Clos Signadore - Jeunes vignes palissées sous un grand ciel, relief couronné de nuages

Clos Signadore

Région viticole

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Corse

Bio

Autour du Clos Signadore, sept parcelles de Patrimonio

Le Clos Signadore est un domaine bio de l’appellation Patrimonio, installé à Poggio-d’Oletta, en Haute-Corse. Christophe Ferrandis l’a créé en 2001. La propriété compte une vingtaine d’hectares, dont une dizaine plantés en vigne, uniquement avec des cépages corses. Le domaine annonce 30 000 bouteilles.

La Butte, le Four, la Mine et la Ruine : le clos d’origine

Le clos qui a donné son nom au domaine réunit 4,5 hectares de vigne, auxquels s’ajoutent 4 hectares de garrigue et de bois. Christophe Ferrandis les a acquis en 2001. Le niellucciu y domine, avec quelques rangs de vermentinu.

Quatre parcelles le composent, et chacune porte un nom. La Butte, 1,5 hectare planté en 1967 en sélection massale, est la plus ancienne. La Mine date de 2005, le Four de 2016. La Ruine est en cours de replantation.

Clos Signadore - Panorama du clos, vignes et relief rocheux sous un ciel bleu
Vue panoramique du clos, le vignoble d’origine du domaine.

Partout, le sol associe des marno-calcaires en plaquettes et des calcaires bréchiques. Les argiles sont bleues à la Butte, rouges au Four et à la Mine. Sur cette dernière, la roche mère affleure.

Morsaglia, San Angelo, Mariannaccio : les vignes ajoutées

Le domaine s’est ensuite agrandi dans l’aire de Patrimonio. Morsaglia, voisine du clos, a été plantée en 2006 : 1,8 hectare d’argilo-calcaires et d’éboulis du miocène, dont 1 hectare de vermentinu. San Angelo, en contrebas, ajoute 0,7 hectare de vermentinu planté en 2016.

Clos Signadore - Grappe de vermentinu dorée avant la vendange
Une grappe de vermentinu, avant la vendange.

La dernière venue s’appelle Mariannaccio. Ces 4 hectares occupent le piémont est de Patrimonio, toujours à Poggio-d’Oletta, à côté du lieu-dit E Croce. Le sol y change : des unités alpines posées sur des schistes lustrés. La plantation date de 2021, avec du vermentinu, du niellucciu et du muscat prévus.

Patrimonio, première appellation reconnue de Corse

Patrimonio est la première appellation corse à avoir été reconnue au niveau national. Avec Ajaccio, elle forme les deux crus de l’île. Le vignoble s’étend au pied du Cap Corse, dans le Nebbiu, sur 412 hectares partagés entre 36 caves.

Christophe Ferrandis en retient des sols surtout argilo-calcaires, une pluviométrie importante, des réserves d’eau dans le sol et la proximité de la mer. Les rouges et les rosés de l’appellation viennent du niellucciu, et le vermentinu domine les blancs. La majorité des vignerons y travaille en agriculture biologique.

À Borgo, un second vignoble complanté sur la côte orientale

Deux parcelles plantées en 2016

En 2016, le domaine a planté hors de Patrimonio, à Borgo, sur la côte est de l’île. Ce vignoble est adossé à la montagne et regarde la mer. Les sols y sont différents : bruns, alluvionnaires, sablo-limoneux, avec des micas.

La première parcelle, Borgo Castellarese, couvre 2 hectares. Six cépages y sont complantés : biancu gentile, riminese, genovese et vermentinu en blanc, minustellu et aleaticu en rouge. La seconde, d’un hectare, se partage entre vermentinu et sciaccarellu. Christophe Ferrandis présente cette plantation comme une étape importante de sa collaboration avec son oncle.

Inizia, des cépages cueillis et fermentés ensemble

Ces vignes donnent la gamme Inizia, classée en Vin de France. Les raisins sont cueillis à la main en caissettes de 10 kg, puis voyagent en camion réfrigéré jusqu’au domaine.

Les cépages ne sont pas vinifiés à part : ils fermentent ensemble. Le blanc réunit biancu gentile, riminese, genovese et vermentinu. Le rouge associe minustellu, aleaticu et vermentinu. Fermentation et élevage se font en cuve inox, avec les levures indigènes.

De Marseille à Poggio-d’Oletta, le parcours de Christophe Ferrandis

Pibarnon, puis les Côtes de Provence

Christophe Ferrandis est né à Marseille en 1975. Sa grand-mère paternelle, rapatriée d’Algérie, ne parlait que de sa ferme : l’envie d’un métier agricole vient de là. Il prépare un BTS de viticulture et d’œnologie en 1996 et 1997, avec l’idée de partir vinifier dans le Nouveau Monde.

L’alternance au Château de Pibarnon change le projet : il s’y découvre vigneron. En 1998, il vinifie des volumes importants au Château de l’Aumérade, en Côtes de Provence.

2001 : la Safer propose les vignes du clos

Il s’installe en Corse en 1999 et travaille d’abord comme intervenant extérieur pour une cave coopérative fondée par son oncle. Deux ans plus tard, la Safer lui propose d’acquérir les vignes du Clos Signadore. Ses projets d’installation s’accélèrent, et le domaine naît en 2001.

Depuis, il se consacre à son développement. En 2020, il a engagé les premières démarches pour construire une nouvelle cuverie. Le Clos Signadore reçoit les visiteurs sur rendez-vous.

En bio depuis 2010 : gobelet, pioche et feuillage préservé

Tout le domaine converti la même année

L’ensemble du domaine est passé à la viticulture biologique en 2010, sous le contrôle d’Ecocert. Tous les vins sont aujourd’hui certifiés bio.

Contre les maladies de la vigne, Christophe Ferrandis emploie le soufre en poudre et la bouillie bordelaise. Il les complète par des huiles essentielles d’agrumes, de la prêle et des algues. Il a aussi recours à des préparations biodynamiques.

Un couvert végétal naturel reste entre les rangs pendant l’hiver. Au printemps, le sol est griffé puis travaillé à la pioche. Les amendements sont végétaux, dosés selon les besoins de chaque parcelle.

Clos Signadore - Ceps en gobelet sous la neige, montagne enneigée au fond
Le vignoble sous la neige, un jour d’hiver.

Des ceps en gobelet et un cycle long

La taille traditionnelle en gobelet est privilégiée sur tout le domaine. Les densités vont de 4 000 à 5 000 pieds par hectare selon les parcelles, et les rendements tournent autour de 38 hl/ha.

Clos Signadore - Vignes en gobelet et chemin de terre au pied d’un relief rocheux
Des ceps conduits en gobelet, la taille que le domaine privilégie.

Le vigneron garde un feuillage abondant et conserve les entre-cœurs. Ce couvert crée un microclimat frais à hauteur des grappes. Le raisin atteint ainsi sa maturité phénolique au terme d’un cycle long. Il en attend des tanins moins durs et des vins plus complexes.

À la cave : tri, levures indigènes et longues cuvaisons

Des caissettes de dix kilos à la table de tri

Toute la vendange est récoltée à la main, dans des caissettes de 10 kg, puis triée sur une table vibrante. Aucune levure sélectionnée n’est utilisée : les fermentations se font avec les levures indigènes.

Clos Signadore - Mains triant des grappes de raisin noir sur la table de tri
Le tri des grappes, à la main, sur la table.

Les blancs sont pressés en grappes entières au pressoir pneumatique, après une courte macération. Le moût est refroidi, débourbé pendant 24 heures, puis gardé en cuve inox jusqu’au départ de la fermentation. Les rosés sont eux aussi pressés en grappes entières, puis débourbés et gardés en cuve inox.

Quarante-cinq jours de cuvaison pour les rouges

Pour les rouges, les caisses de raisin passent 24 heures en chambre réfrigérée. La vendange est ensuite triée et éraflée à 85 %, selon la cuvée et le millésime, avant de rejoindre une cuve tronconique en inox, isolée. La fermentation avance doucement. De courts remontages et de légers pigeages cherchent l’infusion plutôt que l’extraction. La cuvaison dure environ 45 jours.

Clos Signadore - Cuve inox hissée par une grue devant les vignes
Une cuve inox à la manœuvre, devant les vignes.

Sept vins, de l’inox au demi-muid

La gamme compte sept vins. A Mandria di Signadore existe en blanc, en rosé et en rouge. Le rouge est un niellucciu pur de Patrimonio, le blanc un vermentinu de Morsaglia et de San Angelo. Tous deux sont vinifiés et élevés en cuve inox.

Le Guide Hachette des Vins 2014 a décerné un coup de cœur au rouge A Mandria di Signadore 2011, noté deux étoiles. L’édition 2020 a donné deux étoiles au millésime 2017 de la même cuvée.

Le Clos Signadore rouge vient de trois parcelles du clos. Ce niellucciu pur, tiré à 3 000 bouteilles, est élevé en demi-muids de chêne français : le 2021 y est resté jusqu’à l’automne 2024. Le blanc, un vermentinu produit à 1 000 bouteilles, fermente et passe un an en demi-muids. Inizia complète l’ensemble, en blanc et en rouge.

Maturité et fraîcheur : le profil des vins

Le domaine décrit son Clos Signadore rouge comme un vin ample et droit, structuré par des tanins élégants. L’ensemble laisse une impression de maturité et de fraîcheur. Le blanc d’A Mandria joue les agrumes et le poivre blanc. Sa bouche est nerveuse, sa trame serrée, et sa finale sapide se relève d’amers très discrets.

Les vins de Borgo ont un autre accent. Inizia rouge mêle le fruit rouge et les épices du minustellu à la note florale de l’aleaticu, avec des tanins discrets. Dans le blanc, le biancu gentile apporte une touche pâtissière, le riminese de la nervosité et le genovese de la fermeté.

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Les autres domaines de la région Corse

  • Domaine de Granajolo

    Le Domaine de Granajolo cultive 20 hectares de vignes sur les coteaux d’arène granitique de Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio, en appellation Corse Porto-Vecchio. André et Monika Boucher les ont plantés en 1974 et conduits en bio dès l’origine, avec une première certification en 1987. Leur fille Gwenaële Boucher, œnologue, a replanté le vignoble et vinifie au domaine depuis 2003. Ses onze vins mettent en avant niellucciu, sciaccarellu, vermentinu et minustellu, le plus souvent vinifiés seuls.

  • Domaine Maestracci

    Le Domaine Maestracci s’étend sur une trentaine d’hectares à Feliceto, dans la haute vallée du Reginu, en appellation Corse Calvi. La propriété familiale remonte à 1893, et Camille-Anaïs Raoust, cinquième génération, la dirige depuis 2014. Engagé en bio en 2016, le vignoble est certifié Demeter à partir du millésime 2019. Niellucciu, sciaccarellu, grenache et vermentinu y donnent cinq gammes, des vins de fruit de Clos Reginu aux rouges de garde de Villa Maestracci.

  • Sant’Armettu

    Sant’Armettu cultive 40 hectares de vignes en bio entre la vallée du Baracci et Tizzano, dans le secteur nord de l’appellation Corse Sartène. La famille Seroin y est installée depuis 1964 : Gilles a créé la cave en 1996, puis ses enfants Guillaume et Jeanne l’ont rejoint. Le sciaccarellu et le vermentinu y côtoient des cépages corses longtemps délaissés, vinifiés un par un dans la gamme Vinifera. Engagé en bio en 2018, le domaine élève ses cuvées hautes en foudres et en demi-muids, et produit aussi de l’huile d’olive.

  • Yves Leccia

    Yves Leccia cultive 15 hectares en bio à Poggio-d’Oletta, sur les lieux-dits E Croce et Partinelone, deux sols argilo-calcaires posés sur un socle de schistes. Œnologue, il a quitté le domaine familial en 2004 pour fonder le sien avec son épouse Sandrine. Il y a replanté des cépages corses délaissés, le biancu gentile, le minustellu et le sciaccarellu, aux côtés du niellucciu et du vermentinu. Engagé en bio en 2014, le domaine signe douze cuvées entre IGP Île de Beauté, Patrimonio et Muscat du Cap Corse.

  • Clos Culombu

    Le Clos Culombu cultive 64 hectares de vignes à Lumio, en Balagne, sur les arènes granitiques de l’appellation Corse Calvi. La famille Suzzoni y plante ses premières vignes en 1973, et Paul-Antoine conduit le domaine depuis 2016. Certifié bio par Ecocert après une conversion engagée en 2010, le vignoble porte le label Demeter depuis 2018. Ses 22 cépages, dont plus d’un quart de variétés corses longtemps délaissées, nourrissent quatre gammes, de Tribbiera aux éditions limitées Storia di.

  • Clos Canarelli

    Le Clos Canarelli cultive ses vignes en biodynamie à Figari, à la pointe sud de la Corse, au pied de l’Omu di Cagna. Yves Canarelli y a réintroduit des cépages corses devenus rares, minustellu, carcagholu neru et genovèse, aux côtés du sciaccarellu, du niellucciu et du vermentinu. Certifié bio depuis 2002 et labellisé Biodyvin, le domaine travaille et vendange à la main sur le granite et l’argilo-calcaire. Il élabore quinze cuvées, assemblages ou parcellaires, et presse l’huile de ses oliviers dans son propre moulin.

  • Domaine Comte Abbatucci

    Le Domaine Comte Abbatucci cultive 21 hectares d’arènes granitiques dans la vallée du Taravo, à Casalabriva, en Corse-du-Sud. Jean-Charles Abbatucci y travaille en biodynamie depuis 2000, et le domaine est certifié Demeter et adhérent de Biodyvin. Le vignoble garde les 18 cépages corses que son père Antoine avait commencé à rassembler en 1965, du carcajolo nero au barbarossa. Pour les assembler librement, le domaine a quitté l’AOC Ajaccio et sort tous ses vins en Vin de France, de la gamme Faustine aux cuvées Collection.

  • Domaine de la Murta

    Le Domaine de la Murta cultive 12 hectares de vignes à Figari, dans l’appellation Corse Figari, la plus méridionale de l’île. La famille Cantara y plante ses premières vignes en 1890, et Joseph Cantara fonde le domaine en 1963. Replanté en 2002 et certifié bio par Ecocert, le vignoble est restructuré depuis 2013 par son petit-fils Sébastien. Vermentinu, sciaccarellu, niellucciu et carcaghjolu neru donnent sept cuvées, dont la Réserve Cantara et un rouge de vieilles vignes de 1960.

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