Feuille de vigne du Domaine des Maravilhas

Domaine des Maravilhas

Région viticole

Région viticole

Vallée du Rhône

BioBiodyvin
Sommaire

Un vignoble de garrigue planté en 1967, rebaptisé en 2014

Un vigneron venu d’Oran défriche les bois

Le Domaine des Maravilhas cultive ses vignes bio et biodynamiques à Saint-Laurent-des-Arbres, dans le Gard, entre Nîmes et Avignon. Le village appartient à la vallée du Rhône méridionale et fait face à celui de Châteauneuf-du-Pape. L’histoire du vignoble commence pourtant bien avant son nom actuel.

Les parcelles et le chai ont vu le jour en 1967. À l’époque, le terrain n’était que garrigue et bois, à perte de vue. Le fondateur, originaire de la région viticole d’Oran, héritait de quatre générations de vignerons. Il a tout défriché, puis planté grenache, syrah, mourvèdre et cinsault, ainsi que trois blancs de la région : bourboulenc, clairette et grenache blanc.

Il n’a jamais apporté à ses vignes ni désherbant, ni engrais, ni autre substance chimique. Le vignoble a été certifié bio dès 1992. Sa conduite en biodynamie a commencé en 1996, et la certification a suivi en 2004.

De la Suisse au Gard, Morgane et Jean-Frédéric Bistagne

Elle est bretonne, lui marseillais. Morgane et Jean-Frédéric Bistagne travaillaient en Suisse, hors du monde du vin, quand l’envie de changer de vie s’est fait sentir. Dégustateurs éclairés, soutenus par leurs familles et leurs amis, ils se sont mis en quête d’un domaine.

En 2014, ils reprennent les parcelles et le chai de Saint-Laurent-des-Arbres. Ils les baptisent Maravilhas, « merveilles » en occitan. Ces terres certifiées bio et biodynamiques de longue date ont pesé dans leur choix. Jean-Frédéric, lui, s’était formé auprès de vignerons de la région, rencontrés depuis 2010.

Une équipe étoffée autour du chai

L’équipe s’est étoffée depuis l’installation. Jean-Frédéric peut compter sur Michel Sinard et Lila Schneider, sans oublier Zico, le gardien du domaine. Aux vendanges, des vendangeurs viennent prêter main-forte. Lors d’une visite, l’œnologue du domaine a travaillé avec eux les assemblages et la part de chaque cépage.

Le domaine tient aussi une assemblée générale, en 2024 puis le 17 mai 2025, à Saint-Laurent-des-Arbres. On y fait le point sur l’année écoulée et sur les projets, avant de passer à table autour des vins.

Vigneron du Domaine des Maravilhas

Bio depuis 1992, Biodyvin depuis 2004

Des préparats de plantes et de minéraux

Pour les Bistagne, la biodynamie est un outil d’accompagnement essentiel. Elle cherche l’équilibre entre la terre, le végétal et son environnement. Les traitements à base de plantes et de minéraux soutiennent les défenses naturelles de la vigne et des racines profondes.

Une fois la pluie passée, l’équipe « traite » les vignes avec ses préparats. Le but : des souches plus fortes et plus équilibrées, capables de se défendre sans produits chimiques. Dans les vignes, la vesce fait office d’engrais vert.

Le domaine figure parmi les 235 adhérents de Biodyvin en 2026, le syndicat des vignerons certifiés en biodynamie. Sa certification bio est délivrée par Ecocert.

Vendanges à la main et levures indigènes

Les vendanges se font à la main. En cave, les fermentations partent sur levures indigènes, présentes naturellement dans l’environnement ou sur les raisins. Les élevages se déroulent en cuve béton, en fûts de chêne, ou dans les deux.

Selon le domaine, un raisin de meilleure qualité restreint nettement l’emploi du soufre et du cuivre. Le vin résiste alors mieux, de lui-même, aux agressions extérieures.

Garrigue, cordons boisés et nichoirs

Le domaine couvre 24 hectares, dont 18 hectares de vignes. Le reste se partage entre garrigue et cordons boisés. Dans ces cordons forestiers, l’équipe a installé des nichoirs à chauves-souris et à mésanges.

L’été, les cigales accompagnent les journées, et quelques coups de mistral aèrent les vignes. Le 12 juillet 2024, un orage de grêle a pourtant frappé quelques parcelles : trois minutes de gros grêlons, puis quatre millimètres de pluie. Le soleil et le vent ont ensuite séché la grande majorité des baies touchées.

Quatre appellations de part et d’autre du Rhône

Les parcelles se répartissent entre le Gard et le Vaucluse, sur Saint-Laurent-des-Arbres, Saint-Victor-la-Coste, Orange et Châteauneuf-du-Pape. Le domaine revendique quatre appellations : Côtes du Rhône, Laudun, Lirac et Châteauneuf-du-Pape.

Lirac, le cru du village

Saint-Laurent-des-Arbres est l’une des quatre communes de l’AOC Lirac, avec Lirac, Roquemaure et Saint-Géniès-de-Comolas. Le vignoble de l’appellation surplombe la rive droite du Rhône, entre 50 et 200 mètres d’altitude. Le domaine y signe notamment trois rouges : Pradau, Canto Bruno et La Pierre de Josette.

Sur les hautes terrasses, les sols sont argileux rouges à gros galets roulés. Les coteaux portent des sols lœssiques ou argilo-calcaires. Le mistral y souffle en moyenne 180 jours par an. Reconnue en 1947, Lirac fut le premier des crus des Côtes du Rhône autorisé à produire les trois couleurs.

Laudun, cru des Côtes du Rhône depuis le millésime 2024

Selon le domaine, l’appellation Laudun date de 1967, comme le vignoble qui a précédé les Maravilhas. Dans le Gard, Laudun est aussi connue pour le Camp de César, d’où les Romains surveillaient le Rhône.

Longtemps classée en Côtes du Rhône Villages, Laudun a été reconnue par l’INAO comme appellation communale en septembre 2024. Elle devient le 18e cru des Côtes du Rhône, avec 2024 pour premier millésime. Au domaine, le changement concerne la cuvée Maestral, en blanc comme en rouge.

Trois parcelles à Châteauneuf-du-Pape

Depuis 2015, le domaine exploite aussi des vignes en Châteauneuf-du-Pape, dans les quartiers de Four-à-Chaux et de Palestor. Il y conduit trois parcelles, une sur la commune d’Orange et deux sur Châteauneuf même.

Première AOC viticole de France en 1936, l’appellation couvre 3 150 hectares sur cinq communes. Le Rhône y a déposé calcaires, sables et argile rouge. Il y a aussi charrié des galets roulés, venus du massif de la Vanoise par l’Isère.

Deux cuvées en sortent. Espirito réunit depuis le millésime 2018 les deux premières vignes de syrah du domaine sur l’appellation. Santo est née en 2019 des trois parcelles, en assemblage de grenache et de syrah. En 2020, elle devient un pur grenache.

Les Côtes du Rhône sur galets de silex

En Côtes du Rhône, l’assemblage domine et le grenache y tient le premier rôle. Sur les vignes du domaine, les sols mêlent galets de silex roulés et argile rouge, sur un lit sablonneux. Le domaine en tire des vins généreux et épicés, aux accents de garrigue.

Fraîcheur et salinité, le fil des vins

Des blancs de clairette, de grenache blanc et de bourboulenc

Le domaine cultive la clairette blanche et rose, le grenache blanc et noir, le bourboulenc, le cinsault, la syrah et le mourvèdre. À chaque millésime, l’équipe dit chercher la même trame de fraîcheur dans toutes ses cuvées.

Ses blancs se reconnaissent à leur fraîcheur et à une pointe de salinité. Le domaine l’attribue au terroir des parcelles, et à des élevages en cuve béton qui préservent l’énergie du fruit. Maestral blanc, en Laudun, est une clairette blanche et rose. Alice blanc assemble grenache blanc et bourboulenc.

Alice blanc s’appelait auparavant Pradau blanc. Le domaine l’a fait sortir de l’appellation Lirac pour le Vin de France, pour des raisons techniques. Le terroir, les cépages, la vinification et l’élevage n’ont pas changé.

Le cinsault en rouge et en rosé sous le nom d’Alice

Alice rouge est un 100 % cinsault, le « canon » du domaine : un rouge fruité, digeste et frais. Alice rosé en est le prélude. Il naît d’une saignée dans la cuve de cinsault, quelques jours avant que celle-ci ne devienne vin rouge.

Le domaine décrit ce rosé comme vineux et fruité, avec de jolis amers. Il le verse à l’apéritif, mais aussi à table.

Des rouges élevés en béton et en demi-muids

Maestral rouge assemble grenache, syrah et mourvèdre. Le millésime 2022 a passé quelque 18 mois en cuve béton avant sa mise en bouteille. Le domaine le décrit expressif, fruité, juteux et épicé, avec beaucoup de fraîcheur.

En Lirac, Canto Bruno marie grenache et mourvèdre, après un long élevage en cuve béton. La Pierre de Josette est une pure syrah élevée 9 mois en demi-muids, pour des tanins souples. Le Régalant, vendu en BIB de 5 litres, assemble tous les cépages noirs du domaine et plusieurs millésimes.

Des millésimes anciens gardés au chai

Le chai garde en réserve de vieux millésimes : Le Passage 2011, Bessalena 2012, puis Maestral rouge, Pradau et Antécédence en 2013. Selon le domaine, ces rouges ont gardé leur caractère et gagné en complexité et en finesse de tanins.

Le Passage assemble grenache et cinsault, vinifiés sans artifice. Le domaine conseille ces vins avec des volailles, des farces aux champignons ou des fromages de vache affinés.

Des vins qui se goûtent au domaine et sur les salons

À Saint-Laurent-des-Arbres, sur rendez-vous

Tous les vins sont disponibles au domaine, sur rendez-vous. L’équipe reçoit ceux qui veulent déguster et parler de ses méthodes de culture et de vinification. Plusieurs cuvées existent aussi en magnum, d’Alice rouge à Espirito.

Le reste du temps, le domaine sillonne les salons. On le croise aux dégustations Biodyvin de Paris, Marseille ou Avignon, et aux salons Biotop. Il a aussi annoncé sa venue au salon Raw Wine de Los Angeles, et quelques cuvées en dégustation à Tokyo.

Ce que guides et journalistes en ont retenu

Le Guide des Vins de France 100 % Biodynamie a rangé le domaine parmi ses « Coup de foudre dégustation », sur près de 750 domaines certifiés. Alice rouge 2022 et Canto Bruno 2019 y sont mis en avant.

Le Guide Hachette des Vins 2018 a retenu le Laudun Maestral 2014, élevé pas moins de vingt-quatre mois. Il y relevait un nez de fruits rouges et noirs, de Zan et d’épices douces.

Le journaliste Jamie Goode a sélectionné Canto Bruno 2021 dans sa dégustation des crus Lirac. Il y parle de nez poivré, de fraîcheur et de fruits rouges. Le magazine Sommelier International a de son côté placé Pradau parmi ses coups de cœur en Lirac, en saluant ses tanins très polis.

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Domaine l’Ancienne École

    Sur le plateau qui domine Vinsobres, à 400 mètres, Anna et Wilson Thorburn ont créé le Domaine l’Ancienne École en 2007, dans l’ancienne école du quartier. Leurs 13 hectares de Grenache noir et de Syrah sont conduits en agriculture biologique, certifiée depuis 2014. Le domaine produit du cru Vinsobres et des Côtes du Rhône, dont le Terra Firma 2023, médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants 2025. Deux chambres d’hôtes et trois gîtes partagent une piscine à débordement face au Mont Ventoux.

  • Domaine Barou

    Ancienne ferme de polyculture-élevage passée en agriculture biologique dès 1971, le Domaine Barou s’est tourné vers la vigne avec Emmanuel Barou en 1997. Ses 15 hectares environ de granits altérés se partagent entre Charnas et Limony, en Ardèche. Le domaine y produit du Saint-Joseph, du Condrieu et des IGP Collines Rhodaniennes, surtout à partir de Syrah, de Marsanne, de Roussanne et de Viognier. Couverts semés entre les rangs, petit-lait et préparations biodynamiques 500 et 501 accompagnent le travail des sols.

  • Mas de Libian

    Propriété de la famille Thibon depuis 1670, le Mas de Libian cultive ses vignes à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. Conduit en bio depuis toujours, il est certifié en biodynamie Demeter depuis 2005 et travaille une partie du sol avec un cheval de trait. Ses 20 hectares de vignes, taillées en gobelet et vendangées à la main, côtoient oliviers, céréales et ruches. Hélène Thibon et sa famille en tirent six vins, en Côtes du Rhône et en Vin de France.

  • Mas des Terrasses

    Repris en 2024 par la famille Voisin, l’ancien Domaine de Graillefiot est devenu le Mas des Terrasses, sur une colline de Sabran à 150 mètres d’altitude. Un peu plus de 7 hectares s’y partagent entre terrasses en Côtes du Rhône Villages et parcelles vallonnées en Côtes du Rhône, sur grès et sables. Conduit en agriculture biologique depuis plus de vingt ans, le domaine vendange à la main et élève trois cuvées en fût de chêne. Il reçoit au caveau et loue deux gîtes au milieu du domaine.

  • Château Clématis

    Créé en 2004 par Xavier Tronc, hors du cadre familial, le Château Clématis cultive 30 hectares à Sainte-Cécile-les-Vignes, dans le Vaucluse. Ses vins relèvent de trois appellations : Côtes du Rhône, Côtes du Rhône Villages Sainte-Cécile et Rasteau. Engagé chez Ecocert depuis 2019, le domaine passe au bio cuvée par cuvée, depuis le Fruité 2020, et reste en partie en conversion. Ses rouges reposent surtout sur le Grenache, à côté d’un blanc boisé et d’un rosé de Cinsault médaillés au Challenge Millésime Bio.

  • Domaine de l’Amandier

    Le Domaine de l’Amandier cultive 18 hectares au nord du Gard, sur Saint-Christol-de-Rodières, Aiguèze et Saint-Julien-de-Peyrolas, à la limite des gorges de l’Ardèche. La quatrième génération y travaille en agriculture biologique depuis 1999, et met son vin en bouteille depuis 2004. La gamme va du Côtes du Rhône L’Incompris(e) aux vins de cépage en IGP Pays d’Oc, plus des bag-in-box et un jus de raisin. Tous se dégustent gratuitement dans un moulin à huile du XVIe siècle à Aiguèze, rouvert en caveau en 2021.

  • Domaine de MasLauris

    À Lauris, entre Luberon et Durance, le Domaine de MasLauris est né en 2011 autour d’un ancien corps de ferme de l’époque vaudoise. Après l’arrachage des vieilles vignes, le vignoble a été replanté en sélection massale à partir de 2014 et compte 12 hectares bio à 300 mètres d’altitude. Vendangées à la main dès 4 heures du matin, à la lampe frontale, ses vignes donnent dix cuvées en AOP Luberon. Margeaux et Chiara Théophile poursuivent aujourd’hui l’aventure avec le vigneron Aurélien Le Tellier.

  • Domaine du Pourra

    Racheté en 1998 par Jean-Christian Mayordome, médecin franco-gabonais, le Domaine du Pourra cultive trois lieux-dits en altitude à Séguret et à Gigondas, jusqu’à 450 mètres. La vigne y est conduite sans intrant chimique depuis 1999, certifiée en agriculture biologique depuis 2012 et travaillée en biodynamie. Au Pourra, le rendement moyen se limite à 9 à 12 hl/ha, et les vins fermentent en cuve béton sans levures ajoutées. Leurs élevages sur lies fines durent souvent de 30 mois à cinq ans, et la boutique propose encore des millésimes de plus de vingt ans.

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