Le vignoble du Château Lamartine

Château Lamartine

Région viticole

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Sud-Ouest

Bio
Sommaire

Des tailleurs de pierre devenus vignerons de Cahors

1883, une maison à la place d’un chêne

Le Château Lamartine cultive 38 hectares de vignes certifiées bio à Soturac, dans le Lot. Il se trouve à l’extrémité ouest du vignoble de Cahors. La famille Gayraud y est vigneronne depuis quatre générations. Son histoire commence pourtant par la pierre, pas par la vigne.

Pendant la crise du phylloxéra, dans les années 1870, les ancêtres de la famille se reconvertissent en tailleurs de pierre. Ils bâtissent la plupart des maisons du village. En 1883, ils construisent la leur, à l’emplacement d’un chêne centenaire. Ce chêne abritait, dit-on, les rendez-vous galants de la belle Martine. Le domaine lui doit son nom.

Edouard Sérougne, de la polyculture à l’appellation

Les vignes ne reviennent qu’à partir des années 1920, avec Edouard Sérougne, l’arrière-grand-père de Lise et Benjamin. Il plante alors 5 hectares, mais la famille vit de la polyculture. Le vin part en tonneaux, vendu directement à la propriété.

La première mise en bouteille a lieu en 1955. Pour Edouard, vendre en bouteille, c’est s’engager à valoriser ses vins. À la fin des années 1960, il fait partie des quinze vignerons qui défendent le projet d’appellation. Ils vont plaider leur cause à Paris, devant l’INAO. L’appellation est obtenue en 1971. À sa mort, en 1975, il cultive 12 hectares de vignes.

Carmen, Adrien, puis Alain et Brigitte

Le domaine passe ensuite à sa fille Carmen et à son gendre Adrien Gayraud. Carmen se fait connaître dans tous les villages alentour pour sa vente de chasselas, du raisin de table. Adrien, lui, travaille les vignes. Leur fils Alain prend la vinification dès le millésime 1976, à tout juste 19 ans.

Avec son épouse Brigitte, Alain crée la Cuvée Particulière en 1988. Elle fera connaître le domaine dans le monde entier. Suit en 1996 la cuvée Expression, issue du plus beau terroir de la propriété. En quarante millésimes, le couple multiplie par trois la surface du domaine.

Lise et Benjamin, un tandem depuis 2016

En 2016, Alain et Brigitte laissent la place à leurs enfants, Lise et Benjamin Gayraud, forts de solides expériences à l’étranger. Pour se présenter, le frère et la sœur créent une cuvée, Tandem, 100 % malbec. Leur ligne tient en une phrase : des vins fidèles à l’image de Cahors, qui allient franchise, équilibre et fraîcheur.

Leurs dix premières années ont vu naître les blancs, arriver le bio et évoluer les élevages. Elles ont aussi apporté leur lot de défis climatiques et commerciaux. Leurs parents le leur disent souvent : « vous avez autant d’expérience en 10 ans que nous en 40 ».

L'équipe du Château Lamartine

Trois terrasses du Lot à l’extrémité ouest de Cahors

Une appellation née en 1971, réservée aux rouges

L’AOC Cahors, créée en 1971, est réservée aux vins rouges élaborés à partir de malbec. Le tannat et le merlot y sont admis comme cépages accessoires, mais le malbec doit peser au moins 70 % de l’assemblage. L’aire d’appellation couvre 21 700 hectares, répartis sur 45 communes du Lot.

Le vignoble se trouve à mi-chemin entre la Méditerranée et l’Atlantique. Le domaine décrit un climat tempéré, sous influences océaniques et méditerranéennes. Ses sols d’argile et de calcaire donnent de la fraîcheur aux vins. L’appellation, elle, commence tout juste à classer ses terroirs, en séparant ceux de la vallée et ceux du causse.

Les plus vieilles terrasses de la vallée

Le Lot a modelé sa vallée en terrasses étagées durant le Quaternaire. Les vins de Cahors en décrivent trois. La troisième, dite de Mindel, porte des alluvions très anciennes, datées d’environ 500 000 ans. Au-dessus de 250 mètres d’altitude commencent les versants et les plateaux calcaires.

Le Château Lamartine est planté sur les plus vieilles terrasses de la vallée, en exposition sud. Le domaine découpe son vignoble en trois niveaux, numérotés de la deuxième à la quatrième terrasse.

  • 53 % en troisième terrasse, sur argilo-calcaire, pour des vins élégants et complexes
  • 35 % en quatrième terrasse, sur calcaire, pour des vins fins et tendus
  • 12 % en deuxième terrasse, sur argilo-siliceux, pour des vins ronds et charnus
Le vignoble du Château Lamartine

Du malbec en rouge, trois blancs sur le calcaire

Les rouges occupent 34,75 hectares : 95 % de malbec, 3 % de tannat et 2 % de merlot. Les blancs, sur 3,25 hectares, se partagent entre chardonnay (60 %), chenin (30 %) et viognier (10 %).

Ces blancs sont récents. Les vignes du Tandem blanc ont été plantées en 2014, 2015 et 2022, sur le haut coteau calcaire de la quatrième terrasse. Les deux Expression blanches viennent aussi d’un haut coteau calcaire, exposé au nord-est.

Les vignes du Château Lamartine

Un vignoble bio, un chai de cuves et de barriques

Certifié bio depuis le millésime 2022

La phrase est d’Edouard Sérougne : « La terre ne nous appartient pas, nous ne sommes que de passage. » Ses arrière-petits-enfants ont conduit tout le vignoble vers la certification en agriculture biologique. Elle couvre l’ensemble des vignes depuis le millésime 2022.

Au vignoble, le travail du sol entretient l’équilibre vivant dans lequel les ceps puisent leurs minéraux. L’effeuillage et la sélection des plus belles grappes sur pied tiennent un rendement modéré. Il va de 50 hl/ha pour la cuvée Château Lamartine à 40 hl/ha pour la Cuvée Particulière et le Tandem rouge.

Des cuves ovoïdes aux amphores

La cave est un outil moderne et thermorégulé, pensé pour des gestes traditionnels : tri de la vendange et pigeage. Dans les chais d’élevage climatisés reposent quelques centaines de barriques de chêne français. Elles viennent de sept tonneliers différents.

Les contenants changent avec la cuvée : cuves ciment, cuves ovoïdes, foudres de 50 à 90 hectolitres, barriques et, pour la dernière-née, amphores. Le domaine produit 200 000 bouteilles par an, dont 94 % de rouge, 4 % de blanc et 2 % de rosé. Toute la production est mise en bouteille.

Le chai du Château Lamartine

Déguster et visiter à Soturac

Le domaine accueille le public pour la dégustation et la vente. Il fait aussi visiter l’exploitation, la cave et le vignoble, avec son chai de vinification et son chai de vieillissement. Le Château Lamartine adhère aux Vignerons Indépendants du Lot et porte le label Vignobles et Découvertes.

Le profil des vins de Lamartine, du Tandem à l’AC 544

Du fruit, de la fraîcheur et des élevages souples

Le Guide des meilleurs vins de France 2027 salue une nouvelle génération qui donne plus de tonus et de modernité aux cuvées. Celles-ci prennent le fruit pour ligne de mire. En privilégiant la concentration sur l’extraction, le domaine signe des rouges souples et bien élevés.

Chaque terroir a sa cuvée. Le calcaire du haut coteau donne le Tandem rouge, tourné vers le fruit. La troisième terrasse argilo-calcaire porte l’Expression. La Cuvée Particulière, elle, assemble une vingtaine de parcelles de vieilles vignes, entre argilo-calcaire, calcaire et argilo-siliceux.

Quatre malbecs de terroir

La cuvée Château Lamartine est le Cahors traditionnel du domaine. Elle assemble 95 % de malbec et 5 % de merlot, sur des vignes de 20 à 45 ans. Elle macère 15 jours, s’élève à 75 % en cuves ciment et à 25 % en barriques. Sa mise en bouteille intervient à partir de 20 mois.

La Cuvée Particulière associe 95 % de malbec et 5 % de tannat. Ses vieilles vignes de coteaux ont de 40 à 70 ans. Elle s’élève 12 à 14 mois, pour moitié en foudres de chêne, pour moitié en barriques de deux à quatre ans. Le domaine y cherche des tanins soyeux et une persistance tout en finesse.

L’Expression vient d’un bloc de 5 hectares de vieilles vignes, au milieu du coteau argilo-calcaire. Chaque pied n’y donne que 1,3 kg de raisin. Le vin macère 40 jours, puis passe 18 mois en barriques neuves de chêne français.

Dernière-née, l’AC 544 porte le nom de sa parcelle : de très vieilles vignes de malbec sur une argile rouge profonde. Elle macère 30 jours, puis s’élève 36 mois en amphore. Le millésime 2022 a donné 980 bouteilles.

Tandem, blancs et rosé

Le Tandem rouge montre un autre visage du malbec. Ses vignes de 30 ans poussent sur le calcaire du haut coteau. Il est vinifié sans soufre, macère 10 jours, puis passe six mois en cuve ovoïde et en cuve ciment. Le domaine le veut digeste, porté par le fruit plutôt que par la structure tannique.

Le Tandem blanc assemble chardonnay, chenin et viognier, pressés en grappes entières. La carboglace y limite l’usage des sulfites. Les deux Expression blanches, chardonnay et chenin, passent 12 mois en fûts sur lies fines. Le rosé réunit malbec, merlot et syrah, en pressurage direct. Deux autres rouges complètent la gamme, le Pêcher Mignon et la Cuvée du Tertre.

Coups de cœur et notes de la critique

L’Expression 2023 a reçu un coup de cœur et deux étoiles dans le Guide Hachette des vins 2027. Le guide y relève une robe rouge vif, des arômes de cerise fraîche et des tanins fondus et soyeux. Il présente le domaine comme un pilier de l’appellation Cahors.

Le Guide des meilleurs vins de France 2027 donne 92/100 et un coup de cœur au Tandem rouge 2025. Il accorde 93/100 à l’Expression 2023. Outre-Atlantique, Wine Spectator a donné 90/100 à la Cuvée Particulière 2022, dans une dégustation publiée en janvier 2026.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

  • Domaine de Brin

    Le Domaine de Brin cultive 14 hectares de vignes en AOC Gaillac à Castanet, dans une ferme familiale où poussent aussi lentilles, pois chiches et orge brassicole. Damien Bonnet y met les vins en bouteille depuis 2008, en bio dès le départ, avec une certification engagée en 2011. Mauzac, loin de l’œil, braucol, duras et prunelart s’élèvent en jarre de grès, en amphore, en foudre ou en béton. Ses quinze cuvées vont du pétillant naturel au vin de voile, en passant par l’orange et les doux.

  • Château du Grand Roc

    Le Château du Grand Roc cultive 7 hectares de vignes bio à Lamothe-Montravel, sur des coteaux argilo-calcaires tournés au sud, au bord de la Dordogne. Ingénieur agronome passé par le conseil viticole, Edouard Barkhausen l’a repris en 2023 à Henri-Paul Guillot, qui le conduisait en bio depuis près de trente ans. Il vinifie en cuves béton, en amphore, en œuf ou en demi-muids, de l’AOC Bergerac aux cuvées en IGP Périgord. Autour des vignes, des vaches highland entretiennent les prairies, entre les bois et les haies du domaine.

  • Domaine La Valette

    Le Domaine La Valette cultive 3 hectares en bio à Villaudric, dans l’AOP Fronton, au nord de Toulouse. Issu d’une famille de vignerons du Val de Loire, Antoine Rouiller y a planté une partie des vignes en 2019 et 2021. La négrette y côtoie la syrah, le cabernet franc, le mauzac et le chardonnay, vendangés à la main pour des vins soufrés au tiers de la dose autorisée. Le Guide Hachette 2027 accorde deux étoiles à l’Arlequin rouge 2024 et à la Négrette Only 2025.

  • Domaine Damiens

    Le Domaine Damiens cultive 16 hectares à Aydie, en appellations Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh, engagés en bio depuis 2011. Son nom vient d’un aïeul trouvé sous un porche d’église le jour de la Saint-Côme-et-Damien, et les Beheity tiennent la propriété depuis 1950. Pierre-Michel Beheity restructure le vignoble à partir de 2008 en faveur du tannat, tout en gardant un capital de vieilles vignes. Du tannat de printemps sans sulfites ajoutés aux Madiran de garde, la gamme compte aussi des Pacherenc secs et doux de petit et gros manseng.

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