Domaine de l’Octavin - Rangs de vigne enherbés au printemps, à Arbois

Domaine de l’Octavin

Région viticole

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Jura

Bio

Une violoncelliste devenue vigneronne à Arbois

Le Domaine de l’Octavin cultive 6,5 hectares de vignes en agriculture biologique autour d’Arbois, dans le Jura. Alice Bouvot l’a créé en 2005 avec Charles Dagand. Elle l’a ensuite repris seule et le développe depuis 2015. Aucun intrant n’entre dans sa cave, et ses vins ne sont pas filtrés.

Du conservatoire de Besançon au diplôme d’œnologue

Alice Bouvot a passé son enfance et son adolescence au conservatoire de musique de Besançon, en classes musicales, son violoncelle avec elle. Elle suit ensuite des études d’ingénieur agronome à Bordeaux, puis obtient le diplôme national d’œnologue.

Pendant trois ans, elle parcourt les vignobles du monde. Vers la trentaine, elle rentre en France et cherche à s’installer dans le Jura, dont la complexité des terroirs la fait rêver.

Domaine de l'Octavin - Alice Bouvot assise près d'une cuve, une bouteille à ses pieds
Alice Bouvot, au milieu des cuves.

Le domaine reste une histoire de famille. Charles Dagand l’a fondé avec elle, et leurs enfants, Célestin et Anatole, font partie de son histoire. Les parents d’Alice Bouvot, fidèles à la vigne et aux vendanges, ont tenu une place centrale dans les premières années.

Une clef de sol sur chaque étiquette

La musique a donné au domaine son emblème. Une clef de sol sert de clé de voûte aux étiquettes, et Alice Bouvot lui attache trois mots : interprétation, retranscription, nuance.

Interpréter, c’est lire les différents terroirs arboisiens selon sa propre sensibilité. Retranscrire, c’est rendre avec fidélité le message de la vigne, en laissant la nature s’exprimer le plus possible. La nuance, enfin, est sa touche personnelle, qu’elle dit féminine.

Plusieurs cuvées portent le nom d’un personnage des opéras de Mozart, le compositeur qui l’accompagne au quotidien : Zerlina, Commendatore, Pamina, Dorabella ou la Reine de la nuit.

Six lieux-dits entre Arbois et Montigny-lès-Arsures

Le domaine décrit ses parcelles une à une. Cinq lieux-dits se trouvent sur la commune d’Arbois, le sixième à Montigny-lès-Arsures. Les marnes du Lias se retrouvent sous chacun d’eux.

Les Corvées, le lieu-dit du trousseau

Pour le domaine, Les Corvées est le terroir d’Arbois le plus réputé pour le trousseau. Le coteau regarde plein sud. En surface, des éboulis sont descendus de la corniche de calcaire bajocien. En profondeur, ce sont des marnes grises du Lias.

Le domaine y exploite deux parcelles d’environ 40 ans, sur 90 ares, au sommet de la pente, là où le sous-sol est le plus complexe. Il y a aussi planté 14 ares de jeune trousseau.

Domaine de l'Octavin - Rangs de vigne en automne sous un ciel bleu, une cabane de vigne au loin
Les rangs en automne, une cabane de vigne au loin.

En Curon et Nouvelle vigne, deux coteaux de poulsard

Les lieux-dits En Curon et Nouvelle vigne ont le même terroir que Les Corvées : plein sud, marnes grises en profondeur, éboulis calcaires en surface. Leurs vignes ont une quarantaine d’années.

En Curon couvre 70 ares, Nouvelle vigne 90 ares. Le poulsard y domine, avec un peu de trousseau et de pinot noir.

Domaine de l'Octavin - Taille d'hiver dans des rangs couverts de givre
La taille d’hiver, dans les rangs givrés.

La Mailloche, En Arces et Poussot, les parcelles de chardonnay

À La Mailloche, sur 60 ares de marnes du Lias, poussent du chardonnay, du savagnin et du poulsard d’environ 70 ans. Ce sont les plus vieilles vignes que le domaine décrit.

En Arces réunit 50 ares de chardonnay d’une cinquantaine d’années et 50 ares de pinot noir d’une trentaine d’années, sur le Lias.

À Montigny-lès-Arsures, le lieu-dit En Poussot porte 50 ares de chardonnay d’une quarantaine d’années. Le haut de la parcelle repose sur les marnes grises du Lias, le bas sur les marnes irisées du Trias supérieur, le Keuper.

Une vigne en bio depuis 2006, une cave sans intrant depuis 2009

Ecocert, Demeter et les purins maison

Les vignes sont certifiées en agriculture biologique par Ecocert. Le premier engagement date du 4 mai 2006, un an après la création du domaine.

La biodynamie est venue dès 2007, avec une certification Demeter de la vigne. Les vins ont porté ce label jusqu’en 2022. Le domaine poursuit aujourd’hui des pratiques biodynamiques.

L’équipe fabrique elle-même ses extraits fermentés, des purins qu’elle applique à la vigne. Le but est d’équilibrer le sol pour qu’il fonctionne le mieux possible.

Domaine de l'Octavin - Rang enherbé entre deux lignes de vigne en juin
Un rang enherbé, en juin.

Chaque terroir dans sa propre cuve

À la cave, il n’y a pas de recette établie. Chaque vendange est une surprise, et l’équipe s’adapte au raisin et à son millésime.

Alice Bouvot vinifie chaque terroir séparément. C’est d’abord une façon d’apprendre à mieux les connaître. C’est aussi le moyen de garder en bouteille, d’un millésime à l’autre, le caractère de chaque parcelle.

Depuis 2009, aucun intrant n’entre en cave, et la mise en bouteille se fait sans filtration. Comme à la vigne, l’équipe observe la lune pour choisir les jours de travail en cave.

Des vins vivants hors appellation

Arbois, l’une des six premières AOC de France

Arbois compte parmi les six premières appellations d’origine contrôlée françaises, instituées par le décret du 15 mai 1936. Ses vignerons s’étaient mobilisés pour défendre la typicité de leurs vins. Elle reposait sur des cépages autochtones comme le savagnin ou le poulsard, et sur l’élevage sous voile du vin jaune.

Les vignes du domaine sont plantées dans ce vignoble de marnes. Ses cuvées sortent pourtant en Vin de France, hors appellation.

Longues macérations et jarre de grès

Alice Bouvot parle de « vins vivants ». Ses rouges passent souvent par de longues macérations égrappées. Commendatore, pur trousseau des Corvées, macère six mois avant un élevage en cuve. Dorabella, poulsard d’En Curon, reste vingt jours sur ses peaux.

Zerlina assemble trousseau et pinot noir d’En Curon, après deux mois de macération. Elle aime suit une autre voie : 90 % de pinot noir et 10 % de chardonnay d’En Arces, en grappes entières pendant six semaines. Potion Magique, enfin, est un rouge qui mêle chardonnay, savagnin et poulsard.

Côté blancs, Pamina vient du chardonnay de La Mailloche, pressé directement puis fermenté dans une jarre en grès de 12 hectolitres. Arces Macéré, chardonnay d’En Arces, macère trois mois. P’tit Poussot est le chardonnay de Montigny-lès-Arsures. Un vieux marc du Jura, élevé plus de 13 ans en fût, complète la gamme.

L’Octavin, aussi un négoce de raisins bio

À côté du domaine, Alice Bouvot a créé en 2014 une petite maison de négoce, la SAS L’Octavin. Depuis 2015, elle y vinifie d’autres cépages français à sa manière : grenache, gamay, muscat, jacquère, riesling ou chenin.

Elle achète les raisins sur pied, chez des vignerons qu’elle connaît. Ils sont certifiés en bio ou en conversion, parfois Demeter. Elle vendange avec l’équipe du vigneron et n’achète jamais de vin fini. Parmi ces partenaires figurent Vincent Lafage, Claire et Stéphane Trichon, Claude et Gisèle Ughetto, ou Marc et Susel Humbrecht.

Ces raisins sont vinifiés à Arbois, dans le chai de l’Octavin, sans intrant ni filtration, comme ceux du domaine. Les cuvées du négoce restent toutefois distinctes de celles du domaine, issues des seules vignes d’Arbois et de Montigny-lès-Arsures.

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Les autres domaines de la région Jura

  • Domaine Bourdy

    Le Domaine Bourdy cultive 10 hectares à Arlay, dans le Jura, en biodynamie certifiée Demeter depuis 2010. La même famille le tient depuis 1579, et Laura Bourdy, seizième génération, l’a racheté en 2022. Ses savagnins vieillissent sous voile en vieux fûts, jusqu’à sept ans pour le vin jaune Armand et le Château-Chalon Christian. Une seconde gamme sans soufre ajouté, aux prénoms des enfants de la famille, rejoint les Côtes du Jura, crémants, macvin et vin de paille.

  • Champ Divin

    Champ Divin est le domaine de Fabrice et Valérie Closset, ingénieurs belges installés à Gevingey, dans le sud du Jura, depuis 2008. Ils y cultivent moins de sept hectares de chardonnay, savagnin, pinot noir et trousseau, certifiés bio depuis 2010 et Demeter depuis 2011. Un hectare de verger et un rucher complètent les vignes, sur des calcaires et des marnes au pied du premier plateau. La gamme va du crémant Brut Nature au vin jaune, en passant par deux macvins.

  • Domaine Benoit Badoz

    Le Domaine Benoit Badoz cultive 10 hectares de vignes bio à Poligny, dans le Jura, presque tous rassemblés sur les coteaux des Roussots. Benoit Badoz, dixième génération d’une famille de vignerons attestée depuis 1659, dirige le domaine depuis 2003, après des passages à Petrus et en Californie. Engagé en bio en 2016, il fait désherber ses rangs par un robot enjambeur électrique. Ses Côtes-du-Jura vont du vin jaune élevé plus de six ans sous voile aux savagnins et chardonnays ouillés, avec du trousseau et du vin de paille.

  • Domaine de la Pinte

    Le Domaine de la Pinte cultive 34 hectares en biodynamie à Arbois, dans le Jura, dont 14 hectares de savagnin plantés par Roger Martin en 1953. Converti au bio en 1999, il porte la mention Demeter depuis 2009 et le label Biodyvin depuis la récolte 2024. Vincent Martin, petit-fils du fondateur, le dirige aujourd’hui avec son épouse Catherine. La gamme va du savagnin ouillé au vin jaune élevé sept ans sous voile, avec des rouges de poulsard, un crémant brut nature et un vin de paille.

  • Domaine Berthet-Bondet

    Le Domaine Berthet-Bondet cultive 15 hectares en bio dans le Jura, dont 4,5 hectares en appellation Château-Chalon. Chantal et Jean Berthet-Bondet, tous deux agronomes, s’y sont installés en 1984 dans une maison du XVIe siècle, à côté de la tour du village. Leur fille Hélène, ancienne traductrice, dirige le domaine depuis 2018. Savagnin et chardonnay y donnent des blancs sous voile ou ouillés, complétés par des rouges, des crémants, du macvin et du vin de paille.

  • Domaine Pignier

    Le Domaine Pignier cultive 12 hectares en AOC Côtes du Jura à Montaigu, sur des coteaux plantés par les moines chartreux dès le XIIIe siècle. La famille le possède depuis 1794 : une sœur et deux frères le dirigent avec Thibaut, la huitième génération. Le vignoble, en biodynamie depuis 2002 et certifié Demeter depuis 2003, abrite une collection de vieux cépages jurassiens. Vins de voile, vin jaune, crémants non dosés et vin de paille sont vinifiés sans levurage ni chaptalisation.

  • Domaine du Château d’Arlay

    Le Domaine du Château d’Arlay cultive 22 hectares de vieilles vignes en AOC Côtes du Jura, d’un seul tenant et plein sud, sur la colline de son ancienne forteresse. Les cinq cépages du Jura y poussent sur des marnes grises du Lias, du pinot noir au savagnin. Engagé en bio chez Ecocert depuis 2021, le domaine pratique toutes les vinifications jurassiennes, sauf la champagnisation. Sa gamme va du vin jaune au vin de paille, en passant par le Corail, les Macvins et deux eaux-de-vie.

  • Domaine de Montbourgeau

    Le Domaine de Montbourgeau cultive 11 hectares à L’Étoile, dans le Jura, où la même famille se transmet les vignes depuis 1920. César et Baptiste Deriaux, quatrième génération, l’ont engagé en bio fin 2022. Sur des marnes semées de fossiles en étoile, chardonnay et savagnin donnent des blancs sous voile ou ouillés, et un vin jaune mis en bouteille après sept ans. Le vin de paille, séché sur claies jusqu’à Noël, a reçu trois coups de cœur d’affilée au Guide Hachette.

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