Domaine de l’Anchois - Jeunes rangs de vigne enherbés au printemps, collines au loin

Domaine de l’Anchois

Région viticole

Région viticole

Provence

BioDemeter
Sommaire

Un vignoble sur le chemin de l’Anchois

Le Domaine de l’Anchois cultive ses vignes à Châteauneuf-les-Martigues, dans les Bouches-du-Rhône, au bord de l’étang de Bolmon. Entre les étangs salés et la Méditerranée, les rangs reçoivent parfois les embruns quand le vent se lève. Le domaine est conduit en bio et en biodynamie certifiée Demeter, et ses vins sortent hors appellation.

Des amphores, du vin et des anchois

Le nom du domaine vient d’une histoire vieille de 2 600 ans. Les Phocéens qui fondent Massalia vers 600 avant notre ère apportent le vin en Gaule. Leurs amphores, une fois vidées, repartaient remplies d’anchois au sel : les épaves antiques en ont livré beaucoup.

Sur la Côte Bleue, les pêcheurs ont longtemps vécu entre les deux métiers. D’avril à septembre, ils étaient en mer pour la saison de l’anchois. Ils revenaient ensuite à la terre pour vendanger, cueillir les olives puis tailler. Le domaine a pris le nom du chemin qui mène à ses vignes, là où tout a commencé.

Sept hectares et demi sur un sol argilo-sableux

Le domaine compte 7,5 hectares de vigne et 5 hectares d’oliviers. Le sol est argilo-sableux, et les vignes sont plantées à 2 900 pieds par hectare.

Un maraîcher revenu à la vigne

Stéphan Buffille vient d’une famille de vignerons et de maraîchers. Il s’installe en 2000 comme maraîcher et arboriculteur à Châteauneuf-les-Martigues. Vigneron de formation, il revient à son projet de départ en 2015. Il réorganise alors l’exploitation pour y planter des vignes : le Domaine de l’Anchois est né.

Les plantations se font par étapes. Il bâtit aussi son propre chai et vinifie un premier millésime en 2019. Ses vins arrivent sur le marché en novembre 2021. Son objectif tient en une phrase : faire un vin original qui corresponde au terroir. Et cultiver les vignes le plus naturellement possible.

Des cépages rares en Provence

Ici, pas de grenache ni de cinsault à perte de vue. Stéphan Buffille a choisi des cépages anciens et très aromatiques. Ils sont aussi connus pour bien résister aux maladies et à la sécheresse. Une collection qu’on ne croise presque nulle part ailleurs dans la région.

Savagnin rose, œillade musquée et muscat romain

Le vignoble réunit ces variétés :

  • Le savagnin rose aromatique, que l’Alsace appelle traminer
  • L’œillade musquée, nom languedocien du muscat de Hambourg
  • Le muscat romain, plus connu sous le nom de muscat d’Alexandrie
  • Le sauvignon et le sciaccarello, le seul cépage rouge des fiches techniques
  • Le plan des Cévennes et l’albert seibel

Le viognier fait aussi partie des raisins vendangés en 2026. Le savagnin rose entre dans tous les blancs et tous les rosés. Il pèse de 30 à 70 % de l’assemblage selon la cuvée.

Domaine de l’Anchois - Grappe en pleine véraison, baies vertes, roses et violettes mêlées
Une grappe en pleine véraison.

Des greffes faites dans la vigne

L’ancien horticulteur a gardé le goût du matériel végétal. Il n’a pas acheté de plants déjà greffés en pépinière. Il a planté des porte-greffes racinés, puis greffé ses cépages en place, dans la parcelle. Ce soin porté aux plants doit beaucoup à ses années d’horticulture.

La biodynamie depuis la première plantation

Le choix de la biodynamie a précédé la création du domaine. L’exploitation est engagée en agriculture biologique depuis 2010, du temps du maraîchage. Chaque vigne a ensuite été conduite en bio et en biodynamie dès sa plantation. Le domaine est aujourd’hui certifié Demeter pour ses vins, ses olives et son huile.

De l’herbe toute l’année entre les rangs

Le sol reste enherbé toute l’année. Différents composts naturels le nourrissent. La vie animale et végétale y gagne, et la fertilité du sol avec elle. Les préparations biodynamiques accompagnent ensuite la croissance des ceps.

Domaine de l’Anchois - Jeune cep sur son tuteur, entouré d’herbes et de fleurs sauvages
Un jeune cep sur son tuteur, au milieu des herbes et des fleurs.

2026, un millésime sans aucun traitement

En 2026, un mois de juin et un mois de juillet chauds et secs ont gardé les vignes saines. Le domaine n’a passé aucun traitement de la saison, ni bouillie bordelaise ni soufre. Les vendanges se sont achevées début septembre, savagnin rose, muscat et viognier compris.

Domaine de l’Anchois - Vendanges à l’aube, un tracteur entre les rangs sous un ciel clair
Les vendanges 2026, au lever du jour.

Pour le vigneron, l’absence de traitement profite aussi au vin. Les levures indigènes qui vivent sur la peau des raisins se développent avec plus de vigueur. Ce sont elles qui lancent la fermentation dès les premières heures en cuve.

Des vins libres, hors appellation

Le domaine revendique sa liberté face aux appellations d’origine. Il choisit seul ses cépages, ses méthodes de culture et sa vinification. Ses vins sortent donc en IGP Méditerranée ou en Vin de France. Le domaine le résume ainsi : son vin s’adapte au terroir, et non l’inverse.

Des fermentations sur levures indigènes

Pour les blancs et les rosés, les raisins sont refroidis, éraflés, foulés, puis pressés directement et débourbés. La fermentation part avec les seules levures indigènes, sans levure ajoutée ni chaptalisation. Elle dure une à deux semaines, le plus souvent à 16 °C. Plusieurs cuvées affichent moins de 25 mg de sulfites par litre, et certaines moins de 5 mg.

Le rouge suit un autre chemin. Éraflés et foulés, les raisins de sciaccarello fermentent trois semaines à 23 °C, avec un remontage chaque jour. Le vin s’élève ensuite sept mois en cuve.

Domaine de l’Anchois - Raisins noirs foulés dans la cuve, au début de la fermentation
Des raisins noirs foulés, dans la cuve.

Amphore, barrique et bouteilles immergées

Certains blancs passent dix mois en amphore de terre cuite, d’autres dix mois en barrique. L’amphore garde la fraîcheur et la finesse du fruit, la barrique donne un vin plus ample, pensé pour la table.

Le domaine fait aussi vieillir du vin sous l’eau. Scellées à la cire, les bouteilles passent plusieurs mois sous la mer avant de remonter à la surface. La cuvée s’appelle Thalassites, en hommage à Pline l’Ancien, qui décrivait déjà le procédé dans son Histoire naturelle en l’an 77.

Du blanc surtout, du rosé et un rouge de sciaccarello

La gamme compte une dizaine de cuvées : plusieurs blancs secs, des rosés, un pétillant naturel et un rouge léger. Le style est aromatique et gourmand, sur le litchi, la rose, la pêche ou l’ananas. Une salinité revient d’une cuvée à l’autre.

Le pétillant est mis en bouteille pendant sa fermentation, qui s’achève dans le verre, sans aucun sulfite. Le rouge, 100 % sciaccarello, joue la groseille et la framboise, avec une acidité citronnée. Les blancs restent secs, sans sucre résiduel.

Un coup de cœur au Guide Hachette 2024

Le domaine est entré au Guide Hachette des Vins avec l’édition 2024. Son blanc 2022 en IGP Méditerranée y a obtenu trois étoiles et un coup de cœur. Le guide y relève une bouche onctueuse et concentrée, traversée par une fine acidité iodée. Ce blanc assemble savagnin rose, œillade musquée et muscat romain, sans sulfite ajouté. Il avait été produit à 20 000 bouteilles.

Du caveau aux rangs de vigne

Dégustations et balades dans les vignes

Le domaine reçoit au caveau pour la dégustation et la vente. Avec Marel Dégustation, il propose aussi des visites. On se promène dans les vignes avec les vignerons, on joue autour du vin, puis on déguste avec charcuterie et fromage. Le caveau se privatise pour des groupes, du séminaire à l’enterrement de vie de jeune fille.

Domaine de l’Anchois - Un rosé et un blanc du domaine posés sur un tonneau, dans une cour fleurie
Un rosé et un blanc du domaine, posés sur un tonneau.

L’olivier, l’autre culture du domaine

Les cinq hectares d’oliviers rappellent la double vie des anciens pêcheurs. Le domaine en tire une huile d’olive bio au fruité vert. Il produit aussi un vinaigre de vin rosé bio, à réserver aux salades de fruits de mer ou aux huîtres.

Domaine de l’Anchois - Oliviers du domaine au milieu des coquelicots
Les oliviers du domaine, au milieu des coquelicots.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Provence

  • Domaine de la Garenne

    Le Domaine de la Garenne cultive 25 hectares en appellation Bandol à La Cadière-d’Azur, dans un vallon situé à cinq kilomètres de la mer. Ancien enclos de chasse acheté en 1790, il a été mis en vigne par le comte Jean de Balincourt, puis repris en 2000 par sa fille Béatrix. Sa cuvée M, un rosé où domine le mourvèdre, a reçu deux coups de cœur du Guide Hachette. Engagé en bio en 2023, le domaine élève ses Bandol rouges dix-huit mois en foudres de chêne.

  • Château des Demoiselles

    Le Château des Demoiselles cultive 72 hectares de vignes en Côtes-de-Provence sur un domaine de 300 hectares à La Motte, dans la vallée des Esclans. La famille d’Aurélie Bertin, propriétaire de 1956 à 1978, l’a repris en 2005 et rebaptisé en hommage aux filles du comte de Provence. Engagé en bio en 2019, le vignoble est certifié Agriculture Biologique depuis 2022 et labellisé Vignerons Engagés. Deux collections, Château des Demoiselles et Charme des Demoiselles, se déclinent en rosé, blanc et rouge.

  • Château de la Bégude

    Le Château de la Bégude cultive 32 hectares en bio sur les coteaux de Rousset, au pied de la Sainte-Victoire, en appellation Côtes de Provence. La famille Rey-Sabatier-Lefebvre le tient depuis 1896, et Didier Lefebvre, ancien avocat, en est la cinquième génération. Ses rouges, vendangés à la main, sont vinifiés en grappes entières et élevés en vieux foudres ou demi-muids. Le blanc, le rosé et le blanc de noirs de grenache sont vendangés de nuit, pour garder leur fraîcheur.

  • Château Bonisson

    Le Château Bonisson cultive 10 hectares de vignes en bio à Rognes, en appellation Coteaux d’Aix-en-Provence, autour d’une bastide du XVIIIe siècle. Repris en 2017 par la famille Le Dorze, il est dirigé par Victoire Le Dorze, formée à l’Université du Vin de Suze-la-Rousse. Les rangs se labourent au cheval, les travaux suivent les phases de la lune et toute la vendange se fait à la main. Ses trois gammes, La Petite Causerie, la Cuvée B et Abstraction, se dégustent au caveau, voisin d’un centre d’art contemporain.

  • Château Gassier

    Au pied de la Sainte-Victoire, le Château Gassier cultive 40 hectares en bio à Puyloubier, découpés en 26 micro-parcelles sur calcaire et argile rouge. Antoni Gassier achète la propriété en 1982, rejoint le groupe AdVini avec son fils en 2004, et Georges reprend le vignoble en 2009. Certifié bio en 2016, le domaine ne produit que des rosés et des blancs, en Côtes de Provence et en Sainte-Victoire. Ses cuvées passent en cuve béton ou en demi-muid autrichien, comme le rosé 946, né en 2010, et Elevae, élevé vingt-quatre mois.

  • Domaines Bunan

    Les Domaines Bunan réunissent trois terroirs autour de La Cadière-d’Azur et du Castellet : le Moulin des Costes, fondé en 1961 par Paul et Pierre Bunan, le Château la Rouvière et le Bélouvé. Les deux premiers donnent des Bandol, le troisième des Côtes de Provence. Tout le vignoble est certifié en agriculture biologique depuis 2008 et conduit par la troisième génération de la famille. Le mourvèdre guide des rouges de garde, élevés 18 mois et plus en foudres ou en barriques de chêne.

  • Domaine Fredavelle

    Le Domaine Fredavelle cultive 25 hectares en agriculture biologique à Éguilles, à dix minutes d’Aix-en-Provence, dans l’appellation Coteaux d’Aix-en-Provence. David Ravel y vinifie depuis 1999 les raisins que ses grands-parents vendaient à la coopérative, associé depuis 2015 à l’œnologue Olivia Menigoz. Engagé en bio en 2019, le domaine produit surtout des rosés, du plus frais au rosé de gastronomie élevé sous bois. Des rouges, des blancs, deux Pet’Nat’ de grenache et la gamme Echo x Olivia complètent la production.

  • Sinaca Villa

    Sinaca Villa, l’ancien nom de Sénas, désigne le vignoble de 6 hectares planté de zéro en 2018 par Agathe Genty et Nicolas Mertz, entre Alpilles et Luberon. Rencontrés en Nouvelle-Zélande, ces deux ingénieurs agronomes ont choisi des cépages atypiques en Provence, dont le petit verdot, le caladoc et le souvignier gris, résistant aux maladies. Engagé en bio depuis 2020, le domaine vendange de nuit sur les galets et les argiles de l’ancienne vallée de la Durance. Deux gammes, Sinaca et Arômes, déclinent les trois couleurs en IGP Méditerranée.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine