Vignoble du Domaine Rochecolombe

Château Rochecolombe

Région viticole

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Vallée du Rhône

Bio
Sommaire

Un siècle de famille, d’un compositeur flamand à Roland Terrasse

1925, une résidence secondaire entre les abricotiers

Le Château Rochecolombe est un domaine viticole bio de Bourg-Saint-Andéol, en Ardèche, sur la rive ouest du Rhône. Son histoire familiale commence en 1925. Cette année-là, Robert Herberigs achète la propriété pour en faire sa résidence secondaire. Il est auteur-compositeur et peintre flamand, originaire d’Oudenaarde, en Belgique.

L’artiste est venu chercher l’inspiration dans ce coin préservé d’Ardèche. À cette époque, la propriété est surtout un grand verger d’abricotiers, avec quelques parcelles de vignes.

Gilbert Herberigs choisit la vigne et sa propre cave

Juste après la Seconde Guerre mondiale, le fils aîné, Gilbert Herberigs, reprend les rênes avec son épouse, Geneviève Van de Vyvere. Ils transforment les champs d’abricotiers en vignoble. Pendant les quinze premières années, la vendange part à la cave coopérative de Bourg-Saint-Andéol et chez un négociant de Châteauneuf-du-Pape.

Dans les années soixante, Gilbert fait un pari audacieux : créer sa propre cave pour produire des côtes-du-rhône. Le canton produit alors surtout du vin de table. En 1964, la mise en bouteille remplace la vente en vrac. Les vins de Rochecolombe gagnent leur identité.

Gilbert préside pendant quarante ans le syndicat des vignerons des Côtes du Rhône du canton. On lui doit aussi l’extension de l’aire des Côtes du Rhône et des Côtes du Rhône Villages sur le canton. C’était enfin un ardent défenseur des méthodes de travail traditionnelles.

Jocelyne, puis Roland et Laetitia

Le relais passe ensuite à sa fille, Jocelyne, qui apprend la vigne et le terroir aux côtés de son père. Son fils, Roland Terrasse, conduit le domaine depuis 1998. Il représente la quatrième génération, épaulé par sa compagne, Laetitia. Ses enfants forment la cinquième.

Le nom du domaine vient de la pierre « blanche comme une colombe » qui compose le château. Cette bâtisse de style Directoire est construite sur un immense bloc calcaire.

Façade principale du Château Rochecolombe

Petite sérine et couston, deux cépages rares à Rochecolombe

Des greffons de petite sérine rapportés de Mauves

Jocelyne se souvient encore des sorties avec son père à Mauves, dans les années 1950. Ils partaient chercher des greffons de petite sérine, que Gilbert plantait ensuite avec soin autour du château.

Le domaine présente la sérine comme la souche originelle de la syrah actuelle. Il y voit une variété ancienne qui exprime avec finesse les particularités de son terroir. Elle partage aujourd’hui le vignoble avec le grenache, la syrah et le couston.

Le couston, un croisement né en Ardèche

Le couston est l’autre rareté du domaine. Ce cépage est né en 1973 dans le sud de l’Ardèche, d’un semis naturel découvert par Julien Couston. D’après les analyses génétiques menées à Montpellier, il serait issu d’un croisement entre le grenache et l’aubun.

Il donne des vins corsés, très tanniques, chaleureux et très colorés. Admis dans le cahier des charges des Côtes du Rhône depuis 2019, il se plaît sur les coteaux ardéchois. Rochecolombe en tire « Comme si de rien… », en IGP Ardèche, sa première cuvée issue du couston.

Le domaine y trouve des arômes intenses de mûre et de cassis, relevés d’épices. La bouche, elle, reste soyeuse, avec des tanins souples.

Saint-Andéol, le seul village nommé d’Ardèche

Quatre communes reconnues en 2017

Bourg-Saint-Andéol fait partie des quatre communes de la dénomination Saint-Andéol, avec Saint-Just-d’Ardèche, Saint-Marcel-d’Ardèche et Saint-Martin-d’Ardèche. En 2017, l’INAO l’a élevée au rang de village nommé des Côtes du Rhône Villages. C’est le seul d’Ardèche, à la pointe la plus méridionale du département.

La dénomination est réservée aux vins rouges. Le grenache y est obligatoire. Avec la syrah et le mourvèdre, il doit représenter au moins 66 % de l’assemblage. Le château produit aussi des côtes-du-rhône dans les trois couleurs et des villages rouges et blancs. S’y ajoute un vin en IGP Ardèche.

Lœss, garrigue et anciennes terrasses du Rhône

Le climat est méditerranéen, sous l’influence du mistral. Les Cévennes pèsent sur les pluies. La fraîcheur naturelle de l’Ardèche permet aux raisins de garder leur fruit malgré le soleil du Sud.

Le domaine compte trois grands types de sols :

  • Des lœss argilo-calcaires, avec un apport éolien de comblement
  • Le massif urgonien, un terroir de garrigue, avec des argiles rouges sous éboulis et du calcaire en coteaux
  • Le villafranchien, à 200 mètres d’altitude, sur d’anciennes terrasses du Rhône : des argiles rouges couvertes de galets roulés

Les vignes sont plantées en coteaux, sur des terrasses orientées au sud-est, qui profitent du soleil toute la journée. Le côtes-du-rhône villages rouge vient de parcelles en coteaux, sur argile rouge et éboulis calcaires, ventilées par les brises du Rhône.

Vignoble du Domaine Rochecolombe

Bio depuis 2007, et bioélectronique aujourd’hui

Une démarche de « bon sens »

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique en 2007, sous le contrôle d’Ecocert. Ses vins sont toujours certifiés bio aujourd’hui. Roland a pris ce virage en puisant dans les pratiques anciennes. Il parle d’une démarche de « bon sens », ancrée dans l’histoire de la famille.

La vitalité des sols et les cycles lunaires

Rochecolombe va plus loin et applique les principes de l’agriculture bioélectronique. Cette approche globale cherche à renforcer la vitalité des sols et des vignes, en harmonie avec les énergies naturelles. Elle accorde une attention particulière aux cycles lunaires.

À la cave, Roland se considère comme un humble artisan au service du potentiel du raisin. Laetitia y apporte son regard créatif. Il aime rappeler une phrase de son grand-père : « Le potentiel, il est dans la vigne, dans le grain. »

Des côtes-du-rhône que le Guide Hachette suit de près

Des rouges de grenache et de syrah

Les rouges reposent sur le grenache et la syrah. Le côtes-du-rhône rouge assemble 60 % de grenache et de la syrah, élevés 12 mois en cuve. Le domaine le décrit fruité et frais, sur la cerise compotée et des notes balsamiques. Viennent ensuite la réglisse, la sarriette et une touche de cuir.

Le Saint-Andéol, présenté au Guide Hachette sous le nom de Clos Montjau depuis le millésime 2022, passe par le fût. Le 2022 et le 2023, ce dernier mi-grenache mi-syrah, y ont séjourné douze mois. Le domaine le décrit puissant et complexe, sur les fruits mûrs et une touche de vanille, avec des tanins soyeux.

Viognier, clairette et un rosé de saignée

En blanc, le domaine propose un viognier et une clairette, en côtes-du-rhône comme en villages. Le viognier joue sur la pêche et l’abricot, relevés d’épices douces. La clairette mêle vanille, fruits secs et notes grillées et fumées. En villages, les deux blancs sont élevés en fût de chêne.

Le rosé se veut frais et convivial, pour l’apéritif, les grillades ou même les sushis. Le 2024 assemble à parité mourvèdre et syrah, par saignée. Sa couleur tire sur l’« œil de perdrix ».

Coups de cœur et médailles d’or

Le Guide Hachette a donné 3 étoiles et un coup de cœur au côtes-du-rhône rouge 2016, dans son édition 2019. Le rouge 2017 a suivi avec 2 étoiles et un coup de cœur dans l’édition 2020.

Deux autres coups de cœur ont récompensé les villages. Le côtes-du-rhône villages 2020 l’a reçu dans l’édition 2023, le Saint-Andéol Clos Montjau 2023 dans l’édition 2026. Le domaine affiche aussi des médailles d’or pour ses côtes-du-rhône rouges 2014, 2015, 2016, 2017 et 2019. Son Saint-Andéol en compte pour 2020, 2021 et 2022.

Déguster sous les voûtes du château

Une cave voûtée du XIVe siècle

Le château reçoit les visiteurs pour une visite de la cave et une dégustation. La cave voûtée remonte au XIVe siècle. La dégustation est gratuite, et les vins se vendent sur place comme sur la boutique en ligne du domaine.

Les groupes sont accueillis jusqu’à 30 personnes. L’accueil se fait en français, en anglais et en allemand, et le domaine dispose d’une aire de pique-nique.

Vignobles & Découvertes et Rendez-vous Terroirs

Le domaine porte le label Vignobles & Découvertes et adhère à la charte « Rendez-vous Terroirs » d’Inter Rhône. Il fait aussi partie des Vignerons Indépendants, qui cultivent leur vigne, vinifient dans leur propre cave et vendent leur vin.

Sa gamme compte aujourd’hui neuf cuvées, du côtes-du-rhône rosé au couston en IGP Ardèche.

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Domaine l’Ancienne École

    Perché à 400 mètres d’altitude sur le plateau de Vinsobres, le Domaine l’Ancienne École cultive 13 hectares en agriculture biologique. Fondé en 2007 par Anna et Wilson Thorburn, anciens professionnels londoniens, il produit des vins en AOC Vinsobres et Côtes du Rhône. Les rouges dominés par le Grenache et la Syrah offrent profondeur, fraîcheur d’altitude et tanins élégants, souvent salués par le Guide Hachette. Caveau, visites, gîtes avec piscine et expériences gourmandes complètent une approche cohérente de vigneron indépendant bio engagé.

  • Domaine Barou

    Implanté à Charnas en Vallée du Rhône septentrionale, le Domaine Barou cultive depuis 1972 une viticulture engagée en agriculture biologique sur des sols granitiques. Exploitation familiale sur trois générations, le domaine est aujourd’hui conduit par Emmanuel Barou, avec une spécialisation en AOP Saint-Joseph, Condrieu et IGP Collines Rhodaniennes. Les vignes, réparties entre Charnas et Limony, expriment des vins précis issus de Syrah, Marsanne, Roussanne et Viognier, fidèles au millésime. Vinification soignée, pratiques inspirées de la biodynamie et rapport qualité-prix constant définissent l’identité d’un domaine reconnu pour son authenticité et sa cohérence.

  • Mas de Libian

    À Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône, le Mas de Libian cultive 25 ha en bio et en biodynamie Demeter, au sein d’une ferme-vigneronne diversifiée. Sur une ancienne terrasse de galets roulés et argiles rouges, les vignes en gobelet sont vendangées à la main, avec rendements modérés. Le mistral, les sols drainants et des vinifications peu interventionnistes donnent des vins sudistes mais frais, aux tanins soyeux. La gamme courte (1 blanc, 1 rosé, 4 rouges) privilégie le fruit, l’énergie et la digestibilité.

  • Mas des Terrasses

    Le Mas des Terrasses, situé à Sabran, cultive plus de 7 hectares en terrasses à 150 mètres, sur des sols de grès, sables et argiles, protégés par le mistral. Depuis plus de 20 ans, le domaine conduit son vignoble en agriculture biologique, valorisant les appellations Côtes-du-Rhône, Côtes-du-Rhône Villages et IGP Gard. Le domaine accueille les visiteurs autour de dégustations, de visites pédagogiques et de gîtes offrant une immersion authentique dans la vallée de la Cèze.

  • Château Clématis

    Le Château Clématis, fondé en 2004 par Xavier Tronc à Sainte-Cécile-les-Vignes, exploite 30 hectares en AOC Côtes du Rhône, Villages Sainte-Cécile et Rasteau. Depuis 2019, le domaine est certifié agriculture biologique Ecocert, avec un chai éco-responsable en pierre Estraillade à faible empreinte carbone. Les cépages traditionnels Grenache, Syrah, Carignan, Mourvèdre, Bourboulenc et Cinsault révèlent la richesse des sols argilo-calcaires du Vaucluse. Les cuvées comme Excellence, Éloquence et Corsée sont régulièrement récompensées par le Guide Hachette et les Decanter World Wine Awards.

  • Domaine de l’Amandier

    Le Domaine de l’Amandier, conduit par la famille Gaillard à Saint-Christol-de-Rodières, cultive 18 hectares en agriculture biologique depuis 1999. Ses vignes sur terroir argilo-calcaire bénéficient d’un climat méditerranéen, donnant des vins authentiques, équilibrés et expressifs. Les cépages traditionnels Syrah, Grenache, Merlot, Cinsault et Chardonnay composent une gamme variée en Côtes du Rhône, IGP OC et vins de France. Entre vente directe, caveau historique et engagement local, le domaine allie tradition familiale, innovation et respect de l’environnement.

  • Domaine de MasLauris

    À Lauris, entre Luberon et Durance, le Domaine de MasLauris est né en 2011 autour d’un ancien corps de ferme de l’époque vaudoise. Après l’arrachage des vieilles vignes, le vignoble a été replanté en sélection massale à partir de 2014 et compte 12 hectares bio à 300 mètres d’altitude. Vendangées à la main dès 4 heures du matin, à la lampe frontale, ses vignes donnent dix cuvées en AOP Luberon. Margeaux et Chiara Théophile poursuivent aujourd’hui l’aventure avec le vigneron Aurélien Le Tellier.

  • Domaine du Pourra

    Racheté en 1998 par Jean-Christian Mayordome, médecin franco-gabonais, le Domaine du Pourra cultive trois lieux-dits en altitude à Séguret et à Gigondas, jusqu’à 450 mètres. La vigne y est conduite sans intrant chimique depuis 1999, certifiée en agriculture biologique depuis 2012 et travaillée en biodynamie. Au Pourra, le rendement moyen se limite à 9 à 12 hl/ha, et les vins fermentent en cuve béton sans levures ajoutées. Leurs élevages sur lies fines durent souvent de 30 mois à cinq ans, et la boutique propose encore des millésimes de plus de vingt ans.

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