Le vignoble du Château de Chaintres

Château de Chaintres

Région viticole

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Vallée de la Loire

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Sommaire

Un clos muré par les Oratoriens en 1675

Les Pères de l’Oratoire choisissent Chaintres

Le Château de Chaintres est une gentilhommière du XVIIe siècle, entourée de vignes, à Dampierre-sur-Loire. Le domaine produit des vins bio et biodynamiques dans l’appellation Saumur-Champigny. Son histoire viticole commence en 1675. Cette année-là, le seigneur de Chaintres, Alexandre Milon, promet de vendre la propriété aux Pères de l’Oratoire de Saumur.

Les Oratoriens avaient été envoyés dans la région pour lutter contre les religionnaires de l’Académie protestante. Ils plantent les premières vignes de Chaintres, une terre choisie pour la richesse de ses sols. Pour protéger ces vignes et améliorer le microclimat, ils bâtissent un clos muré. Le domaine souligne sa taille, sans équivalent dans l’appellation.

Les Pères restent propriétaires jusqu’à la Révolution. Chaintres est adjugé le 4 mars 1793 à Jacques Huard-Duvigneau, qui ne garde que le logis et le grand clos. En 1882, le domaine appartient à Henri Gilles, chevalier de Fontenailles, dont le fils hérite en 1899.

Trois générations de Tigny depuis 1938

Charles-Henri de Tigny achète Chaintres en 1938. Résistant, il est déporté à Buchenwald en 1942 et meurt en 1945. Le domaine produit alors très peu de vin. Son épouse Colleen, une Américaine restée au domaine pendant la guerre, fonde en 1947 la société Domaine Vinicole de Chaintres.

Colleen replante le clos en cabernet franc. Ce raisin donne un rosé destiné à la méthode champenoise de deux maisons de Saumur, Bouvet-Ladubay et Ackermann, et destiné à l’export vers les États-Unis. Son fils Gaël de Tigny prend la direction dans les années 1960. Il est l’un des premiers à vendre son vin en bouteille et fait connaître Chaintres dans toute la France.

Dans les années 1990, le domaine passe à la culture raisonnée. Il se compte parmi les premiers certifiés ainsi dans l’appellation. À partir de 2010, la fille de Gaël, Elisabeth de Tigny Mourot, reprend le flambeau. Propriétaire et présidente directrice générale, elle développe l’export et élargit la gamme.

Famille du Château de Chaintres

Huit terroirs sur 18 hectares

Le domaine compte 18 hectares, répartis sur huit grands terroirs. Le cabernet franc en occupe 17, qui donnent cinq cuvées. Le chenin tient sur un hectare et deux terroirs, pour deux cuvées.

En 2018, l’équipe a séparé les parcelles et identifié chaque terroir. Des analyses de sol ont affiné la connaissance du clos. Le domaine en a tiré des cuvées aux identités précises. Aujourd’hui, le raisin est vendangé par terroir, et chaque parcelle est identifiée selon ses sols.

Saumur-Champigny, sur la craie du Turonien

Dampierre, cru rouge cité dès 1861

L’AOC Saumur-Champigny, reconnue par décret le 31 décembre 1957, est réservée aux vins rouges tranquilles. Le cabernet franc y est le cépage principal. Le cabernet-sauvignon et le pineau d’Aunis, cépages accessoires, ne dépassent pas 15 % de l’encépagement.

Le vignoble est bordé au nord par la Loire et traversé par la vallée du Thouet. Ses coteaux s’étagent de 40 à 110 mètres d’altitude. En 1861, un bulletin de la Société agricole d’Angers rangeait déjà Dampierre parmi les crus rouges les plus renommés de la rive gauche, avec Souzay et Champigny.

Le climat est océanique, mais abrité. Il tombe entre 550 et 600 millimètres de pluie par an, contre plus de 800 sur les collines des Mauges, plus à l’ouest. Le cahier des charges décrit des rouges souvent rubis foncé, aux arômes de fruits rouges ou de violette.

Tuffeau, sables et craie verte

Le socle de Chaintres est la craie locale, le tuffeau, comme dans tout le Saumurois. Cette roche très poreuse est riche en réserves d’eau et en minéraux, et les racines de vigne y creusent. En surface, la part de sables, de limons et d’argiles change d’une parcelle à l’autre.

La carte du domaine détaille ces couches. On y trouve des sables du Sénonien, parfois posés sur des formations calcaires, des craies vertes du Turonien moyen et des colluvions sablo-limoneuses. Le chenin des Dames de Chaintres pousse ainsi sur une altération de craie verte.

eXmuros, les vignes hors des murs

En 2019, Elisabeth de Tigny crée une gamme baptisée eXmuros, hors des terres du clos. Elle vient de vieilles vignes de plus de 40 ans, proches du domaine. Le blanc, Terre de Brézé, est un chenin du village de Brézé. Le rouge, Terre de St. Cyr, est un cabernet franc du village de Saint-Cyr.

Ces parcelles sont orientées autrement que celles du clos. Leurs argiles profondes, exposées en plein soleil, reposent sur une faille de tuffeau dite « verte ». Le domaine y voit des vins d’un caractère distinct de ceux du château.

De la culture raisonnée à la biodynamie certifiée

Ecocert en 2010, puis Demeter et Biodyvin

La conversion à l’agriculture biologique commence en 2010, sous le contrôle d’Ecocert France. Les vins sont certifiés bio à partir du millésime 2013. Le domaine a ensuite poursuivi en agriculture biodynamique.

Ses vins sont certifiés Demeter depuis le millésime 2020. Le Château de Chaintres figure aussi dans la liste des membres de Biodyvin, qui compte 235 adhérents en 2026. Plusieurs fiches de cuvées portent les deux certifications.

Tisanes, compost maison et labour au cheval

À la vigne, le domaine replante en sélection massale pour garder la diversité. Il épand un compost fait maison et laisse l’herbe pousser un rang sur deux. Les labours favorisent un enracinement profond. Certaines parcelles en terrasses sont labourées au cheval.

Le compost de bouse et les préparations 500 (bouse de corne) et 501 (silice de corne) sont dynamisés avant l’épandage. Des tisanes d’ortie, de prêle, d’osier ou de valériane aident la vigne au fil de la saison. Le cuivre et le soufre, à faible dose, visent le mildiou et l’oïdium.

Levures indigènes, ni collage ni chaptalisation

La vendange est manuelle, en caisses ajourées, avec un tri à la vigne puis au cellier. Les raisins arrivent entiers aux pressoirs, pneumatiques ou vertical. L’extraction reste lente. Le domaine ne pratique ni chaptalisation ni collage.

Les fermentations se font avec les levures indigènes. Après la fermentation, les vins restent au contact de leurs lies. La mise en bouteille suit le calendrier lunaire. Selon la cuvée, l’élevage passe par l’inox, la cuve bois tronconique, la barrique ou la jarre en argile.

Des cabernets francs sur le fruit, des chenins sur les agrumes

Quatre Saumur-Champigny, du gouleyant à la garde

Les Ellettes et Les Sables misent sur les fruits rouges frais. Les Ellettes, élevé six mois en inox, se veut gouleyant et léger. Les Sables assemble trois terroirs, avec une attaque épicée et une finale minérale.

Le Vieilles Vignes est élevé sans sulfites ajoutés, moitié en inox, moitié en cuves bois. Sa bouche structurée évoque la cerise et la myrtille, et le domaine lui prête 7 à 10 ans de garde. Il a reçu une médaille d’or au concours Decanter en 2022.

Le Clos des Oratoriens porte le nom des bâtisseurs du clos. Il passe 12 mois sur lies fines, moitié en barriques, moitié en jarres en argile. Le domaine le décrit ample, aux tannins souples, avec une finale minérale.

Chenin, rosé et bulles de cabernet franc

Le chenin donne deux Saumur blancs. Les Genêts mêle fruits blancs et notes citronnées, sur une texture crémeuse. Dames de Chaintres vient de vignes de plus de 80 ans : agrumes frais, bouche ample, finale épicée.

Le cabernet franc se décline aussi en rosé et en blanc. Les Hirondelles, Saumur rosé, joue sur la groseille et la fraise des bois. BDN1 est un blanc de noirs tranquille en Vin de France. Le crémant de Loire Colleen Chanteclair, lui aussi issu de cabernet franc, vieillit 18 à 24 mois sur lattes.

Visiter Chaintres, du chai aux sentiers

Visites libres, guidées ou en famille

Le domaine accueille pour des visites individuelles ou de groupe, libres ou guidées, ou pour une simple dégustation. Un circuit éducatif dans le vignoble s’adresse aux petits comme aux grands. Les horaires varient avec les travaux saisonniers, et le domaine conseille d’appeler avant de venir.

Le château relaie aussi des rendez-vous du Saumurois : l’Anjou Vélo Vintage, les Foulées du Saumur Champigny et l’Équivini, une balade à cheval dans les vignes. À l’été 2021, il a exposé les œuvres de Vincent Lajarige.

Deux maisonnettes près du vignoble

Pour rester plus longtemps dans le Saumurois, le domaine loue deux gîtes à proximité des vignes. Le premier, de 45 m², accueille trois personnes dans une chambre. Le second, de 56 m², reçoit quatre personnes dans deux chambres.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Nebout

    Le Domaine Nebout cultive 27 hectares en bio à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier, où la famille travaille la vigne depuis cinq générations. À sa tête depuis 2006, Julien Nebout défend le tressallier, qu’il vinifie aussi seul dans sa cuvée L’Incompris. Avec deux autres domaines, la famille a rendu à la vigne la Côte MontGeorge, un coteau en forte pente replanté en novembre 2020. Son chai à murs bois-paille a été livré en novembre 2025, et le Blanc Tradition 2024 décroche un coup de cœur au Guide Hachette 2027.

  • Domaine Allias

    Le Domaine Allias cultive 14 hectares de vignes en appellation Vouvray, sur les hauts de la vallée Coquette. Installée au Petit Mont en 1922, la famille a mis soixante ans à creuser ses caves dans la roche. Daniel et Dominique Allias, père et fils, ont engagé la conversion en 2000 et sont certifiés bio depuis 2003. Vendangé à la main, leur chenin donne des secs, des demi-secs, des moelleux comme la cuvée Balzac, et des fines bulles.

  • Bernard Fleuriet et Fils

    Le domaine Bernard Fleuriet et Fils cultive 30 hectares en Sancerre et 5 hectares en Menetou-Salon, depuis sa ferme de La Vauvise à Menetou-Râtel. Tournée vers l’agriculture et l’élevage, l’exploitation s’est ouverte à la vigne en 1991, et Benoît et Mathieu Fleuriet ont pris la suite de leurs parents. Labellisés bio depuis 2016, les vins sont certifiés en biodynamie par Demeter. Une cave sur trois niveaux, inertée à l’azote, vinifie sans sulfite jusqu’au premier soutirage, dans le béton, le bois et les amphores.

  • Sagesse des Sols

    Sagesse des Sols est le domaine de Catherine et Frédéric Roger à Martigné-Briand, en Anjou, sur des schistes gréseux qui dominent le Layon. Fondé en 1988 sous le nom de Domaine la Croix de Galerne, le vignoble familial a pris son nom actuel en 2020, année de son engagement en bio. Grolleau, chenin, pineau d’Aunis et cabernets y donnent douze vins en anjou, anjou villages, rosé de Loire, coteaux-du-layon et saumur. Son Préambule 2018, des fines bulles de Saumur, a reçu une étoile au Guide Hachette 2022.

  • Angélique Léon

    Angélique Léon a repris en 2002 la ferme de ses parents, passée de la polyculture à la vigne dans les années 1980, à l’ouest de l’AOC Chinon. Son cabernet franc pousse sur les sables et graviers du Véron et sur le Clos de Danzay, un hectare de coteau argilo-calcaire. Sans désherbant depuis 2010, le domaine s’est engagé en bio en 2018 et a labellisé son premier millésime en 2021. Vendanges à la main, levures indigènes et cuves ciment donnent des Chinon rouges souples et un rosé de pressurage.

  • Domaine Arnaud Lambert

    Le Domaine Arnaud Lambert cultive le chenin et le cabernet franc en bio sur trois secteurs du Saumurois : Saint-Cyr-en-Bourg, Brézé et Montsoreau. Créé en 1996 par Yves Lambert, il a repris en 2009 huit clos à Brézé, l’année même de son engagement en agriculture biologique. Depuis 2018, son fils Arnaud, œnologue, y applique des pratiques biodynamiques. Ses treize cuvées, en Saumur, Saumur-Champigny et Crémant de Loire, portent presque toutes le nom de leur clos ou de leur parcelle.

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

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