Domaine bio Château la Tour de l'Evêque

Château La Tour de l’Évêque

Région viticole

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Provence

Bio
Sommaire

Une résidence d’été des évêques de Toulon, chez les Sumeire depuis 1958

Un château sous deux noms

Le Château la Tour de l’Évêque cultive ses vignes en bio, avec des pratiques biodynamiques, près de Pierrefeu-du-Var, dans le Var. La famille Sumeire, propriétaire du domaine de Font-Freye depuis 1933, l’a acquis en 1958. C’était auparavant un bien ecclésiastique, la résidence d’été des évêques de Toulon.

La propriété porte deux noms : Château La Tour de l’Évêque et Château La Tour Sainte Anne. Le second viendrait d’une chapelle, autrefois lieu de pèlerinage, et il a donné son nom à la gamme Sainte-Anne. La tradition veut aussi que la reine Jeanne, sœur du roi René, y ait séjourné.

La fontaine aux Dauphins et l’eau de Font-Freye

À l’arrivée, la fontaine aux Dauphins et une pièce d’eau accueillent le visiteur. Régine Sumeire a toujours entendu dire qu’il n’y avait jadis pas d’eau à La Tour. Au départ de son époux pour la croisade, la châtelaine aurait empoisonné le puits de ses pleurs.

Des siècles plus tard, Gabriel Sumeire a mis fin à la malédiction. Il a fait venir l’eau de la source de Font-Freye jusqu’à la fontaine, par simple gravité. On retrouve ce principe aujourd’hui dans la cave du domaine.

De Gabriel Sumeire à Pierre-François de Bernardi

Négociant en vins à Marseille, Gabriel Sumeire (1880-1968) achète son premier domaine en 1922, à Peynier. Au partage familial de 1977, son dernier fils, Roger, reçoit le lot de La Tour et ses 66 hectares de vignes. En 1985, la famille y ajoute la parcelle Calignade, 23 hectares situés à Hyères.

Roger Sumeire dirigeait les domaines familiaux depuis 1946. Il a fait aménager d’importantes restanques de vignes. Sa fille, Régine Sumeire, a pris la suite. Elle transmet aujourd’hui son expérience à une équipe de plusieurs générations et à son neveu, Pierre-François de Bernardi.

Né en Corse dans une famille de vignerons, il est le petit-fils de Pierre de Bernardi, fondateur de l’appellation Patrimonio en 1968. Diplômé de l’EDHEC, il dirige le domaine depuis 2019 et a participé à sa conversion en biodynamie. Il dirige aussi le Clos de Bernardi, à Patrimonio.

Schistes et grès rouge dans le secteur de Pierrefeu

78 hectares entre Hyères et Pierrefeu-du-Var

Le vignoble couvre 78 hectares, de Hyères à Pierrefeu-du-Var, dans un cirque de vignes entouré des collines des Maures. Les vignes ont en moyenne vingt ans. Elles poussent dans la zone des collines des Maurettes. Le sol y mêle des schistes, les phyllades de Hyères, et le grès rouge du permien.

Les rosés et les rouges reposent sur cinq cépages : Cabernet-Sauvignon, Cinsault, Grenache, Mourvèdre et Syrah. Les blancs viennent du Rolle, le nom local du Vermentino, du Sémillon et de l’Ugni blanc. Sur certaines parcelles de rouge, les schistes gris évoluent vers des sols argilo-calcaires.

Un secteur des Côtes de Provence ouvert sur la mer

Tous les vins du domaine sont en AOP Côtes de Provence. Pierrefeu-du-Var fait partie des communes retenues en totalité pour la dénomination « Pierrefeu », réservée aux rouges et aux rosés. Le secteur compte plus de 3 600 hectares de vignes d’appellation. Il produit en moyenne 81,7 % de rosé.

Ce secteur forme la pointe sud-ouest de la dépression permienne. Ses grès permiens sont souvent recouverts de débris schisteux au sud. À l’est, il bute sur les phyllades du massif des Maures. Largement ouvert sur la Méditerranée, il reçoit les influences maritimes et 2 800 à 2 900 heures de soleil par an.

En bio depuis 2005, adhérent de Biodyvin

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique en 2005, et Ecocert le certifie aujourd’hui. Depuis 2021, il adhère aussi à Biodyvin, le syndicat international des vignerons en culture biodynamique.

L’équipe travaille le sol par labours, sans herbicides, et en partie au cheval. Elle utilise des infusions et des préparations biodynamiques sur certaines parcelles, avec du cuivre et du soufre en traitements très raisonnés. Après la vendange, elle sème des céréales ou un engrais vert. Le domaine pratique aussi la sélection massale.

Les vendanges se font à la main, en bacs. Formés de génération en génération, les vendangeurs trient le raisin sur pied. La coupe commence tôt le matin, pour récolter des raisins frais. Des camions frigorifiques les gardent ensuite à bonne température.

Une cave où le vin descend par gravité

Le chai de 2011, bâti sur plusieurs niveaux

En 1958, Gabriel Sumeire fait creuser la cave pour y faire entrer de nouvelles cuves en inox. Fin 2010, Régine Sumeire lance l’agrandissement du chai et des locaux d’embouteillage et de stockage, selon le principe de la gravité. La nouvelle cave, sur plusieurs niveaux, reçoit la vendange 2011.

Vinification et mise en bouteille se font par gravité, au château. L’équipe surveille l’oxygène dissous pendant les mouvements du vin, afin de limiter au possible l’usage du SO2. Les contenants varient : cuves en inox et en béton, barriques, jarres et œufs en béton.

Pétale de Rose, un grenache pressé en grains entiers

Le Pétale de Rose est né en 1985 au Château Barbeyrolles, le domaine de Régine Sumeire à Gassin. Elle voulait un vin plus pâle que les autres. Elle a vinifié des grenaches en grains entiers dans un pressoir hydraulique Coquard. Le moût a coulé d’une couleur diaphane. La famille le présente comme le premier des rosés clairs de Provence.

La méthode a ensuite gagné La Tour, pour une cuvée du même nom. Rosés et blancs y sont pressés en grappes entières, sans foulage, dans un pressoir hydraulique de type champenois. Les rouges sont vinifiés par gravité, avec macération. Le domaine mène aussi des essais de levures indigènes et des expérimentations en jarres.

Rosés du Château La Tour de l'Evêque

Des vins charpentés, du rosé pâle à la Syrah de restanque

Le domaine décrit ses vins comme charpentés, minéraux, avec de la profondeur. Ils se répartissent en deux gammes : Sainte-Anne, en rosé, blanc et rouge, et les cuvées spéciales. Le Pétale de Rose 2025 assemble Grenache, Cinsault et Mourvèdre, avec un peu de Rolle et de Sémillon. On y trouve le pomélo, l’orange sanguine et la grenade.

Le Blanc Sainte-Anne et le Blanc de Blancs sont en Rolle pur. Le Rouge Sainte-Anne associe le Grenache de la parcelle la Coucourde et la Syrah de la Pégoulière, plantée en 1999. Sa macération est courte, son élevage de quelques mois en cuve béton ovoïde.

Noir & Or vient toujours de la même parcelle de Syrah, le Collet du Château, plantée en 1978. Ses pierres, extraites au défrichage, ont servi à bâtir une restanque. Le vin passe 13 mois en barriques de chêne français et en cuves ovoïdes. Le Pétale de Rose 2025 a reçu une médaille d’argent aux Decanter World Wine Awards 2026.

Au domaine, entre dégustation et art contemporain

Dégustation et visite de cave

Le caveau fait déguster les vins et l’huile d’olive du domaine. Sur réservation, un professionnel guide la visite de la cave. Elle se termine par une dégustation commentée de toute la gamme. Elle n’a pas lieu pendant les vendanges. Entre amis, en famille ou entre collègues, on peut aussi composer une visite sur mesure, avec initiation à la dégustation.

L’Été des Arts et des salles réaménagées

Réaménagés en 2023, les espaces du domaine accueillent événements d’entreprise, célébrations et mariages, en collaboration avec la Maison Roland Paix. L’été, le château s’ouvre aussi à l’art contemporain.

En 2026, l’Été des Arts a réuni deux propositions. Les frères Benjamin et Valentin Adam ont mené une résidence d’une semaine et exposé dans la grande salle. L’artiste LAH, Lilou Aurélie H, a exposé tout l’été et créé une nouvelle collection nourrie par le château, autour de REVERS(E).

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Les autres domaines de la région Provence

  • Domaine de la Brillane

    Face à la Sainte-Victoire, le Domaine de la Brillane cultive 14 hectares de vignes sur les sols de la Trévaresse, à 400 mètres d’altitude, près d’Aix-en-Provence. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2001 et certifié depuis 2004, il vendange à la main et privilégie les levures indigènes. Ses onze cépages donnent trois rouges, deux rosés et un blanc, en Coteaux d’Aix-en-Provence et en IGP Méditerranée. Le domaine appartient depuis 2018 à Walter Butler et reçoit pour des visites et des dégustations sur réservation.

  • Château Constantin

    Repris au printemps 2016 par la famille Bagnis, le Château Constantin cultive 20 hectares de vignes bio aux portes de Lourmarin, en AOP Luberon. Engagé en bio en 2017, il élève une partie de ses vins dans 12 amphores de terre cuite, sous la voûte d’une bâtisse du XVIIIe siècle. Camille Bagnis dirige la cave depuis 2020, l’année des premiers vins nature, aujourd’hui trois cuvées labellisées Vin Méthode Nature. Le domaine propose dégustations et balades dans les vignes, et loue sa bastide pour 14 personnes.

  • Domaine de la Navicelle

    Au Pradet, dans le Var, le Domaine de la Navicelle cultive 20 hectares en restanques sur le versant nord de la Colle Noire. Certifié bio depuis 2014 et adhérent Demeter, il laisse l’herbe entre les rangs, pratique le pastoralisme et vendange toutes ses parcelles à la main. En cave, chaque parcelle a sa cuve, entre inox, béton, barriques et œufs en grès. Ses trois gammes, À Flot, Navicelle et Zéphyr, se découvrent aussi depuis ses sept gîtes.

  • Château de Beaumel

    Repris en 2015 par Brigitte et Daniel Caille, le Château de Beaumel cultive 30 hectares de vignes autour d’une bastide du XVIIe siècle, à Gonfaron dans le Var. Engagé en bio en 2021, il est certifié en agriculture biologique à partir du millésime 2024. Sur une terre rouge façonnée au Permien, il a remis en culture le Tibouren, à côté de huit autres cépages. Ses AOP Côtes de Provence et IGP Var vont des rosés vendangés de nuit à une Syrah élevée en barrique.

  • Bastide Castel d’Aille

    Domaine du XVIIIe siècle à Vidauban, la Bastide Castel d’Aille appartient à la famille Rosé, qui signe le Rosé, le Blanc et le Rouge des Rosé. Ses 9 hectares se trouvent dans la Réserve naturelle nationale de la Plaine des Maures, sur des schistes, des sables, des pélites rouges et d’anciennes terrasses de l’Aille. Certifié HVE niveau 3 en 2020, le domaine s’est engagé en agriculture biologique en 2021. Son rosé AOP Côtes de Provence a reçu l’or au concours international des produits biologiques en 2023.

  • Château La Martinette

    Entre Lorgues et Le Thoronet, le Château La Martinette fait remonter son histoire à 1620, mais ses premières vignes datent des années 1920-1930. Repris en 2011, il cultive 50 hectares de vignes en AOP Côtes de Provence, dans une propriété de 400 hectares traversée par l’Argens. Certifié en agriculture biologique depuis 2020, le domaine expérimente des pratiques biodynamiques sur une dizaine d’hectares. Son chai gravitaire de 2019, bâti en restanques, élève trois gammes : Rollier, Château et les Parcellaires.

  • Abbaye de Lérins

    Sur l’île Saint-Honorat, les moines cisterciens de l’Abbaye de Lérins cultivent 8,5 hectares de vignes en IGP Méditerranée. Leurs sols mêlent calcaires, dolomies et limon argileux rouge, et une source d’eau douce venue des Alpes épargne à la vigne le stress hydrique. Certifiés en agriculture biologique depuis le millésime 2019, ils vendangent à la main avec des bénévoles et vinifient chaque parcelle à part. Syrah, mourvèdre, pinot noir et chardonnay donnent surtout des monocépages de garde, élevés plus de 20 mois en fût.

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