Château de Côts
Sommaire
- « Côts », un nom qui hésite entre coteau, taille et cépage
- Trois pistes relevées par le Guide Hachette
- Le malbec que Gilles Bergon n’a pas arraché
- Trois générations de Bergon sur le plateau de Bayon
- De Pierre Bergon, en 1930, à son petit-fils Rémi
- Des sols labourés bien avant le bio
- Des engrais verts aux pratiques biodynamiques
- Vingt hectares de coteaux dans l’aire des Côtes de Bourg
- Entre Bayon-sur-Gironde et Gauriac, face au sud-sud-ouest
- Une appellation d’estuaire, plus ensoleillée que le reste du Bordelais
- Des limons de plateau que le cahier des charges destine au côt
- Chai enterré et barriques Radoux : le style des vins
- Levures indigènes et longues macérations en ciment
- Tradition pour le fruit, Prestige pour la garde
- M de Côts et R de Côts, le malbec en solo
- Une exploitation, trois châteaux et une salle face aux vignes
- L’EARL des Vignobles Bergon
- Visites sur rendez-vous, toute la semaine
« Côts », un nom qui hésite entre coteau, taille et cépage
Trois pistes relevées par le Guide Hachette
Le Château de Côts, domaine bio des Côtes de Bourg à Bayon-sur-Gironde, porte un nom qui intrigue. Le Guide Hachette s’est posé la question plusieurs fois au fil de ses éditions. Il avance trois origines possibles. La première renvoie aux pentes des coteaux, la deuxième aux « cots », ce petit bois laissé lors de la taille. La troisième désigne le côt, cépage appelé aussi malbec.
Le guide ne tranche pas. Il note seulement que la cuvée Prestige 2003 « porte bien son nom ». Le côt y dominait l’assemblage à 40 %, avec 30 % de merlot et 30 % de cabernet-sauvignon. Un encépagement original, selon le guide, qui en tirait un vin de caractère.
Le malbec que Gilles Bergon n’a pas arraché
L’encépagement du domaine reste typique du Bordelais, avec une particularité. Gilles Bergon, le père de Rémi, a conservé une belle quantité de malbec et quelques cabernets-sauvignons. Il ne voulait pas tout arracher pour ne planter que du merlot.
Ce choix se lit dans les bouteilles. Pour le millésime 2002, le Guide Hachette estimait la part du malbec à 10 % de l’encépagement. Dans les millésimes 2014 et 2016, il compose 60 % de la cuvée Prestige. Et deux cuvées du domaine sont des malbecs purs, un rouge et un rosé.
Le cépage a toute sa place dans l’appellation. Son cahier des charges cite le côt parmi les cépages principaux, aux côtés du merlot et des deux cabernets. Il précise qu’on l’appelle localement malbec.
Trois générations de Bergon sur le plateau de Bayon
De Pierre Bergon, en 1930, à son petit-fils Rémi
Pierre Bergon a créé le domaine en 1930. Son fils Gilles a pris la suite, puis son petit-fils Rémi Bergon, qui a rejoint l’exploitation en 2012. C’est lui qui tient aujourd’hui la propriété.
Rémi a grandi au milieu du vignoble familial. Sa formation viti-vinicole l’a mené de La Tour Blanche au lycée de Montagne Saint-Émilion. Entre les deux, il a passé un BTS à Carcassonne. Il est ensuite parti à l’étranger pour se confronter à d’autres techniques de production.
Il a passé un an en Australie, en Nouvelle-Galles-du-Sud, puis un an aux États-Unis, dans l’Oregon. De retour en France, il est entré comme caviste chez Nicolas, à Paris puis à Londres.


Des sols labourés bien avant le bio
Gilles avait gardé la méthode de son père : le travail du sol plutôt que les traitements. Les 10 premiers hectares ont toujours été labourés, enherbés un rang sur deux et taillés de façon traditionnelle. Jusque dans les années 1990, il labourait encore à cheval les parcelles les plus proches.
Pour Rémi Bergon, la certification bio de 1999 « n’était qu’une évidence ». L’Agence Bio date l’engagement du domaine du 29 octobre 1999, auprès d’Ecocert. Dans son édition 2002, le Guide Hachette présentait d’ailleurs le cru comme « en cours de reconversion à l’agriculture biologique ».
Des engrais verts aux pratiques biodynamiques
Le travail reste traditionnel : enherbement un rang sur deux, labour et engrais verts semés chaque automne. Comme l’impose l’agriculture biologique, la vigne ne reçoit ni produit chimique de synthèse ni OGM.
Le bio va jusqu’à la bouteille. Le domaine adhère à la charte de la FNIVAB, la fédération des vins de l’agriculture biologique. Elle fixe les règles de la vinification, de l’élevage et du conditionnement. Dans la continuité, Rémi Bergon a décidé de passer tout le vignoble en biodynamie.
Le domaine résume cette démarche en une formule : « coopérer avec le végétal ». Les pratiques de base restent celles du bio, comme les engrais verts, le travail modéré du sol ou le compostage. S’y ajoutent des pratiques propres à la biodynamie, pensées pour favoriser la vitalité des cultures.
Vingt hectares de coteaux dans l’aire des Côtes de Bourg
Entre Bayon-sur-Gironde et Gauriac, face au sud-sud-ouest
Le vignoble couvre 20 hectares entre Bayon-sur-Gironde et Gauriac, à une trentaine de kilomètres de Bordeaux. Les vignes sont plantées à flanc de coteau, exposées sud-sud-ouest. Le domaine les situe sur l’un des meilleurs plateaux de la commune de Bayon.
Les sols sont argilo-calcaires et limoneux, avec quelques parcelles d’argile et de graves rouges. Le sous-sol, un calcaire dur et poreux, facilite le drainage naturel. Les vignes étant proches du chai, les vendanges y arrivent fraîches et saines.
Une appellation d’estuaire, plus ensoleillée que le reste du Bordelais
Les Côtes de Bourg s’étendent sur 15 communes de la rive droite de la Dordogne et de la Gironde, dont Bayon-sur-Gironde et Gauriac. Reconnue en AOC depuis 1936, l’appellation couvre 3 000 hectares de vignes, selon son syndicat.
Son relief est fait de coteaux et de vallons qui culminent à 92 mètres. La masse d’eau de l’estuaire y régule les températures. Le rayonnement solaire y dépasse de 10 % la moyenne bordelaise. Il y pleut aussi de 10 à 25 % de moins selon les années.
Des limons de plateau que le cahier des charges destine au côt
Le cahier des charges distingue trois grands types de sols. Les limons quaternaires des plateaux, de couleur « terre de Sienne », conviennent particulièrement au merlot, au côt et au sauvignon. Les graves sablo-argileuses des coteaux accueillent merlot et cabernets. Sur les sols argilo-calcaires, les plus répandus, c’est le merlot qui s’épanouit le mieux.
Dans un de ses bilans de millésime, le syndicat relève que les malbecs ont peu souffert des incidents climatiques. Il y voit la confirmation de leur adaptation au terroir des Côtes de Bourg.
L’appellation est réservée aux vins tranquilles rouges et blancs. Les rouges reposent surtout sur le merlot et le cabernet-sauvignon, et dans une moindre mesure sur le cabernet franc et le côt. Le rosé du domaine, lui, sort en Vin de France.
Chai enterré et barriques Radoux : le style des vins
Levures indigènes et longues macérations en ciment
Le chai est enterré et abrite de vieilles cuves en ciment. Les jus fermentent avec leurs levures indigènes, sans ajout d’intrant œnologique. Les macérations sont longues, de 5 à 7 semaines, dans ces cuves enterrées.
Un chai à barriques reçoit ensuite les deux cuvées élevées sous bois, pour 12 mois au minimum. Le domaine travaille avec des barriques bordelaises de la tonnellerie Radoux.


Tradition pour le fruit, Prestige pour la garde
La cuvée Tradition repose 12 à 18 mois dans des barriques Radoux qui ont déjà vu trois vins. Le domaine lui prête un fruit très juteux, une belle fraîcheur et des tanins fondus. En 2017, elle venait de 10 hectares de vignes de 30 ans. L’assemblage réunissait 60 % de merlot, 25 % de cabernet-sauvignon et 15 % de malbec.
Le Guide Hachette a retenu la Tradition 2016 dans son édition 2020. Il y relevait un bouquet de cassis bien mûr, d’épices et de réglisse, et des tanins élégants.
La cuvée Prestige s’affine deux ans en barriques bordelaises Radoux neuves, qui lui apportent une note boisée veloutée. Elle vient de 2 hectares de vignes de 45 ans. Depuis quelques années, le domaine l’oriente vers des fûts de 400 litres, pour un boisé discret et fondu.
Ses fiches techniques la donnent à boire à partir de trois ans et à garder 15 à 20 ans en cave. Le Prestige 2014 a reçu une médaille d’argent au concours VBNA 2016. Le Prestige 2016 a obtenu l’or au même concours, en 2018.
M de Côts et R de Côts, le malbec en solo
Le M de Côts est un 100 % malbec, à la robe violine intense et au nez corsé et fruité. En 2020, il venait d’1 hectare de vignes de 55 ans. Vendangé et trié à la main, il a été élevé en cuve ciment. Sa fiche évoque la cerise rouge, le poivre frais et des tanins légers.
Le R de Côts est un rosé de pressée, lui aussi 100 % malbec, obtenu par pressurage direct en cuves inox thermorégulées. Sa robe rose cendrée annonce une bouche vive, sur les épices et les fruits frais.
Dans son édition 2025, le Guide Hachette a accordé une étoile à un 2022 pur malbec du domaine, élevé en cuve. Il y voit « une petite rareté », sur la violette, les épices et les fruits noirs. Il salue aussi des tanins fermes et une fine fraîcheur.
Une exploitation, trois châteaux et une salle face aux vignes
L’EARL des Vignobles Bergon
Le Château de Côts est exploité par l’EARL des Vignobles Bergon, dont Rémi Bergon est le gérant. L’Agence Bio recense aussi parmi ses lieux d’activité le Château Les Aubrets et le Château Tartifume. Elle n’y relève aucune mixité : toute la production de l’exploitation est certifiée bio.
Les vins se vendent en direct à la propriété et par des réseaux de distributeurs. On les trouve aussi en restauration en France, et à l’export.
Visites sur rendez-vous, toute la semaine
La salle de dégustation se trouve au milieu du vignoble, orientée vers les vignes. Une baie vitrée ouvre la vue sur le parc et le jardin. Le domaine y reçoit des groupes et des événements privés.
Les visites ont lieu toute la semaine, sur rendez-vous. Pour une commande, il suffit de contacter le domaine, qui en discute directement avec chaque client.
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