Domaine de la Réserve d’O
Sommaire
- Au-dessus d’Arboras, un causse fracturé par le gel
- Entre le Mont Saint-Baudille et la vallée de l’Hérault
- Une mer jurassique, puis des millénaires de gel
- Douze hectares plantés en 1980 et en 2014
- De Marie et Frédéric Chauffray à Émilie Grill et Arthur Travaux
- 2004, une maison qui voulait devenir une réserve naturelle
- Août 2025, une vigneronne et un sommelier reprennent le domaine
- Une biodynamie labellisée Biodyvin, du rang à la cuve
- Enherbement naturel et cycles lunaires
- Vendanges en cagettes et encuvage par gravité
- Inox, béton, grès, terre cuite et vieux bois
- Six vins, des mono-cépages aux assemblages d’altitude
- Trois vins en IGP Saint-Guilhem-le-Désert
- Trois rouges d’appellation, Syrah, Grenache et Cinsault
- Un fil conducteur, la roche dans le verre
- Arboras, une commune haute des Terrasses du Larzac
- Une AOC réservée aux rouges d’assemblage
- Des parcelles bien au-dessus de la moyenne de l’aire
- L’IGP Saint-Guilhem-le-Désert, pour les vins de cépage
- Passer à la Réserve d’O : visites et groupes
- Vente à la propriété et visite guidée sur demande
- Groupes, autocars et séminaires
Au-dessus d’Arboras, un causse fracturé par le gel
Le Domaine de la Réserve d’O cultive 12 hectares de vignes en biodynamie certifiée Biodyvin, sur le causse d’Arboras, dans l’Hérault. Ses vins relèvent de l’AOP Terrasses du Larzac et de l’IGP Saint-Guilhem-le-Désert. Créé en 2004 par Marie et Frédéric Chauffray, le domaine est repris depuis août 2025 par Émilie Grill et Arthur Travaux.
Entre le Mont Saint-Baudille et la vallée de l’Hérault
Les vignes prennent racine entre 300 et 400 mètres d’altitude, sur les hauteurs d’Arboras. Elles s’étendent entre le Mont Saint-Baudille et la vallée de l’Hérault. Le domaine situe son plateau entre la faille des Cévennes et le Col du Vent. Ce plateau d’éclats calcaires compte, selon lui, parmi les plus hauts et les plus au nord du vignoble languedocien.
Le terroir est exposé aux vents du Nord et baigné de lumière. Tout autour s’étend la garrigue sauvage du causse d’Arboras. Les vignerons parlent d’un écrin préservé et sauvage, où la vigne profite de l’énergie du vent.
Une mer jurassique, puis des millénaires de gel
Le sous-sol date du Jurassique supérieur. Une mer peu profonde recouvrait alors encore le plateau du Larzac. Elle a accumulé des sédiments riches en carbonate de calcium et de magnésium. Ils ont donné des calcaires durs et des dolomies massives, où des bancs compacts alternent avec des strates plus friables.
Le froid a fait le reste. Au fil des millénaires, les cycles de gel et de dégel ont fracturé la roche mère : c’est la gélifraction. Il en reste une multitude d’éclats anguleux et de cailloutis. Le sol obtenu est ouvert, aéré et drainant.
Cette roche fragmentée a permis à la vigne de coloniser la profondeur. Ses racines explorent la roche mère et puisent dans ses interstices l’eau et les minéraux, en continu. Pauvre mais vivant, ce sol joue le rôle de régulateur : les maturités y sont lentes et les acidités préservées.
Douze hectares plantés en 1980 et en 2014
Le domaine compte une douzaine d’hectares de vignes, plantées en 1980 et en 2014. Côté rouge, l’encépagement réunit trois grands cépages du Languedoc : la Syrah, le Grenache noir et le Cinsault.
Côté blanc, on trouve le Chenin, la Roussanne, le Grenache blanc et l’Albariño. Ces quatre cépages sont complantés : ils poussent ensemble et donnent un seul vin blanc.


De Marie et Frédéric Chauffray à Émilie Grill et Arthur Travaux
2004, une maison qui voulait devenir une réserve naturelle
Marie et Frédéric Chauffray créent le domaine en 2004. Ils lui donnent le nom de leur maison, La Réserve d’O. L’idée était d’en faire une réserve naturelle, où produire du raisin dans un écosystème riche, pour la faune comme pour la flore.
Le domaine s’engage en agriculture biologique en 2007, sous le contrôle d’Ecocert. En 2020, il entre à Biodyvin, le syndicat international des vignerons en culture biodynamique, qui délivre son propre label.
Août 2025, une vigneronne et un sommelier reprennent le domaine
En août 2025, Émilie Grill et Arthur Travaux prennent la suite. Émilie s’est formée auprès du Domaine d’Aupilhac et du Mas Cal Demoura. Son parcours l’a menée vers la viticulture et la vinification en biodynamie, à la vigne comme en cave.
Arthur vient de la sommellerie. Il a fait ses armes chez Taillevent et à La Grande Épicerie La Cave. Il a ensuite travaillé dans le commerce en région parisienne pour plusieurs maisons de Champagne, dont Bollinger et De Venoge.
Un troisième nom complète l’équipe depuis la reprise : Gaël Bernard, tractoriste formé à Châteauneuf-du-Pape. Le domaine lui connaît un faible pour le trail et pour les décuvages.

Une biodynamie labellisée Biodyvin, du rang à la cuve
Enherbement naturel et cycles lunaires
La biodiversité est au centre des pratiques. Les rangs gardent un enherbement naturel et les sols sont travaillés en douceur. Les interventions suivent les cycles lunaires, et l’observation du vivant guide le reste. Le but affiché : préserver l’équilibre naturel du lieu.
Côté label, la Réserve d’O figure parmi les adhérents de Biodyvin, avec la mention « Labellisé Biodyvin ». La certification biologique, elle, relève toujours d’Ecocert.


Vendanges en cagettes et encuvage par gravité
Les vendanges sont entièrement manuelles, en cagettes. L’équipe sélectionne les raisins sans les écraser, puis les encuve par gravité, pour préserver la finesse et l’intégrité du fruit.
Chaque parcelle est vinifiée séparément. Le domaine veut une lecture claire de chaque cépage, selon le sol, l’exposition et l’âge des souches. Les fermentations se font exclusivement sur levures indigènes, en cuves thermorégulées.
Inox, béton, grès, terre cuite et vieux bois
Le chai aligne une palette de contenants : cuves inox, cuves béton classiques ou tronconiques, amphores en grès et en terre cuite, vieilles barriques cigares et demi-muids. Chaque vin, et même chaque cépage, trouve celui qui lui convient.
Les intrants restent au minimum. Le domaine ajoute un soupçon de SO₂, pour la seule stabilisation des vins, et n’applique aucun filtrage. Les soutirages se font avec soin, en laissant aux vins le temps d’arriver à maturité.
Six vins, des mono-cépages aux assemblages d’altitude
Trois vins en IGP Saint-Guilhem-le-Désert
La gamme se partage en deux. Sous l’IGP, le domaine met en avant des expressions en mono-cépage. Le blanc fait exception : La Réserve d’O blanc vient de la complantation de Chenin, Roussanne, Grenache blanc et Albariño. Vinifié en demi-muid puis élevé en amphore, il se montre minéral, fin et tendu, sur les zestes d’agrumes et les fruits blancs.
Bilbo est un 100 % Cinsault, vinifié et élevé en cuve inox. Ce rouge frais et pulpeux se boit sans attendre, avec un joli fruit et une finale mentholée.
Bachi-Bouzouc, 100 % Grenache, fermente en grappes entières, puis passe 12 mois en cuve inox. Il en sort juteux et floral, avec du croquant, une fraîcheur marquée et une touche de végétal noble.
Trois rouges d’appellation, Syrah, Grenache et Cinsault
Les trois rouges en Terrasses du Larzac assemblent les mêmes cépages : Syrah, Grenache et Cinsault. L’élevage fait la différence. La Réserve d’O rouge passe 16 mois en cuves béton et en amphores. Le domaine le décrit profond, pur, minéral et ciselé.
Hissez O vieillit 22 mois en barriques cigares, qui lui apportent structure et complexité. Sa tension, ses tanins fins et sa finale saline en font la signature.
La Côte d’Arboras ne naît que lors des grands millésimes. Elle passe 22 mois dans une seule amphore. Le résultat est un vin poudré et pur, taillé pour la garde.
Un fil conducteur, la roche dans le verre
D’un vin à l’autre, l’ambition reste la même : des vins fins, frais et profonds, qui reflètent les terroirs d’altitude et les paysages du domaine. Les vignerons les rattachent directement à leur sous-sol.
Pour eux, ce terroir d’origine marine, sculpté par le froid, donne des vins à la minéralité affirmée. Ils leur prêtent une structure élancée et une salinité persistante, deux traits qu’on retrouve dans leurs descriptions de cuvées, du blanc tendu à la finale saline d’Hissez O.
Arboras, une commune haute des Terrasses du Larzac
Une AOC réservée aux rouges d’assemblage
Arboras fait partie des 32 communes de l’Hérault qui forment l’aire des Terrasses du Larzac. Homologuée en 2014, l’appellation est réservée aux vins rouges tranquilles. Chaque vin assemble au moins trois cépages, dont deux principaux qui pèsent au moins 75 % de l’ensemble.
Les cépages principaux sont le Grenache, le Mourvèdre, la Syrah et le Carignan. Le Cinsault figure parmi les cépages accessoires, et sa part ne peut dépasser 25 % de l’assemblage.
Des parcelles bien au-dessus de la moyenne de l’aire
Le cahier des charges situe le vignoble entre 40 et 450 mètres d’altitude, la majorité des parcelles se trouvant entre 100 et 150 mètres. Avec ses vignes entre 300 et 400 mètres, la Réserve d’O se place donc dans le haut de l’aire. Au nord, le causse du Larzac monte à 800 mètres, et ses bordures abruptes dominent le vignoble.
L’altitude rend les températures moyennes plus basses que sur le littoral. Les écarts entre le jour et la nuit sont importants, avec des nuits fraîches. Le texte de l’appellation décrit des vins essentiellement de garde, dont certains se révèlent après plus de 15 ans.
L’IGP Saint-Guilhem-le-Désert, pour les vins de cépage
L’IGP Saint-Guilhem-le-Désert couvre le nord de l’Hérault, au pied du plateau du Larzac et des montagnes cévenoles. Reconnue en vin de pays en 1982 pour cinq communes, elle s’étend aujourd’hui sur 71 communes, dont Arboras. À l’ouest, le mont Baudile domine son vignoble.
Son cahier des charges permet de mentionner un ou plusieurs cépages sur l’étiquette des vins tranquilles. C’est ce cadre qu’utilise le domaine pour Bilbo et Bachi-Bouzouc. Le texte de l’IGP prête à ses vins une fraîcheur remarquable, et à ses rouges des tanins d’une extrême finesse.
Passer à la Réserve d’O : visites et groupes
Vente à la propriété et visite guidée sur demande
Le domaine vend son vin à la propriété, mais n’a pas de caveau. Les visites se font sur rendez-vous. Une visite guidée est proposée sur demande, en français ou en anglais, pour une durée d’environ 45 minutes.
Sur place, un espace est dédié à la dégustation, avec un jardin et une terrasse. Le domaine peut accueillir des personnes en situation de handicap moteur.
Groupes, autocars et séminaires
Les groupes sont les bienvenus, sur rendez-vous seulement. L’accès en autocar est possible, avec un stationnement prévu. La visite de groupe dure environ une heure. Le domaine accueille aussi des séminaires.
Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.
Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon
Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio
Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.



