Château Rochecolombe
Sommaire
- Un siècle de famille, d’un compositeur flamand à Roland Terrasse
- 1925, une résidence secondaire entre les abricotiers
- Gilbert Herberigs choisit la vigne et sa propre cave
- Jocelyne, puis Roland et Laetitia
- Petite sérine et couston, deux cépages rares à Rochecolombe
- Des greffons de petite sérine rapportés de Mauves
- Le couston, un croisement né en Ardèche
- Saint-Andéol, le seul village nommé d’Ardèche
- Quatre communes reconnues en 2017
- Lœss, garrigue et anciennes terrasses du Rhône
- Bio depuis 2007, et bioélectronique aujourd’hui
- Une démarche de « bon sens »
- La vitalité des sols et les cycles lunaires
- Des côtes-du-rhône que le Guide Hachette suit de près
- Des rouges de grenache et de syrah
- Viognier, clairette et un rosé de saignée
- Coups de cœur et médailles d’or
- Déguster sous les voûtes du château
- Une cave voûtée du XIVe siècle
- Vignobles & Découvertes et Rendez-vous Terroirs
Un siècle de famille, d’un compositeur flamand à Roland Terrasse
1925, une résidence secondaire entre les abricotiers
Le Château Rochecolombe est un domaine viticole bio de Bourg-Saint-Andéol, en Ardèche, sur la rive ouest du Rhône. Son histoire familiale commence en 1925. Cette année-là, Robert Herberigs achète la propriété pour en faire sa résidence secondaire. Il est auteur-compositeur et peintre flamand, originaire d’Oudenaarde, en Belgique.
L’artiste est venu chercher l’inspiration dans ce coin préservé d’Ardèche. À cette époque, la propriété est surtout un grand verger d’abricotiers, avec quelques parcelles de vignes.
Gilbert Herberigs choisit la vigne et sa propre cave
Juste après la Seconde Guerre mondiale, le fils aîné, Gilbert Herberigs, reprend les rênes avec son épouse, Geneviève Van de Vyvere. Ils transforment les champs d’abricotiers en vignoble. Pendant les quinze premières années, la vendange part à la cave coopérative de Bourg-Saint-Andéol et chez un négociant de Châteauneuf-du-Pape.
Dans les années soixante, Gilbert fait un pari audacieux : créer sa propre cave pour produire des côtes-du-rhône. Le canton produit alors surtout du vin de table. En 1964, la mise en bouteille remplace la vente en vrac. Les vins de Rochecolombe gagnent leur identité.
Gilbert préside pendant quarante ans le syndicat des vignerons des Côtes du Rhône du canton. On lui doit aussi l’extension de l’aire des Côtes du Rhône et des Côtes du Rhône Villages sur le canton. C’était enfin un ardent défenseur des méthodes de travail traditionnelles.
Jocelyne, puis Roland et Laetitia
Le relais passe ensuite à sa fille, Jocelyne, qui apprend la vigne et le terroir aux côtés de son père. Son fils, Roland Terrasse, conduit le domaine depuis 1998. Il représente la quatrième génération, épaulé par sa compagne, Laetitia. Ses enfants forment la cinquième.
Le nom du domaine vient de la pierre « blanche comme une colombe » qui compose le château. Cette bâtisse de style Directoire est construite sur un immense bloc calcaire.

Petite sérine et couston, deux cépages rares à Rochecolombe
Des greffons de petite sérine rapportés de Mauves
Jocelyne se souvient encore des sorties avec son père à Mauves, dans les années 1950. Ils partaient chercher des greffons de petite sérine, que Gilbert plantait ensuite avec soin autour du château.
Le domaine présente la sérine comme la souche originelle de la syrah actuelle. Il y voit une variété ancienne qui exprime avec finesse les particularités de son terroir. Elle partage aujourd’hui le vignoble avec le grenache, la syrah et le couston.
Le couston, un croisement né en Ardèche
Le couston est l’autre rareté du domaine. Ce cépage est né en 1973 dans le sud de l’Ardèche, d’un semis naturel découvert par Julien Couston. D’après les analyses génétiques menées à Montpellier, il serait issu d’un croisement entre le grenache et l’aubun.
Il donne des vins corsés, très tanniques, chaleureux et très colorés. Admis dans le cahier des charges des Côtes du Rhône depuis 2019, il se plaît sur les coteaux ardéchois. Rochecolombe en tire « Comme si de rien… », en IGP Ardèche, sa première cuvée issue du couston.
Le domaine y trouve des arômes intenses de mûre et de cassis, relevés d’épices. La bouche, elle, reste soyeuse, avec des tanins souples.



Saint-Andéol, le seul village nommé d’Ardèche
Quatre communes reconnues en 2017
Bourg-Saint-Andéol fait partie des quatre communes de la dénomination Saint-Andéol, avec Saint-Just-d’Ardèche, Saint-Marcel-d’Ardèche et Saint-Martin-d’Ardèche. En 2017, l’INAO l’a élevée au rang de village nommé des Côtes du Rhône Villages. C’est le seul d’Ardèche, à la pointe la plus méridionale du département.
La dénomination est réservée aux vins rouges. Le grenache y est obligatoire. Avec la syrah et le mourvèdre, il doit représenter au moins 66 % de l’assemblage. Le château produit aussi des côtes-du-rhône dans les trois couleurs et des villages rouges et blancs. S’y ajoute un vin en IGP Ardèche.
Lœss, garrigue et anciennes terrasses du Rhône
Le climat est méditerranéen, sous l’influence du mistral. Les Cévennes pèsent sur les pluies. La fraîcheur naturelle de l’Ardèche permet aux raisins de garder leur fruit malgré le soleil du Sud.
Le domaine compte trois grands types de sols :
- Des lœss argilo-calcaires, avec un apport éolien de comblement
- Le massif urgonien, un terroir de garrigue, avec des argiles rouges sous éboulis et du calcaire en coteaux
- Le villafranchien, à 200 mètres d’altitude, sur d’anciennes terrasses du Rhône : des argiles rouges couvertes de galets roulés
Les vignes sont plantées en coteaux, sur des terrasses orientées au sud-est, qui profitent du soleil toute la journée. Le côtes-du-rhône villages rouge vient de parcelles en coteaux, sur argile rouge et éboulis calcaires, ventilées par les brises du Rhône.

Bio depuis 2007, et bioélectronique aujourd’hui
Une démarche de « bon sens »
Le domaine s’est engagé en agriculture biologique en 2007, sous le contrôle d’Ecocert. Ses vins sont toujours certifiés bio aujourd’hui. Roland a pris ce virage en puisant dans les pratiques anciennes. Il parle d’une démarche de « bon sens », ancrée dans l’histoire de la famille.
La vitalité des sols et les cycles lunaires
Rochecolombe va plus loin et applique les principes de l’agriculture bioélectronique. Cette approche globale cherche à renforcer la vitalité des sols et des vignes, en harmonie avec les énergies naturelles. Elle accorde une attention particulière aux cycles lunaires.
À la cave, Roland se considère comme un humble artisan au service du potentiel du raisin. Laetitia y apporte son regard créatif. Il aime rappeler une phrase de son grand-père : « Le potentiel, il est dans la vigne, dans le grain. »
Des côtes-du-rhône que le Guide Hachette suit de près
Des rouges de grenache et de syrah
Les rouges reposent sur le grenache et la syrah. Le côtes-du-rhône rouge assemble 60 % de grenache et de la syrah, élevés 12 mois en cuve. Le domaine le décrit fruité et frais, sur la cerise compotée et des notes balsamiques. Viennent ensuite la réglisse, la sarriette et une touche de cuir.
Le Saint-Andéol, présenté au Guide Hachette sous le nom de Clos Montjau depuis le millésime 2022, passe par le fût. Le 2022 et le 2023, ce dernier mi-grenache mi-syrah, y ont séjourné douze mois. Le domaine le décrit puissant et complexe, sur les fruits mûrs et une touche de vanille, avec des tanins soyeux.
Viognier, clairette et un rosé de saignée
En blanc, le domaine propose un viognier et une clairette, en côtes-du-rhône comme en villages. Le viognier joue sur la pêche et l’abricot, relevés d’épices douces. La clairette mêle vanille, fruits secs et notes grillées et fumées. En villages, les deux blancs sont élevés en fût de chêne.
Le rosé se veut frais et convivial, pour l’apéritif, les grillades ou même les sushis. Le 2024 assemble à parité mourvèdre et syrah, par saignée. Sa couleur tire sur l’« œil de perdrix ».
Coups de cœur et médailles d’or
Le Guide Hachette a donné 3 étoiles et un coup de cœur au côtes-du-rhône rouge 2016, dans son édition 2019. Le rouge 2017 a suivi avec 2 étoiles et un coup de cœur dans l’édition 2020.
Deux autres coups de cœur ont récompensé les villages. Le côtes-du-rhône villages 2020 l’a reçu dans l’édition 2023, le Saint-Andéol Clos Montjau 2023 dans l’édition 2026. Le domaine affiche aussi des médailles d’or pour ses côtes-du-rhône rouges 2014, 2015, 2016, 2017 et 2019. Son Saint-Andéol en compte pour 2020, 2021 et 2022.
Déguster sous les voûtes du château
Une cave voûtée du XIVe siècle
Le château reçoit les visiteurs pour une visite de la cave et une dégustation. La cave voûtée remonte au XIVe siècle. La dégustation est gratuite, et les vins se vendent sur place comme sur la boutique en ligne du domaine.
Les groupes sont accueillis jusqu’à 30 personnes. L’accueil se fait en français, en anglais et en allemand, et le domaine dispose d’une aire de pique-nique.
Vignobles & Découvertes et Rendez-vous Terroirs
Le domaine porte le label Vignobles & Découvertes et adhère à la charte « Rendez-vous Terroirs » d’Inter Rhône. Il fait aussi partie des Vignerons Indépendants, qui cultivent leur vigne, vinifient dans leur propre cave et vendent leur vin.
Sa gamme compte aujourd’hui neuf cuvées, du côtes-du-rhône rosé au couston en IGP Ardèche.
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