Les vignes du Clos Troteligotte

Clos Troteligotte

Région viticole

Région viticole

Sud-Ouest

BioBiodyvin
Sommaire

Un clos de Malbec à 350 mètres, entre causse et Quercy Blanc

Seize hectares d’un seul tenant au milieu des bois

Le Clos Troteligotte est un domaine bio et biodynamique de l’appellation Cahors, installé au lieu-dit Le Cap Blanc, à Villesèque, dans le Lot. Son vignoble principal forme un clos de 16 hectares d’un seul tenant, entouré de bois. Il occupe les terroirs d’altitude du causse, à 350 mètres.

Emmanuel Rybinski situe son clos juste à la limite entre l’AOC Cahors et le début du Quercy Blanc. Il tire parti de ces deux terroirs pour équilibrer ses rouges et ses blancs. Le Malbec, cépage emblématique de l’appellation, reste le pivot du domaine.

Vignobles Clos Troteligotte

Trois argilo-calcaires, trois époques géologiques

Le sol est à dominante argilo-calcaire. Depuis 2004, le domaine a mené une sélection micro-parcellaire pour distinguer plus finement ses sols, puis vinifier selon cette différence. Trois terroirs en sont sortis. Le kimméridgien garde des fossiles du jurassique. Le sidérolithique est riche en fer. Le stampien montre des marnes blanches ou grises.

Le sidérolithique est le plus abondant. Il couvre la petite colline du Clos, sur la commune de Villesèque. D’après le domaine, ce type de sol ne représente que 7 % de l’appellation au maximum. Ses concentrations en fer, les concrétions ferrugineuses, ont servi à délimiter les parcelles. Chacune correspond à une cuvée.

Le kimméridgien vient de sédiments marins, et on le retrouve notamment à Chablis. Le domaine lui attribue la fraîcheur, la vivacité et la salinité de ses vins. Au sidérolithique, il prête des profils aériens, de l’élégance et de la délicatesse.

Cahors : le Malbec, la vallée et les causses

Une appellation réservée aux rouges

Reconnue en 1971, l’AOC Cahors ne produit que des vins rouges, issus majoritairement du Malbec. Le cahier des charges autorise deux cépages accessoires, le Merlot et le Tannat. Le Malbec doit toutefois représenter au moins 70 % de l’assemblage. Chaque vin passe au minimum six mois en élevage chez le producteur.

Au Clos Troteligotte, le Malbec est le cépage historique. Il partage le sidérolithique avec le Merlot et le Tannat. À partir de 2008, le domaine a aussi planté du Chenin dans le Clos, sur une parcelle exposée au nord. Ces vignes ne peuvent pas prétendre à l’AOC, qui exclut les blancs.

Sur les causses, loin des terrasses du Lot

Le vignoble de Cahors repose sur deux grands types de terroirs. La vallée du Lot et ses terrasses alluviales abritent environ 60 % des vignes de l’appellation. Les causses calcaires, au-dessus de 250 mètres d’altitude, en portent environ 40 %.

Sur ces versants et ces plateaux, les sols argilo-calcaires sont peu épais et caillouteux. La vigne s’enracine en profitant des fissures de la roche mère. Le plateau rouge dit sidérolithique, fait d’altérite ferrugineuse, ne se rencontre que très localement. C’est pourtant lui qui domine au Clos Troteligotte.

De la ferme familiale à la sélection parcellaire

1987, les premières vignes de Christian Rybinski

L’histoire commence par une ferme. Le grand-père d’Emmanuel est arrivé de Pologne, et son fils, ingénieur agronome, s’est installé dans le Lot. Christian Rybinski plante les premières vignes du domaine en 1987. Avant l’arrivée de son fils, il vend 2 000 bouteilles sur le marché de Cahors.

Le domaine est resté une ferme : l’Agence Bio y recense des prairies et de la luzerne à côté des raisins de cuve. Sur ses fiches techniques, Emmanuel signe d’ailleurs « paysan vigneron du causse ».

2004, Emmanuel arrive et plante des blancs

Emmanuel a étudié la biologie à Toulouse, puis la viticulture et l’œnologie à Montpellier. Il a complété sa formation par des stages aux États-Unis et en Australie. En 2004, il s’installe à la suite de son père.

Son premier geste surprend dans une appellation de rouges : il plante des cépages blancs, sur les argilo-calcaires marneux du Quercy. Le terroir s’y prêtait, explique-t-il, et il aimait boire des blancs. Il rappelle aussi que le Chenin compte parmi les cépages historiques de Cahors.

Chaque hectare dans sa propre cuve

À son arrivée, le Clos compte 9 hectares et seulement deux cuvées. Emmanuel commence alors à vinifier chaque hectare dans une cuve différente. Au bout de deux ans, une nette différence se dessine entre les kimméridgiens et les sidérolithiques. Les cépages et les millésimes ajoutent leurs propres nuances.

Le clos offre aussi toutes les expositions : nord, sud, est, ouest, plateau et bas de pente. Dès 2005, le domaine sort cinq cuvées différentes en AOC. Le K-Or naît avec le premier millésime d’Emmanuel, en 2004. Son étiquette n’a pas bougé depuis : fond noir, K rouge et le mot « or » accolé.

Bio, biodynamie, puis des arbres dans les vignes

Certifié bio en 2014, en biodynamie en 2017

Le domaine a d’abord connu une dizaine d’années d’agriculture raisonnée. Il s’engage en agriculture biologique auprès d’Ecocert en 2011 et obtient la certification AB en 2014. La certification en agriculture biodynamique suit en 2017. Le Clos Troteligotte est aujourd’hui labellisé Biodyvin.

Pour le domaine, la biodynamie cherche à renforcer la vitalité et la résistance des plantes. Elle passe par les échanges entre le sol et les racines, et entre le ciel et les feuilles. Elle tient compte des cycles lunaires et des positions planétaires.

4 000 arbres plantés depuis 2021

Depuis 2021, Emmanuel Rybinski et son équipe mêlent des arbres aux vignes, partout où c’est possible. Près de 4 000 arbres, arbustes et plantes aromatiques ont été plantés sur les 16 hectares. Alisiers, cormiers, érables, charmes, noisetiers, figuiers et pommiers forment des haies le long et autour des parcelles.

Sur un hectare, la vigne est conduite en pergola. Elle pousse d’abord sur échalas, puis s’enroulera autour de l’arbre quand il aura grandi. Les arbres seront en partie taillés en trogne, et le sol travaillé à cheval. Alain Canet et l’association Arbres Haies Paysage 46 accompagnent le projet.

« L’arbre est aujourd’hui pour nous un organe indispensable à l’exploitation, pour la bonne santé de nos vignes et la qualité de nos vins », résume Emmanuel Rybinski. Le domaine a aussi creusé un large plan d’eau pour la faune et la flore sauvages, et réintroduit des ruches dans le vignoble.

Vignoble du Clos Troteligotte

Cochons, brebis et musique dans les rangs

En 2025, une clôture a été posée autour des 16 hectares de vignes. Elle protège les plantations des chevreuils, des sangliers et des cerfs. Elle permet surtout d’installer des animaux dans les parcelles : des cochons Kune-Kune de Nouvelle-Zélande, des poules, des brebis et des vaches.

Les cochons broutent l’herbe comme des moutons et participent à la gestion de l’enherbement. Leur groin court gratte la surface sans abîmer la vigne. Le domaine a aussi installé un haut-parleur dans les vignes, avec la société Genodics. Au lever et au coucher du soleil, il diffuse des mélodies censées stimuler les défenses naturelles de la vigne.

Des Cahors sans sulfite, du béton à la jarre

Vendange à la main et levures indigènes

Le K-Or, le K-Pot’ et le K-2 sont vendangés à la main, sur des vignes de 30 ans. Les fermentations ne comptent que sur les levures indigènes du vignoble. Aucun produit n’est ajouté pendant les fermentations ni pendant l’élevage. Le domaine se limite à des doses réduites de sulfites, et n’en met aucun dans certaines cuvées.

Les rendements varient beaucoup d’une cuvée à l’autre : 50 hl/ha pour le K-Nom et le K-Pot’, 45 hl/ha pour le K-Or, 35 hl/ha pour le K-Lys, 25 hl/ha pour le K-2. Ces Cahors titrent entre 12 et 12,5 % vol. Les extractions sont douces, et les macérations plus ou moins longues selon la cuvée.

Chai du Domaine Clos Troteligotte

Béton, foudre ou jarre de terre cuite

Le contenant change avec la cuvée. Le K-Nom, le K-Pot’ et le K-Or vieillissent en cuve béton, sur lies fines. Le K-Lys passe 24 mois en foudres de chêne de 20 et 30 hectolitres. Le K-2, après une longue macération, reste 12 mois en jarres de terre cuite. Il n’en sort que 2 000 bouteilles.

Du fruit croquant aux Malbec de garde

Le K-Nom assemble 85 % de Malbec et 15 % de Merlot, en macération courte. Le domaine le décrit charnu, sur la myrtille, la mûre et la cerise, avec des tanins croquants et une finale fraîche. Il se boit dans les cinq ans.

Le K-Pot’ vient d’une seule parcelle de kimméridgien, le K-2 d’une seule parcelle de sidérolithique. Le K-Or, 100 % Malbec, cherche l’équilibre entre vivacité, volume et délicatesse. Sa garde est estimée de deux à sept ans, celle du K-Lys de trois à quinze ans.

Le domaine affiche pour le K-Or 2021 un 92/100 de la Revue du vin de France et un 91/100 du Wine Advocate de Robert Parker. Le Guide Hachette a retenu le K-Or 2019 dans son édition 2022.

Blancs, pet’ nat’ et cépages oubliés du Quercy

Hors du Clos, le domaine possède cinq hectares de parcelles satellites, sur le stampien du Quercy Blanc. Elles portent les blancs : Chenin, Sauvignon, Viognier et Chardonnay. Le domaine les décrit ronds, dominés par la minéralité et très expressifs. Ces parcelles donnent aussi de petites séries de rouges légers, gorgés de fruit.

Le pétillant naturel Waz-K associe 70 % de Chardonnay, 15 % de Sauvignon et 15 % de Viognier. Sa mousse se prend naturellement en bouteille, sans soufre ajouté. Le domaine replante aussi de vieux cépages du Quercy, absents du cahier des charges de l’appellation établi en 1971 : Jurançon noir, Gamay et Gibert.

Le Jurançon noir et le Gibert viennent d’une sélection massale de 1911, le Gamay de clones bourguignons. En 2023, le Clos a planté sur l’hectare en pergola un cépage résistant obtenu par l’INRA, le Floréal. Le vignoble réunit au total une trentaine de variétés.

Venir au Cap Blanc : le K-Où et la K-chette

Un loft vigneron attenant au chai

À côté du chai, le domaine a créé un grand loft vigneron, le K-Où. On y déguste gratuitement toute la gamme, entre canapés et bibliothèque de livres sur le vin. Une terrasse accueille les pique-niques, et des terrains de pétanque et de basket attendent les plus jeunes.

Sur réservation, le domaine organise des K’as-Croûtes vignerons : dégustation commentée, visite du chai, découverte de la biodynamie et planche de produits du terroir. Trois circuits de randonnée, les Balades du K-ap blanc, traversent le vignoble. S’y ajoutent des balades botaniques et d’autres consacrées à l’agroforesterie.

Une ancienne grange devenue gîte

Au milieu du vignoble, la K-chette du Clos est un gîte de groupe, à 15 kilomètres de Cahors. Elle reçoit de 2 à 10 personnes sur 200 m², avec cinq chambres et une piscine. Classée 3 étoiles, elle porte le label Vignobles & Découvertes.

La maison occupe une ancienne grange, rénovée avec une isolation en chanvre. Elle dispose d’une phyto-épuration et d’une citerne enterrée de récupération d’eau. Au jardin, la tonte tardive laisse le temps aux pollinisateurs.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

  • Château Feely

    Le Château Feely cultive 7 hectares de vignes à Saussignac, en Dordogne, repris en 2005 par Caro et Sean Feely. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2007, le vignoble suit aussi des pratiques biodynamiques et n’utilise en moyenne que 1,5 kg de cuivre par hectare. La plupart des vins sortent en Vin de France sous des noms en « ité », dont le Silex, né d’un sémillon planté en 1945. Les rouges sont des vins naturels depuis 2014, et un parcours biodynamique balisé fait découvrir les vignes.

  • Château de Mayragues

    Le Château de Mayragues cultive 12 hectares de vigne en biodynamie depuis 1999 dans l’appellation Gaillac, près de la forêt de la Grésigne. Premier domaine du Gaillacois labellisé en biodynamie, il porte aujourd’hui le label Demeter. Ses vins reposent sur les cépages locaux, duras et braucol en rouge, mauzac et loin de l’œil en blanc, du sec jusqu’au vin de voile. La famille Geddes restaure depuis 1980 cette maison forte du XIIe siècle, inscrite aux Monuments historiques.

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine