Domaine la Cadenière - Rangs de vigne au printemps au pied d’une colline de pins

Domaine la Cadenière

  • Provence

    Région viticole

  • 55ha

    Surface du vignoble

  • Bio

    En bio depuis 2008

Sommaire

Trois générations de Tobias, de la charrette au chai

Léonie, Louis et le mulet Coco

Le Domaine la Cadenière cultive 55 hectares de vignes en bio à Lançon-Provence, non loin d’Aix-en-Provence et de Salon-de-Provence. L’essentiel du vignoble est classé en AOC Coteaux d’Aix-en-Provence. Derrière ces chiffres, il y a une famille, les Tobias, et une histoire qui commence dans les années 1950.

À l’époque, les grands-parents Léonie et Louis Tobias vendangent encore avec une charrette attelée à leur mulet, Coco. Les raisins partent alors à la coopérative. Il faut attendre la génération suivante pour que le domaine garde sa récolte et la vinifie lui-même.

1973, le premier vin de la famille

Gérard et Pierrette Tobias signent le premier vin du domaine en 1973, dans la cave qu’ils ont créée. La famille en parle encore comme d’une fierté.

Leurs enfants ont pris la relève. Vincent, Pierre et Gabriel Tobias conduisent aujourd’hui le domaine, avec leur sœur Sylvie. Le logo porte d’ailleurs la mention « Les Frères Tobias » sous le nom de la Cadenière. La maison tient toute la chaîne, de la plantation des vignes à la vente des bouteilles.

Domaine la Cadenière - Les trois frères Tobias accoudés à un muret de pierre sèche
Les trois frères Tobias, aux commandes du domaine. Photo Hervé Fabre.

Le désherbage mécanique dès 1986

Le bio n’est pas arrivé d’un coup. Gérard et Pierrette se sont montrés précurseurs dans la mécanisation et le travail des sols. En 1986, ils choisissent le désherbage mécanique, plus coûteux, pour réduire fortement les produits chimiques de synthèse.

La certification suit en 2008, quand le domaine s’engage officiellement en agriculture biologique. Elle couvre les vignes, mais aussi les oliviers et les amandiers de la propriété. Dans les rangs, l’herbe pousse librement l’hiver et le sol se travaille sans désherbant chimique.

Le Vallon d’Escale, vingt et un hectares sur un chemin de bergers

Une parcelle d’un seul tenant, achetée en 2000

En 2000, les frères Tobias achètent la parcelle qui allait devenir l’emblème du domaine : le Vallon d’Escale. Elle compte 21 hectares d’un seul tenant.

Le lieu a une longue mémoire. Il borde une ancienne voie gréco-romaine, et les vestiges trouvés sur place montrent qu’il était déjà occupé il y a plus de 2 000 ans. Les bergers l’ont ensuite longtemps traversé. Dans la pierre de l’ancienne bergerie, des dates gravées attestent leurs passages réguliers depuis le début du XVIIIe siècle.

Le vallon tient aussi sa force de sa position. Il reçoit l’influence des Alpilles, du Luberon et de la Méditerranée, qui lui composent un microclimat. Toute une gamme porte son nom.

Argile, calcaire et cailloux sous le mistral

Le vignoble pousse sur des sols argilo-calcaires caillouteux, exposés plein sud, qui gardent la fraîcheur et l’humidité. Selon la famille, le calcaire apporte aux vins rondeur, corps et arômes, et l’argile de la fermeté, de la structure et une couleur soutenue aux rouges.

Domaine la Cadenière - Une poignée de terre argilo-calcaire et de cailloux sous la vigne
Une poignée de terre argilo-calcaire, prise sous la vigne.

Le climat est méditerranéen, avec environ 2 900 heures de soleil par an. Les étés sont chauds et secs, les hivers doux et humides. Il tombe 550 à 680 mm de pluie, surtout au printemps et à l’automne. Le mistral, vent dominant du nord, froid et sec, souffle sur les parcelles.

Onze cépages pour trois couleurs

Pour les rouges et les rosés, le domaine cultive la syrah, le grenache, le cinsault, la counoise, le mourvèdre, le cabernet-sauvignon et le caladoc, un croisement de grenache et de malbec. Le cinsault donne de la fraîcheur aux rosés, le cabernet charpente les assemblages.

Côté blancs, le rolle, aussi appelé vermentino, mène les assemblages, avec le sauvignon blanc et la clairette. Le domaine cultive aussi un peu de muscat à petits grains, réservé à des cuvées spéciales.

Des vendanges de nuit aux assemblages d’hiver

Les machines démarrent à 4 heures

Les vendanges se font à la machine, et de nuit. L’équipe démarre vers 4 heures du matin, et les premières bennes arrivent en cave autour de 5 heures. Le but : rentrer le raisin le plus frais possible.

Six personnes suffisent à la récolte, trois dans les vignes et trois au chai. Les blancs passent généralement en premier, puis les raisins des rosés, puis ceux des rouges. En 2026, la récolte a commencé le 12 août, alors que les vendanges débutaient il y a quelques années en septembre.

La date se décide à plusieurs. La famille croise l’observation des vignes, la dégustation des baies et les analyses (sucre, acidité, pH), puis en discute avec son œnologue.

Chaque cépage dans sa cuve

Au chai, chaque cépage est vinifié à part. Les blancs et les rosés sont pressés en limitant le contact avec les peaux, pour garder des jus clairs, et fermentent au frais. Les rouges, eux, fermentent avec leurs peaux, qui leur donnent couleur et tanins.

Une fois les cuves dégustées, la famille construit ses assemblages. Le travail se prolonge jusqu’en décembre, parfois au-delà. Les Léonie blanc et rosé peuvent sortir dès décembre, alors que le Vallon d’Escale rouge attend douze mois d’élevage, pour l’essentiel en fûts de chêne français.

Léonie, Vallon d’Escale et la cuvée confidentielle

Léonie, le prénom de la grand-mère

La gamme Léonie porte le prénom de la grand-mère. Elle existe dans les trois couleurs, en AOC Coteaux d’Aix-en-Provence. Le blanc assemble rolle, clairette et sauvignon : il joue sur les fruits exotiques, les fleurs blanches et une finale saline.

Domaine la Cadenière - Les trois couleurs de la gamme Léonie sur une table en extérieur
Léonie en rouge, rosé et blanc. Photo Hervé Fabre.

Un rosé Coteaux d’Aix-en-Provence 2025 du domaine a reçu une médaille d’or au Concours Mondial de Bruxelles 2026. Il assemble grenache, syrah, cinsault et counoise.

Vallon d’Escale, la gamme gastronomique

Le Vallon d’Escale est la gamme que la famille destine à la table. Son rouge, syrah et cabernet-sauvignon à parts égales avec un appoint de grenache, mêle violette, épices douces et cacao sur des tanins souples. Le blanc et le rosé passent en partie trois mois en demi-muids, ce qui leur donne du volume.

Au-dessus, la cuvée La Cadenière reste confidentielle. Ce rouge n’est vinifié que les années jugées exceptionnelles par la famille.

Muscats, fontaines et jus de raisin

Le muscat à petits grains ne figure pas parmi les cépages de l’appellation. Ses vins sortent donc en Vin de France : un muscat pétillant et un muscat doux, sur la fleur d’oranger, la rose et le litchi.

Le domaine propose aussi ses trois couleurs en fontaines de 5 litres, un jus de raisin bio et l’huile d’olive de ses oliviers.

Les Coteaux d’Aix-en-Provence, côté Lançon

Une appellation de 1985 où le rosé domine

Lançon-Provence fait partie de l’aire des Coteaux d’Aix-en-Provence, reconnue en AOC le 24 décembre 1985 après un premier classement en 1956. L’appellation produit des blancs, des rosés et des rouges, mais le rosé y pèse lourd : 70 % de la production en 2009, selon son cahier des charges.

Les rouges et les rosés reposent sur cinq cépages principaux : cinsault, counoise, grenache, mourvèdre et syrah. Le cabernet-sauvignon et le caladoc n’y entrent qu’en appoint. Pour les blancs, le vermentino est le cépage principal.

Garrigue, pinèdes et petits massifs calcaires

Le paysage aixois alterne petits massifs calcaires, garrigues, bois de pins et zones plus basses où s’étendent les vignes. Le cahier des charges de l’appellation décrit des sols caillouteux sur marnes, ou sableux sur molasse et grès.

Domaine la Cadenière - Vignes en coteau et cabanon de pierre entourés de garrigue
Vignes et cabanon de pierre au milieu de la garrigue. Photo Hervé Fabre.

La famille revendique des rouges « racés et gourmands, marqués par les senteurs de la garrigue ». Elle propose à côté des blancs aromatiques et frais et des rosés qu’elle décrit comme tendres et élégants.

Visiter la Cadenière : sentier, chai et terrasse

Le Pied Vigneron, quatre kilomètres dans les vignes

Le domaine reçoit au caveau toute l’année, avec dégustation des vins. Pour aller plus loin, il propose le parcours « Le Pied Vigneron » : 4 km dans les vignes, environ une heure et demie, à pied, à vélo ou à cheval.

Domaine la Cadenière - Lavandes en fleur devant la boutique du domaine
La boutique du domaine derrière les lavandes. Photo Hervé Fabre.

Des haltes ponctuent la balade. Elles racontent l’histoire du domaine, son engagement bio, les cépages et le cycle de la vigne. Une présentation des vins attend les marcheurs à l’arrivée. La visite guidée, elle, passe par les vignes et les coulisses du chai avant une dégustation commentée.

Des jeudis en musique sur la terrasse

L’été, les jeudis « La Cadenière en Terrasse » installent un concert sur la terrasse en bois du domaine, sous les guirlandes. Food truck, tapas maison ou cuisine locale selon les soirées, et une présentation des vins de la propriété.

Domaine la Cadenière - Soirée d’été sur la terrasse en bois, entre les cyprès
Un soir d’été sur la terrasse en bois, entre les cyprès.

Le domaine organise aussi des brunchs, des initiations à la dégustation et des ateliers pendant « Vignobles en Scène ». Le programme change d’une saison à l’autre : mieux vaut le consulter avant de venir.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Provence

  • Domaine de la Baratonne

    Autour d’une bastide de 1735, le Domaine de la Baratonne cultive 12 hectares de vigne bio à La Garde, aux portes de Toulon. Réhabilité en 2011, il est engagé en bio depuis 2013 et fait aujourd’hui partie du groupe familial Maguise. Grenache, cinsault, syrah, merlot, rolle et ugni blanc donnent un rosé, un blanc et un rouge en IGP Var, élevés sur lies fines en cuve inox. Le domaine reçoit à sa boutique, dans ses chambres d’hôtes et, depuis l’été 2026, à sa ferme auberge.

  • Domaine de l’Anchois

    Le Domaine de l’Anchois cultive 7,5 hectares de vigne et 5 hectares d’oliviers au bord de l’étang de Bolmon, à Châteauneuf-les-Martigues. Ancien maraîcher, Stéphan Buffille y plante depuis 2015 des cépages rares en Provence, du savagnin rose à l’œillade musquée, en biodynamie certifiée Demeter. Ses vins fermentent sur leurs seules levures indigènes et sortent hors appellation, en IGP Méditerranée ou en Vin de France. Son blanc 2022 a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2024.

  • Domaine de la Garenne

    Le Domaine de la Garenne cultive 25 hectares en appellation Bandol à La Cadière-d’Azur, dans un vallon situé à cinq kilomètres de la mer. Ancien enclos de chasse acheté en 1790, il a été mis en vigne par le comte Jean de Balincourt, puis repris en 2000 par sa fille Béatrix. Sa cuvée M, un rosé où domine le mourvèdre, a reçu deux coups de cœur du Guide Hachette. Engagé en bio en 2023, le domaine élève ses Bandol rouges dix-huit mois en foudres de chêne.

  • Château des Demoiselles

    Le Château des Demoiselles cultive 72 hectares de vignes en Côtes-de-Provence sur un domaine de 300 hectares à La Motte, dans la vallée des Esclans. La famille d’Aurélie Bertin, propriétaire de 1956 à 1978, l’a repris en 2005 et rebaptisé en hommage aux filles du comte de Provence. Engagé en bio en 2019, le vignoble est certifié Agriculture Biologique depuis 2022 et labellisé Vignerons Engagés. Deux collections, Château des Demoiselles et Charme des Demoiselles, se déclinent en rosé, blanc et rouge.

  • Château Bonisson

    Le Château Bonisson cultive 10 hectares de vignes en bio à Rognes, en appellation Coteaux d’Aix-en-Provence, autour d’une bastide du XVIIIe siècle. Repris en 2017 par la famille Le Dorze, il est dirigé par Victoire Le Dorze, formée à l’Université du Vin de Suze-la-Rousse. Les rangs se labourent au cheval, les travaux suivent les phases de la lune et toute la vendange se fait à la main. Ses trois gammes, La Petite Causerie, la Cuvée B et Abstraction, se dégustent au caveau, voisin d’un centre d’art contemporain.

  • Château Gassier

    Au pied de la Sainte-Victoire, le Château Gassier cultive 40 hectares en bio à Puyloubier, découpés en 26 micro-parcelles sur calcaire et argile rouge. Antoni Gassier achète la propriété en 1982, rejoint le groupe AdVini avec son fils en 2004, et Georges reprend le vignoble en 2009. Certifié bio en 2016, le domaine ne produit que des rosés et des blancs, en Côtes de Provence et en Sainte-Victoire. Ses cuvées passent en cuve béton ou en demi-muid autrichien, comme le rosé 946, né en 2010, et Elevae, élevé vingt-quatre mois.

  • Domaines Bunan

    Les Domaines Bunan réunissent trois terroirs autour de La Cadière-d’Azur et du Castellet : le Moulin des Costes, fondé en 1961 par Paul et Pierre Bunan, le Château la Rouvière et le Bélouvé. Les deux premiers donnent des Bandol, le troisième des Côtes de Provence. Tout le vignoble est certifié en agriculture biologique depuis 2008 et conduit par la troisième génération de la famille. Le mourvèdre guide des rouges de garde, élevés 18 mois et plus en foudres ou en barriques de chêne.

  • Domaine Fredavelle

    Le Domaine Fredavelle cultive 25 hectares en agriculture biologique à Éguilles, à dix minutes d’Aix-en-Provence, dans l’appellation Coteaux d’Aix-en-Provence. David Ravel y vinifie depuis 1999 les raisins que ses grands-parents vendaient à la coopérative, associé depuis 2015 à l’œnologue Olivia Menigoz. Engagé en bio en 2019, le domaine produit surtout des rosés, du plus frais au rosé de gastronomie élevé sous bois. Des rouges, des blancs, deux Pet’Nat’ de grenache et la gamme Echo x Olivia complètent la production.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine