Façade du Domaine de Tavernel

Domaine de Tavernel

Région viticole

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Vallée du Rhône

Bio
Sommaire

Un mas de Beaucaire dans la même famille depuis 1925

Du maire Jean Tavernel à « Paul le riche »

Le Domaine de Tavernel doit son nom à Jean Tavernel, maire de Beaucaire de 1837 à 1842. En 1830, le mas était sa résidence de campagne. Le Guide Hachette le décrit comme un mas du XIXe siècle, qui a appartenu à la famille du poète Frédéric Mistral.

En 1925, Auguste Paul, surnommé « Paul le riche », rachète Tavernel. Son neveu, Marcel Amphoux, l’aide à gérer ses propriétés. Auguste Paul perd sa femme et ses deux enfants : en 1935, c’est Marcel qui hérite de son oncle.

La guerre, le mildiou et les premières machines à vendanger

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marcel Amphoux arrache la moitié du vignoble. À la place, il cultive de quoi nourrir les chevaux, les bêtes de la ferme et les 50 personnes dont il a la charge jusqu’en 1945.

L’année 1948 est terrible. Il faut 30 traitements contre le mildiou pour sauver un tiers de la récolte. Marcel Amphoux tourne alors avec l’ITV un film, « Alerte au mildiou », pour sensibiliser les viticulteurs à la maladie.

L’électricité n’arrive au mas qu’en 1950. Pendant les vingt années qui suivent, Tavernel sert de centre d’expérimentation à l’ITV. Les premiers essais de machine à vendanger s’y déroulent, entre autres.

Pierre Amphoux, Denise puis Thomas Compagne

En 1980, Pierre Amphoux, médecin de campagne, reprend le flambeau. Il achète aussi le Mas de Végère, devenu depuis le parc Le Vieux Mas. Surtout, il lance la replantation complète du vignoble de Tavernel.

Sa fille Denise Compagne, infirmière de formation, le rejoint en 1988. La cave se modernise et la vinification évolue. En 1991, Tavernel met pour la première fois son vin en bouteille : un rouge, destiné à la Hollande. En 1996, le Mas du Grand Milord agrandit le domaine de 28 hectares de vignes.

Son fils Thomas Compagne arrive en 2019, après ses études et un passage par l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande. Il incarne la cinquième génération et travaille aux côtés de sa mère. Avec lui, les nouvelles technologies entrent au domaine.

En 2025, Tavernel a fêté ses 100 ans dans la famille. Pour l’occasion, le domaine a ouvert ses portes le 7 juin et lancé une cuvée anniversaire.

Domaine de Tavernel

Le bio depuis 1987, dans la plaine du Rhône

1987, un choix de précurseur

En 1987, le mas entame une rénovation complète de ses bâtiments. La même année, la famille tourne son vignoble vers l’agriculture biologique, en accord avec ses pratiques et ses valeurs. Le domaine se dit précurseur à l’époque. En 2017, il a fêté ses 30 ans de bio avec la famille, les amis et les clients.

Le certificat est aujourd’hui délivré par Ecocert France. L’Agence Bio enregistre un engagement au 15 mars 1995, et classe en bio le raisin de cuve et les vins pour 2026. L’exploitation y déclare aussi du seigle, des prairies et des olives. Le Guide Hachette parle d’un domaine de 90 hectares cultivés en bio.

Des alluvions du Rhône au pied des Costières

Le vignoble longe le Rhône, au nord d’Arles et au pied des Costières de Nîmes. Ses terres ont reçu les alluvions du fleuve à chaque crue, jusqu’à la construction de la digue. La vigne y pousse sur un sol équilibré, bien drainé, sans stress hydrique.

Le climat est méditerranéen, chaud et sec, avec du soleil toute l’année. La famille compte sur le mistral, vent du nord, comme son meilleur allié contre les maladies. Un peu de pluie aux intersaisons et quelques orages bien placés font le reste, à quelques exceptions près.

Un vignoble remanié au fil des crises

Tavernel a connu les vignes à la submersion, puis les vignes greffées. Il est passé des gobelets au palissage, du labour intégral aux couverts végétaux, de l’aramon au malbec. La famille a adapté son vignoble aux crises viticoles, aux progrès de la recherche et à ses convictions.

À la cave, une règle traverse les générations : « De l’ordre, de la propreté ». Le domaine dit vouloir rester à l’échelle humaine. Il veut aussi faire vivre les familles de ses collaborateurs, et travailler dans le calme et la confiance.

Deux IGP de part et d’autre du Rhône

L’IGP Gard, des Cévennes à la Camargue

La plupart des vins de Tavernel portent l’IGP Gard. Le décret du 13 septembre 1968 l’a d’abord reconnue comme vin de pays du Gard. Elle couvre les vins tranquilles rouges, rosés et blancs produits dans le département.

Son cahier des charges décrit trois paysages : les Cévennes, les garrigues calcaires, puis une plaine qui s’achève sur la Camargue. Tavernel se trouve dans la plaine de Beaucaire. Le texte cite aussi le mistral, vent du nord souvent violent et desséchant.

Les rosés y pèsent près de 40 % de la production. Ils sont principalement issus de cinsault, de grenache et de syrah, assemblés ou en monocépage.

Terre de Camargue, une mention réservée à Arles et aux Saintes-Maries

Le Mas du Petit Azégat franchit le fleuve. Il porte l’IGP Bouches-du-Rhône, avec la mention Terres de Camargue. Le cahier des charges réserve cette unité géographique aux raisins récoltés sur les communes d’Arles et des Saintes-Maries-de-la-Mer.

Le même texte décrit la Camargue comme une terre où alternent vignes, pâturages et rizières. La liste des cépages autorisés sous cette mention comprend le caladoc et le merlot, que Tavernel assemble dans ce rouge avec le grenache, la syrah et le cabernet-sauvignon.

Du muscat moelleux au rouge des cent ans

Des blancs bâtis sur le muscat

Côté blanc, l’ugni blanc a vite cédé la place au rolle et au muscat à petits grains. Depuis trente ans, ces deux cépages portent le blanc du domaine, apprécié à l’apéritif. Le colombard est venu y ajouter son côté acidulé, puis le gewurztraminer ses arômes d’abricot.

Le blanc 2025 assemble muscat, colombard, viognier et gewurztraminer, en pressurage direct. Sa fiche parle de muguet, de rose, d’abricot et de kumquat, avec une finale saline. Le Guide Hachette a donné une étoile au blanc 2018, dans son édition 2020.

Un Dimanche d’Automne est un moelleux 100 % muscat, récolté à la main. Pour la famille, c’est le prétexte à une belle journée ensemble. Le domaine y trouve des notes de marmelade d’orange, de citron confit et de miel de lavande.

Un rosé de caladoc à la place de l’aramon

Le rosé d’aramon d’autrefois a laissé place au caladoc, à la syrah et au cinsault. Ils apportent la couleur, la générosité, la rondeur et le fruit. Le 2025 y ajoute du malbec, en pressurage direct et en saignée.

Thomas a installé un nouveau pressoir, et la qualité s’en est ressentie. Le rosé 2023 a obtenu une médaille d’or au Concours Général Agricole. Le 2025 évoque la fraise, le pomelo et les baies roses.

Trois rouges secs, une cuvée anniversaire et un rouge moelleux

Pour les rouges, le domaine cultive merlot, cabernet, caladoc, syrah, grenache et marselan, et bientôt du malbec. Il en tire trois cuvées. Le Mas du Petit Azégat donne un vin rond et charnu. Le Domaine de Tavernel rouge, en IGP Gard, se veut souple, fruité et facile à boire.

Le Millésime est la bouteille haut de gamme de la maison. Il assemble les meilleures cuvées du domaine et vieillit en partie en fût de chêne.

La Cuvée 100 Ans célèbre le siècle de la famille à Tavernel. Elle marie le grenache et le marselan, « ancien et moderne », dans un vin ample et soyeux, à boire dans les 8 ans. Plus confidentiel, Les Coulisses de Tavernel est un rouge moelleux de grenache, élevé en fût de chêne.

Au Concours des Vignerons Indépendants, deux vins en IGP Gard ont reçu une médaille d’argent, l’un en 2025, l’autre en 2026.

Un caveau dans l’ancienne écurie du mas

La dégustation depuis 1993

Le caveau de dégustation occupe l’ancienne écurie du domaine. Il a été inauguré en 1993 puis rénové en 2007. La famille y fait goûter chaque nouveau millésime à ses clients, toujours avec une petite appréhension, dit-elle.

Tourisme Gard signale des visites guidées sur demande, pour les individuels comme pour les groupes, et une dégustation gratuite en groupe. L’accueil se fait en français, en anglais et en espagnol.

Marché de Noël et soirées au domaine

Tavernel ouvre aussi ses portes pour des fêtes. Le domaine a relancé son marché de Noël après plus de quinze ans d’interruption, avec des artisans, des créateurs et des food trucks. En juin 2025, il a lancé sa première soirée festive avec l’association La Tablée Gardoise.

Le mas se situe entre Nîmes, Arles et Avignon. Après la dégustation, la famille oriente ses visiteurs vers la Camargue, le Palais des Papes ou le Pont du Gard. Elle cite aussi les Carrières des Lumières et l’abbaye troglodytique de Saint-Roman.

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Domaine l’Ancienne École

    Sur le plateau qui domine Vinsobres, à 400 mètres, Anna et Wilson Thorburn ont créé le Domaine l’Ancienne École en 2007, dans l’ancienne école du quartier. Leurs 13 hectares de Grenache noir et de Syrah sont conduits en agriculture biologique, certifiée depuis 2014. Le domaine produit du cru Vinsobres et des Côtes du Rhône, dont le Terra Firma 2023, médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants 2025. Deux chambres d’hôtes et trois gîtes partagent une piscine à débordement face au Mont Ventoux.

  • Domaine Barou

    Ancienne ferme de polyculture-élevage passée en agriculture biologique dès 1971, le Domaine Barou s’est tourné vers la vigne avec Emmanuel Barou en 1997. Ses 15 hectares environ de granits altérés se partagent entre Charnas et Limony, en Ardèche. Le domaine y produit du Saint-Joseph, du Condrieu et des IGP Collines Rhodaniennes, surtout à partir de Syrah, de Marsanne, de Roussanne et de Viognier. Couverts semés entre les rangs, petit-lait et préparations biodynamiques 500 et 501 accompagnent le travail des sols.

  • Mas de Libian

    Propriété de la famille Thibon depuis 1670, le Mas de Libian cultive ses vignes à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. Conduit en bio depuis toujours, il est certifié en biodynamie Demeter depuis 2005 et travaille une partie du sol avec un cheval de trait. Ses 20 hectares de vignes, taillées en gobelet et vendangées à la main, côtoient oliviers, céréales et ruches. Hélène Thibon et sa famille en tirent six vins, en Côtes du Rhône et en Vin de France.

  • Mas des Terrasses

    Repris en 2024 par la famille Voisin, l’ancien Domaine de Graillefiot est devenu le Mas des Terrasses, sur une colline de Sabran à 150 mètres d’altitude. Un peu plus de 7 hectares s’y partagent entre terrasses en Côtes du Rhône Villages et parcelles vallonnées en Côtes du Rhône, sur grès et sables. Conduit en agriculture biologique depuis plus de vingt ans, le domaine vendange à la main et élève trois cuvées en fût de chêne. Il reçoit au caveau et loue deux gîtes au milieu du domaine.

  • Château Clématis

    Créé en 2004 par Xavier Tronc, hors du cadre familial, le Château Clématis cultive 30 hectares à Sainte-Cécile-les-Vignes, dans le Vaucluse. Ses vins relèvent de trois appellations : Côtes du Rhône, Côtes du Rhône Villages Sainte-Cécile et Rasteau. Engagé chez Ecocert depuis 2019, le domaine passe au bio cuvée par cuvée, depuis le Fruité 2020, et reste en partie en conversion. Ses rouges reposent surtout sur le Grenache, à côté d’un blanc boisé et d’un rosé de Cinsault médaillés au Challenge Millésime Bio.

  • Domaine de l’Amandier

    Le Domaine de l’Amandier cultive 18 hectares au nord du Gard, sur Saint-Christol-de-Rodières, Aiguèze et Saint-Julien-de-Peyrolas, à la limite des gorges de l’Ardèche. La quatrième génération y travaille en agriculture biologique depuis 1999, et met son vin en bouteille depuis 2004. La gamme va du Côtes du Rhône L’Incompris(e) aux vins de cépage en IGP Pays d’Oc, plus des bag-in-box et un jus de raisin. Tous se dégustent gratuitement dans un moulin à huile du XVIe siècle à Aiguèze, rouvert en caveau en 2021.

  • Domaine de MasLauris

    À Lauris, entre Luberon et Durance, le Domaine de MasLauris est né en 2011 autour d’un ancien corps de ferme de l’époque vaudoise. Après l’arrachage des vieilles vignes, le vignoble a été replanté en sélection massale à partir de 2014 et compte 12 hectares bio à 300 mètres d’altitude. Vendangées à la main dès 4 heures du matin, à la lampe frontale, ses vignes donnent dix cuvées en AOP Luberon. Margeaux et Chiara Théophile poursuivent aujourd’hui l’aventure avec le vigneron Aurélien Le Tellier.

  • Domaine du Pourra

    Racheté en 1998 par Jean-Christian Mayordome, médecin franco-gabonais, le Domaine du Pourra cultive trois lieux-dits en altitude à Séguret et à Gigondas, jusqu’à 450 mètres. La vigne y est conduite sans intrant chimique depuis 1999, certifiée en agriculture biologique depuis 2012 et travaillée en biodynamie. Au Pourra, le rendement moyen se limite à 9 à 12 hl/ha, et les vins fermentent en cuve béton sans levures ajoutées. Leurs élevages sur lies fines durent souvent de 30 mois à cinq ans, et la boutique propose encore des millésimes de plus de vingt ans.

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