Les vignes du Château Les Vieux Moulins

Château Les Vieux Moulins

Région viticole

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Bordeaux

Bio
Sommaire

Trois moulins sur la butte de Fraineau

Deux vignobles de famille réunis en 1997

Le Château Les Vieux Moulins est un domaine viticole bio de Reignac, en AOC Blaye Côtes de Bordeaux. Le village se trouve à une dizaine de kilomètres à l’est de Blaye. La famille y cultive la vigne depuis quatre générations. Damien Lorteau conduit aujourd’hui ses 20 hectares.

La propriété actuelle prend forme en 1997. Cette année-là, les vignes du père de Damien, à Reignac, rejoignent celles de sa mère. Ces dernières se trouvent sur les communes d’Anglade et de Saint-Androny, tout près de l’estuaire de la Gironde.

De cette union naît une palette de terroirs que le domaine considère comme sa richesse. Elle lui permet de produire des vins aux typicités différentes, d’une commune à l’autre.

Le nom venu de trois moulins du XVIIIe siècle

La partie historique du vignoble est implantée à Reignac. Sur son point le plus haut, la butte de Fraineau, trois moulins du XVIIIe siècle ont donné leur nom au château.

Ces anciens moulins à vent se retrouvent sur l’étiquette des Hélices, dans un dessin graphique et moderne. À partir du millésime 2010, le domaine a voulu rompre avec le classicisme des étiquettes bordelaises. Il a confié le dessin de ses cuvées Pirouette et Les Hélices à l’artiste suédoise Madlen Herrström.

Une propriété qui se visite sur rendez-vous

Damien Lorteau reçoit au domaine sur rendez-vous, et dit faire visiter le château avec grand plaisir. L’office de tourisme Blaye Bourg Terres d’Estuaire le recense aussi parmi ses aires d’accueil de camping-cars.

Damien Lorteau, du Nouveau Monde au Blayais

Une formation entre Bordeaux, Puligny-Montrachet et Condrieu

Damien Lorteau a passé toute son enfance dans les vignes. Le déclic est pourtant venu bien plus tard, après plusieurs rencontres et quelques dégustations marquantes. Il se forme alors à la faculté d’œnologie de Bordeaux.

Il participe ensuite à des vinifications chez de grands vignerons français. Il passe chez Olivier Leflaive, à Puligny-Montrachet, puis par le domaine Georges Vernay, à Condrieu. Il y apprend, dit-il, « la rigueur du travail bien fait ».

Ses valeurs tiennent en quelques mots : le vin comme moyen de s’exprimer, la recherche de l’excellence, la remise en question quotidienne. Et savoir rester humble face à la nature.

Deux vinifications par an sur plusieurs continents

Pour élargir sa vision, il part ensuite travailler dans le nouveau monde du vin. Pendant plusieurs années, il vinifie tour à tour en Espagne, en Afrique du Sud, aux États-Unis, en Australie puis en Nouvelle-Zélande. Il enchaîne alors deux vinifications par an, dans des pays différents.

Ces voyages ont servi la propriété familiale. Selon lui, ils lui ont permis de moderniser le domaine et d’y apporter de nouveaux savoir-faire. Il reprend le domaine familial en 2010.

Le bio comme point de départ

À son retour en 2010, il mesure la chance d’avoir de beaux terroirs à mettre en valeur. L’agriculture biologique devient alors pour lui « une évidence, une philosophie ». En 2015, Terre de Vins rapportait qu’il n’imaginait pas travailler ses vignes autrement. Ses parents l’ont soutenu dans la conversion des 20 hectares, même si un regard trahissait parfois leur doute.

Le domaine s’engage en agriculture biologique en juillet 2010, sous le contrôle d’Ecocert. Le vignoble est certifié bio depuis 2013. Une part des raisins est encore en période de conversion en 2026.

Un vignoble de coteaux face à l’estuaire de la Gironde

Blaye Côtes de Bordeaux, 6 000 hectares sur 41 communes

Le vignoble de l’appellation domine l’estuaire de la Gironde. Il couvre 6 000 hectares, cultivés en majorité à flanc de coteaux, d’où son nom. Sa zone de production s’étend sur 41 communes.

Les Premières Côtes de Blaye sont devenues officiellement Blaye Côtes de Bordeaux en 2009. Environ 450 propriétés et trois caves coopératives y produisent le vin. Une propriété y compte en moyenne 17 hectares, un peu moins que Les Vieux Moulins.

L’appellation produit 90 % de vins rouges et 10 % de blancs secs. Le merlot y règne en rouge, assemblé au cabernet-sauvignon, au cabernet franc ou au malbec. Les blancs viennent en majorité du sauvignon blanc, marqués par les agrumes ou les fruits exotiques.

Silico-argileux, argilo-calcaires et graves

Le Blayais offre une grande diversité de sols. À l’ouest, autour de Blaye, les argilo-calcaires dominent et conviennent au merlot. Au nord, les sables et graviers se prêtent au sauvignon blanc.

Le domaine reflète cette variété sur ses propres parcelles. Ses sols vont du silico-argileux aux argilo-calcaires, en passant par des graves. Le cabernet franc des Boisselards pousse sur une argile bleue posée sur un socle calcaire.

Merlot en tête, cabernet franc en progression

L’encépagement rouge reste classique pour la rive droite : 80 % de Merlot, 13 % de Cabernet-Sauvignon et 7 % de Cabernet franc. Le domaine cherche à développer ce dernier. Il en tire déjà une cuvée pure, Les Boisselards.

La gamme compte aussi un blanc. Il vient d’une sélection parcellaire de Sauvignon blanc sur argilo-calcaire, en AOC Blaye Côtes de Bordeaux blanc.

À la vigne, des composts maison aux tisanes de plantes

Chaussage, compost bovin et effeuillage à la main

Les parcelles sont chaussées puis déchaussées pour maîtriser l’herbe. Elles ne reçoivent que des composts bovins préparés au domaine, pour entretenir la fertilité des sols.

Les traitements suivent la pression des maladies du moment, sans rien de systématique. Le domaine n’emploie que des produits de contact, bouillie bordelaise et soufre. Des tisanes de plantes (orties, fougères, prêles) les accompagnent, pour renforcer les défenses de la vigne.

Les effeuillages se font à la main, afin de garder des grappes saines. Tout le travail de l’année vise un même but : apporter au cuvier des raisins sains et bien mûrs.

Une replantation à 6 700 pieds par hectare

Le domaine replante son vignoble à plus forte densité, jusqu’à 6 700 pieds par hectare. Il cherche ainsi un enracinement plus profond et un rendement plus faible par cep. Selon les parcelles, la densité va aujourd’hui de 4 500 à 6 700 pieds.

Les rendements varient selon les cuvées et les années. Ils atteignent 39 hl/ha pour Les Hélices 2020 et 2022, et 46 hl/ha pour Pirouette 2023. Le blanc est passé de 47 hl/ha en 2023 à 29 hl/ha en 2024.

Au chai, levures indigènes et lune descendante

Des vinifications parcellaires peu interventionnistes

Le domaine ne ramasse que des raisins sains, à maturité aboutie. Le travail au chai reste donc simple. Les raisins passent sur table de tri, puis rejoignent des cuves en inox et en béton. Chaque parcelle est vinifiée à part.

Après une macération à froid, les fermentations démarrent grâce aux levures indigènes. Aucun adjuvant œnologique n’est employé, et les doses de soufre restent au strict minimum. L’extraction se fait en douceur, par petits remontages et quelques délestages. Les macérations durent en général de 25 à 35 jours.

Béton, jarres de grès et mise en bouteille selon la lune

L’élevage se déroule surtout en cuve béton. Pirouette 2023 y a passé 18 mois, Les Hélices 2020 et 2022 24 mois. Le blanc y reste 8 mois, sans bâtonnage.

Les Boisselards fait exception : il vieillit 18 mois en jarres de grès. Toutes les cuvées sont mises en bouteille en lune descendante.

Quatre cuvées, du rouge croquant au sauvignon parcellaire

Pirouette, le fruit en premier

Pirouette assemble 80 % de Merlot et 20 % de Cabernet-Sauvignon en 2023, sur des sols silico-argileux et graveleux. Terre de Vins y voyait en 2015 un croquant de fruit, facile. La RVF y salue une déclinaison de parfums très proche du fruit de la vigne.

Le domaine la conseille à l’apéritif, avec des tapas, une planche de fromages et de charcuterie ou au barbecue. Elle se garde de 2 à 6 ans.

Les Hélices, merlot et cabernet franc sur argilo-calcaire

Les Hélices associe merlot et cabernet franc sur argilo-calcaire : 70 % et 30 % en 2020, 80 % et 20 % en 2022. Le domaine décrit une robe brillante, un nez gourmand de confiture de fruits rouges et de grillé. La bouche est souple, juteuse et longue, avec une impression de promenade dans les bois.

Le vin se garde de 4 à 12 ans. Le Guide Hachette l’a jugé « vin très réussi » dans son édition 2013 pour le millésime 2010, puis dans l’édition 2020 pour le 2016. Dans ce dernier, il relevait le cassis, la mûre, les épices, la violette et le cuir. En 2016, Wine Enthusiast notait le millésime 2014 89/100.

Les Boisselards, un cabernet franc sur argile bleue

Les Boisselards est une sélection parcellaire en 100 % Cabernet franc, sur argile bleue et socle calcaire. Le vin fermente naturellement 25 jours en cuve béton, avant ses 18 mois en jarres de grès. Le domaine le destine à la table : canard, plats en sauce ou saint-nectaire. Il se garde de 4 à 12 ans.

Les Lochettes, le blanc de sauvignon

Les Lochettes naît d’un pressurage direct, suivi d’un débourbage à froid de 24 heures. La fermentation naturelle dure 25 jours à 18 °C. Le nez mêle chocolat blanc, fleur de sureau, citron et prune jaune. En bouche, une brioche crémeuse croise des touches de fruits amers.

Ce blanc se garde de 1 à 6 ans. Le domaine l’associe aux tagliatelles aux saint-jacques, aux viandes blanches ou au poisson à la crème.

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Les autres domaines de la région Bordeaux

  • Château de la Craffe

    Repris en 2021 par trois amis, le Château de la Craffe cultive 9 hectares de vignes bio à Francs, en Francs Côtes de Bordeaux. Imprimeur de formation, Quentin Vidal sérigraphie sur chaque bouteille l’œuvre d’un artiste et reverse 1 € par bouteille à une association. Sur 20 hectares sans labour, le domaine a planté 2 250 arbres en bocage et fait pâturer des moutons d’Ouessant. Ses vins suivent le millésime, du rosé pétillant naturel au rouge muté, en tirages de quelques centaines de bouteilles.

  • Château Coutet

    À 500 mètres du village de Saint-Émilion, le Château Coutet se transmet dans la famille David Beaulieu depuis 1601, sans désherbant ni pesticide. Certifié en agriculture biologique depuis 2012, il cultive merlot à queue rouge, bouchet et pressac sur le calcaire à astéries du plateau de Saint-Martin et sur ses pentes. Un quart de ses 17 hectares reste sans vigne, entre chênes, figuiers et quelque 500 arbres fruitiers. La cuvée Émeri reproduit une bouteille de 1750 retrouvée pleine dans la cave, bouchon de verre compris.

  • SCEA Vignobles Barron

    Les Vignobles Barron réunissent à La Brède, en AOC Graves, le Château Méric et le Château Chante l’Oiseau, dans la famille depuis le XIXe siècle. La famille dit produire en agriculture biologique depuis 1964, et son engagement auprès d’Ecocert date de 1995. Sur 31 hectares de vignes, elle élève en cuve la plupart de ses Graves rouges et blancs, et en barrique les cuvées Eugénie, 7G et 1802. Benjamin Barron, septième génération, et son épouse Aurélie reçoivent pour des visites, au gîte et à la guinguette La Méric.

  • La Bastane

    Ancien Château de L’Espinglet, surnommé le « Petit Yquem » pour ses liquoreux, La Bastane a été reprise en 2017 par Anaïs Bernard et Bastien Pestourie. Ses 15 hectares d’un seul tenant dominent la Garonne à Rions, sur graves, argilo-calcaires et cailloux de fer. Certifié en agriculture biologique depuis le millésime 2020, le domaine y ajoute des pratiques biodynamiques non certifiées. Il produit des rouges en AOC Côtes de Bordeaux, un blanc étoilé au Guide Hachette et un liquoreux en AOC Cadillac, et reçoit en chambres d’hôtes.

  • Château Moulin de Peyronin

    À Pujols, dans l’Entre-deux-Mers, le Château Moulin de Peyronin est conduit en agriculture biologique depuis 1975 et certifié par Ecocert depuis 1985. Véronique et Franck Terral l’ont racheté en 2006, à 25 ans, puis converti à la biodynamie, certifiée Demeter depuis 2019. Leurs 14 hectares de vignes d’un seul tenant, sur argilo-calcaire, dominent la vallée de la Dordogne, entre moutons, haies et chênes truffiers. Le domaine produit neuf vins, en AOC Bordeaux, en Crémant de Bordeaux et en Vin de France, dont un clairet et un vin orange.

  • Château du Grand Bos

    À Castres-Gironde, en appellation Graves, le Château du Grand Bos cultive 23 hectares de vignes dans une clairière bordée de bois, autour d’une chartreuse des XVIIe et XVIIIe siècles. Racheté en 1988 par André Vincent, il est aujourd’hui conduit par sa petite-fille Lou Rochet, troisième génération de la famille. Engagé en agriculture biologique depuis 2020 avec Ecocert, le domaine s’intéresse aussi aux pratiques biodynamiques. Son rouge 2019 a obtenu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette, et il signe des vins nature sans sulfites ajoutés.

  • Domaine de Saint-Amand

    À Cambes, sur les coteaux de la Garonne, le Domaine de Saint-Amand cultive 3,2 hectares en Cadillac Côtes de Bordeaux et en Bordeaux. Sarah Simon l’a repris en février 2018, à l’aube de ses 50 ans, et vinifie tout elle-même. Certifié bio depuis septembre 2024, le domaine fermente ses rouges sous bio-protection, sans soufre. Son rouge a décroché une étoile au Guide Hachette trois millésimes de suite, et la vigneronne reçoit pour des visites comme pour des séminaires.

  • Château L’Inclassable

    Ancien Château Lafon, cité dès 1796, le Château L’Inclassable a pris ce nom en 2003 après avoir perdu sa marque pour 14 jours de retard. La famille Fauchey y cultive 23 hectares en AOC Médoc à Blaignan-Prignac, sans herbicide ni insecticide, en s’appuyant sur les insectes auxiliaires. Certifié HVE depuis 2013 et végan depuis 2017, le domaine signe son premier millésime bio en 2020. Le petit verdot tient 30 % de l’assemblage du Château L’Inclassable, élevé en barriques de 400 litres.

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