Domaine Bargemone - Rangs de vignes face à la montagne Sainte-Victoire à Saint-Cannat

Domaine Bargemone

Région viticole

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Provence

Bio

À Saint-Cannat, à quinze minutes d’Aix-en-Provence, le Domaine Bargemone conduit 120 hectares de vignes en agriculture biologique, en AOP Coteaux d’Aix-en-Provence. Le lieu remonte à une commanderie templière du XIIIe siècle, et des guides le désignent encore sous le nom de Commanderie de la Bargemone. Depuis son rachat par la famille Einaudi en 2019, tout y a été repris : vignoble, chais, caveau.

Cent vingt hectares entre Saint-Cannat, Puyricard et Éguilles

Les vignes occupent 120 hectares au sein d’un ensemble d’environ 300 hectares de nature. Petits bois, clairières, prairies fleuries et champs entourent les parcelles. Le terroir allie des nuits fraîches et de belles journées ensoleillées.

Trois secteurs, trois sols pour une même appellation

Le vignoble s’étend sur trois secteurs aux sols bien distincts. Côté Saint-Cannat, les parcelles regardent plein sud, sur un sol argilo-calcaire. Vers Puyricard, on trouve de l’argile et du limon. Sur Éguilles, la terre devient beaucoup plus caillouteuse et les vignes montent jusqu’à 500 mètres d’altitude.

Ces sols donnent des vins de structures différentes. L’équipe vinifie les parcelles séparément, puis assemble. C’est la culture française de l’assemblage, que le domaine revendique face au mono-cépage des vignobles américains ou sud-africains.

Neuf cépages et des parcelles qu’on laisse reposer

Cinq cépages rouges composent l’encépagement : syrah, cabernet-sauvignon, grenache noir, caladoc et counoise. Quatre blancs les accompagnent : rolle, sauvignon blanc, clairette et viognier. Avec ces nombreux cépages et ses deux chais, le domaine élabore des vins de profils variés dans les trois couleurs.

Domaine Bargemone - Grappe de raisin noir sur la vigne
Syrah, grenache, counoise : cinq cépages rouges et quatre blancs.

Le vignoble se renouvelle par étapes. Quand une parcelle devient trop âgée, l’équipe l’arrache après analyses, puis laisse le sol au repos 18 à 24 mois avant de replanter. La terre reconstitue sa matière organique, et les futurs pieds s’enracinent mieux.

La Touloubre et l’eau du canal de Provence

La Touloubre serpente au milieu du domaine et alimente un étang. Ce petit fleuve provençal naît au sud de Venelles, entre le massif de la Trévaresse et la montagne Sainte-Victoire, et rejoint la Méditerranée par l’étang de Berre. Les parcelles les plus proches de son cours profitent d’un climat plus frais : c’est là que le domaine choisit les raisins de sa gamme Libre.

Pour l’irrigation, le domaine est relié au canal de Provence. Il en fait un usage limité, dans le cadre réglementaire, avec un goutte-à-goutte qui dose l’eau au pied des vignes et limite l’évaporation. Les jeunes plantations font l’objet d’une attention particulière.

D’une commanderie templière à la famille Einaudi

Thomassin Bargemon, puis Jean-Pierre Rozan

L’histoire commence au XIIIe siècle, autour d’une commanderie templière. Les chevaliers y priaient, s’y entraînaient aux armes et y cultivaient déjà la vigne. Après la dissolution de l’ordre, la propriété passe à plusieurs familles de la noblesse provençale, dont le comte des Baux. C’est Thomassin Bargemon qui lui a laissé son nom.

En 1968, Jean-Pierre Rozan, ancien maire de Saint-Cannat, replante des vignes décimées par le phylloxéra. Il dessine le vignoble tel qu’on le connaît aujourd’hui. Quand le domaine change de mains cinquante ans plus tard, il a perdu de son lustre.

Un comédien devenu vigneron

En septembre 2019, la famille Einaudi rachète Bargemone. André Einaudi, fondateur de la société aixoise Ortec, mène l’acquisition. Pierre Einaudi développe aujourd’hui le domaine, épaulé par ses parents et par une équipe qui va du régisseur au maître de chai.

Pierre vient du théâtre. Comédien devenu vigneron, il est aussi petit-fils et arrière-petit-fils de vignerons. Il a suivi un BTS viticulture-œnologie et une formation à Suze-la-Rousse. Il aime, dit l’équipe, mettre en scène de nouvelles cuvées. La maison tient en trois mots : excellence, partage, écologie.

Domaine Bargemone - Pierre Einaudi, comédien devenu vigneron
Pierre Einaudi développe le domaine depuis le rachat familial de 2019.

Deux chais et des vendanges de nuit

Entre 2019 et 2023, le domaine a mené de gros travaux. Un nouveau chai de vinification est venu agrandir l’ancien chai à barriques. Le premier apporte la précision technique, le second garde l’élevage en fûts de chêne. Toutes les cuves sont thermorégulées, ce qui permet de descendre les jus à très basse température pour les rosés et les blancs.

Du raisin froid et des sulfites le plus tard possible

Les vendanges se font de nuit. Le fruit arrive au chai à basse température, et il faut moins d’énergie pour garder les jus au froid. Aucun sulfite n’est ajouté ni à la vendange ni au pressoir : l’équipe attend la fin des fermentations pour en mettre, au strict nécessaire.

Pour les rosés et les blancs, les jus restent au froid avant le départ en fermentation, pendant une durée choisie selon les parcelles. Cette stabulation va chercher des arômes, du volume et de la rondeur. Les rouges macèrent en barrique ou en cuve inox.

Macérations pelliculaires et fûts de chêne

Pour certaines cuvées, les raisins égrappés macèrent dans le pressoir ou en cuve close avant d’être pressés. Cette macération pelliculaire extrait aromatique, structure et longueur. Le Viognier et le Sauvignon y passent 48 heures.

Les vins de la gamme Les Secrets vieillissent au moins 12 mois en fûts de chêne. Le rouge « nature », lui, suit une macération carbonique à la façon beaujolaise : les grappes entières fermentent de l’intérieur dans une cuve saturée de gaz carbonique.

Du rosé de Provence au vin sans alcool

Bargemone produit surtout du rosé, autour de 85 % des volumes, contre 10 % de blancs et 5 % de rouges. Mais la gamme va bien au-delà des trois couleurs classiques : cuvées de garde, vin nature, mono-cépages, pétillants et vins désalcoolisés.

Domaine Bargemone - Les bouteilles de la gamme alignées au caveau
Rosés, blancs, rouges, effervescents et vins sans alcool.

Zenith et Libre, la fraîcheur des Coteaux d’Aix

Zenith de Bargemone se décline en rosé, blanc et rouge. C’est la gamme accessible du domaine, fraîche et facile, pensée pour les moments entre amis.

Libre repose sur une sélection de parcelles proches de la Touloubre, vendangées de nuit. Le blanc et le rosé sont vinifiés cépage par cépage, puis assemblés en décembre. Le blanc joue les agrumes et la pêche blanche. Le rosé associe gourmandise et tension, avec une finale florale. Le rouge, en partie élevé un an en fût, finit sur le fruit noir.

Les Secrets, Bascule et deux mono-cépages

Les Secrets réunissent de vieilles vignes et l’élevage en fût, dans les trois couleurs. Le rouge mêle fruits noirs, épices fines et garrigue, sur des tanins soyeux. Le blanc évoque l’acacia et les agrumes. Le rosé, pensé pour la table, tient plusieurs années en cave.

Bascule porte le label Vin Méthode Nature : vendanges manuelles, levures indigènes, aucun intrant, ni collage ni filtration. Le rouge vient de la syrah, le blanc de la clairette. Son nom vient d’une chute : le père du vigneron est tombé de l’échelle posée sur la cuve le jour des vendanges, avec deux côtes cassées à la clé.

Deux blancs en IGP Méditerranée complètent cette partie de la gamme. Le Viognier vient de la parcelle de Saint-Julien, où l’équipe a limité le nombre de grappes à l’initiative d’Aurélien, le maître de chai : fruits jaunes, fleurs, fruits secs. Le Sauvignon s’écarte du sauvignon classique, avec de la rondeur, des fruits tropicaux et une touche de buis.

Domaine Bargemone - Aurélien, maître de chai, au travail dans les vignes
Aurélien, le maître de chai, a suivi de près la parcelle du Viognier.

Minuit, Bisous et Java, des bulles avec ou sans alcool

Minuit, en rosé et en blanc, suit la méthode provençale : un ajout de jus de rolle donne une effervescence naturelle en bouteille, sans gaz carbonique ni sucre ajoutés. Bisous est un rouge pétillant à boire bien frais. Enfin, la gamme Java rassemble des vins désalcoolisés, un rosé tranquille et deux effervescents.

Un domaine bio qui recycle son marc en compost

Bargemone est engagé en agriculture biologique depuis 2014. Tout le vignoble est certifié AB, labellisé Haute Valeur Environnementale niveau 3, et certifié NOP, l’équivalent américain du bio. La vinification est elle aussi certifiée AB et NOP.

Marc composté et bois de taille broyés

Après le pressurage, le marc part chez des liquoristes qui en tirent alcools et liqueurs. Ce qui reste revient au domaine et sert de compost, riche en azote naturel. Des analyses de sol régulières guident ces apports.

Après la taille, les sarments restent dans les rangs : environ deux tonnes par hectare. Ils sont broyés sur place et nourrissent le sol. Le domaine estime ainsi restituer la moitié de la matière organique que la terre perd chaque année.

Vingt-cinq ruches, des chevreuils et peut-être des loups

Merles, hérons, chouettes, libellules et coccinelles vivent entre les parcelles. On y croise souvent sangliers, chevreuils et renards. Depuis peu, on y entend même des loups, et une meute pourrait s’y installer. L’équipe intervient le moins possible sur ces espaces.

Depuis avril 2023, 25 ruches sont installées sur le domaine, près de la Touloubre et d’une garrigue fleurie. Nicolas Roux, apiculteur et créateur d’Abeilles et Sens, les a posées là. La vigne n’a pas besoin des abeilles pour se polliniser, mais le reste de la flore du domaine, si.

Domaine Bargemone - Les ruches installées sur le domaine
Vingt-cinq ruches sont installées sur le domaine depuis avril 2023.

Une centrale solaire sur les toits des chais

Les vendanges sont le moment où le domaine consomme le plus d’énergie. Il a donc conçu une centrale solaire de 800 m², exposée plein sud, pour les toits de ses deux chais et de son bâtiment de stockage. Elle doit produire plus que la consommation du domaine et éviter 3 271 tonnes de CO2 sur trente ans.

Un caveau ouvert à quinze minutes d’Aix-en-Provence

Une terrasse en restanques face aux vignes

Le nouveau caveau a ouvert en mai 2023, après plus de deux ans de travaux. On y descend quelques marches le long d’un mur de pierres régionales. La salle est lumineuse, prolongée par une terrasse habillée d’un escalier de pierres en restanques et par un toit végétalisé. Le lieu est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Domaine Bargemone - Le bar de dégustation du caveau sous son plafond de bois
Le caveau a ouvert en mai 2023, après plus de deux ans de travaux.

Ateliers du vigneron, soirées d’été et marchés de Noël

Au comptoir, on peut goûter les cuvées sans rendez-vous, selon l’affluence. Pour aller plus loin, Pierre Einaudi anime des ateliers du vigneron sur réservation. Une salle de réception accueille des dégustations, des ateliers pédagogiques et des événements privés.

Le domaine vit aussi le soir. L’été, la terrasse reçoit des concerts et des food trucks, face au coucher du soleil sur les vignes. Le domaine accueille aussi des marchés de Noël. Ici, la dégustation ne demande aucune connaissance préalable, seulement un peu de curiosité.

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Les autres domaines de la région Provence

  • Domaine de la Garenne

    Le Domaine de la Garenne cultive 25 hectares en appellation Bandol à La Cadière-d’Azur, dans un vallon situé à cinq kilomètres de la mer. Ancien enclos de chasse acheté en 1790, il a été mis en vigne par le comte Jean de Balincourt, puis repris en 2000 par sa fille Béatrix. Sa cuvée M, un rosé où domine le mourvèdre, a reçu deux coups de cœur du Guide Hachette. Engagé en bio en 2023, le domaine élève ses Bandol rouges dix-huit mois en foudres de chêne.

  • Château des Demoiselles

    Le Château des Demoiselles cultive 72 hectares de vignes en Côtes-de-Provence sur un domaine de 300 hectares à La Motte, dans la vallée des Esclans. La famille d’Aurélie Bertin, propriétaire de 1956 à 1978, l’a repris en 2005 et rebaptisé en hommage aux filles du comte de Provence. Engagé en bio en 2019, le vignoble est certifié Agriculture Biologique depuis 2022 et labellisé Vignerons Engagés. Deux collections, Château des Demoiselles et Charme des Demoiselles, se déclinent en rosé, blanc et rouge.

  • Château de la Bégude

    Le Château de la Bégude cultive 32 hectares en bio sur les coteaux de Rousset, au pied de la Sainte-Victoire, en appellation Côtes de Provence. La famille Rey-Sabatier-Lefebvre le tient depuis 1896, et Didier Lefebvre, ancien avocat, en est la cinquième génération. Ses rouges, vendangés à la main, sont vinifiés en grappes entières et élevés en vieux foudres ou demi-muids. Le blanc, le rosé et le blanc de noirs de grenache sont vendangés de nuit, pour garder leur fraîcheur.

  • Château Bonisson

    Le Château Bonisson cultive 10 hectares de vignes en bio à Rognes, en appellation Coteaux d’Aix-en-Provence, autour d’une bastide du XVIIIe siècle. Repris en 2017 par la famille Le Dorze, il est dirigé par Victoire Le Dorze, formée à l’Université du Vin de Suze-la-Rousse. Les rangs se labourent au cheval, les travaux suivent les phases de la lune et toute la vendange se fait à la main. Ses trois gammes, La Petite Causerie, la Cuvée B et Abstraction, se dégustent au caveau, voisin d’un centre d’art contemporain.

  • Château Gassier

    Au pied de la Sainte-Victoire, le Château Gassier cultive 40 hectares en bio à Puyloubier, découpés en 26 micro-parcelles sur calcaire et argile rouge. Antoni Gassier achète la propriété en 1982, rejoint le groupe AdVini avec son fils en 2004, et Georges reprend le vignoble en 2009. Certifié bio en 2016, le domaine ne produit que des rosés et des blancs, en Côtes de Provence et en Sainte-Victoire. Ses cuvées passent en cuve béton ou en demi-muid autrichien, comme le rosé 946, né en 2010, et Elevae, élevé vingt-quatre mois.

  • Domaines Bunan

    Les Domaines Bunan réunissent trois terroirs autour de La Cadière-d’Azur et du Castellet : le Moulin des Costes, fondé en 1961 par Paul et Pierre Bunan, le Château la Rouvière et le Bélouvé. Les deux premiers donnent des Bandol, le troisième des Côtes de Provence. Tout le vignoble est certifié en agriculture biologique depuis 2008 et conduit par la troisième génération de la famille. Le mourvèdre guide des rouges de garde, élevés 18 mois et plus en foudres ou en barriques de chêne.

  • Domaine Fredavelle

    Le Domaine Fredavelle cultive 25 hectares en agriculture biologique à Éguilles, à dix minutes d’Aix-en-Provence, dans l’appellation Coteaux d’Aix-en-Provence. David Ravel y vinifie depuis 1999 les raisins que ses grands-parents vendaient à la coopérative, associé depuis 2015 à l’œnologue Olivia Menigoz. Engagé en bio en 2019, le domaine produit surtout des rosés, du plus frais au rosé de gastronomie élevé sous bois. Des rouges, des blancs, deux Pet’Nat’ de grenache et la gamme Echo x Olivia complètent la production.

  • Sinaca Villa

    Sinaca Villa, l’ancien nom de Sénas, désigne le vignoble de 6 hectares planté de zéro en 2018 par Agathe Genty et Nicolas Mertz, entre Alpilles et Luberon. Rencontrés en Nouvelle-Zélande, ces deux ingénieurs agronomes ont choisi des cépages atypiques en Provence, dont le petit verdot, le caladoc et le souvignier gris, résistant aux maladies. Engagé en bio depuis 2020, le domaine vendange de nuit sur les galets et les argiles de l’ancienne vallée de la Durance. Deux gammes, Sinaca et Arômes, déclinent les trois couleurs en IGP Méditerranée.

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