Façade du Château de Côts

Château de Côts

Région viticole

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Bordeaux

Bio
Sommaire

« Côts », un nom qui hésite entre coteau, taille et cépage

Trois pistes relevées par le Guide Hachette

Le Château de Côts, domaine bio des Côtes de Bourg à Bayon-sur-Gironde, porte un nom qui intrigue. Le Guide Hachette s’est posé la question plusieurs fois au fil de ses éditions. Il avance trois origines possibles. La première renvoie aux pentes des coteaux, la deuxième aux « cots », ce petit bois laissé lors de la taille. La troisième désigne le côt, cépage appelé aussi malbec.

Le guide ne tranche pas. Il note seulement que la cuvée Prestige 2003 « porte bien son nom ». Le côt y dominait l’assemblage à 40 %, avec 30 % de merlot et 30 % de cabernet-sauvignon. Un encépagement original, selon le guide, qui en tirait un vin de caractère.

Le malbec que Gilles Bergon n’a pas arraché

L’encépagement du domaine reste typique du Bordelais, avec une particularité. Gilles Bergon, le père de Rémi, a conservé une belle quantité de malbec et quelques cabernets-sauvignons. Il ne voulait pas tout arracher pour ne planter que du merlot.

Ce choix se lit dans les bouteilles. Pour le millésime 2002, le Guide Hachette estimait la part du malbec à 10 % de l’encépagement. Dans les millésimes 2014 et 2016, il compose 60 % de la cuvée Prestige. Et deux cuvées du domaine sont des malbecs purs, un rouge et un rosé.

Le cépage a toute sa place dans l’appellation. Son cahier des charges cite le côt parmi les cépages principaux, aux côtés du merlot et des deux cabernets. Il précise qu’on l’appelle localement malbec.

Trois générations de Bergon sur le plateau de Bayon

De Pierre Bergon, en 1930, à son petit-fils Rémi

Pierre Bergon a créé le domaine en 1930. Son fils Gilles a pris la suite, puis son petit-fils Rémi Bergon, qui a rejoint l’exploitation en 2012. C’est lui qui tient aujourd’hui la propriété.

Rémi a grandi au milieu du vignoble familial. Sa formation viti-vinicole l’a mené de La Tour Blanche au lycée de Montagne Saint-Émilion. Entre les deux, il a passé un BTS à Carcassonne. Il est ensuite parti à l’étranger pour se confronter à d’autres techniques de production.

Il a passé un an en Australie, en Nouvelle-Galles-du-Sud, puis un an aux États-Unis, dans l’Oregon. De retour en France, il est entré comme caviste chez Nicolas, à Paris puis à Londres.

Des sols labourés bien avant le bio

Gilles avait gardé la méthode de son père : le travail du sol plutôt que les traitements. Les 10 premiers hectares ont toujours été labourés, enherbés un rang sur deux et taillés de façon traditionnelle. Jusque dans les années 1990, il labourait encore à cheval les parcelles les plus proches.

Pour Rémi Bergon, la certification bio de 1999 « n’était qu’une évidence ». L’Agence Bio date l’engagement du domaine du 29 octobre 1999, auprès d’Ecocert. Dans son édition 2002, le Guide Hachette présentait d’ailleurs le cru comme « en cours de reconversion à l’agriculture biologique ».

Des engrais verts aux pratiques biodynamiques

Le travail reste traditionnel : enherbement un rang sur deux, labour et engrais verts semés chaque automne. Comme l’impose l’agriculture biologique, la vigne ne reçoit ni produit chimique de synthèse ni OGM.

Le bio va jusqu’à la bouteille. Le domaine adhère à la charte de la FNIVAB, la fédération des vins de l’agriculture biologique. Elle fixe les règles de la vinification, de l’élevage et du conditionnement. Dans la continuité, Rémi Bergon a décidé de passer tout le vignoble en biodynamie.

Le domaine résume cette démarche en une formule : « coopérer avec le végétal ». Les pratiques de base restent celles du bio, comme les engrais verts, le travail modéré du sol ou le compostage. S’y ajoutent des pratiques propres à la biodynamie, pensées pour favoriser la vitalité des cultures.

Vingt hectares de coteaux dans l’aire des Côtes de Bourg

Entre Bayon-sur-Gironde et Gauriac, face au sud-sud-ouest

Le vignoble couvre 20 hectares entre Bayon-sur-Gironde et Gauriac, à une trentaine de kilomètres de Bordeaux. Les vignes sont plantées à flanc de coteau, exposées sud-sud-ouest. Le domaine les situe sur l’un des meilleurs plateaux de la commune de Bayon.

Les sols sont argilo-calcaires et limoneux, avec quelques parcelles d’argile et de graves rouges. Le sous-sol, un calcaire dur et poreux, facilite le drainage naturel. Les vignes étant proches du chai, les vendanges y arrivent fraîches et saines.

Une appellation d’estuaire, plus ensoleillée que le reste du Bordelais

Les Côtes de Bourg s’étendent sur 15 communes de la rive droite de la Dordogne et de la Gironde, dont Bayon-sur-Gironde et Gauriac. Reconnue en AOC depuis 1936, l’appellation couvre 3 000 hectares de vignes, selon son syndicat.

Son relief est fait de coteaux et de vallons qui culminent à 92 mètres. La masse d’eau de l’estuaire y régule les températures. Le rayonnement solaire y dépasse de 10 % la moyenne bordelaise. Il y pleut aussi de 10 à 25 % de moins selon les années.

Des limons de plateau que le cahier des charges destine au côt

Le cahier des charges distingue trois grands types de sols. Les limons quaternaires des plateaux, de couleur « terre de Sienne », conviennent particulièrement au merlot, au côt et au sauvignon. Les graves sablo-argileuses des coteaux accueillent merlot et cabernets. Sur les sols argilo-calcaires, les plus répandus, c’est le merlot qui s’épanouit le mieux.

Dans un de ses bilans de millésime, le syndicat relève que les malbecs ont peu souffert des incidents climatiques. Il y voit la confirmation de leur adaptation au terroir des Côtes de Bourg.

L’appellation est réservée aux vins tranquilles rouges et blancs. Les rouges reposent surtout sur le merlot et le cabernet-sauvignon, et dans une moindre mesure sur le cabernet franc et le côt. Le rosé du domaine, lui, sort en Vin de France.

Chai enterré et barriques Radoux : le style des vins

Levures indigènes et longues macérations en ciment

Le chai est enterré et abrite de vieilles cuves en ciment. Les jus fermentent avec leurs levures indigènes, sans ajout d’intrant œnologique. Les macérations sont longues, de 5 à 7 semaines, dans ces cuves enterrées.

Un chai à barriques reçoit ensuite les deux cuvées élevées sous bois, pour 12 mois au minimum. Le domaine travaille avec des barriques bordelaises de la tonnellerie Radoux.

Tradition pour le fruit, Prestige pour la garde

La cuvée Tradition repose 12 à 18 mois dans des barriques Radoux qui ont déjà vu trois vins. Le domaine lui prête un fruit très juteux, une belle fraîcheur et des tanins fondus. En 2017, elle venait de 10 hectares de vignes de 30 ans. L’assemblage réunissait 60 % de merlot, 25 % de cabernet-sauvignon et 15 % de malbec.

Le Guide Hachette a retenu la Tradition 2016 dans son édition 2020. Il y relevait un bouquet de cassis bien mûr, d’épices et de réglisse, et des tanins élégants.

La cuvée Prestige s’affine deux ans en barriques bordelaises Radoux neuves, qui lui apportent une note boisée veloutée. Elle vient de 2 hectares de vignes de 45 ans. Depuis quelques années, le domaine l’oriente vers des fûts de 400 litres, pour un boisé discret et fondu.

Ses fiches techniques la donnent à boire à partir de trois ans et à garder 15 à 20 ans en cave. Le Prestige 2014 a reçu une médaille d’argent au concours VBNA 2016. Le Prestige 2016 a obtenu l’or au même concours, en 2018.

M de Côts et R de Côts, le malbec en solo

Le M de Côts est un 100 % malbec, à la robe violine intense et au nez corsé et fruité. En 2020, il venait d’1 hectare de vignes de 55 ans. Vendangé et trié à la main, il a été élevé en cuve ciment. Sa fiche évoque la cerise rouge, le poivre frais et des tanins légers.

Le R de Côts est un rosé de pressée, lui aussi 100 % malbec, obtenu par pressurage direct en cuves inox thermorégulées. Sa robe rose cendrée annonce une bouche vive, sur les épices et les fruits frais.

Dans son édition 2025, le Guide Hachette a accordé une étoile à un 2022 pur malbec du domaine, élevé en cuve. Il y voit « une petite rareté », sur la violette, les épices et les fruits noirs. Il salue aussi des tanins fermes et une fine fraîcheur.

Une exploitation, trois châteaux et une salle face aux vignes

L’EARL des Vignobles Bergon

Le Château de Côts est exploité par l’EARL des Vignobles Bergon, dont Rémi Bergon est le gérant. L’Agence Bio recense aussi parmi ses lieux d’activité le Château Les Aubrets et le Château Tartifume. Elle n’y relève aucune mixité : toute la production de l’exploitation est certifiée bio.

Les vins se vendent en direct à la propriété et par des réseaux de distributeurs. On les trouve aussi en restauration en France, et à l’export.

Visites sur rendez-vous, toute la semaine

La salle de dégustation se trouve au milieu du vignoble, orientée vers les vignes. Une baie vitrée ouvre la vue sur le parc et le jardin. Le domaine y reçoit des groupes et des événements privés.

Les visites ont lieu toute la semaine, sur rendez-vous. Pour une commande, il suffit de contacter le domaine, qui en discute directement avec chaque client.

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Les autres domaines de la région Bordeaux

  • Château de Chainchon

    Le Château de Chainchon appartient à la même famille depuis 1846, sur un coteau de Castillon-la-Bataille qui domine la vallée de la Dordogne. Michelle et Patrick Érésué y conduisent depuis 1996 15 hectares de vignes engagés en bio depuis 2010, en Castillon-Côtes de Bordeaux. Le merlot y prend plusieurs formes, de la cuve inox à l’amphore de la cuvée Teha, coup de cœur du Guide Hachette 2023. Le château reçoit sur rendez-vous pour une visite d’une heure et demie, du coteau au chai.

  • Château La Grâce Fonrazade

    Le Château La Grâce Fonrazade n’avait plus produit de vin depuis 1985 quand François-Thomas Bon et Bénédicte Simonet l’ont racheté en 2010. Ses parcelles de Saint-Émilion Grand Cru, réparties autour du village, mêlent graves fines, sables et argiles calcaires, à dominante de merlot. Engagé en bio depuis 2013, le domaine vinifie dans un chai reconstruit la même année et autonome en chauffage. Il signe aussi un bordeaux blanc de sauvignon gris, et son grand cru 2022 a reçu deux étoiles au Guide Hachette 2026.

  • Château de Chelivette

    Le Château de Chelivette, à Sainte-Eulalie, est l’une des plus anciennes propriétés viticoles de Gironde, aux mains des Jésuites de 1626 à 1764. Venus de la finance à Londres, Florence et Jacques Borel la reprennent en 2014 et la conduisent en biodynamie, certifiée Demeter depuis 2019. Sur 30 hectares, une douzaine d’hectares de vigne côtoient prairies, verger, potager, ruches et moutons. Le domaine signe des Bordeaux supérieur, un Cadillac Côtes de Bordeaux et des cuvées élevées en amphore.

  • Château Vieux Chevrol

    Le Château Vieux Chevrol cultive 34 hectares sur le plateau de Néac, commune du nord de l’appellation Lalande-de-Pomerol qui eut sa propre AOC avant de la rejoindre en 1954. Venue d’Auvergne par le négoce en 1921, la famille Champseix en est à sa troisième génération avec Michel, ingénieur agronome et œnologue arrivé en 2013. Il a converti tout le vignoble en bio dès 2015, deux ans après sa première vinification. Le domaine produit un seul vin rouge, à 80 % de merlot, élevé douze mois en demi-muids de 600 litres.

  • Château Paloumey

    Le Château Paloumey cultive 37 hectares en Haut-Médoc, sur les graves de Ludon-Médoc et de Cussac-Fort-Médoc. Arraché au XXe siècle, son vignoble a été replanté à partir de 1990 par Martine Cazeneuve, sur une propriété qui n’avait plus un pied de vigne. Son fils Pierre, ingénieur agronome, l’a engagé en bio dès 2016 et y plante des lignes d’arbres depuis 2021. Classé Cru Bourgeois Exceptionnel en février 2025, le château ouvre aussi son chai aux visiteurs.

  • Château Gadet Terrefort

    Le Château Gadet Terrefort est un cru artisan du Médoc fondé en 1921 à Gaillan-en-Médoc et tenu aujourd’hui par Anaïs Bernard, troisième génération. Ses 30 hectares de vignes se partagent entre les sables graveleux de Gaillan et les argilo-calcaires d’Ordonnac, au bord de l’estuaire. Engagé en bio en 2019, le domaine est entièrement conduit en agriculture biologique depuis 2023. Une cinquantaine de vaches limousines fournissent le fumier des vignes, et la scierie familiale taille les piquets d’acacia du palissage.

  • Château Bastor-Lamontagne

    Le Château Bastor-Lamontagne cultive 50 hectares de vignes d’un seul tenant à Preignac, dans l’appellation Sauternes, sur la deuxième terrasse de la Garonne. Engagé en bio en 2010, le vignoble est entièrement certifié depuis 2016, planté de 80 % de sémillon et de 20 % de sauvignon. Ancienne propriété royale passée par les Larrieu de Haut-Brion puis par le Crédit Foncier, il appartient depuis 2018 à la famille Helfrich. Ses Sauternes, fermentés en barriques neuves, misent sur le fruit, la fraîcheur et un sucre modéré.

  • Château Fougas

    Le Château Fougas cultive 22 hectares en Côtes de Bourg, sur un plateau de Lansac où des argiles bleues reposent sur la molasse du Fronsadais. Racheté en 1976 par Jean-Yves Béchet, qui le tient avec Michèle Béchet, il est certifié en biodynamie depuis 2010 et porte le label Demeter. Ses rouges à dominante de merlot, de Maldoror à Forces de Vie, cherchent « la violette plutôt que le goudron ». Premier à pratiquer la location de pieds de vigne, le château invite ses locataires à vendanger leur propre millésime.

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