Domaine de la Pinte - Vignes sous la neige au lever du jour

Domaine de la Pinte

Région viticole

Région viticole

Jura

BioBiodyvinDemeter

Quatorze hectares de savagnin d’un seul tenant, plantés en 1953

Le pari de Roger Martin sur les marnes bleues

Le Domaine de la Pinte produit des vins bio et biodynamiques à Arbois, dans le Jura. Tout part d’une plantation. En 1953, Roger Martin, entrepreneur de travaux publics originaire d’Arbois, installe 14 hectares de savagnin entre Arbois et Pupillin. Le lieu-dit s’appelle « la Pinte à la Capitaine ». Le sol y est fait de marnes bleues du Lias, les terres à vigne emblématiques du Jura.

La maison présente cette plantation comme le plus vaste domaine alors planté de ce cépage, celui du vin jaune. Plus de soixante-dix ans après, le savagnin occupe toujours 14 des 34 hectares de la propriété. Huit des dix-neuf cuvées en sont issues sans partage, du blanc ouillé au macvin.

Marnes rouges pour le poulsard, chailles pour le trousseau

Les vignes s’étendent sur les terroirs d’Arbois et de Pupillin, à 400 mètres d’altitude. Au savagnin se sont ajoutés 8 hectares de chardonnay et de melon à queue rouge, 6 hectares de poulsard, 4 de pinot noir et 2 de trousseau.

Chaque cépage a trouvé son sol. Le chardonnay d’Arbois partage les marnes bleues avec le savagnin. Le poulsard pousse sur les marnes rouges du Trias. Le trousseau occupe quatre parcelles gravelo-argileuses, riches en chailles siliceuses. Sur les hauteurs de Pupillin, le plateau calcaire de Fonteneille porte un chardonnay vinifié à part.

Domaine de la Pinte - Vignes et collines d’Arbois vues depuis la terrasse
Vignes et collines d’Arbois, vues de la terrasse du domaine.

Le melon à queue rouge, vieux chardonnay du Jura

Le domaine cultive aussi le melon à queue rouge, ancienne variété locale de chardonnay. Beaucoup de vignerons l’ont délaissé à cause de ses faibles rendements. À la Pinte, il donne une cuvée d’Arbois-Pupillin à part entière, récoltée autour de 30 hectolitres par hectare et élevée 18 mois en demi-muids.

Roger, Pierre, Vincent : trois Martin et une équipe à l’année

Pierre Martin, le bio en 1999 puis la biodynamie

Pierre Martin, fils de Roger, développe et agrandit le domaine. En 1999, il convertit l’ensemble des surfaces à l’agriculture biologique. Dix ans plus tard, il fait entrer la Pinte parmi les pionniers de la biodynamie dans le vignoble jurassien.

Une cuvée porte son prénom : un savagnin élevé trois ans sous voile. Elle a été dévoilée le 6 juillet 2023, quand le domaine a fêté ses 70 ans devant plus de 200 invités.

Vincent et Catherine Martin ouvrent le domaine aux visiteurs

Vincent Martin, petit-fils du fondateur, est aujourd’hui à la tête du domaine. Avec son épouse Catherine, il a choisi de développer l’accueil. Une table d’hôtes a d’abord vu le jour. Elle est devenue un restaurant, La Table de Pierre, installé au milieu des vignes.

Emmanuelle au chai, Loïc dans les rangs

Au quotidien, une équipe fait tourner le domaine. Emmanuelle est responsable du domaine et maître de chai. Elle suit les fermentations, l’entonnage des savagnins en demi-muids et jusqu’au cachetage à la cire des bouteilles de Château-Chalon.

Dans les vignes, Loïc conduit l’équipe, qui compte trois vignerons tractoristes. Taille, liage des baguettes, travail du sol : l’hiver prépare la récolte suivante. Au printemps, les mêmes veillent la nuit quand le gel menace les bourgeons. En 2021, il avait ramené le savagnin ouillé à 6 hectolitres par hectare.

Domaine de la Pinte - Loïc, chef d’équipe, au travail dans les vignes
Loïc, chef d’équipe vignes.

Demeter depuis 2009, Biodyvin depuis la récolte 2024

Deux labels de biodynamie sur la même exploitation

Le vignoble est certifié en agriculture biologique par Ecocert. Il porte la mention Demeter depuis 2009. À partir de la récolte 2024, il a aussi obtenu le label Biodyvin, délivré par le Syndicat international des vignerons en culture biodynamique. Ce second label vaut pour toute l’exploitation, contrôlée chaque année par un organisme indépendant.

Le domaine a par ailleurs signé la charte des Vignerons Indépendants. Tous ses vins sont élaborés sur place, de la vigne à la mise en bouteille.

Féverole d’hiver, sarments broyés et labours peu profonds

La vendange se fait à la main. Les labours restent peu profonds, pour ne pas déstructurer les sols ni appauvrir leur vie microbienne. Une fois la récolte rentrée, l’équipe sème de la féverole d’hiver entre les rangs. Cet engrais vert protège la terre pendant la saison froide et lui apporte de l’azote.

En hiver, les sarments de taille sont broyés et rendus au sol. Au chai, les fermentations démarrent avec les seules levures indigènes, celles que porte la peau des raisins. Le soufre est employé avec parcimonie. L’élevage se partage ensuite entre fûts, demi-muids et foudres, pour une durée qui varie selon le cépage.

Un même cépage, de trois à sept ans d’élevage

Savagnin ouillé ou sous voile : quatre durées, quatre vins

Le savagnin de la Pinte suit quatre chemins. Ouillé, c’est-à-dire gardé en fûts toujours pleins, il passe 36 mois en demi-muids et en pièces. Une autre cuvée reste 60 mois dans un foudre de 52 hectolitres. Sous voile de levures, sans remplissage, il devient en trois ans la Cuvée Pierre. Il lui faut sept ans pour sortir en Arbois vin jaune.

Domaine de la Pinte - Foudres alignés sous la voûte de pierre de la cave
Les foudres, alignés sous la voûte.

Les profils s’écartent d’autant. Les ouillés tirent vers le zeste d’agrumes et les fruits exotiques, avec une finale tendue, très acidulée. Le voile apporte la noix, le curry, la pomme verte et les épices. Le vin jaune, récolté à 15 hectolitres par hectare, y ajoute les fruits confits et une note de marc.

Deux cuvées complètent ce tableau. Le Sav’or est un vin orange : le savagnin éraflé macère treize jours en cuve béton, puis sort sans filtration ni sulfites ajoutés. La Cuvée d’automne assemble 80 % de savagnin et 20 % de chardonnay, dont une part élevée sous voile.

Des rouges éraflés, trois semaines en cuve

Le poulsard donne deux vins. Pinte Bien assemble plusieurs parcelles, pour un rouge léger et fruité. L’Ami Karl vient d’une sélection parcellaire sur marnes rouges, au caractère plus épicé. Dans les deux cas, la vendange est entièrement éraflée et cuve trois semaines, avec quelques remontages.

La Capitaine naît d’une parcelle complantée de cépages rouges jurassiens. Pinot noir, poulsard et trousseau y sont vinifiés ensemble, puis élevés 18 mois en foudre. Le trousseau seul, issu de quatre parcelles, passe neuf mois en demi-muids.

Crémant sans dosage, vin de paille et macvin

Le Crémant du Jura réunit chardonnay, pinot noir, poulsard et savagnin. Il reste au moins 18 mois sur lattes. Les bouteilles sont remuées sur pupitre, puis dégorgées sans liqueur : c’est un brut nature.

Le vin de paille demande plus de patience encore. Les grappes de savagnin, de chardonnay et de poulsard sèchent de deux à cinq mois sur des claies, dans un grenier aéré. Il faut environ six kilos de raisin pour un litre de moût. Le domaine n’en tire que 1 500 demi-bouteilles, quand le millésime le permet.

Le Macvin du Jura associe un moût de savagnin au vieux marc de la maison, âgé d’au moins six ans. Ce marc provient d’une double distillation, puis vieillit plusieurs années en fûts de chêne.

Six appellations du Jura sous une seule étiquette

Arbois et Arbois-Pupillin, le cœur de la production

La Pinte revendique six appellations : Arbois, Arbois-Pupillin, Château-Chalon, Crémant du Jura, Macvin du Jura et Marc du Jura. L’essentiel des vins sort en Arbois. Cette appellation couvre 12 communes et environ 800 hectares, ce qui en fait la première du Jura. Reconnue en 1936, elle compte parmi les toutes premières AOC françaises.

Les cinq cépages jurassiens y ont droit. On lui doit aussi du vin jaune et du vin de paille. Le chardonnay de Fonteneille et le melon à queue rouge, récoltés sur le village voisin, sortent en Arbois-Pupillin.

Trente-quatre ares de savagnin en Château-Chalon

Le domaine exploite aussi 34 ares de savagnin au lieu-dit Beaumont, sur la commune de Menétru-le-Vignoble. Ils sont classés en Château-Chalon. Cette appellation d’une cinquantaine d’hectares ne produit que du vin jaune. Les vignerons y renoncent les années où la récolte ne leur paraît pas à la hauteur.

À la Pinte, ce vin passe six ans et trois mois dans un fût laissé en vidange. La production reste inférieure à 1 000 clavelins, la bouteille trapue de 62 centilitres réservée au vin jaune.

Trois caves voûtées, une table et un sentier dans les vignes

Des bâtiments de 1953, visibles depuis la route nationale

Roger Martin a pensé ses caves l’année même de la plantation. Ce sont trois longues caves voûtées, en pierre de taille, que l’on aperçoit depuis la route nationale. Un tracteur de 1953 y est exposé.

Domaine de la Pinte - Porte ouverte sur une cave voûtée et ses fûts
L’entrée d’une des caves voûtées.

Ces caves abritent encore quelques vieux millésimes, dont un vin jaune de 1961. La cuverie, elle, a été repeinte à l’été 2026. Paul, petit-fils de Roger Martin, est venu y prêter main-forte le temps d’un week-end.

La Table de Pierre, un Cep d’Or en 2024

Le domaine reçoit sur réservation pour une visite des caves, suivie d’une dégustation commentée de cinq vins. À La Table de Pierre, le chef Gaël Sanchez cuisine des produits locaux et de saison, accordés aux cuvées de la maison. Cette table a reçu un Cep d’Or en 2024, lors de la première édition des Ceps d’Or Jura, qui distinguent les initiatives œnotouristiques.

Domaine de la Pinte - Le chef Gaël Sanchez devant les vignes
Gaël Sanchez, chef de La Table de Pierre.

Un parcours pédagogique d’un kilomètre traverse les vignes, avec un audioguide. Le domaine propose aussi un escape game en plein air, pour des équipes de deux à sept joueurs. Une boutique présente enfin la gamme en plein centre d’Arbois.

Domaine de la Pinte - Borne du parcours audioguidé au milieu des vignes
Une borne du parcours audioguidé.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Jura

  • Champ Divin

    Champ Divin est le domaine de Fabrice et Valérie Closset, ingénieurs belges installés à Gevingey, dans le sud du Jura, depuis 2008. Ils y cultivent moins de sept hectares de chardonnay, savagnin, pinot noir et trousseau, certifiés bio depuis 2010 et Demeter depuis 2011. Un hectare de verger et un rucher complètent les vignes, sur des calcaires et des marnes au pied du premier plateau. La gamme va du crémant Brut Nature au vin jaune, en passant par deux macvins.

  • Domaine Benoit Badoz

    Le Domaine Benoit Badoz cultive 10 hectares de vignes bio à Poligny, dans le Jura, presque tous rassemblés sur les coteaux des Roussots. Benoit Badoz, dixième génération d’une famille de vignerons attestée depuis 1659, dirige le domaine depuis 2003, après des passages à Petrus et en Californie. Engagé en bio en 2016, il fait désherber ses rangs par un robot enjambeur électrique. Ses Côtes-du-Jura vont du vin jaune élevé plus de six ans sous voile aux savagnins et chardonnays ouillés, avec du trousseau et du vin de paille.

  • Domaine Berthet-Bondet

    Le Domaine Berthet-Bondet cultive 15 hectares en bio dans le Jura, dont 4,5 hectares en appellation Château-Chalon. Chantal et Jean Berthet-Bondet, tous deux agronomes, s’y sont installés en 1984 dans une maison du XVIe siècle, à côté de la tour du village. Leur fille Hélène, ancienne traductrice, dirige le domaine depuis 2018. Savagnin et chardonnay y donnent des blancs sous voile ou ouillés, complétés par des rouges, des crémants, du macvin et du vin de paille.

  • Domaine Pignier

    Le Domaine Pignier cultive 12 hectares en AOC Côtes du Jura à Montaigu, sur des coteaux plantés par les moines chartreux dès le XIIIe siècle. La famille le possède depuis 1794 : une sœur et deux frères le dirigent avec Thibaut, la huitième génération. Le vignoble, en biodynamie depuis 2002 et certifié Demeter depuis 2003, abrite une collection de vieux cépages jurassiens. Vins de voile, vin jaune, crémants non dosés et vin de paille sont vinifiés sans levurage ni chaptalisation.

  • Domaine du Château d’Arlay

    Le Domaine du Château d’Arlay cultive 22 hectares de vieilles vignes en AOC Côtes du Jura, d’un seul tenant et plein sud, sur la colline de son ancienne forteresse. Les cinq cépages du Jura y poussent sur des marnes grises du Lias, du pinot noir au savagnin. Engagé en bio chez Ecocert depuis 2021, le domaine pratique toutes les vinifications jurassiennes, sauf la champagnisation. Sa gamme va du vin jaune au vin de paille, en passant par le Corail, les Macvins et deux eaux-de-vie.

  • Domaine de Montbourgeau

    Le Domaine de Montbourgeau cultive 11 hectares à L’Étoile, dans le Jura, où la même famille se transmet les vignes depuis 1920. César et Baptiste Deriaux, quatrième génération, l’ont engagé en bio fin 2022. Sur des marnes semées de fossiles en étoile, chardonnay et savagnin donnent des blancs sous voile ou ouillés, et un vin jaune mis en bouteille après sept ans. Le vin de paille, séché sur claies jusqu’à Noël, a reçu trois coups de cœur d’affilée au Guide Hachette.

  • Domaine des Pentacrines

    Clarisse Nunez et Jean-Marie Grandvaux ont créé le Domaine des Pentacrines en 2022 à Pannessières, près de Lons-le-Saunier. Le couple cultive en agriculture biologique 6 hectares de Côtes du Jura, surtout en chardonnay et en savagnin, sur des vignes de 40 à près de 100 ans. Tisanes de plantes et préparations biodynamiques y limitent le cuivre et le soufre, et les vins fermentent en levures indigènes avant une mise sans filtration. Les élevages durent jusqu’à plus de 24 mois en fûts anciens, et le poulsard 2022 a reçu 92/100 chez Gault&Millau.

  • Domaine de la Bougarde

    Seul domaine viticole d’Offlanges, dans le nord du Jura, le Domaine de la Bougarde y fait revivre la vigne depuis 1974. Maxime Guelle a repris en 2023 les 11 hectares familiaux et les a engagés la même année en agriculture biologique. Ses vins sortent en IGP Franche-Comté, sur les sols acides du massif de la Serre, hors de l’AOC du Jura. La gamme mêle Chardonnay, Pinot gris, Savagnin ouillé, rouges légers de Pinot noir et de Gamay, et perlants élaborés en méthode traditionnelle.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine