Champagne Oudiette
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Région viticole
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4ha
Surface du vignoble
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En bio depuis 2021, une partie en conversion
Sommaire
Parcelle par parcelle, une famille de Beaunay
Des Aubert aux Oudiette, près de cent ans au village
Le Champagne Oudiette est implanté à Beaunay, dans les Coteaux du Petit Morin, depuis près de 100 ans. Le domaine a été fondé dans les années 1920 par Léon et Gabrielle Aubert. Après-guerre, le couple s’est mis à travailler la vigne en parallèle de ses cultures.
Leur fille Arlette et son mari André Oudiette ont développé le domaine toute leur vie, avant de le transmettre à leurs deux enfants. L’aîné, Pascal Oudiette, et sa femme Sylvie ont installé le premier pressoir au début des années 1990. Dans les années 2000, ils ont acquis de nouvelles parcelles, toujours à Beaunay.
2012, Maxime rejoint ses parents
Maxime Oudiette arrive au domaine en 2012, après huit ans d’études en viticulture et en œnologie. Il a travaillé auparavant au Champagne Thuillier et au Champagne Jacques Selosse. En 2015, une fois construit le premier cellier du domaine, il vinifie ses premiers vins. Maxime, Pascal et Sylvie dirigent aujourd’hui la maison ensemble.
Depuis 2015, Maxime a bâti sa propre façon de travailler. Elle mêle viticulture biologique, pratiques biodynamiques, vitiforesterie et permaculture, avec des gestes adaptés à chaque parcelle. Ses convictions, écrit le domaine, évoluent au fil des saisons, des vins et de ses gestes, « ou de nos non-gestes ».
Un vin, un lieu
Chaque vin du domaine est identifié par son origine. Au pressurage, les raisins sont pressés et vinifiés parcelle par parcelle. Pour Maxime, c’est la règle de base pour comprendre l’influence des sols sur les vins.
Les cuvées portent donc le nom de leur parcelle : Les Gras d’Huile, Les Caourdets, Les Hautes Sources Souris ou Les Bas Vigny.
Dix parcelles nommées d’après le cadastre de 1821
26 115 pieds sur 4 hectares
Le vignoble couvre 4 hectares, surtout à Beaunay, avec des vignes à Celles-lès-Condé et à Étoges. Le domaine compte ses ceps un par un : 26 115 pieds, dont 16 799 de Chardonnay, 7 199 de Meunier, 1 636 de Pinot Noir et 481 de Pinot Gris. L’âge moyen du vignoble atteint 39 ans.
Cette taille modeste permet de cultiver chaque parcelle comme un jardin. Pour les distinguer et les nommer, la famille s’appuie sur le cadastre napoléonien de 1821. Plus précis et moins simplifié que le cadastre administratif actuel, il aide à lire plus finement les écosystèmes et les microclimats locaux.
Des Meuniers de 1965 au Pinot Gris de 2020
Les plus vieilles vignes sont des Meuniers plantés en 1965, aux Pendriasses et aux Caourdets. Les Pendriasses, 47 ares, reposent sur un sol moitié craie friable, moitié argile à lignite. Les Prés Maréchaux, plantés en 1970, occupent le bas d’un petit cirque géologique, les Gorges du Cormont. La craie n’y apparaît qu’à plus de 2,40 mètres.
Côté Chardonnay, Les Gras d’Huile couvrent un peu plus d’un hectare, planté par sections entre 1993 et 2004. Les Caourdets datent de 1984, Les Bas Vigny de 2007. À Étoges, Les Chênes comptent 3 987 pieds plantés en 1972. Aux Hautes Sources Souris, le Pinot Noir date de 1990 et le Pinot Gris de 2020.
Argile à lignite, sources et haies
Chaque parcelle a sa fiche, qui décrit son sol et la vie qu’il abrite. Aux Gras d’Huile, l’argile à lignite garde l’eau et forme l’été une croûte qui limite l’évaporation. Collemboles, acariens et vers de terre y trouvent de quoi vivre. Les Bas Vigny, exposés au vent dominant, sont sans doute la parcelle la plus crayeuse du domaine.
Aux Hautes Sources Souris, deux sources coulent sous la vigne et rafraîchissent ce terroir pourtant exposé plein sud. Les haies voisines abritent lapins, faisans et renards. Aux Chênes, en bas de coteau, on croise la coccinelle à sept points, la chrysope, des abeilles sauvages et des carabes.

Une vigne en bio, une bouteille qui ne le revendique pas
Des chardonnays certifiés depuis 2024
Le domaine s’est engagé en agriculture biologique en février 2021, auprès de l’organisme certificateur Ocacia. Depuis 2024, tous ses chardonnays sont certifiés. Pour 2025, l’Agence Bio recense à la fois des raisins certifiés et des raisins en première année de conversion.
La famille ne souhaite pourtant pas revendiquer cette certification sur ses vins ni sur ses bouteilles. Côté biodynamie, le domaine n’est certifié ni par Demeter ni par Biodyvin : il parle de pratiques biodynamiques.
Cuivre, soufre, bardane et sauge
Contre le mildiou et l’oïdium, le domaine s’en tient au cuivre et au soufre. Des préparations à base de plantes permettent d’en réduire les doses. Sur plusieurs parcelles, ce sont des extraits fermentés de bardane et de sauge officinale.
Le sol n’est travaillé que sous le rang, en surface, sur 3 à 5 cm. Le reste de l’interrang est laissé à l’enherbement naturel. Aux Hautes Sources Souris, un couvert de trèfle blanc implanté voici une dizaine d’années cède peu à peu la place aux plantes du lieu.
Au chai, des barriques pleines et des lies jamais séparées
Du pressoir à la barrique, sans soufre
À la vendange, les jus passent directement du pressoir aux barriques, sans soufre et sans débourbage statique. Les fûts sont remplis à 100 %. Pendant la fermentation, ils débordent et chassent les parties inertes, tout en gardant la pulpe.
La fermentation alcoolique part avec les levures indigènes. Avant la vendange, une micro-cueillette sert parfois à préparer un pied de cuve. La malolactique se fait spontanément, ou pas du tout. Le soufre n’arrive qu’après les fermentations, avec légèreté : c’est le seul intrant du domaine.
Onze mois sous bois, trente mois en bouteille
Les vins mûrissent au moins 11 mois en barriques de 228 litres, sur leurs lies. Ils ne sont pas bâtonnés, sauf en cas d’oxydation déviante, et sont ouillés jusqu’aux chaleurs du printemps. En juillet, les barriques sont regroupées parcelle par parcelle en cuve inox, environ deux jours avant la mise en bouteille.
Après l’embouteillage, fin juillet ou début août, les vins mûrissent au moins 30 mois avant le dégorgement. Les lies les accompagnent à chaque étape et ne les quittent qu’à ce moment-là. Les derniers vins dégorgés ont encore patienté six mois au domaine avant d’en partir.
Ni collage ni filtration
Le domaine ne pratique ni collage, ni filtration, ni stabilisation tartrique. Un très léger dépôt peut donc se former dans la bouteille. Le dosage s’adapte à chaque vin et change d’une année à l’autre. Les champagnes dégorgés en octobre 2024 ont reçu 1,5 gramme.

Des champagnes de lieu-dit, un rouge et un rosé d’infusion
Le sel, l’argile et la craie
Pour le domaine, l’équilibre de ses vins repose d’abord sur les choix faits à la vigne. La longue maturation affine les terroirs et estompe les arômes organiques. La minéralité naît de l’équilibre entre l’argile à lignite et la craie, et de maturités plus avancées. Les vins en tirent leur intensité et leur richesse en sel.
Réserve perpétuelle et petits tirages
Les Gras d’Huile, pur Chardonnay, repose sur la vendange 2021 et sur 81 % de réserve perpétuelle des années 2015 à 2020. Cette réserve vient de la même parcelle. Les Hautes Sources Souris, en Pinot Noir, n’en compte que 19 %, puisée dans une réserve commencée en 2018.
Les tirages restent modestes : 2 578 bouteilles pour Les Gras d’Huile, 964 pour Les Hautes Sources Souris. Les Caourdets a connu sa première vinification sur la seule vendange 2021, pour 2 744 bouteilles. Les Bas Vigny, première vinification elle aussi, n’a donné que 60 bouteilles. Les Gras d’Huile a reçu sa première note du Wine Advocate pour sa base 2017.
Beaunay Rouge et Rosé d’Infusion
Le domaine produit aussi un Coteaux Champenois rouge, Beaunay Rouge, issu du Pinot Noir des Hautes Sources Souris en 2022. Le raisin a macéré 5 jours à froid, puis 13 jours à chaud, avec 10 % de rafle mûre. La parcelle lui donne finesse et longueur, voire une certaine timidité, malgré des tanins bien présents.
Le Rosé d’Infusion applique au vin la méthode d’infusion du thé. Des baies de Meunier des Barabannes, égrappées à la main, infusent dans le moût de Chardonnay des Gras d’Huile en début de fermentation. Le vin assemble ainsi 98 % de Chardonnay et 2 % de Meunier. Des dégustations à l’aveugle décident de la durée, au goût seul : la couleur n’entre pas en compte.
La vendange 2021 n’a pas donné au Meunier une maturité suffisante pour l’infusion. Le rosé manque donc à l’appel, et sa prochaine version viendra de la vendange 2022.

Beaunay, un village des Coteaux du Petit Morin
41 hectares de vignes sur la craie à Micraster
Beaunay compte parmi les 319 villages de l’appellation Champagne. Il se trouve au sud-ouest de la région, à 12 km de Vertus et 22 km d’Épernay. La commune ne compte que 41 hectares de vignes, surtout plantées en Meunier. Le Chardonnay y gagne du terrain, car il s’adapte bien aux différentes argiles.
L’argile couvre tout le territoire, mais la craie se trouve entre 40 centimètres et 2,50 mètres de profondeur selon les endroits. Le calcaire dominant date du Campanien, au Crétacé supérieur. Il porte le nom d’un oursin fossile, le Micraster, qu’on retrouve parfois intact dans certaines veines.
Dans le prolongement de la Côte des Blancs
Les Coteaux du Sézannais et du Petit Morin prolongent la Côte des Blancs au sud-ouest d’Épernay. Près de 300 vignerons y exploitent 2 300 hectares de vignes. Le paysage y mêle parcelles de vigne, bosquets et champs, sur un relief mouvementé.
Le domaine y produit surtout des champagnes. Son vin rouge, lui, relève de l’appellation Coteaux Champenois.
Une visite sur rendez-vous
Le domaine ne reçoit que sur rendez-vous, à demander par le formulaire de contact de son site. Les délais de réponse varient selon le travail à la vigne et au chai.
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