Allée de vigne sur sol de graves en Gironde, vue au ras des cailloux

Les domaines viticoles bio de Bordeaux

La région en bref

  • 93 117 ha de vignoble
  • 37 AOP
  • 19 % du vignoble en bio en 2025

Le vignoble de Bordeaux s’étend sur 93 117 hectares en Gironde et produit près de 800 millions de bouteilles issues de 7 500 châteaux. Structuré par l’estuaire de la Gironde, il oppose Rive Gauche graveleuse, portée par le Cabernet Sauvignon, et Rive Droite argilo-calcaire dominée par le Merlot. Le climat maritime atlantique et la forêt des Landes façonnent aussi les liquoreux de Sauternes et Barsac via le Botrytis cinerea. Ses 37 appellations, ses classifications majeures et ses évolutions récentes (2020, Entre-Deux-Mers en 2023) renforcent son identité.

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Le vignoble de Bordeaux est un repère majeur du vin biologique et des grandes traditions d’assemblage. Il couvre 93 117 hectares en Gironde, au cœur de l’Aquitaine. Avec près de 800 millions de bouteilles par an et environ 7 500 châteaux, il forme le plus vaste vignoble d’appellations d’origine contrôlée au monde. La région pèse environ 1,5 % de la production mondiale et génère près de 2,5 milliards d’euros de valeur économique annuelle.

Bordeaux se distingue aussi par sa profondeur historique, sur près de 2 000 ans, et par une mosaïque de terroirs. On y recense 37 appellations et un système de classifications structurant, unique par sa diversité. Enfin, la région conjugue une identité ancienne avec des évolutions récentes, notamment l’adaptation aux conditions climatiques et aux choix variétaux.

Bordeaux, vignoble d’estuaire et de rives, façonné par l’Atlantique

L’estuaire de la Gironde, colonne vertébrale du paysage viticole

Bordeaux s’organise autour de l’estuaire de la Gironde, né de la confluence de la Garonne et de la Dordogne. Cette architecture hydrologique découpe naturellement la région en deux ensembles. D’un côté, la Rive Gauche. De l’autre, la Rive Droite. Cette frontière d’eau structure les sols, le climat local, puis le profil des vins.

La région s’étend sur tout le département de la Gironde. Elle compose une vaste trame viticole entre l’océan Atlantique à l’ouest et les terres plus continentales à l’est. Cette situation explique une grande diversité de paysages. Elle soutient aussi une viticulture où l’équilibre se joue souvent à l’échelle de la parcelle.

Un climat maritime atlantique, tempéré mais humide

Le climat bordelais est de type maritime atlantique, influencé par l’océan et le Gulf Stream. Les hivers restent plutôt doux. Les étés sont variables, mais souvent favorables. Les températures moyennes oscillent entre 6 °C et 20 °C sur l’année. La pluviométrie atteint environ 931 mm par an, ce qui place Bordeaux dans un contexte humide.

Cette humidité impose une gestion rigoureuse du végétal, surtout en viticulture biologique ou biodynamique. Elle accentue l’importance de la ventilation des grappes. Elle renforce aussi la valeur des sols drainants. Enfin, elle rend le millésime très sensible à la dynamique des pluies.

La forêt des Landes et les microclimats du sud bordelais

La forêt des Landes joue un rôle clé dans l’équilibre régional. Elle tempère les vents salés venant de l’Atlantique. Elle limite aussi certains effets desséchants. Cette protection favorise un climat plus stable pour la vigne. Dans le sud, elle participe à des microclimats très spécifiques.

Cette configuration est déterminante pour Sauternes et Barsac. Elle favorise le développement du Botrytis cinerea, recherché pour la pourriture noble. Le paysage actuel résulte aussi d’interventions humaines. Le drainage des marais au XVIIᵉ siècle, mené par des ingénieurs néerlandais, a transformé des zones impropres en terroirs majeurs.

Terroirs de Bordeaux : sols, cépages et styles, entre Rive Gauche et Rive Droite

Rive Gauche : graviers, drainage et maturations lentes

Sur la Rive Gauche, les sols dominants sont les graviers, le gravier et le quartz. Ces dépôts viennent de dynamiques d’érosion anciennes. Les graviers offrent un drainage efficace. Ils absorbent la chaleur le jour. Ils la restituent ensuite, surtout la nuit.

Ce fonctionnement thermique favorise le Cabernet Sauvignon. Le cépage mûrit plus lentement. Il cherche une maturité phénolique complète. Les peaux épaisses gagnent en profondeur. Les vins prennent de la structure et de la tenue. Les grands ensembles concernés incluent notamment le Médoc, Margaux, Pauillac, Saint-Julien, Graves et Pessac-Léognan.

Rive Droite : argiles, calcaires et textures veloutées

Sur la Rive Droite, la pédologie dominante est argilo-calcaire. L’argile retient mieux l’eau. Elle sécurise la vigne durant les sécheresses estivales. Le calcaire emmagasine la chaleur. Il la restitue ensuite, ce qui stabilise la maturation. L’ensemble crée des conditions hydrologiques et thermiques distinctes de la Rive Gauche.

Ces terroirs conviennent très bien au Merlot. Le cépage demande moins de temps pour mûrir. Il exprime souvent des tanins souples. Il apporte un fruit plus immédiat. Les zones emblématiques incluent Saint-Émilion, Pomerol et Fronsac.

Les repères essentiels à retenir sur les deux rives

  • Rive Gauche : sols de graviers, proximité océanique plus forte, drainage naturel, expression fréquente du Cabernet Sauvignon.
  • Rive Droite : sols argile et calcaire, variations climatiques plus marquées, rétention hydrique et calorique, expression fréquente du Merlot.
  • Les deux ensembles construisent des styles complémentaires, mais cohérents dans l’identité bordelaise.

Cépages rouges : la logique d’assemblage bordelaise

La production bordelaise est majoritairement rouge, autour de 90 %. L’assemblage reste une signature. Il permet d’ajuster structure, fruit et fraîcheur selon le millésime. Les plantations se répartissent ainsi :

  • Merlot : environ 66 % des plantations.
  • Cabernet Sauvignon : environ 22,5 %.
  • Cabernet Franc : environ 9,5 % (localement appelé Bouchet).
  • Variétés auxiliaires, environ 2 % : Malbec, Petit Verdot, Carménère.

Le Merlot apporte un profil plus rond, avec des tanins souples et des fruits noirs mûrs. Le Cabernet Sauvignon structure les vins, renforce la garde et signe souvent des notes de cassis, réglisse et menthe. Le Cabernet Franc ajoute finesse, fraîcheur et des notes de framboise et violette.

Cépages blancs et spécialités : secs, liquoreux, pourriture noble

Les blancs représentent environ 10 % des volumes. Deux familles dominent. D’abord les blancs secs, surtout en Entre-Deux-Mers. Ensuite les liquoreux de Sauternes et Barsac.

Pour les plantations blanches :

  • Sauvignon Blanc : environ 45 %.
  • Sémillon : environ 47 %.
  • Muscadelle : environ 5 %.

À Sauternes et Barsac, le Botrytis cinerea concentre les jus. Il réduit l’eau. Il concentre sucres, acides et glycérine. Les vins développent avec l’âge des notes de miel, caramel, épices et fruits confits. Les données fournies mentionnent aussi des profils sensoriels pouvant évoquer chocolat à l’orange, cacao ou crème brûlée.

Appellations et territoires : une cartographie lisible des styles bordelais

Médoc et Haut-Médoc : la colonne vertébrale graveleuse

Le Médoc est une zone triangulaire entre l’Atlantique et l’estuaire. Il couvre environ 16 000 hectares et produit autour de 100 millions de bouteilles par an. Le Haut-Médoc rassemble les appellations où se concentrent les Grands Crus Classés : Margaux, Saint-Julien, Pauillac, Saint-Estèphe. On trouve aussi Moulis et Listrac.

Les appellations de Pauillac et Saint-Julien affichent des productions annuelles indiquées à 55 410 et 43 588 hectolitres. Les vins y sont souvent structurés. Ils sont aussi conçus pour vieillir. Le Cabernet Sauvignon y tient souvent le premier rôle.

Graves et Pessac-Léognan : une diversité de sols à l’échelle fine

Les Graves sont décrites comme un terroir « patchwork ». On y rencontre graviers, argiles, sables et calcaire. Pessac-Léognan, au sud-ouest, s’appuie sur des sols graveleux réputés. Cette zone exprime une dualité intéressante. Elle peut produire des rouges charpentés. Elle peut aussi signer des blancs de grande précision selon les assemblages.

Sauternes et Barsac : brumes, Ciron et liquoreux de garde

Sauternes et Barsac se situent à environ 25 miles au sud-est du centre de Bordeaux, selon les données fournies. Le Ciron, affluent de la Garonne, apporte des brumes automnales. Elles favorisent la pourriture noble. Les profils aromatiques sont décrits comme très complexes, avec jusqu’à 50 arômes distincts dans certaines analyses sensorielles.

Un seuil de concentration minimale en sucre est mentionné pour Graves Supérieures à 221 g/L. Les liquoreux de Sauternes et Barsac sont réputés pour une longévité sur plusieurs décennies.

Saint-Émilion, Pomerol, Fronsac : l’empreinte argilo-calcaire

Saint-Émilion, inscrit à l’UNESCO, rassemble 800+ vignerons selon les données fournies. L’appellation est structurée en trois ensembles de terroirs :

  • Plateau calcaire
  • Pentes adjacentes
  • Plaines

La production annuelle est indiquée à 254 151 hectolitres. Pomerol produit environ 34 850 hectolitres. Les propriétés y sont souvent petites, autour de 5 hectares en moyenne. Les vins, dominés par le Merlot, sont décrits comme riches, lisses et souples.

Fronsac et Canon-Fronsac complètent cet ensemble. Canon-Fronsac occupe des terrains plus élevés. Les pentes raides sont associées à des vins puissants et « dimensionnels » dans les données fournies.

Entre-Deux-Mers : entre deux fleuves, des blancs aux rouges

L’Entre-Deux-Mers se situe entre la Garonne et la Dordogne. L’appellation couvre 1 783 hectares et implique 133 communes. Historiquement orientée vers les blancs secs depuis 1937, la zone s’est progressivement tournée vers les rouges au XXᵉ siècle.

Aujourd’hui, environ 85 % de la superficie est plantée en cépages rouges, notamment Merlot, Cabernet Sauvignon et Cabernet Franc. Depuis le millésime 2023, les rouges d’Entre-Deux-Mers bénéficient d’une reconnaissance officielle d’appellation.

Histoire, classifications et hiérarchies : le cadre culturel bordelais

Chronologie : du vignoble romain aux mutations modernes

L’histoire bordelaise s’étire sur près de deux millénaires. Les jalons fournis dessinent une trajectoire structurante :

  • Vers 71 ap. J.-C. : première documentation de vignobles romains par Pline l’Ancien.
  • XIIᵉ siècle : mariage de Henry Plantagenet et Eleanor d’Aquitaine, ouverture du marché anglais.
  • XVIIᵉ siècle : drainage des marais du Médoc par des ingénieurs néerlandais, dont Jan Adriaasz Leeghwater.
  • 1855 : classification officielle à l’Exposition universelle.
  • 1875–1892 : crise phylloxérique, solution par greffage sur porte-greffes américains.

Cette histoire montre une articulation constante entre géopolitique, commerce et aménagements agricoles. Le drainage a libéré des surfaces majeures. Il a aussi déplacé le centre de gravité qualitatif vers le Médoc.

Les classifications : repères structurants, modèles complémentaires

Bordeaux fonctionne avec plusieurs systèmes de classification. Ils se superposent, sans couvrir exactement les mêmes périmètres. Cette diversité contribue à la lecture qualitative du vignoble.

Classification de 1855 (Rive Gauche)
Elle concerne les châteaux du Médoc et Château Haut-Brion dans les Graves. Elle est réputée stable. Une seule modification est mentionnée, en 1973, avec la promotion de Château Mouton Rothschild en Premier Grand Cru Classé. La répartition indiquée est la suivante :

  • 5 Premiers Crus
  • 14 Seconds Crus
  • 14 Troisièmes Crus
  • 10 Quatrièmes Crus
  • 18 Cinquièmes Crus
    Soit 61 châteaux classés au total.

Classification de Saint-Émilion (Rive Droite)
Instaurée en 1955 et révisée environ tous les dix ans, elle se veut plus évolutive. Elle comprend :

  • Premier Grand Cru Classé A : 2 châteaux, Château Pavie et Château Figeac (depuis 2022)
  • Premier Grand Cru Classé B : 12 châteaux
  • Grand Cru Classé : 71 châteaux
  • Grand Cru

Cru Bourgeois (réforme 2020)
Ce système se décline en trois niveaux :

  • Cru Bourgeois Exceptionnel : 14 châteaux
  • Cru Bourgeois Supérieur : 56 châteaux
  • Cru Bourgeois : 179 châteaux
    Soit 249 propriétés. Les Cru Bourgeois commercialisent environ 28 millions de bouteilles par an, selon les données fournies.

Autres cadres
La classification des Graves (1959) et la classification Cru Artisan complètent l’édifice. Elles offrent des repères supplémentaires pour des propriétés hors des cadres principaux.

Premier vin, second vin : une hiérarchie interne aux châteaux

Au sein des châteaux, une autre hiérarchie existe. Elle organise la gamme par sélection parcellaire et lots. La distinction classique oppose :

  • Premier vin (Grand Vin) : sélection des meilleurs raisins, volumes plus limités.
  • Second vin : lots jugés légèrement en retrait, volumes souvent plus importants.
  • Troisième vin : stratégie plus récente dans certaines propriétés.

Les données fournies donnent l’exemple de Château Margaux :

  • Propriété de 88 hectares (77 ha en rouge, 11 ha en blanc)
  • Production d’environ 140 000 bouteilles du vin principal par an
  • Acquisition par Corinne Mentzelopoulos en 2003
  • Direction générale assurée par Paul Pontallier depuis 1983
  • Un troisième vin est mentionné depuis 2009 dans cet exemple

Cette logique traduit une recherche de constance qualitative. Elle permet aussi d’absorber les variations du millésime sans dégrader l’étiquette principale.

Volumes, économie et profils gustatifs : comprendre l’échelle bordelaise

Les chiffres structurants de la production régionale

Les métriques fournies donnent une idée précise de l’échelle bordelaise :

  • Surface totale : 93 117 hectares
  • Propriétés : ~7 500
  • Marques : ~13 000
  • Production : ~800 millions de bouteilles par an (dont 440 millions de litres en 2020)
  • Environ 60 millions de caisses de rouge, et ~5 millions de caisses de blanc
  • Rendement moyen : ~50 hl/ha, soit ~6 500 bouteilles (75 cl) par hectare
  • Densité de plantation : ~5 000 pieds en moyenne, avec des variations de 2 500 à 10 000
  • Taille moyenne des propriétés : ~20 hectares
  • Poids économique : ~2,5 milliards d’euros par an

Un point de lecture est essentiel. Moins de 5 % des volumes concentrent l’attention médiatique, la demande des collectionneurs et une partie du commerce à haute valeur. Les 95 % restants relèvent d’une production plus générique, orientée vers des marchés plus larges.

Profils organoleptiques et évolution en bouteille

Les vins rouges bordelais sont décrits par des marqueurs récurrents. Le profil aromatique inclut souvent :

  • Cassis, prune, notes de graphite ou crayon, cèdre, violette
  • Une texture medium à ample, avec une minéralité marquée
  • Des tanins élevés, pouvant dépasser 10–15+ g/L dans les vins de qualité
  • Une acidité équilibrée, favorable à la garde

Avec le vieillissement, le vin évolue. Les arômes tertiaires peuvent évoquer le sous-bois, la truffe, les épices, la réglisse ou la menthe fraîche. Les tanins se polymérisent. La texture devient plus veloutée.

Les liquoreux gagnent en complexité sur des décennies, avec des registres de miel, caramel, fruits confits et épices. Les blancs secs d’Entre-Deux-Mers sont plutôt à boire jeunes, idéalement dans l’année suivant le millésime, même si certains tiennent 3 à 5 ans.

Évolutions récentes : cépages autorisés et ajustements d’appellation

Bordeaux a connu des adaptations réglementaires importantes. En décembre 2020, l’intégration de cépages additionnels a été autorisée jusqu’à 10 % des assemblages rouges :

  • Arinarnoa
  • Castets
  • Marselan
  • Touriga Nacional

Pour les blancs, Alvarinho (Albariño) et Liliorila ont été homologués. Ces ajouts reflètent une réponse aux variations climatiques et à l’évolution des maturités.

Depuis le millésime 2023, les rouges d’Entre-Deux-Mers accèdent à une désignation officielle d’appellation. Ce changement formalise une évolution déjà engagée dans les plantations et les styles.

Bordeaux et viticulture biologique : une lecture par terroir et pratiques

La viticulture bordelaise, dans un climat humide et variable, met la technique au service du vivant. Les démarches bio et biodynamiques s’inscrivent souvent dans une recherche de précision. Elles s’appuient sur l’observation fine des parcelles. Elles renforcent aussi la valeur des terroirs drainants, notamment les graves.

Dans ce cadre, les choix agronomiques visent souvent des objectifs concrets : équilibre de vigueur, maîtrise sanitaire, protection des sols, et adaptation au millésime. La diversité des rives et des appellations offre un terrain d’expression large. Elle permet aussi de relier chaque style de vin à une géographie lisible.

Bordeaux reste ainsi un ensemble cohérent, mais non uniforme. Il combine un patrimoine historique dense, une segmentation territoriale claire, et une capacité d’adaptation continue. C’est précisément cette tension entre héritage, terroir et évolution qui rend la région durablement fascinante.

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12 des 18 domaines de la région

Château les Mangons

Sur les hauteurs de Sainte-Foy-la-Grande, à Pineuilh, le Château les Mangons cultive 14 hectares de vignes d’un seul tenant autour d’une cour carrée du XVIIIe siècle. Michel et Brigitte Comps, banquier et médecin, s’y installent en 1990 et passent tout le domaine en biodynamie après les vendanges 2000. Certifié Ecocert depuis 2004 et Demeter depuis 2010, il produit ses vins en Sainte-Foy Côtes de Bordeaux. Depuis 2023, Antoine et Manuela Comps le conduisent avec Matthias et Thomas Desruets, vignerons champenois.

Le Château d'Osmond

À Cissac-Médoc, le Château d’Osmond cultive 10 hectares qui jouxtent les grands crus de Pauillac et de Saint-Estèphe. Classé Cru Artisan en Haut-Médoc, il plante jusqu’à 11 000 pieds par hectare sur des graves sableuses. Repris en 2021 par Frédéric Morlier, il est engagé en bio depuis 2022 avec Ecocert et reste encore mixte. Son grand vin mise sur le merlot, et la gamme ajoute une cuvée en amphore de grès, un pur petit verdot, un blanc et des bulles de cabernet sauvignon.

Amphore du Château de Cazebonne

À Saint-Pierre-de-Mons, en appellation Graves, le Château Cazebonne réunit près de 30 hectares sur des lieux-dits plantés de vigne depuis le Moyen Âge. Repris en 2016 par Jean-Baptiste Duquesne, créateur de 750g.com, il est certifié bio et Demeter depuis le millésime 2020. Le domaine y replante les cépages oubliés de Bordeaux : plus de 45 variétés, dont le Castets, le Mancin et le Jurançon noir. Ses vins sortent en Graves, en IGP Atlantique et en Vin de France, dans l’esprit du collectif Bordeaux Pirate.

Damien Lorteau au Chai

À Reignac, en AOC Blaye Côtes de Bordeaux, le Château Les Vieux Moulins réunit depuis 1997 les vignes de deux branches familiales, jusqu’aux abords de l’estuaire. Damien Lorteau l’a repris en 2010, après des vinifications de l’Afrique du Sud à la Nouvelle-Zélande. Ses 20 hectares sont engagés en bio chez Ecocert depuis 2010, travaillés au compost bovin et aux tisanes de plantes. Levures indigènes, cuves béton et jarres de grès donnent quatre cuvées, dont un Cabernet franc et un Sauvignon blanc parcellaires.

Moutons dans les vignes du Château Franc Baudron

Fondé en 1923 par Albert-Georges Guimberteau sur 4 hectares de vignes, le Château Franc Baudron en cultive aujourd’hui 32 en Montagne-Saint-Émilion et 10 en AOC Bordeaux. Engagé en agriculture biologique depuis 2010, il fait certifier tous ses vins, sauf les moelleux et les liquoreux. La vigne reçoit des tisanes d’orties et de prêles faites au domaine, et un troupeau de moutons savoyards pâture la parcelle de Baudron. La gamme va des Montagne élevés en barrique, comme L’Audacieux, aux rouges sans sulfites Baudron et Mirande.

Gilles et Rémi Bergon, Château de Côts

Créé en 1930 par Pierre Bergon, le Château de Côts cultive 20 hectares de coteaux entre Bayon-sur-Gironde et Gauriac, en AOC Côtes de Bourg. Engagé en agriculture biologique depuis 1999, le vignoble est passé depuis aux pratiques biodynamiques sous la conduite de Rémi Bergon. La famille y a gardé une belle part de malbec, qui domine la cuvée Prestige et donne deux cuvées pures, M de Côts et R de Côts. Les vins fermentent en levures indigènes dans un chai enterré aux cuves ciment, et le domaine reçoit sur rendez-vous.

Marie et Sacha Sokoloff, Château l'Indécise

Repris à l’été 2021 par Marie et Sacha Sokoloff, l’ancien Château la Tour de Chollet est devenu le Château L’Indécise, aux Lèves-et-Thoumeyragues, en Sainte-Foy Côtes de Bordeaux. Ses 13 hectares, dont 9 de vignes, sont cultivés en agriculture biologique depuis 2007, avec vergers, jachères, moutons et poules. Sacha, ancien directeur technique du Château Dalem, et Marie, médecin, vinifient à quatre mains neuf cuvées, dont un rouge à majorité de cabernet-sauvignon. Le domaine accueille jusqu’à 23 personnes dans son gîte, au milieu des vignes.

Façade du Château Malfard

Le Château Malfard, à Saint-Martin-de-Laye dans le Nord Libournais, doit son nom à l’expression « mal à faire », tant son sol est argileux. Le duc Élie Decazes y est né en 1780, et la famille Rivière l’a racheté en 2000 après des décennies d’abandon. Ses 20 hectares d’un seul tenant sont engagés en bio depuis 2007 et certifiés par Ecocert depuis la récolte 2010. Il produit des Bordeaux Supérieur rouges élevés en fûts neufs et un blanc de Sémillon, et loue deux gîtes classés 3 épis.

Vue aérienne du Château Vieux Mougnac

À Petit-Palais-et-Cornemps, dans le Grand Saint-Émilionnais, la famille Milhard-Bessard fait du vin depuis 1870 au Château Vieux Mougnac. Certifié bio par Ecocert depuis 2012, le domaine soigne ses vignes à l’ortie et à la prêle, selon des pratiques biodynamiques. Ses rouges de Merlot et de Cabernet franc, en AOC Bordeaux supérieur, ne sont vendus qu’après une dizaine d’années de garde. Le blanc, 100 % Sémillon, devient sec ou moelleux selon l’été, et la famille reçoit en gîte, en longère et en camping-car.

Les vignes du Château Anthonic

À Moulis-en-Médoc, le Château Anthonic figure au Guide Féret dès 1850 et fut reconnu Cru Bourgeois Supérieur en 1932. Jean-Baptiste Cordonnier, ingénieur des eaux et forêts, et son fils Théophile le conduisent en bio, certifié depuis le millésime 2019. Haies depuis 2010, arbres dans les parcelles depuis 2016 et 10 hectares de bois en libre évolution en font un pionnier de l’agroforesterie en Médoc. La famille a racheté en 2022 Château Lestage-Darquier Grand Poujeaux et signe trois cuvées « dans les arbres », dont un blanc de Bouysselet.

Rémy, Isabelle et Sabine Fauchey

Ancien Château Lafon, cité dès 1796, le Château L’Inclassable a pris ce nom en 2003 après avoir perdu sa marque pour 14 jours de retard. La famille Fauchey y cultive 23 hectares en AOC Médoc à Blaignan-Prignac, sans herbicide ni insecticide, en s’appuyant sur les insectes auxiliaires. Certifié HVE depuis 2013 et végan depuis 2017, le domaine signe son premier millésime bio en 2020. Le petit verdot tient 30 % de l’assemblage du Château L’Inclassable, élevé en barriques de 400 litres.

Vendanges au Domaine de Saint-Amand

À Cambes, sur les coteaux de la Garonne, le Domaine de Saint-Amand cultive 3,2 hectares en Cadillac Côtes de Bordeaux et en Bordeaux. Sarah Simon l’a repris en février 2018, à l’aube de ses 50 ans, et vinifie tout elle-même. Certifié bio depuis septembre 2024, le domaine fermente ses rouges sous bio-protection, sans soufre. Son rouge a décroché une étoile au Guide Hachette trois millésimes de suite, et la vigneronne reçoit pour des visites comme pour des séminaires.

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