Domaine Etienne Simonis
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Région viticole
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7ha
Surface du vignoble
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1969
Année de fondation
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En bio depuis 2008
Sommaire
Trois siècles à Ammerschwihr, un domaine refondé en 1969
Des Simonis dans les vignes depuis les années 1670
Le Domaine Etienne Simonis est installé à Ammerschwihr, dans le Haut-Rhin. Le village est blotti au pied des Vosges, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Colmar. La famille y cultive la vigne depuis les années 1670.
Le savoir-faire s’est transmis de génération en génération jusqu’à Joseph, le grand-père d’Etienne. Joseph a vu la mécanisation arriver dans les rangs, et le tracteur remplacer le cheval.
René fonde le domaine, Etienne le reprend à vingt ans
En 1969, René, le père, fonde son propre domaine sur les parcelles dont il vient d’hériter. Six ans plus tard, il construit les bâtiments qui abritent encore la propriété.
Etienne prend les rênes en 1996, fraîchement diplômé à Beaune. Il a 20 ans et son père part à la retraite. Il se fixe une ligne : agrandir le vignoble tout en baissant les rendements. Il conduit aujourd’hui le domaine avec son épouse, Katia Simonis.


Sept hectares, et pas davantage
En 1975, le père d’Etienne s’était installé dans le bas du village avec deux hectares. Etienne a porté le vignoble à 7 hectares, « sans ambition de grandeur », racontait-il à Vinéonews Alsace en 2025. Sa formule tient en quelques mots : faire bon, pas gros. « À quoi bon faire 20 hectares si tu n’arrives pas à les valoriser ? »
La majeure partie des parcelles se trouve à Ammerschwihr. Les autres sont à Bennwihr et à Sigolsheim, deux villages voisins. Le domaine produit environ 35 000 bouteilles par an hors crémant, réparties en quelque 25 cuvées. Certaines sont éphémères, d’autres confidentielles, selon le millésime.
La biodynamie d’abord, le bio ensuite
Une idée semée au lycée, en 1990
Etienne entend parler de biodynamie à 15 ans. En 1990, un camarade de lycée, fils d’un employé d’Anne-Claude Leflaive, lui décrit les essais menés à Puligny, en Bourgogne. L’idée fait son chemin. Il bascule plus tard, lors d’une dégustation où il compare son vin à celui d’un confrère déjà engagé dans cette voie.
Les premiers essais datent de 1999. « J’ai commencé par la biodynamie, pas par le bio », résume-t-il. À l’époque, le domaine le décrit comme un choix fort et radical, loin d’être la norme.
Certifié bio en 2008, labellisé Demeter
La certification est venue plus tard, par nécessité administrative. L’Agence Bio date l’engagement du domaine en agriculture biologique du 22 août 2008, auprès d’Ecocert. Selon le Bourgogne Wineblog, qui l’a rencontré en 2014, le label Demeter a été obtenu sur le millésime 2011.
Tous les vins sont certifiés Agriculture Biologique par Ecocert et Demeter pour la biodynamie. Le domaine figure dans l’annuaire des adhérents de Demeter France, sous le nom de SARL Etienne Simonis, avec la liste de ses vins labellisés.
Bouse de corne, prêle et nichoirs à mésanges
Contre le mildiou et l’oïdium, le domaine s’en tient au cuivre et au soufre. Les tisanes de plantes font le reste : la prêle en décoction contre les maladies fongiques, la valériane contre les gelées tardives, l’ortie pour la vigueur du sol. À l’été 2026, la camomille et l’achillée sont venues renforcer la vigne.
Le compost et les préparations 500 (bouse de corne) et 501 (silice de corne) nourrissent la vie du sol. Contre le ver de la grappe, pas d’insecticide : des nichoirs attirent les mésanges. En période de nidification, une mésange capture jusqu’à 500 insectes par jour.
Le sol n’est travaillé qu’une fois tous les deux ans, en surface. Les vignes sont enherbées un rang sur deux, et l’herbe restante sous chaque pied part à la pioche. Les vendanges se font entièrement à la main et durent environ un mois et demi, parcelle par parcelle.



Granite, gneiss et calcaire : les quatre terroirs du domaine
Le Kaefferkopf, premier lieu-dit délimité, dernier Grand Cru
Le Kaefferkopf enserre le village d’Ammerschwihr. En 1932, il devient le premier lieu-dit d’Alsace délimité par une décision de justice. Il n’est pourtant classé Grand Cru qu’en 2007, le 51e et le plus jeune de la région. Sa première mention comme terroir remonte à 1338. Son nom signifie « tête de scarabée », d’après la forme de ses coteaux.
Il couvre 71,65 hectares entre 230 et 350 mètres d’altitude, sur un sol granito-calcaire. Il se distingue aussi par ses vins d’assemblage. Le domaine sépare ses cuvées selon l’empreinte du sol : son Riesling Grand Cru vient d’une parcelle de granit en coteau, sa cuvée Armand d’un sol argilo-calcaire.
Le Marckrain, au sud de Bennwihr
Le Grand Cru Marckrain s’étend au sud de Bennwihr, entre 200 et 300 mètres. Son sol marno-calcaire est chargé de galets de calcaire oolithique. Les vignes regardent l’est et le sud-est, et profitent du microclimat sec de Colmar.
Le domaine y cultive du Gewurztraminer, le cépage roi de ce cru. En 2022, il y a aussi planté du Pinot noir, dans un secteur également réputé pour ses vins rouges.
Vogelgarten et Clos des Chats, le calcaire et le gneiss
Le lieu-dit Vogelgarten, « le jardin des oiseaux », se trouve au nord de Sigolsheim. Ce terroir marno-calcaire regarde d’un côté le Grand Cru Furstentum, de l’autre le Mambourg. Exposé plein sud, il donne des vins fins malgré la puissance de leurs arômes.
Le Clos des Chats est la traduction libre du lieu-dit Katzenstegel, à l’ouest d’Ammerschwihr. Les vignes y poussent en terrasses sur du gneiss, exposées au sud-est. Des nuits assez fraîches y ralentissent la maturation. Ces parcelles isolées portent du Pinot blanc, du Pinot noir, du Pinot gris et du Riesling.
Une cave où l’on n’ajoute rien
Des sachets restés sur l’étagère
Etienne raconte sans fard comment il a cessé d’intervenir. Le soir, fatigué, il goûtait le vin et le trouvait bon tel quel. Les produits correcteurs achetés restaient sur l’étagère. « Par paresse, au début. Mais ensuite, par conviction », confiait-il à Vinéonews.
Aujourd’hui, aucun produit œnologique n’entre au chai. Les vins ne subissent ni levurage, ni collage, ni chaptalisation, ni acidification. Seules les levures indigènes présentes sur les baies transforment le sucre en alcool.
Pressurage lent et foudres des années 1950
Les grappes arrivent entières au pressoir. Le pressurage dure de 6 à 8 heures, puis le moût coule par gravité jusqu’à la cuve de débourbage. Il y repose 12 à 24 heures avant de rejoindre son contenant de fermentation.
Le chai réunit des foudres en chêne des années 1950, des cuves inox et des barriques bourguignonnes. Les fermentations y durent de 3 à 6 mois, puis les vins s’élèvent sur lies fines. Les mises en bouteilles ont lieu deux fois par an, en mai et en août, sous bouchon de liège.


Des vins de cépage aux cuvées insolites
Trois gammes, trois durées de garde
La gamme suit la tradition alsacienne. Les vins de cépage, orientés sur le fruit, se boivent dans les 5 ans. Les sélections parcellaires viennent chacune d’une seule parcelle, comme le Riesling Les Moulins ou le Pinot noir Les Courbes. Elles se gardent de 7 à 10 ans.
Les vins de terroir sont issus du Kaefferkopf, du Marckrain, du Vogelgarten et du Clos des Chats. Le cépage s’y efface avec le temps au profit d’un ensemble plus complexe. Ils se conservent 10 à 15 ans.
Crémants et vins de surmaturité
Deux crémants d’Alsace complètent la gamme : un Extra Brut, après 18 à 24 mois sur lattes, et un Rosé Brut, après 24 mois. Les Vendanges Tardives et les Sélections de Grains Nobles ne naissent que dans les millésimes propices à la pourriture noble. Elles peuvent attendre une quinzaine d’années en cave.
Zèbre, L’Indien et Le Jardin des Oiseaux
Les cuvées insolites prennent des chemins de traverse. Zèbre est un blanc de noirs, obtenu par pressurage direct du Pinot noir. Tangerine et L’Indien sont deux vins orange. Le second est un Gewurztraminer vinifié sec, en barrique, après sept jours de macération.
Et Cetera assemble les Pinots et passe 23 mois en barrique sur lies fines. Le Jardin des Oiseaux, un Gewurztraminer de surmaturité du Vogelgarten, y reste trois ans. Latitude 48 est un Muscat pétillant brut nature. Deux assemblages, Chaud Lapin et Pin’Up, complètent la série.
Trois Rieslings retenus par un guide belge
Au printemps 2026, le guide belge Vins et Terroirs Authentiques a sélectionné trois Rieslings du domaine. Le Riesling Les Moulins 2024 y obtient 16/20. Le Clos des Chats 2023 et le Grand Cru Kaefferkopf 2024 reçoivent chacun 16,5/20.
Au caveau, goûter en comprenant
La biodynamie expliquée dans les rangs
Le domaine propose deux expériences sur réservation. La première part dans les vignes pour expliquer la biodynamie, passe par le chai et se termine par une dégustation. Ces visites approfondies durent d’une heure à une heure trente.
Apprendre à déguster, de la robe au palais
La seconde apprend à déguster, en guidant le visiteur de la robe au nez, puis au palais. La page des visites s’ouvre sur une phrase de Salvador Dalí : « Qui sait déguster ne goûte plus jamais de vin, mais goûte des secrets ».
Les groupes sont reçus sur rendez-vous, jusqu’à 20 personnes. L’équipe est petite et souvent dans les vignes ou en livraison : mieux vaut appeler avant de passer.
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