Moutons dans les vignes du Château Franc Baudron

Château Franc Baudron

Région viticole

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Bordeaux

Bio
Sommaire

Quatre hectares, un bœuf et un cheval : Baudron en 1923

Albert-Georges Guimberteau achète à Baudron

Le Château Franc Baudron est un vignoble bio de l’appellation Montagne-Saint-Émilion, dans le Libournais. Son histoire commence en 1923. Cette année-là, Albert-Georges Guimberteau achète une propriété au lieu-dit Baudron. Elle compte 4 hectares de vignes, un bœuf et un cheval.

Juste à côté, son beau-père Frédéric Beychade possède déjà 4 hectares de vignes et des bâtiments d’exploitation. Il transmet ce patrimoine à sa fille Adrienne et à son gendre, qui agrandissent ainsi leur propriété. Celle-ci compte en tout quatre sources d’eau naturelle. Albert-Georges y développe un élevage de vaches à viande, à côté de la vigne et du vin.

Nelson et Laure, une ferme de vignes, de vaches et de bois

Né en 1921, Nelson Guimberteau commence à travailler sur l’exploitation en 1936, après son certificat d’études. La propriété compte alors 8 hectares de vignes et un cheptel de vaches. S’y ajoutent des terres pour le foin et des forêts exploitées pour le bois de chauffage. En 1949, il épouse Laure Berteau, elle aussi fille d’agriculteur. Le couple a deux fils, Jean-Marie et Michel.

Michel et Bernadette triplent le vignoble

Né en 1952, Michel Guimberteau entre à son tour sur l’exploitation, qui compte alors 9 hectares de vignes. Le vin l’attire bien plus que le reste de la ferme. Il arrête peu à peu l’élevage et l’exploitation forestière.

En 1976, il épouse Bernadette Milhard, fille de viticulteurs de Petit-Palais. Ensemble, ils triplent la surface du vignoble. Il atteint 32 hectares en AOC Montagne-Saint-Émilion et 10 hectares en AOC Bordeaux. Michel et Bernadette restent les gérants de l’exploitation familiale.

Vincent en 1999, Sophie et Charles en 2010

Leur fils Vincent Guimberteau rejoint l’exploitation en 1999. Sa sœur Sophie arrive en 2010 avec son compagnon Charles Foray, originaire de Savoie. Le couple revient de cinq années en Alsace, dans le monde du vin.

Là-bas, Sophie s’occupait de la commercialisation et de la communication à la cave coopérative du Vieil Armand. Charles était chef de culture au Domaine Marcel Deiss, un domaine alsacien en biodynamie. À Baudron, chacun reprend son rôle, avec davantage de responsabilités. Le syndicat de l’appellation nomme aujourd’hui Charles Foray et Vincent Guimberteau comme responsables du château.

L'équipe du Château Franc Baudron dans les vignes

Du raisonné au bio, avec les plantes du domaine

2005, le raisonné ; 2010, la conversion

Le domaine obtient d’abord la certification en agriculture raisonnée en 2005, pour limiter les produits chimiques. En 2010, il engage sa conversion à l’agriculture biologique. L’Agence Bio date cet engagement du 10 septembre 2010, sous le contrôle de l’organisme Qualisud.

La famille le dit sans détour. Elle a été séduite un temps par la facilité des produits de l’industrie, puis elle en est revenue. Le bio exclut les désherbants, les engrais chimiques et les pesticides de synthèse. En retour, il demande plus de travail à la vigne, davantage d’observation et de rigueur.

La certification ne couvre pas toute la gamme. Seuls les moelleux et les liquoreux ne sont pas certifiés bio, les autres vins le sont. L’Agence Bio enregistre d’ailleurs l’exploitation en mixité.

Orties, prêles et fougères dans une marmite de 300 litres

Pour protéger la vigne, Baudron fait ses propres tisanes et purins. Les orties, les prêles et les fougères sont ramassées sur le domaine. On les mêle à l’eau des sources de la propriété. Le tout bout, puis macère dans une marmite de 300 litres.

Ces préparations servent à diluer les traitements à base de soufre et de cuivre. La famille ne s’en cache pas : traiter n’a rien d’exaltant. Même bio, un produit envoyé dans la nature demande de la mesure. Tout se joue sur la bonne dose et, surtout, sur le bon moment.

Un rang labouré, un rang enherbé

La taille se fait en hiver, pendant le repos de la vigne, à raison d’environ 5 500 pieds par hectare. Les labours se font un rang sur deux, en inversant chaque année le rang travaillé. L’autre reste enherbé. Le sol se tasse moins au passage des tracteurs et résiste mieux au ruissellement des pluies d’été.

Sous le rang, une griffe passe entre chaque pied, sans aucun désherbant chimique. Sur 7 hectares autour du domaine, un rang sur deux reçoit un semis de légumineuses, de plantes condimentaires et mellifères. Certaines relâchent de l’azote dans le sol, d’autres attirent une faune auxiliaire. Les abeilles, elles, y trouvent une nourriture sans produits chimiques.

Le fumier de vache va aux parcelles de faible vigueur. Au printemps et en été, épamprage, ébourgeonnage, rognage et effeuillage aèrent les grappes et calment la vigueur de la vigne.

Des moutons savoyards sur la parcelle de Baudron

Sur le terroir argileux de Baudron pâture un troupeau de moutons savoyards Thônes-et-Marthod. Leur bélier, Franky, trône sur l’étiquette de la cuvée qui porte le nom de la parcelle. Pendant les visites, avec un peu de chance, on les aperçoit dans les vignes.

Les vendanges se font à la main et à la machine. Avec une telle surface, il faut ramasser sans trop attendre quand le raisin est mûr. Et très vite en cas d’intempéries, pour éviter l’éclatement des grappes et la pourriture.

Montagne-Saint-Émilion pour la garde, Bordeaux pour le plaisir

Montagne, de l’autre côté de la Barbanne

L’AOC Montagne-Saint-Émilion s’étend sur la commune de Montagne. Celle-ci a rassemblé en 1973 trois paroisses voisines : Montagne, Saint-Georges et Parsac. Le vignoble s’étend entre Pomerol à l’ouest et Saint-Émilion au sud. Ses 1 600 hectares occupent la rive droite de la Barbanne, un affluent de l’Isle.

L’appellation ne produit que des vins rouges. Un jugement de 1921 permet à ses vins d’ajouter le nom de Saint-Émilion. L’appellation d’origine est reconnue en 1936. Le merlot y trouve des sols argilo-calcaires propices. Le cabernet franc et le cabernet sauvignon sont réservés aux sols plus chauds.

Plateaux argilo-calcaires, argiles lourdes et crasse de fer

La majorité des parcelles de Baudron sont situées sur des plateaux argilo-calcaires. Le domaine a aussi des terroirs d’argiles lourdes et des sols sablo-graveleux, sur lesquels les vins s’expriment différemment. Il a commencé à vinifier séparément ces types de terroir.

Sur ces sols, les rouges supportent une macération assez longue, de trois à quatre semaines. Le Recto et les vins doux au sauvignon gris viennent, eux, de sols sablo-argileux à crasse de fer.

32 hectares pour la garde, 10 pour le plaisir

Le Montagne-Saint-Émilion est le cœur de la production, avec près de 32 hectares exploités. Le domaine y fait ses vins de garde, qui se gardent de 5 à 15 ans selon les millésimes. Deux cuvées de ce terroir passent en barrique, deux autres sont élevées sur le fruit.

Sur 10 hectares, Baudron produit chaque année ses Bordeaux, en majorité rouges, avec un peu de blanc. Un crémant complète la gamme les années qui s’y prêtent. Ces vins de plaisir font environ un an d’élevage en cuve avant la mise en bouteille.

Des barriques usées à la sève aux cuves sans sulfites

Levures indigènes et barriques de sept ou huit vins

Le domaine vise une qualité constante chaque année, sans gommer la typicité du millésime. Il cherche la maturité sans aller jusqu’à la surmaturité, et se méfie des fûts neufs employés à outrance. Il veut des vins qui expriment leur caractère et leur origine.

Au chai, ciment, inox et bois servent à l’élevage. Quand c’est possible, la fermentation part sur levures indigènes. Pour les rouges, elle se fait en cuves thermorégulées, avec plusieurs remontages par jour.

Les Montagne destinés à la barrique y passent environ un an. Le parc mêle barriques neuves et fûts qui ont déjà porté jusqu’à sept ou huit vins. Le boisé s’y fait plus discret : il ne gomme plus les arômes du vin, il se fond dedans.

L'équipe du Château Franc Baudron au Chai

Le Château Franc Baudron et L’Audacieux en barrique

La cuvée Château Franc Baudron porte le nom du domaine, dont elle est la cuvée emblématique. Elle assemble 70 % de merlot et 30 % de cabernet franc. L’élevage dure 12 mois, en barriques de différents âges. Fruits noirs, café torréfié et épices tournent au sous-bois et au cuir avec l’âge.

L’Audacieux est la cuvée prestige. Selon la famille, son nom vient de la racine germanique de Baudron, qui signifie « audacieux ». Issue de vieilles vignes, elle naît en 2000 et ne se fait que les excellentes années. Elle passe 12 mois en barriques neuves de chêne français.

Un Audacieux blanc lui fait pendant, en sémillon de vieilles vignes élevé sous bois. On y trouve des notes de fleurs, de fruits jaunes et de brioche.

Authentique, Baudron et Mirande, trois rouges sans barrique

La cuvée Authentique reste 10 mois en cuve inox, sans barrique. Le domaine veut y garder l’éclat du fruit et du terroir, sans intrant. Merlot et cabernet franc y viennent d’argiles profondes. Le vin joue la mûre, le cassis et la réglisse.

Le Baudron et le Mirande sont élevés en cuve sans sulfites. Le raisin est égrappé, foulé, puis pigé aux pieds et aux mains. Le Baudron assemble merlot, cabernet franc et malbec à parts égales, sur les argiles de sa parcelle.

Le Mirande, né en 2018, tire son nom de son terroir argilo-calcaire. Il rend hommage à Nelson Guimberteau, disparu un an plus tôt. C’est lui qui avait planté ses cabernets francs. Merlot et cabernet franc s’y partagent à moitié, sur des notes de mûre, de fraise et de fleurs.

Recto, Verso, Bucolique et les vins doux

En AOC Bordeaux, Recto et Verso sont issus du même sol. Recto, rouge 100 % merlot, passe 10 mois en cuve inox. Verso assemble sémillon et sauvignon blanc, avec un peu de sauvignon gris et de muscadelle.

Bucolique est un rosé de presse 100 % cabernet franc, mis en bouteille très tôt. Côté vins doux, Grains de Soleil est un moelleux et Grains d’Automne un liquoreux. Tous deux naissent de sauvignon gris récolté en surmaturité.

Aux Portes de Baudron est une cuvée accidentelle. En 2023, une parcelle de malbec a été vendangée en dernier, d’autres récoltes passant avant elle. Le raisin était très concentré en sucres. Le rouge liquoreux qui en est né garde 100 g/L de sucres résiduels.

La presse suit cette gamme. En 2022, La Revue du Vin de France écrivait que « l’ensemble de la gamme du domaine vaut que l’on s’y arrête un instant ». Decanter a noté le Verso 2022 à 90/100.

À Baudron, la visite passe par la vigne

Deux dégustations au choix

Le domaine reçoit pour des visites et des dégustations. La visite commence dans la vigne, pour parler d’agriculture biologique, de terroirs et de cépages. Elle se poursuit au chai, sur la vinification et l’élevage en barriques.

Deux formules d’une heure trente sont proposées. La dégustation Plaisir porte sur quatre vins au choix, la dégustation Audacieuse sur six vins.

Pique-nique et Oenolympiades aux portes ouvertes

Pour ses portes ouvertes, Baudron organise une journée pique-nique chez le vigneron. Tables, tonneaux, tonnelles et barbecues sont mis à disposition, et des musiciens jouent une ambiance guinguette. Les Oenolympiades proposent aux petits comme aux grands des épreuves autour du vin.

Pour la famille, le vin est une boisson vivante. Il porte la marque de son terroir et de son année. Le domaine, lui, s’affiche en « fournisseur de bonheur depuis 1923 ».

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Les autres domaines de la région Bordeaux

  • Château de la Craffe

    Repris en 2021 par trois amis, le Château de la Craffe cultive 9 hectares de vignes bio à Francs, en Francs Côtes de Bordeaux. Imprimeur de formation, Quentin Vidal sérigraphie sur chaque bouteille l’œuvre d’un artiste et reverse 1 € par bouteille à une association. Sur 20 hectares sans labour, le domaine a planté 2 250 arbres en bocage et fait pâturer des moutons d’Ouessant. Ses vins suivent le millésime, du rosé pétillant naturel au rouge muté, en tirages de quelques centaines de bouteilles.

  • Château Coutet

    À 500 mètres du village de Saint-Émilion, le Château Coutet se transmet dans la famille David Beaulieu depuis 1601, sans désherbant ni pesticide. Certifié en agriculture biologique depuis 2012, il cultive merlot à queue rouge, bouchet et pressac sur le calcaire à astéries du plateau de Saint-Martin et sur ses pentes. Un quart de ses 17 hectares reste sans vigne, entre chênes, figuiers et quelque 500 arbres fruitiers. La cuvée Émeri reproduit une bouteille de 1750 retrouvée pleine dans la cave, bouchon de verre compris.

  • SCEA Vignobles Barron

    Les Vignobles Barron réunissent à La Brède, en AOC Graves, le Château Méric et le Château Chante l’Oiseau, dans la famille depuis le XIXe siècle. La famille dit produire en agriculture biologique depuis 1964, et son engagement auprès d’Ecocert date de 1995. Sur 31 hectares de vignes, elle élève en cuve la plupart de ses Graves rouges et blancs, et en barrique les cuvées Eugénie, 7G et 1802. Benjamin Barron, septième génération, et son épouse Aurélie reçoivent pour des visites, au gîte et à la guinguette La Méric.

  • La Bastane

    Ancien Château de L’Espinglet, surnommé le « Petit Yquem » pour ses liquoreux, La Bastane a été reprise en 2017 par Anaïs Bernard et Bastien Pestourie. Ses 15 hectares d’un seul tenant dominent la Garonne à Rions, sur graves, argilo-calcaires et cailloux de fer. Certifié en agriculture biologique depuis le millésime 2020, le domaine y ajoute des pratiques biodynamiques non certifiées. Il produit des rouges en AOC Côtes de Bordeaux, un blanc étoilé au Guide Hachette et un liquoreux en AOC Cadillac, et reçoit en chambres d’hôtes.

  • Château Moulin de Peyronin

    À Pujols, dans l’Entre-deux-Mers, le Château Moulin de Peyronin est conduit en agriculture biologique depuis 1975 et certifié par Ecocert depuis 1985. Véronique et Franck Terral l’ont racheté en 2006, à 25 ans, puis converti à la biodynamie, certifiée Demeter depuis 2019. Leurs 14 hectares de vignes d’un seul tenant, sur argilo-calcaire, dominent la vallée de la Dordogne, entre moutons, haies et chênes truffiers. Le domaine produit neuf vins, en AOC Bordeaux, en Crémant de Bordeaux et en Vin de France, dont un clairet et un vin orange.

  • Château du Grand Bos

    À Castres-Gironde, en appellation Graves, le Château du Grand Bos cultive 23 hectares de vignes dans une clairière bordée de bois, autour d’une chartreuse des XVIIe et XVIIIe siècles. Racheté en 1988 par André Vincent, il est aujourd’hui conduit par sa petite-fille Lou Rochet, troisième génération de la famille. Engagé en agriculture biologique depuis 2020 avec Ecocert, le domaine s’intéresse aussi aux pratiques biodynamiques. Son rouge 2019 a obtenu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette, et il signe des vins nature sans sulfites ajoutés.

  • Domaine de Saint-Amand

    À Cambes, sur les coteaux de la Garonne, le Domaine de Saint-Amand cultive 3,2 hectares en Cadillac Côtes de Bordeaux et en Bordeaux. Sarah Simon l’a repris en février 2018, à l’aube de ses 50 ans, et vinifie tout elle-même. Certifié bio depuis septembre 2024, le domaine fermente ses rouges sous bio-protection, sans soufre. Son rouge a décroché une étoile au Guide Hachette trois millésimes de suite, et la vigneronne reçoit pour des visites comme pour des séminaires.

  • Château L’Inclassable

    Ancien Château Lafon, cité dès 1796, le Château L’Inclassable a pris ce nom en 2003 après avoir perdu sa marque pour 14 jours de retard. La famille Fauchey y cultive 23 hectares en AOC Médoc à Blaignan-Prignac, sans herbicide ni insecticide, en s’appuyant sur les insectes auxiliaires. Certifié HVE depuis 2013 et végan depuis 2017, le domaine signe son premier millésime bio en 2020. Le petit verdot tient 30 % de l’assemblage du Château L’Inclassable, élevé en barriques de 400 litres.

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