Vignoble du domaine de la Cabernelle

Domaine de la Cabernelle

Région viticole

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Vallée de la Loire

Bio
Sommaire

Deux familles de vignerons sur le coteau de Benais

Les Caslot à Benais, les Pontonnier à Saint-Nicolas

Le Domaine de la Cabernelle est un domaine viticole bio d’Indre-et-Loire, installé à Benais, sur le coteau du Bourgueillois. Son vignoble est entièrement planté de cabernet franc. Il s’étend sur deux appellations voisines : Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgueil.

Le domaine est né de l’union de deux familles de vignerons. Chez les Caslot, le métier se transmet de père en fils à Benais depuis le XVIIIe siècle. Chez les Pontonnier, il passe de père en fille à Saint-Nicolas-de-Bourgueil depuis 1930.

Les deux vignobles ont été associés à la suite d’un mariage. Franck Caslot et Claudia Caslot-Pontonnier ont choisi de réunir les exploitations de leurs parents respectifs en un seul domaine. Quant au nom de la Cabernelle, il annonce d’emblée le cépage de la maison.

Claudia, Franck et Bertrand, une affaire de famille

Aujourd’hui, Claudia, Franck et Bertrand Caslot conduisent le domaine. Bertrand, le frère de Franck, les a rejoints en 2005. Tous trois présentent la Cabernelle comme une entreprise familiale de troisième génération.

Le vignoble couvre 35 hectares. La famille reçoit dans une maison d’environ 400 ans, qu’elle a restaurée pour en faire l’emblème du domaine, à l’image de l’alliance des deux patrimoines. Chaque cuvée vient de la seule production du domaine.

La Cabernelle fait partie des Vignerons Indépendants. Le principe de cette marque collective est simple : cultiver sa vigne, vinifier dans sa propre cave et vendre son vin soi-même.

En agriculture biologique depuis 2009

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique le 15 septembre 2009, sous le contrôle d’Ecocert. La certification était attendue pour 2012. Aujourd’hui, ses raisins de cuve comme ses vins sont certifiés bio.

Pour la famille, trois choses signent ses cuvées : la diversité du terroir, l’exposition des parcelles et l’âge des vignes. C’est ce fil qui relie toute la gamme, du rosé de sols argilo-siliceux aux vieilles vignes du coteau.

Domaine de la Cabernelle

Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgueil, deux appellations de cabernet franc

Sept communes sur la rive droite de la Loire

Le vignoble de Bourgueil est classé en AOC par le décret du 31 juillet 1937. Il se trouve à l’ouest de Tours, sur la rive droite de la Loire. Ses 1 400 hectares s’étendent sur sept communes d’Indre-et-Loire : Restigné, Benais, Ingrandes-de-Touraine, Saint-Patrice, Chouzé-sur-Loire, La Chapelle-sur-Loire et Bourgueil.

Le cabernet franc y règne en maître. L’origine du vignoble est liée à la fondation de l’abbaye de Bourgueil, en 990, qui en livre les premières traces écrites. Rabelais, Ronsard et Balzac ont chanté ses vins, tout comme l’acteur Jean Carmet, enfant du pays.

L’appellation produit surtout des rouges. Les rosés représentent à peine 4 % de ses vins. La Cabernelle en fait un, à côté de ses cinq rouges.

Saint-Nicolas, un village et son vin rouge

Saint-Nicolas-de-Bourgueil est à la fois le nom du village et du vin rouge qu’il produit. C’est le berceau de la famille Pontonnier, et la seconde appellation du domaine. Le cabernet franc y est quasiment exclusif : il entre pour 95 % dans la composition des vins.

L’appellation se lit d’est en ouest, de la forêt sur tuffeau jusqu’au lit de la Loire. Le village compte trois terroirs bien distincts, chacun avec sa diversité de sous-sols. Environ une centaine de vignerons s’y partagent les parcelles et les caves.

Des graviers en bas, la « tuf » sur le coteau

Deux grands terroirs composent l’AOC Bourgueil. Près de la Loire, le sable et les cailloux forment les terroirs de « graves », ou de graviers. L’eau y est vite drainée et le sol se réchauffe rapidement. Ces terres donnent des vins souples, délicats, ronds et fruités.

Sur le coteau, le tuffeau se dégrade en surface et forme avec l’argile un sol argilo-calcaire. Les vignerons l’appellent « la tuf ». Il produit des vins riches, pleins, soyeux et de grande garde. Plus haut, un vaste massif forestier protège la vallée des courants d’air froid.

La Cabernelle joue sur toute cette palette. Ses parcelles vont des sables et graviers aux sols argilo-siliceux du pied de coteau, jusqu’au tuffeau du coteau de Benais.

Une cave de 5 000 m² creusée dans le tuffeau

Sous la maison, les anciennes carrières

La maison tourangelle de la famille est perchée au-dessus d’une vaste cave de 5 000 m², taillée dans le tuffeau. C’est là que les vins reposent et s’épanouissent. Le tuffeau est un calcaire poreux et tendre, qui durcit à l’air.

Les châteaux de la Loire et les maisons traditionnelles de la région sont bâtis avec cette pierre. Son extraction a creusé le sol et laissé place à d’impressionnantes cavités souterraines. Ces galeries sont aujourd’hui devenues des caves à vin, parfois des champignonnières.

Leur température reste stable toute l’année. À la Cabernelle, les bouteilles se maintiennent entre 12 et 13 °C, quelles que soient les conditions climatiques. Les anciennes carrières servent d’écrin sombre et frais aux vieilles bouteilles comme aux fûts.

Des fûts de chêne selon les terroirs

Les vins s’élèvent dans cette cave, en fûts de chêne. Les cuvées passent en tonneaux suivant les terroirs dont elles viennent, chacune avec son identité. La durée change d’un vin à l’autre : deux à trois mois pour certains, jusqu’à deux ans pour la cuvée de garde du domaine. En amont, une partie des vendanges se fait à la main.

Six cuvées, un sol pour chacune

Un rosé de saignée et des rouges de sables

La gamme compte six cuvées, toutes en cabernet franc. Le Rosé Cabernelle, en appellation Bourgueil, est obtenu par saignée sur les sols argilo-siliceux de Benais. Couleur « œil de perdrix », il est sec et fruité, avec des parfums de pruneau et de bonbon anglais.

En Saint-Nicolas-de-Bourgueil, la Cuvée Damoiselle vient de terrains sablonneux. C’est un vin souple et fruité, aux arômes de fruits rouges, qui accompagne facilement tous les repas.

D’une vigne à l’autre assemble au contraire trois sols : sable, gravier et argilo-calcaire. Le vin est rond et persistant, avec des arômes de fruits bien mûrs. Il appelle les viandes, les plats mijotés et les fromages.

Du pied du coteau aux vieilles vignes de Benais

Secrets d’automne, un bourgueil, pousse sur un terrain argilo-siliceux au pied du coteau de Benais. Il se montre gouleyant et long en bouche, sur les fruits rouges.

Reflets de mémoire vient de vignes d’environ 50 ans, sur le coteau argilo-calcaire de Benais et ses sols de tuffeau. Leur faible production donne une concentration harmonieuse. Élevé dans la cave de tuffeau, ce vin de bonne garde offre des tanins riches et soyeux.

Plénitude est la cuvée que le domaine réserve à ses plus beaux millésimes. Le 2018 est issu d’une vigne de 60 ans sur le coteau de Benais, élevé deux ans en fûts anciens. Puissant, riche en arômes de fruits noirs, il se garde très bien. Le 2022 a vieilli un an sur barrique neuve et évoque la mûre en bouche.

Des étoiles au Guide Hachette des Vins

Le domaine revendique des vins cités ou primés dans le Guide Hachette des Vins. D’une vigne à l’autre y a décroché deux fois une étoile, soit un « vin très réussi ». D’abord le millésime 2006 dans l’édition 2009, puis le 2015 dans l’édition 2018.

Ce 2015 rassemblait toutes les variétés de terroirs du domaine : graviers, sables et tufs. Il avait passé six mois en cuve puis trois mois en barriques. Reflets de mémoire 2015 était cité dans la même édition, et Plénitude 2009 dans celle de 2012.

Pousser la porte de la Cabernelle

Une dégustation dans la cave, sur rendez-vous

Claudia, Franck et Bertrand reçoivent dans leur maison tourangelle, au-dessus de la cave. Les visites se font sur rendez-vous. On y découvre les deux appellations et on déguste les différentes cuvées élevées en tonneaux.

Le domaine porte le label Cave touristique d’Interloire. Pour les groupes, une formule associe une visite de 30 minutes et une dégustation. Elle peut s’accompagner de trois fromages.

Des salons à Vitiloire et des tournées de livraison

La famille présente aussi ses vins sur des salons. Elle participe à Vitiloire, en Indre-et-Loire, et se déplace à Lille et à Paris, porte de Versailles. Elle organise enfin des tournées de livraison à domicile dans les régions de Lille et de Paris.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

  • Château de la Viaudière

    Le Château de la Viaudière domine les coteaux du Layon depuis le XVIe siècle, à Champ-sur-Layon, sur les schistes de l’Anjou noir. Pierre-Antoine et Agnès Giovannoni y ont pris la suite de la famille Gelineau et cultivent 33 hectares, engagés en bio depuis 2016. Leurs Coteaux du Layon naissent de tris successifs de chenin touché par la pourriture noble, d’octobre à novembre. Le domaine signe aussi le Tuilé, un anjou de pur cabernet-sauvignon, un gamay élevé en amphores et des crémants de Loire élaborés depuis 1997.

  • Clos de l’Écotard

    Le Clos de l’Écotard cultive 15 hectares en appellation Saumur, à Courchamps, Fosse-Bellay et Saumur. Michel Chevré l’a fondé en 2011, alors chef de culture au Domaine des Roches Neuves, et son fils Thibaud le dirige depuis 2024. Engagé en bio depuis 2010, le domaine laboure au cheval son clos de chenin planté à 8 000 pieds par hectare. Il en tire des chenins secs comme La Haie Nardin et Les Pentes, des bulles sans dosage et, depuis 2021, des rouges de cabernet franc et de gamay.

  • Domaine Éric Chevalier

    Le Domaine Éric Chevalier cultive une propriété familiale de 29 hectares à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, en appellation Muscadet Côtes de Grandlieu, entre le lac et l’Atlantique. Éric Chevalier la reprend en 2006 après dix ans de négoce, rejoint en 2008 par sa sœur Gaëlle. Travaillées sans intrant chimique depuis 2014, les vignes sont engagées en bio depuis 2016. Melon, folle blanche, fié gris, chardonnay et pinot noir donnent des vins salins, fermentés sur levures indigènes, dont plus de la moitié part à l’export.

  • Château Yvonne

    Le Château Yvonne cultive 16 hectares en bio depuis 1997 à Parnay, Champigny, Turquant et Montsoreau, sur la côte de Saumur. Recréé par Yvonne et Jean-François Lamunière, il est repris en 2007 par Mathieu Vallée, ingénieur devenu vigneron, qui en garde le nom. Ses cabernets francs en Saumur-Champigny et ses chenins secs en Saumur naissent de levures indigènes et d’élevages longs, en partie dans une cave creusée dans le tuffeau. Depuis 2021, des poiriers et des abricotiers poussent au milieu des vignes.

  • Château de Quinçay

    À Meusnes, sur les coteaux sud du Cher, la famille Cadart conduit depuis 1860 un domaine de 30 hectares aux terres chargées de silex. Engagé en bio en 2021, le vignoble a renoncé au désherbage chimique : un robot électrique Bakus y travaille 25 hectares depuis 2022. Les vins sortent en Touraine, Touraine Chenonceaux et Valençay, des sauvignons plantés en 1961 aux rouges de côt. La gamme Q fait fermenter chenin et pinot noir en fûts de 400 litres.

  • Domaine des Chasseignes

    Le Domaine des Chasseignes cultive 9,5 hectares de sauvignon blanc et de pinot noir à Sury-en-Vaux, sur les terres blanches, les caillottes et le silex du Sancerrois. Aurore Dezat dirige depuis 2011 cette exploitation familiale, rejointe en 2016 par son conjoint David Girard. Engagé chez Ecocert en 2020, le domaine produit des sancerres blancs, rosés et rouges certifiés en agriculture biologique. Ses blancs ont reçu deux coups de cœur du Guide Hachette d’affilée, dans les éditions 2025 et 2026.

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