Château de Chainchon
Sommaire
- Une famille sur le coteau de Chainchon depuis 1846
- Valmy Dubourdieu-Lange, rameur et nom du grand vin
- 1980, l’année où André Érésué replante
- Michelle et Patrick, aux commandes depuis 1996
- Des molasses du Fronsadais sous une couche de sable
- Sur les premiers contreforts de Castillon
- Le bas du coteau pour le fruit, le haut pour la garde
- De l’herbe, des féveroles et une taille courte
- Du cuvier inox à l’amphore, le merlot en plusieurs registres
- Un chai réglé pour garder le fruit
- Sept cuvées, de la table à la garde
- Un cirque, un soutien-gorge et un rosé de saignée
- Les coups de cœur du Guide Hachette
- Visiter Chainchon sur rendez-vous
- Une heure et demie entre le coteau et le chai
- La Fest’à Chainchon, début juillet
Une famille sur le coteau de Chainchon depuis 1846
Le Château de Chainchon surplombe la vallée de la Dordogne depuis le flanc d’un coteau de Castillon-la-Bataille, à l’est du Saint-Émilionnais. La demeure date du XVIIIe siècle, et la même famille y vit depuis 1846. Elle y produit des vins bio sur 15 hectares de vignes, dans l’appellation Castillon-Côtes de Bordeaux.
Valmy Dubourdieu-Lange, rameur et nom du grand vin
Le premier propriétaire s’appelle Saint-Marc Dubourdieu-Lange. Lui succède Valmy Dubourdieu-Lange, champion de France d’aviron et arrière-grand-père de l’actuel propriétaire.
Le nom de Valmy n’a pas quitté la cave. Patrick Érésué l’a donné au grand vin du château, en hommage à son arrière-grand-père. C’est un pur merlot, tiré du meilleur coteau, là où poussent les plus vieilles vignes du domaine.

1980, l’année où André Érésué replante
Le tournant arrive en 1980. André Érésué, petit-fils de Valmy, replante alors 80 % du vignoble et construit un cuvier moderne. Le Château de Chainchon repart sur ces bases, et la famille date de cette année-là la naissance du domaine actuel.
Michelle et Patrick, aux commandes depuis 1996
Michelle et Patrick Érésué dirigent le château depuis 1996. Patrick a été maître de chai d’un cru classé de Saint-Émilion. Le domaine résume son parcours d’une formule : allier la tradition à la modernité.

Le vignoble est engagé en agriculture biologique depuis 2010, sous le contrôle d’Ecocert. Sur ses étiquettes, Patrick signe parfois « Patrick Érésué, vigneron », et sa devise tient en quelques mots : la vraie nature du vin.
Des molasses du Fronsadais sous une couche de sable
Sur les premiers contreforts de Castillon
L’appellation Castillon-Côtes de Bordeaux s’étend à 45 km à l’est de Bordeaux, dans le prolongement du Saint-Émilionnais. Chainchon se trouve dans sa partie sud, au-dessus de la Dordogne. Ses vignes occupent le pied de côte, le coteau et le plateau.
Patrick Érésué décrit lui-même ce sous-sol : « J’ai la chance de disposer d’un terroir de très bonne qualité, situé sur les premiers contreforts de l’appellation, qui présente l’originalité d’être constitué de molasses calcaires du Fronsadais recouvertes d’une couche de sable. » Cette couche reste fine en haut du coteau et s’épaissit vers le bas.
Le sol passe ainsi de l’argilo-calcaire, sur la côte et le plateau, à l’argilo-sablonneux en pied de côte. Ces sols pauvres sont drainés par la pente, et les rangs regardent le sud et le sud-est.
Le bas du coteau pour le fruit, le haut pour la garde
Cette diversité décide de la place de chaque cuvée. Le pied de côte donne des vins souples et fruités, à boire jeunes. Le haut du coteau porte des vins puissants et tanniques, faits pour la garde, dont le Valmy Dubourdieu-Lange.
Le merlot occupe l’essentiel du vignoble, et le cabernet franc le complète. Cinq des sept cuvées du château sont des merlots purs.
De l’herbe, des féveroles et une taille courte
Aucun désherbant ni engrais chimique n’entre dans les vignes, et le domaine n’emploie pas d’insecticide. Il s’agit de garder l’équilibre entre les ravageurs de la vigne et leurs prédateurs naturels.
L’herbe pousse librement entre les rangs. Le sol est sous-solé et décompacté pour que l’air y circule, puis nourri par des engrais verts, féveroles et seigle.

Sur le cep, tout vise des grappes saines et mûres. La taille courte limite les rendements, l’ébourgeonnage se fait à la main et l’effeuillage précoce aère les grappes. Une haute surface de feuillage aide ensuite le raisin à mûrir.
Du cuvier inox à l’amphore, le merlot en plusieurs registres
Un chai réglé pour garder le fruit
Le domaine vendange lui-même, à la machine, parcelle par parcelle selon la maturité. Les fermentations se font en cuves inox thermorégulées, sous 25 °C, pour préserver le fruit. Les macérations durent de 15 à 20 jours.
Une micro-oxygénation sous marc affine ensuite les tanins et stabilise la couleur. Les cuvées de garde passent 12 mois en barriques, et le château met lui-même ses vins en bouteille, au bout de 18 mois. Ses fiches techniques annoncent toutes moins de 50 mg/L de soufre total.

Sept cuvées, de la table à la garde
Le merlot donne le ton de la maison. Les cuvées élevées en cuve misent sur le fruit rouge bien mûr et une bouche charnue. Celles qui passent en barrique ajoutent un nez toasté et des tanins fondus.
La Terrasse, en Castillon-Côtes de Bordeaux, est élevée en cuve inox : c’est pour le domaine « un vin de tout un repas ». Le Puy, merlot pur, passe douze mois en barriques sans bois neuf, avec des rendements sous 40 hl/ha.
Valmy Dubourdieu-Lange vient des vignes d’une cinquantaine d’années, à moins de 30 hl/ha. Il vieillit douze mois en barriques, dont 30 % de neuves, et le domaine le destine à une garde de cinq à quinze ans.
Teha sort du lot. Ce merlot est élevé pour moitié en amphores de 320 litres, pour moitié en barriques ayant déjà contenu trois vins. Son nom vient du latin testa, le pot en terre cuite. Patrick Érésué l’a créé en l’honneur de sa petite-fille et n’en tire pas plus de 1 200 bouteilles.

Un cirque, un soutien-gorge et un rosé de saignée
Le château aime aussi les étiquettes qui font sourire. The Natural Circus, merlot en AOC Bordeaux élevé en cuve, se présente comme un vin de fête, pour l’apéritif ou le barbecue. Le Soutien-Gorge Rouge, merlot de Castillon, vieillit en barriques de quatre à six ans.
Le rosé, en AOC Bordeaux rosé, est un rosé de saignée de cabernet franc. Le domaine lui prête une robe grenadine et une bouche de fraise et de framboise fraîches.
Les coups de cœur du Guide Hachette
Le Guide Hachette a décerné un coup de cœur au Valmy Dubourdieu-Lange pour les millésimes 1998, 2012 et 2014, dans ses éditions 2001, 2016 et 2018. Le plus récent revient à Teha 2019, coup de cœur et trois étoiles dans l’édition 2023, après celui du rosé 2018 dans l’édition 2020.
Les dégustateurs du guide ont trouvé au Valmy 2018 « d’intenses notes de fruits noirs et d’épices », dans un vin dense et équilibré. Au Teha 2019, ils ont relevé « beaucoup de fruit, au nez comme en bouche » et de la fraîcheur, avec une finale épicée.
Visiter Chainchon sur rendez-vous
Une heure et demie entre le coteau et le chai
Le château reçoit uniquement sur rendez-vous. La visite dure environ une heure et demie et comprend le domaine, le chai et une dégustation. Les vins s’achètent sur place, et la propriété accueille aussi des événements privés.
La Fest’à Chainchon, début juillet
Le château donne désormais rendez-vous au début du mois de juillet pour la Fest’à Chainchon. Elle a pris la suite des apéros-concerts qu’il a accueillis de 2013 à 2016.
Michelle et Patrick les organisaient avec l’association des habitants de Capitourlan : théâtre, expositions de peinture et concerts de blues, de chanson française ou de pop folk, souvent avec une dégustation de leurs vins. C’est lors d’un de ces apéros-blues que The Natural Circus a été présenté comme la nouvelle cuvée de la maison.

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