Domaine de Tavernel
Sommaire
- Un mas de Beaucaire dans la même famille depuis 1925
- Du maire Jean Tavernel à « Paul le riche »
- La guerre, le mildiou et les premières machines à vendanger
- Pierre Amphoux, Denise puis Thomas Compagne
- Le bio depuis 1987, dans la plaine du Rhône
- 1987, un choix de précurseur
- Des alluvions du Rhône au pied des Costières
- Un vignoble remanié au fil des crises
- Deux IGP de part et d’autre du Rhône
- L’IGP Gard, des Cévennes à la Camargue
- Terre de Camargue, une mention réservée à Arles et aux Saintes-Maries
- Du muscat moelleux au rouge des cent ans
- Des blancs bâtis sur le muscat
- Un rosé de caladoc à la place de l’aramon
- Trois rouges secs, une cuvée anniversaire et un rouge moelleux
- Un caveau dans l’ancienne écurie du mas
- La dégustation depuis 1993
- Marché de Noël et soirées au domaine
Un mas de Beaucaire dans la même famille depuis 1925
Du maire Jean Tavernel à « Paul le riche »
Le Domaine de Tavernel doit son nom à Jean Tavernel, maire de Beaucaire de 1837 à 1842. En 1830, le mas était sa résidence de campagne. Le Guide Hachette le décrit comme un mas du XIXe siècle, qui a appartenu à la famille du poète Frédéric Mistral.
En 1925, Auguste Paul, surnommé « Paul le riche », rachète Tavernel. Son neveu, Marcel Amphoux, l’aide à gérer ses propriétés. Auguste Paul perd sa femme et ses deux enfants : en 1935, c’est Marcel qui hérite de son oncle.
La guerre, le mildiou et les premières machines à vendanger
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marcel Amphoux arrache la moitié du vignoble. À la place, il cultive de quoi nourrir les chevaux, les bêtes de la ferme et les 50 personnes dont il a la charge jusqu’en 1945.
L’année 1948 est terrible. Il faut 30 traitements contre le mildiou pour sauver un tiers de la récolte. Marcel Amphoux tourne alors avec l’ITV un film, « Alerte au mildiou », pour sensibiliser les viticulteurs à la maladie.
L’électricité n’arrive au mas qu’en 1950. Pendant les vingt années qui suivent, Tavernel sert de centre d’expérimentation à l’ITV. Les premiers essais de machine à vendanger s’y déroulent, entre autres.
Pierre Amphoux, Denise puis Thomas Compagne
En 1980, Pierre Amphoux, médecin de campagne, reprend le flambeau. Il achète aussi le Mas de Végère, devenu depuis le parc Le Vieux Mas. Surtout, il lance la replantation complète du vignoble de Tavernel.
Sa fille Denise Compagne, infirmière de formation, le rejoint en 1988. La cave se modernise et la vinification évolue. En 1991, Tavernel met pour la première fois son vin en bouteille : un rouge, destiné à la Hollande. En 1996, le Mas du Grand Milord agrandit le domaine de 28 hectares de vignes.
Son fils Thomas Compagne arrive en 2019, après ses études et un passage par l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande. Il incarne la cinquième génération et travaille aux côtés de sa mère. Avec lui, les nouvelles technologies entrent au domaine.
En 2025, Tavernel a fêté ses 100 ans dans la famille. Pour l’occasion, le domaine a ouvert ses portes le 7 juin et lancé une cuvée anniversaire.

Le bio depuis 1987, dans la plaine du Rhône
1987, un choix de précurseur
En 1987, le mas entame une rénovation complète de ses bâtiments. La même année, la famille tourne son vignoble vers l’agriculture biologique, en accord avec ses pratiques et ses valeurs. Le domaine se dit précurseur à l’époque. En 2017, il a fêté ses 30 ans de bio avec la famille, les amis et les clients.
Le certificat est aujourd’hui délivré par Ecocert France. L’Agence Bio enregistre un engagement au 15 mars 1995, et classe en bio le raisin de cuve et les vins pour 2026. L’exploitation y déclare aussi du seigle, des prairies et des olives. Le Guide Hachette parle d’un domaine de 90 hectares cultivés en bio.
Des alluvions du Rhône au pied des Costières
Le vignoble longe le Rhône, au nord d’Arles et au pied des Costières de Nîmes. Ses terres ont reçu les alluvions du fleuve à chaque crue, jusqu’à la construction de la digue. La vigne y pousse sur un sol équilibré, bien drainé, sans stress hydrique.
Le climat est méditerranéen, chaud et sec, avec du soleil toute l’année. La famille compte sur le mistral, vent du nord, comme son meilleur allié contre les maladies. Un peu de pluie aux intersaisons et quelques orages bien placés font le reste, à quelques exceptions près.
Un vignoble remanié au fil des crises
Tavernel a connu les vignes à la submersion, puis les vignes greffées. Il est passé des gobelets au palissage, du labour intégral aux couverts végétaux, de l’aramon au malbec. La famille a adapté son vignoble aux crises viticoles, aux progrès de la recherche et à ses convictions.
À la cave, une règle traverse les générations : « De l’ordre, de la propreté ». Le domaine dit vouloir rester à l’échelle humaine. Il veut aussi faire vivre les familles de ses collaborateurs, et travailler dans le calme et la confiance.
Deux IGP de part et d’autre du Rhône
L’IGP Gard, des Cévennes à la Camargue
La plupart des vins de Tavernel portent l’IGP Gard. Le décret du 13 septembre 1968 l’a d’abord reconnue comme vin de pays du Gard. Elle couvre les vins tranquilles rouges, rosés et blancs produits dans le département.
Son cahier des charges décrit trois paysages : les Cévennes, les garrigues calcaires, puis une plaine qui s’achève sur la Camargue. Tavernel se trouve dans la plaine de Beaucaire. Le texte cite aussi le mistral, vent du nord souvent violent et desséchant.
Les rosés y pèsent près de 40 % de la production. Ils sont principalement issus de cinsault, de grenache et de syrah, assemblés ou en monocépage.
Terre de Camargue, une mention réservée à Arles et aux Saintes-Maries
Le Mas du Petit Azégat franchit le fleuve. Il porte l’IGP Bouches-du-Rhône, avec la mention Terres de Camargue. Le cahier des charges réserve cette unité géographique aux raisins récoltés sur les communes d’Arles et des Saintes-Maries-de-la-Mer.
Le même texte décrit la Camargue comme une terre où alternent vignes, pâturages et rizières. La liste des cépages autorisés sous cette mention comprend le caladoc et le merlot, que Tavernel assemble dans ce rouge avec le grenache, la syrah et le cabernet-sauvignon.
Du muscat moelleux au rouge des cent ans
Des blancs bâtis sur le muscat
Côté blanc, l’ugni blanc a vite cédé la place au rolle et au muscat à petits grains. Depuis trente ans, ces deux cépages portent le blanc du domaine, apprécié à l’apéritif. Le colombard est venu y ajouter son côté acidulé, puis le gewurztraminer ses arômes d’abricot.
Le blanc 2025 assemble muscat, colombard, viognier et gewurztraminer, en pressurage direct. Sa fiche parle de muguet, de rose, d’abricot et de kumquat, avec une finale saline. Le Guide Hachette a donné une étoile au blanc 2018, dans son édition 2020.
Un Dimanche d’Automne est un moelleux 100 % muscat, récolté à la main. Pour la famille, c’est le prétexte à une belle journée ensemble. Le domaine y trouve des notes de marmelade d’orange, de citron confit et de miel de lavande.
Un rosé de caladoc à la place de l’aramon
Le rosé d’aramon d’autrefois a laissé place au caladoc, à la syrah et au cinsault. Ils apportent la couleur, la générosité, la rondeur et le fruit. Le 2025 y ajoute du malbec, en pressurage direct et en saignée.
Thomas a installé un nouveau pressoir, et la qualité s’en est ressentie. Le rosé 2023 a obtenu une médaille d’or au Concours Général Agricole. Le 2025 évoque la fraise, le pomelo et les baies roses.
Trois rouges secs, une cuvée anniversaire et un rouge moelleux
Pour les rouges, le domaine cultive merlot, cabernet, caladoc, syrah, grenache et marselan, et bientôt du malbec. Il en tire trois cuvées. Le Mas du Petit Azégat donne un vin rond et charnu. Le Domaine de Tavernel rouge, en IGP Gard, se veut souple, fruité et facile à boire.
Le Millésime est la bouteille haut de gamme de la maison. Il assemble les meilleures cuvées du domaine et vieillit en partie en fût de chêne.
La Cuvée 100 Ans célèbre le siècle de la famille à Tavernel. Elle marie le grenache et le marselan, « ancien et moderne », dans un vin ample et soyeux, à boire dans les 8 ans. Plus confidentiel, Les Coulisses de Tavernel est un rouge moelleux de grenache, élevé en fût de chêne.
Au Concours des Vignerons Indépendants, deux vins en IGP Gard ont reçu une médaille d’argent, l’un en 2025, l’autre en 2026.



Un caveau dans l’ancienne écurie du mas
La dégustation depuis 1993
Le caveau de dégustation occupe l’ancienne écurie du domaine. Il a été inauguré en 1993 puis rénové en 2007. La famille y fait goûter chaque nouveau millésime à ses clients, toujours avec une petite appréhension, dit-elle.
Tourisme Gard signale des visites guidées sur demande, pour les individuels comme pour les groupes, et une dégustation gratuite en groupe. L’accueil se fait en français, en anglais et en espagnol.
Marché de Noël et soirées au domaine
Tavernel ouvre aussi ses portes pour des fêtes. Le domaine a relancé son marché de Noël après plus de quinze ans d’interruption, avec des artisans, des créateurs et des food trucks. En juin 2025, il a lancé sa première soirée festive avec l’association La Tablée Gardoise.
Le mas se situe entre Nîmes, Arles et Avignon. Après la dégustation, la famille oriente ses visiteurs vers la Camargue, le Palais des Papes ou le Pont du Gard. Elle cite aussi les Carrières des Lumières et l’abbaye troglodytique de Saint-Roman.
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