Vingoble du domaine Haute Perche

Domaine Haute Perche

Région viticole

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Vallée de la Loire

BioDemeter
Sommaire

Deux familles pour un même domaine de l’Aubance

1966, neuf hectares d’hybrides à replanter

Le Domaine de Haute Perche produit des vins bio et biodynamiques à Saint-Melaine-sur-Aubance, à une dizaine de kilomètres d’Angers. La famille Papin l’a créé en 1966 : Agnès et Christian, puis leur fille Véronique. À l’époque, la propriété comptait 9 hectares plantés en hybrides, qui donnaient du vin de table.

Christian Papin a tout replanté en cépages nobles, surtout en chenin et en cabernet. Il a aussi agrandi le vignoble. Le domaine a ensuite gagné sa place dans le Guide Hachette, avec des coups de cœur en Anjou Villages Brissac pour les millésimes 1997, 2002 et 2005. Un Crémant de Loire 2011 a reçu la même distinction dans l’édition 2015.

2019, un expert-comptable reprend Haute Perche

En 2019, les Papin cèdent le domaine à Thierry Denjean. Cet investisseur parisien d’origine lyonnaise dirige un cabinet d’expertise comptable qu’il a fondé en 1994. Haute Perche est sa première acquisition viticole. Il a depuis pris une participation dans un domaine du Valais, en Suisse, puis racheté la Tour Gallus, dans le vignoble nantais.

À Haute Perche, la reprise a tout changé. Le domaine passe en biodynamie dès novembre 2019. L’équipe s’étoffe, le matériel est renouvelé et les nouvelles plantations se font en sélection massale. Le nouveau propriétaire le résume ainsi : « Notre but est d’améliorer et de dynamiser le vignoble. »

Une régisseuse, un chef de culture et un directeur d’exploitation

Anne-Laure, Bretonne adoptée par l’Anjou, a rejoint le domaine en 2023 comme régisseuse. Elle suit chaque cuvée de la vigne au verre et représente le domaine à l’extérieur. Serge, directeur d’exploitation, connaît l’histoire du lieu et le potentiel de chaque parcelle. Il dirige les opérations quotidiennes, avec un œil expert sur la vinification.

Le chef de culture, Anthony, a découvert la vigne tout jeune, en Corse. Après des expériences en Autriche et en Suisse, il s’est installé en Anjou en 2023. Un apprenti ingénieur en viticulture mène aussi un projet expérimental sur ses trois années d’apprentissage au domaine.

Trois îlots de vignes sur les schistes de l’Anjou Noir

Haute Perche, les Huttières et Soulaines-sur-Aubance

Le domaine s’étend sur 35 hectares de sols vivants. Ses vignes se répartissent en trois îlots. Le premier entoure le domaine, à Haute Perche. Le deuxième occupe le lieu-dit les Huttières, un coteau qui domine l’Aubance. Le troisième se trouve sur la commune voisine de Soulaines-sur-Aubance.

Chaque îlot a son exposition, sa pente et son sous-sol. L’équipe observe donc chaque parcelle et adapte ses gestes à ce qu’elle y trouve. L’ensemble repose sur un plateau qui s’incline en pente douce vers la Loire.

Un arc-en-ciel de schistes rouges, verts, ocres et bleus

Le domaine appartient à l’Anjou Noir, où le schiste domine sous toutes ses formes : rouge, vert, ocre ou bleu, avec plus ou moins d’argile. La plupart des parcelles sont argilo-schisteuses. Celle du Clos des Constants mêle des schistes gris et verts et des filons de quartz.

Ces sols reposent sur le socle du Massif armoricain. Ils sont souvent peu profonds, se réchauffent bien et retiennent peu d’eau. Au nord du secteur affleurent des schistes ardoisiers, longtemps exploités pour les murs et les toits des maisons.

Une enclave sèche à l’abri des Mauges

Le secteur de l’Aubance reçoit environ 585 millimètres de pluie par an, contre près de 800 dans le Choletais. Les reliefs des Mauges le protègent de l’humidité océanique par un effet de fœhn. La moyenne annuelle avoisine 12 °C, un degré de plus que le reste du Maine-et-Loire. Chênes verts et pins parasols poussent dans le paysage.

La Loire et l’Aubance maintiennent pourtant une humidité de l’air favorable à la pourriture noble, celle des moelleux. Les parcelles du domaine donnent, elles, leurs meilleurs rouges les années chaudes et sèches, comme 1997 ou 2005.

Coteaux de l’Aubance et Anjou Brissac, deux appellations de voisinage

Le moelleux de l’Aubance, récolté par tries

Saint-Melaine-sur-Aubance fait partie des sept communes de l’AOC Coteaux de l’Aubance, reconnue en 1950. L’appellation est réservée aux blancs tranquilles de chenin. Les raisins se récoltent à la main, en tries successives, à surmaturité. Le rendement est fixé à 35 hectolitres par hectare.

Le nom apparaît pour la première fois en 1922, sur une déclaration de récolte. Trois ans plus tard naît le syndicat des viticulteurs des Coteaux de l’Aubance. Le Guide Hachette a d’ailleurs qualifié Christian Papin de sage de l’Aubance, en saluant son action syndicale.

Le plant breton, cabernet franc de Saint-Melaine

Le cabernet franc a une longue histoire sur la commune. En 1865, un bulletin agricole d’Angers signalait déjà des plantations de « plant breton » à Saint-Melaine-sur-Aubance. Ce plant n’est autre que le cabernet franc, arrivé par bateau par l’estuaire de la Loire.

Les vignerons du secteur ont obtenu l’AOC Anjou Villages Brissac en 1998. Elle s’appelle aujourd’hui Anjou Brissac et reste réservée aux vins rouges de cabernet franc et de cabernet-sauvignon. Les vins y sont élevés au moins jusqu’au 30 juin qui suit la récolte, le temps que leurs tanins s’arrondissent.

Sept appellations et une IGP

Autour de ces deux appellations, le domaine produit de l’Anjou blanc et rouge, de l’Anjou Gamay, du Cabernet d’Anjou, du Rosé de Loire et du Crémant de Loire. Un Chardonnay et un Grolleau gris sortent en IGP Val de Loire. Les cépages rouges sont le cabernet franc, le cabernet-sauvignon, le gamay et le grolleau noir.

Du bio à la certification Demeter

Engagé en bio en 2016, certifié Demeter en 2022

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique en 2016, sous le contrôle de Certipaq Bio. Il travaille en biodynamie depuis 2019 et porte la certification Demeter depuis 2022.

La biodynamie ajoute au bio des décoctions de plantes, des minéraux et du compost. Elle suit aussi le cycle lunaire et planétaire pour caler les travaux à la vigne et au chai. Tous les rangs sont enherbés naturellement, et l’herbe, bien maîtrisée, reste une juste concurrence pour la vigne.

Des haies, des chênes et des fruitiers entre les vignes

Le sol se travaille mécaniquement sous le rang, et les labours parcellaires sont revenus. L’équipe teste des couverts végétaux et plante des haies d’essences locales entre les rangs. Sur les parcelles peu propices à la vigne, elle a diversifié les cultures avec des chênes et des fruitiers.

Un chantier de dépollution des sols accompagne ces changements. Le propriétaire avait prévu de semer d’abord un hectare en inter-rang, avec le suivi de l’entreprise Biomède.

Toits solaires, eau de pluie et bouteilles réemployées

Haute Perche vise la neutralité carbone. Les bâtiments portent de nouveaux toits solaires, et le domaine récupère les eaux pluviales. Il reprend aussi les bouteilles vides avec Bout’ à Bout’, une entreprise de réemploi. Le chai, la cuverie et le matériel ont été renouvelés, comme les locaux des salariés.

Des chenins de schiste et des rouges de cabernet franc

Le chenin en sec, en moelleux et en bulles

Le chenin tient le premier rôle, en blanc sec, en moelleux et en bulles. L’Anjou blanc, élevé en cuve inox, joue sur les fruits blancs mûrs et les agrumes. Des amers typiques du chenin sur schistes le nuancent. D’autres cuvées de chenin ont leur propre élevage.

Clos des Constants vient de vignes de 33 ans, fermentées en barriques de 400 litres et en jarre de grès. Les Huttières porte le nom de son coteau et s’élève 10 mois en jarres de grès. Sa bouche est saline, dense et tendue. Les Fontenelles, un Coteaux de l’Aubance de chenin botrytisé, naît de tries successives.

Crémants, brut nature et grolleau gris

Les bulles passent 18 mois sur lattes. Le Crémant de Loire blanc assemble chenin et chardonnay à parts égales. Le rosé associe cabernet franc et grolleau noir : le domaine affiche pour lui une médaille d’or au Concours national des Crémants. Le Brut Nature, pur chardonnay élevé en barriques, n’est pas dosé.

Le P’tit Gris sort de l’ordinaire. Ce blanc de grolleau gris vient de vignes de cinq ans, vendangées à la main. Frais et léger, il se boit dans l’année.

Des rouges élevés pour la table

Les rouges visent la gastronomie. L’Anjou Brissac assemble 80 % de cabernet franc et 20 % de cabernet-sauvignon. Les baies passent par un tri densimétrique puis manuel, macèrent 25 jours et s’élèvent un an et demi en cuves souterraines. Il en ressort un vin ample, aux notes de cassis et de fruits rouges.

Le Clos de derrière l’église vient d’un clos d’un hectare de cabernet franc d’une cinquantaine d’années. Il passe 10 mois en barriques de chêne français. Fruits noirs, cuir et sous-bois dominent, avec un boisé réglissé et épicé. Il se garde 6 à 10 ans.

Elevage au domaine Haute Perche

Des vinifications peu interventionnistes

Au chai, l’équipe conduit des vinifications précises et peu interventionnistes. Le soufre n’intervient qu’en micro-doses, et seulement si nécessaire. Les rosés, le Rosé de Loire et le Cabernet d’Anjou, fermentent et s’élèvent en cuves inox thermorégulées. Pour l’Anjou blanc, les jus de goutte et de presse sont séparés en sortie de pressoir.

Marcher dans les vignes avant de déguster

Du vignoble au chai d’élevage

Le domaine accueille les visiteurs toute l’année pour des visites et des dégustations. Sur demande, la visite se fait sur mesure : vignoble, cuvier, chai d’élevage puis dégustation. Albane, originaire du Layon, s’occupe de l’œnotourisme. Les enfants ne sont pas oubliés, avec du jus de raisin, des jeux et des coloriages.

Deux balades avec les Vignes selon Val

Valérie, des Vignes selon Val, emmène les marcheurs dans les parcelles. La première balade dure 1 h 15 sur environ 2,5 km et raconte le terroir de l’Anjou Noir. La seconde, plus sportive, monte au sommet des Coteaux de l’Aubance : 2 h 15 pour environ 5 km. Les deux se terminent au domaine par la dégustation de cinq cuvées.

Les entreprises disposent d’une salle de séminaire ouverte sur les vignes, accessible aux personnes à mobilité réduite. Elle reçoit jusqu’à 25 personnes assises et 40 debout, avec une terrasse attenante.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Nebout

    Le Domaine Nebout cultive 27 hectares en bio à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier, où la famille travaille la vigne depuis cinq générations. À sa tête depuis 2006, Julien Nebout défend le tressallier, qu’il vinifie aussi seul dans sa cuvée L’Incompris. Avec deux autres domaines, la famille a rendu à la vigne la Côte MontGeorge, un coteau en forte pente replanté en novembre 2020. Son chai à murs bois-paille a été livré en novembre 2025, et le Blanc Tradition 2024 décroche un coup de cœur au Guide Hachette 2027.

  • Domaine Allias

    Le Domaine Allias cultive 14 hectares de vignes en appellation Vouvray, sur les hauts de la vallée Coquette. Installée au Petit Mont en 1922, la famille a mis soixante ans à creuser ses caves dans la roche. Daniel et Dominique Allias, père et fils, ont engagé la conversion en 2000 et sont certifiés bio depuis 2003. Vendangé à la main, leur chenin donne des secs, des demi-secs, des moelleux comme la cuvée Balzac, et des fines bulles.

  • Bernard Fleuriet et Fils

    Le domaine Bernard Fleuriet et Fils cultive 30 hectares en Sancerre et 5 hectares en Menetou-Salon, depuis sa ferme de La Vauvise à Menetou-Râtel. Tournée vers l’agriculture et l’élevage, l’exploitation s’est ouverte à la vigne en 1991, et Benoît et Mathieu Fleuriet ont pris la suite de leurs parents. Labellisés bio depuis 2016, les vins sont certifiés en biodynamie par Demeter. Une cave sur trois niveaux, inertée à l’azote, vinifie sans sulfite jusqu’au premier soutirage, dans le béton, le bois et les amphores.

  • Sagesse des Sols

    Sagesse des Sols est le domaine de Catherine et Frédéric Roger à Martigné-Briand, en Anjou, sur des schistes gréseux qui dominent le Layon. Fondé en 1988 sous le nom de Domaine la Croix de Galerne, le vignoble familial a pris son nom actuel en 2020, année de son engagement en bio. Grolleau, chenin, pineau d’Aunis et cabernets y donnent douze vins en anjou, anjou villages, rosé de Loire, coteaux-du-layon et saumur. Son Préambule 2018, des fines bulles de Saumur, a reçu une étoile au Guide Hachette 2022.

  • Angélique Léon

    Angélique Léon a repris en 2002 la ferme de ses parents, passée de la polyculture à la vigne dans les années 1980, à l’ouest de l’AOC Chinon. Son cabernet franc pousse sur les sables et graviers du Véron et sur le Clos de Danzay, un hectare de coteau argilo-calcaire. Sans désherbant depuis 2010, le domaine s’est engagé en bio en 2018 et a labellisé son premier millésime en 2021. Vendanges à la main, levures indigènes et cuves ciment donnent des Chinon rouges souples et un rosé de pressurage.

  • Domaine Arnaud Lambert

    Le Domaine Arnaud Lambert cultive le chenin et le cabernet franc en bio sur trois secteurs du Saumurois : Saint-Cyr-en-Bourg, Brézé et Montsoreau. Créé en 1996 par Yves Lambert, il a repris en 2009 huit clos à Brézé, l’année même de son engagement en agriculture biologique. Depuis 2018, son fils Arnaud, œnologue, y applique des pratiques biodynamiques. Ses treize cuvées, en Saumur, Saumur-Champigny et Crémant de Loire, portent presque toutes le nom de leur clos ou de leur parcelle.

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

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