Château La Dournie
Sommaire
- De la métairie à moutons au domaine de Saint-Chinian
- Une ferme du XVIe siècle devenue domaine viticole
- La famille Etienne, six générations sur place
- Quarante-cinq hectares d’un seul tenant, deux sols
- Vingt hectares sur les coteaux de schiste
- Des alluvions plus profondes au bord de la rivière
- Quatorze cépages sur un même domaine
- Saint-Chinian, une appellation entre schistes et calcaires
- Vingt communes au pied de l’Espinouse
- Ce que le schiste change dans le verre
- Une conduite en bio engagée en 2014
- Agriculture biologique et pratiques biodynamiques
- Au chai, le moins d’interventions possible
- Des rouges épicés aux blancs de rivière
- Fraîcheur, épices et élégance
- Les rouges de schiste
- Blancs, rosé et cuvées plus légères
- Sous le figuier, étoilé au Guide Hachette 2026
- Venir à La Dournie : parc, orangerie et apéros d’été
- Un parc d’arbres centenaires et une orangerie
- Visites, groupes et soirées d’été
De la métairie à moutons au domaine de Saint-Chinian
Une ferme du XVIe siècle devenue domaine viticole
Le Château La Dournie est un domaine en agriculture biologique de l’appellation Saint-Chinian, dans l’Hérault. Il se trouve à Saint-Chinian même, sur la route qui mène à la Montagne noire. L’office de tourisme du Canal du Midi le compte parmi les domaines historiques de l’appellation.
Au XVIe siècle, La Dournie était une métairie. On y produisait du vin et des céréales, et on y élevait des moutons. Leur laine partait à la Manufacture royale de tissage de drap, installée sur les rives du Vernazobre. Le domaine viticole tel qu’on le connaît a pris forme au milieu du XIXe siècle.
La famille Etienne, six générations sur place
La Dournie appartient à la famille Etienne depuis six générations. C’est sous le nom de Véronique Etienne qu’il figure aujourd’hui à l’annuaire des Vignerons Indépendants.
Sur la boutique en ligne du domaine, Véronique et Thomas se présentent entourés d’une équipe jeune, « les pieds dans la vigne et la tête dans la cave ». Les vins sont élaborés par Noémie Vidil. Diplômée en viticulture et œnologie à Reims, elle vinifie aussi au Mas Champart, un domaine voisin de l’appellation.

Quarante-cinq hectares d’un seul tenant, deux sols
Vingt hectares sur les coteaux de schiste
Le vignoble couvre 45 hectares d’un seul tenant. Sur les coteaux, 20 hectares de schiste donnent les Saint-Chinian rouges et rosés. Les fiches des vins parlent de sols de schistes à tendance acide.
C’est là que se trouvent les vignes les plus âgées. Celles du Château La Dournie rouge et de la cuvée Etienne ont 35 ans, celles d’Elise 30 ans. Les vieilles vignes de Grenache de la cuvée Shebam atteignent 50 ans. À l’inverse, le Grenache blanc et gris de Wizz vient de très jeunes plantations.
Des alluvions plus profondes au bord de la rivière
Les autres parcelles bordent une rivière, sur des sols alluvionnaires plus profonds. Elles sont destinées aux vins de pays, en rouge, en rosé et en blanc.
Le Blanc de la Dournie en est issu, avec 50 % de Roussanne, 35 % de Vermentino et 15 % de Viognier. Le Rouge de la Dournie aussi, sur un assemblage de Merlot, de Syrah et de Cabernet. Ses vignes ont 25 ans.
Quatorze cépages sur un même domaine
Le domaine cultive 14 cépages différents. L’office de tourisme y voit le reflet de l’évolution du Languedoc au cours des 150 dernières années. Sur les coteaux, les cuvées de schiste reposent sur la Syrah, le Grenache, le Mourvèdre et le Carignan.
En blanc, la Roussanne, le Vermentino et le Viognier côtoient le Grenache blanc et le Grenache gris. Le Merlot et le Cabernet, eux, entrent dans Le Rouge de la Dournie, un vin de pays.

Saint-Chinian, une appellation entre schistes et calcaires
Vingt communes au pied de l’Espinouse
L’appellation Saint-Chinian a été reconnue en AOC le 5 mai 1982. Elle couvre 20 communes du nord-ouest de l’Hérault, entre la Montagne noire et la plaine de Béziers. Elle s’étend de part et d’autre de l’Orb et de son affluent, le Vernazobre.
Au nord, le massif de l’Espinouse et le mont Caroux abritent le vignoble des vents froids. Les vignes ne montent pas au-delà de 400 mètres d’altitude. L’appellation produit des vins rouges, rosés et blancs.
Deux grands ensembles de sols s’y partagent le vignoble. Les schistes couvrent les deux tiers des surfaces délimitées. Le reste associe graviers, alluvions en terrasses et quelques sols sur calcaire. Les dénominations Berlou et Roquebrun, reconnues en 2005, sont réservées aux rouges du secteur des schistes.
Ce que le schiste change dans le verre
Le cahier des charges de l’appellation décrit un effet « réfractaire » : les schistes restituent la nuit à la vigne la chaleur emmagasinée le jour. Les cépages tardifs, comme le Carignan et le Mourvèdre, y trouvent de bonnes conditions de maturation. Sur schiste, la Syrah apporte des arômes de cacao.
Selon le même texte, les rouges de schiste ont une robe sombre et des arômes complexes, souvent fumés. Leur structure tannique leur assure en moyenne cinq à dix ans de garde. Les fiches de dégustation de La Dournie parlent elles aussi de fumé et de grillé.
Une conduite en bio engagée en 2014
Agriculture biologique et pratiques biodynamiques
La Dournie s’est engagée en agriculture biologique en août 2014, d’après l’annuaire de l’Agence Bio. Ses raisins de cuve y figurent aujourd’hui en production bio. Toutes les fiches des vins du domaine portent la mention « en agriculture biologique ».
Le domaine dit aussi développer des pratiques biodynamiques et l’agroforesterie. Son credo, relayé par l’office de tourisme, tient en une phrase : « cultiver la vigne tout en respectant au mieux son environnement, les sols, la biodiversité, ainsi que les humains qui travaillent et ceux qui consomment notre vin ».
Au chai, le moins d’interventions possible
L’équipe veut une élaboration « la moins interventionniste possible », pour garder la typicité de ses terroirs. Les cuvées suivent une vinification traditionnelle, sous contrôle des températures. Le Château La Dournie rouge et Le Rouge de la Dournie passent ensuite 12 mois en cuve inox.
Les deux rouges élevés en fût, Etienne et Elise, sont récoltés à la main. Ils passent 12 mois en fût de chêne, puis 12 mois en cuve. Le Blanc de la Dournie est élevé quatre mois en cuve et reste deux à trois semaines sur lies, avec bâtonnage.
Des rouges épicés aux blancs de rivière
Fraîcheur, épices et élégance
Le domaine résume lui-même son style : la fraîcheur, les épices et l’élégance d’un terroir de schiste. Il oppose ses vins d’appellation, épicés et structurés, à des vins de pays légers et fruités. La gamme joue sur ces deux registres.
Les rouges de schiste
Le Château La Dournie rouge assemble 50 % de Syrah, du Mourvèdre et du Grenache. Son nez mêle tapenade, muscade et cerises noires, et sa bouche des notes de pruneau et de moka. Etienne, à dominante de Syrah avec du Carignan et du Grenache, évolue sur les fruits mûrs et le fumé. Sa finale reste fraîche et un peu poivrée.
Elise, produite à 6 000 bouteilles, compte 90 % de Syrah. Des notes de fumé et de grillé ouvrent sur des fruits rouges bien mûrs et des tanins poivrés. Le domaine conseille de la carafer une heure avant le service.
Blancs, rosé et cuvées plus légères
Le Blanc de la Dournie joue sur les fruits à chair blanche, les agrumes et des notes florales. Le domaine présente son rosé comme un rosé d’apéritif, qui tient aussi sa place au cours d’un repas.
Une série de cuvées en IGP Pays d’Hérault adopte un ton plus léger. Pow, sur Vermentino et Grenache blanc et gris, finit sur une note saline. Wizz offre un nez de citron, de poire au gingembre et de verveine.
Shebam, 100 % Grenache de vieilles vignes, se veut moderne et plein de fraîcheur. Oops, une Syrah de schiste, cherche le fruit et se boit dans les trois ans.
La boutique en ligne du domaine propose aussi Pierres chaudes et Sous le figuier en Saint-Chinian, Dansons sur la Rive en IGP Pays d’Oc, et deux nouveautés, Cabanette et Soir d’été.
Sous le figuier, étoilé au Guide Hachette 2026
Le Guide Hachette des Vins 2026 attribue une étoile, soit « vin très réussi », à Sous le figuier 2022. Ce Saint-Chinian rouge est élevé en cuve et produit à 6 100 bouteilles.
Venir à La Dournie : parc, orangerie et apéros d’été
Un parc d’arbres centenaires et une orangerie
Le domaine s’ouvre aussi à l’art contemporain. Son ancienne Orangerie, restaurée, accueille régulièrement des expositions d’art contemporain, organisées au profit des habitants de la région. Le lieu fait dialoguer le patrimoine du domaine et la création d’aujourd’hui.
Autour s’étend un parc d’arbres centenaires, où il fait bon se promener toute l’année. Le Guide Hachette le résume d’une formule : à La Dournie, la famille cultive aussi l’accueil.
Visites, groupes et soirées d’été
Le domaine propose la visite des vignes et des caves. Il reçoit les groupes jusqu’à 30 personnes, et l’accueil se fait en français, en anglais et en espagnol. Pour un groupe, mieux vaut prendre contact avec le domaine avant de venir.
Certains jeudis d’été, les « Apéros à la Dournie » réunissent le public dans le parc. Pour l’été 2026, le domaine annonçait aussi des concerts en plein air et des soirées.
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