Domaine Berthet-Bondet - Le village de Château-Chalon perché au-dessus des vignes

Domaine Berthet-Bondet

Région viticole

Région viticole

Jura

Bio

Une maison du XVIe siècle au pied de la tour de Château-Chalon

Le Domaine Berthet-Bondet produit des vins bio du Jura à Château-Chalon. Le village, posé au bord du premier plateau jurassien, est classé parmi les Plus Beaux Villages de France. Chantal et Jean Berthet-Bondet y ont acheté leur maison en 1984 et fait leurs premières vendanges en 1985. Leur fille Hélène dirige aujourd’hui les 15 hectares de vignes, conduits en agriculture biologique.

La maison du châtelain, vendue comme bien national

La partie centrale de la maison et sa cave voûtée datent du XVIe siècle. Les fenêtres à meneaux, la tourelle d’escalier et la porte à accolade en témoignent. Au-dessus de l’entrée, deux blasons portent les armes des de Rye et des de Quingey. Ces familles nobles comtoises ont compté de nombreuses abbesses de Château-Chalon. On l’appelle la maison du châtelain, ou du prieuré.

Juste à côté se dresse une tour du XIIIe siècle, vestige de l’ancien château. Au XVIIIe siècle, la maison appartenait au marquis Martin de Barjon, un noble d’Arbois qui émigra à la Révolution. Ses biens furent réquisitionnés et la maison vendue comme bien national. L’acheteur, Jean Roussot, était le paysan aisé qui venait d’en faire l’estimation. Plusieurs générations de paysans vignerons s’y sont ensuite succédé.

Domaine Berthet-Bondet - Porche de pierre à l’entrée de la cour du domaine
Le porche ouvre sur la cour et sur la maison.

Une cuverie dans la grange, puis 400 m² de cave

Les Berthet-Bondet ont équipé les lieux par étapes. Une cuverie a pris place dans l’ancienne grange en 1986. Une cave de vieillissement de 400 m² a suivi en 1987. Un chai de stockage et d’étiquetage l’a complétée en 1997. Au caveau, un ancien tour à pédale reste exposé : c’était celui du grand-père maternel de Jean, tourneur sur bois.

Deux agronomes sans vigne, puis une traductrice revenue de Bruxelles

Jean et Chantal Berthet-Bondet, d’Oyonnax au vignoble

Ni Jean ni Chantal ne viennent d’une vieille famille de vignerons. On trouve bien des aïeux vignerons en Languedoc du côté de Chantal. Un arrière-grand-père de Jean fut aussi, un temps, ouvrier vigneron au Clos Vougeot.

La famille de Jean vient surtout d’Oyonnax, dans l’Ain, et de l’artisanat. Un grand-père tournait le bois, l’autre fabriquait des peignes. Son père et son frère sont passés à l’injection plastique, puis à la lunetterie.

Jean a pris un autre chemin. Il étudie l’agronomie à Montpellier, où il rencontre Chantal. Il part ensuite au Népal comme coopérant chercheur, auprès des zébus, des buffles et des yacks. En 1985, il fait son apprentissage et s’installe à Château-Chalon. Chantal, elle, enseigne la phytotechnie au lycée agricole de Montmorot, avant de rejoindre la Direction régionale de l’agriculture comme ingénieure agronome.

Hélène, la fille aînée, gérante depuis 2018

Hélène a d’abord vécu une dizaine d’années à Bruxelles, où elle était traductrice. Elle revient dans le Jura avec son époux et reprend des études de viticulture en 2013. Elle obtient son diplôme en 2015. Après cinq années au domaine, comme apprentie puis comme salariée, elle en devient gérante en 2018, quand son père lui passe le relais.

Domaine Berthet-Bondet - Un vigneron et une vigneronne sur un chemin de vigne
Au bord d’une parcelle, avant le retour des feuilles.

Cette année-là, Jean reste à la cave comme salarié. Chantal, tout juste retraitée, continue d’aider au bureau et au caveau. Clément, le benjamin, graphiste à Lyon, s’en mêle aussi. Avec l’aquarelliste Hélène Lacroix, de Château-Chalon, il crée de nouvelles étiquettes pour les rouges et les blancs ouillés. Elles habillent les bouteilles depuis le millésime 2019.

Quinze hectares de marnes et de graviers, entre Château-Chalon et Côtes-du-Jura

Treize lieux-dits répartis sur sept communes

Le vignoble couvre 15 hectares : 4,5 en appellation Château-Chalon et 10,5 en Côtes-du-Jura. La plupart des vignes ont été plantées dans les années 1980, quelques-unes dans les années 1990 et 2000. Elles se répartissent sur treize lieux-dits et sept communes : Château-Chalon, Domblans, Lavigny, Ménétru, Nevy-sur-Seille, Pannessières et Passenans.

Le savagnin du Château-Chalon vient de quatre parcelles : Sous-roche à Château-Chalon, Gaillardon à Domblans, Beaumont à Ménétru et Au Clieux de Trus à Nevy-sur-Seille. Les marnes y sont grises, feuilletées ou jaunes selon l’endroit, parfois mêlées de graviers.

Domaine Berthet-Bondet - Coteau de vignes sous la falaise, au-dessus de la vallée
Des vignes en pente sous la falaise, face à la vallée.

Les Côtes-du-Jura reposent sur des sols plus variés. Le chardonnay pousse notamment sur les graviers de La Petite Côte, de La Forge et de La Poirière. Le pinot noir occupe les marnes irisées de Passenans, le poulsard les marnes rouges d’En Bréna, à Pannessières. Le trousseau est planté à La Forge, sur la commune de Lavigny. La parcelle des Grandvaux porte aussi du gamay.

En bio depuis 2010, à la main dans les pentes

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique fin 2009, auprès d’Ecocert, et s’est converti en 2010. Les parcelles de Passenans, Les Grandvaux et La Queue au Renard, ont suivi. En conversion depuis 2015, elles sont certifiées depuis 2018.

Les vignes sont souvent pentues. La mécanisation y est difficile et réclame une main-d’œuvre nombreuse. L’enherbement couvre un rang sur deux, et les sols sont travaillés avec des outils interceps montés sur un tracteur vigneron. Toutes les autres tâches se font à la main.

Domaine Berthet-Bondet - Taille d’hiver à la main dans une vigne en pente
La taille d’hiver, pied par pied.

Le calendrier, lui, se décale. Le gel de 2017 a laissé un grand vide dans la cave. En 2020, les vendanges ont commencé dès le 25 août, deux jours plus tard seulement qu’en 2003.

Château-Chalon, une appellation jugée sur pied chaque année

L’AOC Château-Chalon ne produit que du vin jaune, issu du seul savagnin. Depuis 1958, une commission de contrôle passe chaque année dans les vignes, un peu avant les vendanges. Elle regarde le potentiel alcoolique du raisin, son état sanitaire et le rendement, parcelle par parcelle, puis accorde ou non l’appellation. Certaines années, les producteurs y ont renoncé d’eux-mêmes : 1974, 1980, 1984 et 2001.

L’appellation Côtes-du-Jura, la plus étendue du vignoble jurassien, admet tous les types de vins. Le domaine y loge ses blancs ouillés, ses rouges et deux de ses blancs sous voile. Il produit aussi du Crémant-du-Jura, du Macvin-du-Jura et un Marc du Jura.

Sous voile ou ouillés : deux familles de blancs, et quelques rouges

Six ans de fût sans ouillage pour le Château-Chalon

Les vendanges sont manuelles et la vendange entière part au pressoir. Après une fermentation en cuve inox, le savagnin du Château-Chalon passe six ans au minimum en fûts de chêne de 228 litres. Ces fûts ne sont pas ouillés : un voile de levures se forme à la surface du vin. La mise se fait en bouteille de 62 cl, et le domaine annonce cinquante ans de garde.

Domaine Berthet-Bondet - Vendanges manuelles dans une parcelle en pente
Les vendanges se font à la main.

Avec un tel élevage, le premier Château-Chalon certifié AB s’est fait attendre : c’est le millésime 2013. Vendangé de fin septembre à mi-octobre, dans le froid et la pluie, il a donné de petits rendements. Il n’a été commercialisé qu’en 2020.

Deux autres cuvées suivent la même méthode, en plus court. Le Savagnin, issu de marnes du Jurassique, reste trois ans sous voile. La cuvée Tradition assemble 70 % de chardonnay et 30 % de savagnin, élevés deux ans en fûts non ouillés. L’élevage oxydatif donne à ces blancs leurs arômes de noix, de noisette et d’épices douces.

Domaine Berthet-Bondet - Fûts alignés sous la voûte de pierre de la cave
Les fûts d’élevage, sous la voûte de pierre.

Savagnier, La Poirière, L’Acacia : les blancs ouillés

Les blancs ouillés sont élevés à l’abri de l’air, et leur registre est plus floral, avec des notes de fruits. Savagnier, un savagnin parcellaire, passe dix mois en cuve inox. La Poirière, chardonnay parcellaire lui aussi, reste dix-huit mois en fût de chêne. L’Acacia porte le nom de son bois. Ce savagnin est élevé dix-huit mois en fûts d’acacia pour 80 %, de chêne pour le reste.

Trousseau, pinot noir et poulsard, en rouge et en crémant

Les rouges macèrent peu : une semaine environ, en baies entières égrappées, après passage sur table de tri. Trio réunit trousseau (60 %), pinot noir et poulsard, élevés douze mois en cuve inox. La Queue au Renard est un pinot noir parcellaire, issu de vignes de quarante ans. Il passe quinze mois en fûts de chêne.

Deux crémants s’y ajoutent. Le brut nature assemble chardonnay et savagnin. Le rosé, à dominante de poulsard, reste douze mois sur lattes.

Viennent enfin les vins de fin de repas. Le Macvin associe deux tiers de moût et un tiers d’eau-de-vie de marc. Le Marc du Jura vieillit quatre ans en fût. Pour le vin de paille, les raisins sèchent trois à quatre mois sur des claies en sapin. Le vin passe ensuite dix-huit mois en fût, puis dix-huit mois en cuve.

Deux étoiles au Guide Vert, un coup de cœur au Guide Hachette

Les guides ont salué ces vins. Le Guide Vert 2026 de La Revue du vin de France attribue deux étoiles au domaine. Le Guide Hachette des Vins 2026 donne un coup de cœur au Château-Chalon 2017 et deux étoiles au Savagnin 2019.

Le domaine reçoit au caveau et ouvre ses portes chaque automne. En 2025, il y a fêté ses quarante ans avec une dégustation verticale de six millésimes de Château-Chalon.

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Les autres domaines de la région Jura

  • Champ Divin

    Champ Divin est le domaine de Fabrice et Valérie Closset, ingénieurs belges installés à Gevingey, dans le sud du Jura, depuis 2008. Ils y cultivent moins de sept hectares de chardonnay, savagnin, pinot noir et trousseau, certifiés bio depuis 2010 et Demeter depuis 2011. Un hectare de verger et un rucher complètent les vignes, sur des calcaires et des marnes au pied du premier plateau. La gamme va du crémant Brut Nature au vin jaune, en passant par deux macvins.

  • Domaine Benoit Badoz

    Le Domaine Benoit Badoz cultive 10 hectares de vignes bio à Poligny, dans le Jura, presque tous rassemblés sur les coteaux des Roussots. Benoit Badoz, dixième génération d’une famille de vignerons attestée depuis 1659, dirige le domaine depuis 2003, après des passages à Petrus et en Californie. Engagé en bio en 2016, il fait désherber ses rangs par un robot enjambeur électrique. Ses Côtes-du-Jura vont du vin jaune élevé plus de six ans sous voile aux savagnins et chardonnays ouillés, avec du trousseau et du vin de paille.

  • Domaine de la Pinte

    Le Domaine de la Pinte cultive 34 hectares en biodynamie à Arbois, dans le Jura, dont 14 hectares de savagnin plantés par Roger Martin en 1953. Converti au bio en 1999, il porte la mention Demeter depuis 2009 et le label Biodyvin depuis la récolte 2024. Vincent Martin, petit-fils du fondateur, le dirige aujourd’hui avec son épouse Catherine. La gamme va du savagnin ouillé au vin jaune élevé sept ans sous voile, avec des rouges de poulsard, un crémant brut nature et un vin de paille.

  • Domaine Pignier

    Le Domaine Pignier cultive 12 hectares en AOC Côtes du Jura à Montaigu, sur des coteaux plantés par les moines chartreux dès le XIIIe siècle. La famille le possède depuis 1794 : une sœur et deux frères le dirigent avec Thibaut, la huitième génération. Le vignoble, en biodynamie depuis 2002 et certifié Demeter depuis 2003, abrite une collection de vieux cépages jurassiens. Vins de voile, vin jaune, crémants non dosés et vin de paille sont vinifiés sans levurage ni chaptalisation.

  • Domaine du Château d’Arlay

    Le Domaine du Château d’Arlay cultive 22 hectares de vieilles vignes en AOC Côtes du Jura, d’un seul tenant et plein sud, sur la colline de son ancienne forteresse. Les cinq cépages du Jura y poussent sur des marnes grises du Lias, du pinot noir au savagnin. Engagé en bio chez Ecocert depuis 2021, le domaine pratique toutes les vinifications jurassiennes, sauf la champagnisation. Sa gamme va du vin jaune au vin de paille, en passant par le Corail, les Macvins et deux eaux-de-vie.

  • Domaine de Montbourgeau

    Le Domaine de Montbourgeau cultive 11 hectares à L’Étoile, dans le Jura, où la même famille se transmet les vignes depuis 1920. César et Baptiste Deriaux, quatrième génération, l’ont engagé en bio fin 2022. Sur des marnes semées de fossiles en étoile, chardonnay et savagnin donnent des blancs sous voile ou ouillés, et un vin jaune mis en bouteille après sept ans. Le vin de paille, séché sur claies jusqu’à Noël, a reçu trois coups de cœur d’affilée au Guide Hachette.

  • Domaine des Pentacrines

    Clarisse Nunez et Jean-Marie Grandvaux ont créé le Domaine des Pentacrines en 2022 à Pannessières, près de Lons-le-Saunier. Le couple cultive en agriculture biologique 6 hectares de Côtes du Jura, surtout en chardonnay et en savagnin, sur des vignes de 40 à près de 100 ans. Tisanes de plantes et préparations biodynamiques y limitent le cuivre et le soufre, et les vins fermentent en levures indigènes avant une mise sans filtration. Les élevages durent jusqu’à plus de 24 mois en fûts anciens, et le poulsard 2022 a reçu 92/100 chez Gault&Millau.

  • Domaine de la Bougarde

    Seul domaine viticole d’Offlanges, dans le nord du Jura, le Domaine de la Bougarde y fait revivre la vigne depuis 1974. Maxime Guelle a repris en 2023 les 11 hectares familiaux et les a engagés la même année en agriculture biologique. Ses vins sortent en IGP Franche-Comté, sur les sols acides du massif de la Serre, hors de l’AOC du Jura. La gamme mêle Chardonnay, Pinot gris, Savagnin ouillé, rouges légers de Pinot noir et de Gamay, et perlants élaborés en méthode traditionnelle.

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