac, à l’extrémité ouest de l’appellation Cahors, le Château Lamartine cultive 38 hectares certifiés bio depuis le millésime 2022. La famille Gayraud y est vigneronne depuis quatre générations, et l’arrière-grand-père Edouard Sérougne fut l’un des quinze à plaider pour l’appellation devant l’INAO. Le malbec fait 95 % des rouges, sur un vignoble réparti entre trois niveaux de terrasses du Lot, d’argile, de calcaire et de silice. Depuis 2016, Lise et Benjamin conduisent le domaine, du Tandem à l’AC 544, élevée 36 mois en amphore.

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