Vins Henry Fuchs - Ribeauvillé et les Vosges vus depuis les vignes du coteau

Vins Henry Fuchs

Région viticole

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Alsace

Bio

Rouge comme Renard, le pinot noir que le grand cru refuse

Les Vins Henry Fuchs sont une petite exploitation familiale de Ribeauvillé, dans le Haut-Rhin, sur la route des vins d’Alsace. La famille y cultive 10,5 hectares en agriculture biologique, engagés en 2008 et certifiés par Ecocert en 2011. Ses vins sortent en appellations Alsace, Alsace grand cru et crémant d’Alsace.

Le vin qui raconte le mieux la maison est pourtant un rouge qui n’a pas le droit de citer son terroir. Il pousse dans un grand cru, et il sort en simple Alsace.

1973, une vigne plantée sur le mont de l’église

En 1973, le grand-père de Paul et Julie Fuchs plante du pinot noir sur le Kirchberg, la colline qui domine Ribeauvillé. Le nom vient de l’allemand : Kirche, l’église, et Berg, la hauteur. Dix ans plus tard, le coteau devient grand cru.

Le pinot noir ne figure pas parmi les cépages admis dans l’appellation Alsace grand cru. La jeune vigne est malgré tout conservée, sans pouvoir inscrire le nom du coteau sur l’étiquette.

2003, la remarque de Serge Dubs

Trente ans passent. En 2003, sur les conseils de Serge Dubs, élu meilleur sommelier du monde en 1989, Paul Fuchs décide de vinifier à part les pinots noirs du Kirchberg. La cuvée Rouge comme Renard naît de ce choix.

La parcelle occupe la partie sommitale du coteau, en plateau, sur des marnes calcaires parsemées de grès. Le vin passe près d’un an en barriques bourguignonnes. Le domaine lui prête 15 à 20 ans de garde, autant qu’à ses rieslings de grand cru.

Le nom n’a rien d’un hasard. Fuchs veut dire renard en allemand, et l’animal occupe le logo du domaine, ses étiquettes et l’enseigne de la maison à Ribeauvillé.

Une famille de Ribeauvillé qui reçoit pour vendre

Paul Fuchs, passé par le Chili et la Nouvelle-Zélande

Les Fuchs sont vignerons à Ribeauvillé depuis trois générations. Le domaine actuel date de 1982. Avant de rejoindre l’exploitation familiale, Paul Fuchs a passé deux ans à vinifier dans des caves du Chili et de Nouvelle-Zélande.

Il gère le domaine depuis 2005, année de création de l’EARL Henry Fuchs et Fils. Trois ans plus tard, il engage la conversion du vignoble à l’agriculture biologique.

Julie Fuchs rejoint son frère en 2017

Sa sœur Julie arrive en 2017, après un premier parcours dans la gestion et la finance. Le frère et la sœur conduisent désormais la maison ensemble. Autour d’eux, la famille parle volontiers de sa « joyeuse petite équipe ».

Vins Henry Fuchs - La famille Fuchs et son équipe réunies au pied d’une cabane dans un arbre
La famille Fuchs et sa « joyeuse petite équipe ».

La maison revendique sa petite taille. Selon la saison, on trouve les Fuchs au chai, dans les vignes ou sur la route pour livrer leurs clients.

La vente au domaine, sur rendez-vous seulement

Le domaine le dit sans détour : il vend son vin sur place uniquement sur rendez-vous. Il ne propose pas d’œnotourisme, ni de dégustation sans achat. Qui projette de venir en Alsace pour acheter du vin est invité à passer, en téléphonant d’abord.

10,5 hectares entre marnes calcaires et gneiss

Comme souvent en Alsace, le vignoble est très morcelé. Ses parcelles se répartissent entre Ribeauvillé, Hunawihr et Bergheim, trois communes aux sols majoritairement marno-calcaires. Pour la famille, le calcaire donne aux vins une acidité longue, et la marne leur puissance. Ces sols conviennent aux grands cépages alsaciens, au riesling en particulier.

107 ares dans le Kirchberg de Ribeauvillé

Le domaine exploite 107 ares dans le grand cru Kirchberg de Ribeauvillé, qui couvre 11,40 hectares en tout. Le coteau pentu, exposé sud et sud-ouest, grimpe de 270 à 350 mètres entre la cité médiévale et ses trois châteaux. Son sol est marno-calcaro-gréseux.

En été, des vents frais descendent la nuit de la vallée. On les appelle ici le Tahlwendala. Ils tempèrent la chaleur et ralentissent la maturation. Les Vosges protègent le coteau des intempéries, et les précipitations y sont très faibles.

Les vignes de la famille sont plantées en haut du grand cru, en plateau, donc plus au frais. Son gewurztraminer vient d’une parcelle de 25 ares à 380 mètres, où les raisins mûrissent tard. Le domaine en tire un riesling, un pinot gris et un gewurztraminer de grand cru.

Vins Henry Fuchs - Vue aérienne du grand cru Kirchberg de Ribeauvillé au-dessus de la vieille ville
Le Kirchberg de Ribeauvillé, 11,40 hectares de grand cru au-dessus de la vieille ville.

Le Hagel, en terrasses derrière la faille vosgienne

Le lieu-dit Hagel fait exception. Le domaine y cultive 50 ares sur le gneiss, une roche comptée parmi les plus anciennes d’Europe. Contrairement aux autres coteaux de Ribeauvillé, le Hagel se trouve en arrière de la faille vosgienne.

Les vignes s’y accrochent à une pente forte, en terrasses tenues par des murets de gneiss, exposées à l’est-sud-est. Elles surplombent la vieille ville, au pied du château de Saint-Ulrich. Le sol, un sable grossier et peu épais, retient mal l’eau. Il pleut en revanche davantage ici que sur les coteaux voisins.

La famille décrit des vins tendus, presque austères dans leur jeunesse, portés par une acidité fine et cristalline. C’est de là que vient le Hagel Riesling.

Vins Henry Fuchs - Terrasses du lieu-dit Hagel vues du ciel, entre forêt et toits de Ribeauvillé
Les terrasses du Hagel, seul coteau de Ribeauvillé en arrière de la faille vosgienne.

Onze ares d’Osterberg, sans le nom sur l’étiquette

Le domaine possède aussi 11 ares dans le grand cru Osterberg, exposé sud et sud-est sur un socle de calcaire coquillé. La mention n’apparaît sur aucune bouteille. Cette parcelle rejoint deux autres, voisines du Kirchberg, dans la cuvée Ribeauvillé Riesling.

Weinbaum, l’arbre à vin

Weinbaum signifie « l’arbre à vin ». Sur ce coteau argileux de Ribeauvillé pousse un sylvaner de vieilles vignes, âgées d’environ 70 ans. La même argile, sur une parcelle tournée vers l’est, donne le pinot noir L’Arbre à Vin, aux notes poivrées et à la bouche puissante.

Des sols enherbés à la cuve, le moins d’interventions possible

Bio engagé en 2008, certifié en 2011

Le domaine s’engage en agriculture biologique le 13 août 2008, sous le contrôle d’Ecocert. Après la conversion, la certification arrive en 2011. Aucun désherbant chimique n’entre dans les vignes.

Un enherbement naturel couvre les sols, contenu par des labours superficiels. Privées des nutriments de surface, les racines descendent chercher leur nourriture plus profond, vers la roche mère. Les rendements restent modérés, pour que chaque cépage garde son expression.

Vins Henry Fuchs - Vendanges à la main dans les rangs dorés de l’automne
Engagées en bio en 2008, les vignes sont certifiées depuis 2011.

Raisins entiers et levures indigènes

La vendange se fait exclusivement à la main. Les raisins entrent entiers dans le pressoir, pressés très doucement. Une première sédimentation clarifie ensuite les moûts.

Vins Henry Fuchs - L’équipe des vendanges autour d’une vieille camionnette au bord des vignes
L’équipe des vendanges, qui se font toutes à la main.

La plupart des vins fermentent sans levures ajoutées. Le soufre intervient avant la fermentation, en quantité minimale, pour protéger des arômes fragiles. La famille veut limiter ses interventions sans pour autant tout s’interdire, et cherche des vins purs et élégants.

Vins Henry Fuchs - Foudres de chêne alignés dans la cave
Foudres de chêne dans la cave du domaine.

Des blancs secs et tendus, du crémant aux grains nobles

La gamme Alsace, pour boire jeune

Les vins d’appellation Alsace se boivent jeunes, sur le fruit. On y trouve un riesling, un pinot gris, un gewurztraminer et un pinot blanc issu à 80 % d’auxerrois. Les P’tits Cailloux assemblent pinot gris, riesling, muscat et sylvaner dans un blanc sec et désaltérant.

Le crémant d’Alsace, extra-brut, marie 60 % d’auxerrois et 40 % de pinot noir. Il reste 22 mois sur lattes, quand l’appellation en exige neuf. Le domaine en décrit une bulle fine et des notes légèrement grillées.

Terroirs et grands crus, deux coups de cœur d’affilée

Les vins de terroir demandent de la patience. Selon la famille, les vignes de grand cru mettent plus de dix ans à atteindre la roche en profondeur. Le riesling du Kirchberg se garde 15 à 20 ans. Celui du Hagel, à l’acidité ciselée, finit sur une note saline.

Le Guide Hachette a salué ce travail deux années de suite. Le sylvaner Weinbaum 2022 reçoit un coup de cœur dans l’édition 2025. Le Kirchberg de Ribeauvillé Riesling 2022 obtient le suivant dans l’édition 2026, un riesling très sec à 0,5 g/l de sucres résiduels.

Trois pinots noirs, trois sols

Le domaine produit trois rouges, tous de pinot noir. Le premier, issu de deux parcelles argileuses, se veut souple et acidulé, sur la cerise. L’Arbre à Vin, venu du Weinbaum, joue la puissance et le poivre. Rouge comme Renard, du sommet du Kirchberg, offre une bouche soyeuse, sur la cerise noire et le kirsch.

Vendanges tardives et grains nobles, les grandes années seulement

Les liquoreux ne sortent que sur les grands millésimes, quand brumes du matin et soleil favorisent la pourriture noble. La vendange tardive de gewurztraminer vient du Kirchberg. La sélection de grains nobles de pinot gris naît sur la colline argileuse qui sépare Ribeauvillé de Hunawihr, en cuvée confidentielle de 256 bouteilles.

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Les autres domaines de la région Alsace

  • Domaine Loberger

    Le Domaine Loberger cultive 8 hectares en biodynamie autour de Bergholtz, sur des coteaux de 250 à 480 mètres où la pente atteint parfois 60 %. Il réunit trois grands crus de Guebwiller, le Kitterlé, le Saering et le Spiegel, et cinq lieux-dits dont le Neuberg. Jean-Jacques Loberger s’est consacré à la seule vigne en 1984, et sa fille Céline l’a rejoint en 2019. Labellisés Demeter et Biodyvin, les vins fermentent sur levures indigènes, du crémant aux grains nobles.

  • Domaine Laurent Bannwarth

    Le Domaine Laurent Bannwarth cultive une douzaine d’hectares à Obermorschwihr (Haut-Rhin), en bio depuis 2004 et sous label Demeter depuis le millésime 2012. Stéphane Bannwarth, qui a repris en 1987 le domaine fondé par ses parents, vinifie depuis 2011 une partie de sa récolte en qvevris, des jarres géorgiennes enterrées. Ses vins orange côtoient des vins nature, faits sans intrant depuis 2009, et des vins traditionnels sur levures indigènes. Le lieu-dit calcaire du Bildstoecklé donne un riesling, un pinot noir et deux assemblages.

  • Domaine Camille Braun

    Le Domaine Camille Braun cultive 15 hectares à Orschwihr, dans le sud de l’Alsace, en biodynamie certifiée Demeter et labellisée Biodyvin. Arrivée de Suisse en 1593, la famille se consacre à la seule vigne depuis Camille et Marguerite Braun, et Annabelle Braun dirige le domaine depuis fin 2023. Ses vins suivent les climats du village : colline du Bollenberg, lieux-dits comme le Luft ou le Neuberg, grands crus Pfingstberg et Kaefferkopf. La gamme compte aussi quatre crémants d’Alsace et trois vins de macération.

  • Domaine du Bollenberg

    Le Domaine du Bollenberg cultive 25 hectares d’un seul tenant sur la colline calcaire du Bollenberg, à Westhalten, en Alsace. La famille Meyer, qui tient le clos depuis 1945, conduit tout le vignoble en agriculture biologique, avec un premier engagement en 2009. Au sommet, la pelouse sèche est classée en réserve naturelle, et vaches, moutons et ruches accompagnent la vigne au fil de l’année. Élevés en foudres de chêne, les vins vont du Sylvaner sec aux sélections de grains nobles, en passant par plusieurs crémants.

  • Domaine Charles Frey

    Le Domaine Charles Frey cultive 20 hectares en biodynamie certifiée Demeter autour de Dambach-la-Ville, entre granit et grès. Installée au village depuis 1709, la famille embouteille pour la première fois en 1963 et passe tout le domaine en bio à la fin des années 1990. Depuis 2010, ses vins s’élèvent dans un chai en bois massif bâti autour d’un menhir de granit. Julien et Thiébaud Frey y signent le riesling du grand cru Frankstein, des crémants peu ou pas dosés et des pinots noirs élevés en fût.

  • Domaine Yves Amberg

    Installé en 1989 sur le domaine familial d’Epfig, Yves Amberg l’a porté de 7 à 13 hectares et en a engagé la conversion bio dès 1997. Certifié par Ecocert depuis 2001, le domaine cultive notamment le Fronholz, sur la colline de la plus grande commune viticole d’Alsace. Les fermentations partent des levures du terroir, et une petite gamme sans sulfites ajoutés porte le label Vin Méthode Nature. Du Crémant d’Alsace aux gewurztraminers moelleux et liquoreux étoilés au Guide Hachette, il produit aussi des eaux-de-vie de baies sauvages.

  • Domaine Hering

    Installé dans le centre de Barr depuis 1858, le Domaine Hering cultive plus de 11 hectares en agriculture biologique, sous le contrôle d’Ecocert depuis 2011. Une grande partie de ses vignes occupe la colline du Kirchberg de Barr, avec le Clos Gaensbroennel et le lieu-dit Rosenegert, planté en complantation. La famille exploite aussi en monopole le Clos de la Folie Marco, un clos en pleine ville. Son pinot noir grand cru, classé depuis le millésime 2022, a reçu deux étoiles au Guide Hachette 2025.

  • Domaine Ansen

    Quatorzième génération d’une famille de vignerons remontant à 1613, Daniel Ansen met ses vins en bouteille à Westhoffen depuis le millésime 2012. Ses 9 hectares, conduits en bio depuis 2010, se partagent entre sept lieux-dits de Westhoffen et de Wangen, sur marnes du Keuper, argiles, grès et calcaires. En cave, il vinifie en cuves inox avec les levures indigènes et bouche ses vins tranquilles à la capsule Stelvin. Plusieurs cuvées sans sulfites ajoutés sont certifiées USDA Organic et portent le label Vin Méthode Nature.

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