Les vignes du Domaine de Pajot

Domaine de Pajot

Région viticole

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Bio
Sommaire

Le coteau du Pajot, face à la capitale de l’Armagnac

Edmond Barreau et un vignoble pensé pour l’Armagnac

Le Domaine de Pajot est un vignoble bio familial du Gers, posé sur le coteau qui domine Eauze, la capitale de l’Armagnac. La famille Barreau y produit des vins en IGP Côtes de Gascogne, du Floc de Gascogne et de l’Armagnac. Les trois sont vinifiés ou distillés au domaine.

L’histoire commence dans les années 1970. Edmond Barreau, agriculteur originaire du Nord, achète alors des terres au hameau du Pajot. Il veut y créer un vignoble dédié à l’Armagnac et confie cette mission à son fils, Jean.

Son petit-fils Damien a résumé ces débuts d’une formule : son grand-père labourait avec un cheval, son père avec un tracteur, « et bien moins de peine ». La vigne est la production principale du domaine, à côté d’un verger de noisetiers.

2001, Damien Barreau passe le vignoble en bio

Damien Barreau reprend ensuite le projet familial. En 2001, il convertit le vignoble à l’agriculture biologique, persuadé que c’est la condition de vins de qualité. L’engagement du domaine auprès de son organisme certificateur, Bureau Veritas, date du 19 septembre 2001.

Damien disait avoir choisi le bio en s’inspirant du bon sens de son père et de son grand-père. Il ne cachait pas que ce choix lui donnait plus de travail.

Clément et Sarah, la quatrième génération

Aujourd’hui, Clément Barreau, quatrième génération, conduit le domaine avec son épouse Sarah. Ils ont enrichi l’héritage familial de l’agroforesterie, de l’éco-pâturage et de l’accueil des visiteurs. La famille se présente comme « vignerons indépendants depuis quatre générations ».

Depuis le domaine, la vue porte sur Eauze et, par temps clair, sur la chaîne des Pyrénées. Les parcelles forment une mosaïque sur les coteaux argilo-calcaires du Gers.

Vignes, noisetiers et brebis sur une même ferme

Pajot est une ferme autant qu’un vignoble. Outre ses raisins, l’exploitation est certifiée bio pour ses noisettes, ses brebis à viande, sa luzerne, son sarrasin et ses prairies. Une partie des noisetiers est encore en conversion.

La famille décrit une approche en trois volets qui travaillent ensemble : la viticulture biologique, l’agroforesterie et l’éco-pâturage. Arbres, haies, couverts végétaux et brebis s’y complètent. Cette gestion, dit-elle, limite les intrants et protège les sols.

Des arbres et des haies au milieu des vignes

À Pajot, les vignes cohabitent avec des noisetiers, des arbres et des haies. D’après la famille, les arbres protègent les rangs du vent et de la chaleur, limitent l’érosion et améliorent la structure des sols.

Toujours selon la famille, ces arbres créent un microclimat plus doux, bénéfique à la vigne comme à la faune. L’idée, dit-elle, est de ramener de la diversité dans le vignoble.

Deux cents brebis venues des Pyrénées chaque hiver

L’hiver, les brebis du domaine pâturent dans les vignes. Elles tiennent l’herbe, fertilisent les sols et évitent des passages de machines. Du printemps à l’automne, elles rejoignent les vergers de noisetiers et les prairies.

Chaque hiver, 200 brebis venues des Pyrénées rejoignent le troupeau avec leur berger itinérant. Elles profitent des couverts végétaux semés par la famille et laissent en échange un engrais vert.

'"Éco-pâturage"'

Féveroles, céréales et compost pour nourrir le sol

Les vignes sont cultivées sans pesticides ni désherbants chimiques. Le sol est nourri par les couverts végétaux, le compost et le temps. Des semis de féveroles, de céréales et d’autres plantes fournissent la matière organique dont les vignes se nourrissent.

Du même coteau, des vins vifs, un Floc et des Bas-Armagnacs

Quatre cépages blancs et cinq rouges

Le domaine cultive quatre cépages blancs : Sauvignon, Colombard, Ugni blanc et Gros Manseng. Côté rouge, on trouve le Pinot noir, le Grenache, la Syrah, le Merlot et le Tannat.

Damien Barreau décrivait ainsi le partage des raisins : peu avant les vendanges, la famille visitait chaque parcelle. Une partie du Colombard et de l’Ugni blanc partait à la distillation. Le reste rejoignait le Gros Manseng et le Sauvignon dans le blanc sec des Quatre Cépages. Les vignes de Gros Manseng les mieux exposées étaient réservées au moelleux, Le Noisette.

Des blancs légers et vifs, élevés sur lies fines

Les blancs sont vinifiés en cuves inox, à température maîtrisée. Après la fermentation, un élevage sur lies fines leur donne de la rondeur. La famille revendique un style léger, vif et gourmand.

Les Quatre Cépages, blanc sec emblématique du domaine, joue sur les agrumes et les fleurs blanches. Le Noisette, pur Gros Manseng, reste légèrement moelleux, avec un nez d’agrumes, de coing, de poire et de pain d’épices. Anima Sana, dont le nom signifie « âme saine », est un blanc pétillant issu des quatre cépages blancs.

Des rouges souples et un rosé de pressurage direct

Les rouges suivent une vinification traditionnelle : macération courte, fermentation d’environ deux semaines, puis malolactique et élevage sur lies fines. La famille en tire des rouges souples et fruités, au degré mesuré quand le climat le permet.

Le Bétoulin, surtout Merlot et Grenache, est un rouge léger et rond, aux notes de fruits noirs et de cassis. Le Pinot noir offre un peu plus de structure, sur la cerise et la framboise. Le rosé est obtenu par pressurage direct, puis élevé en cuve sur lies fines.

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Un Floc blanc et un Floc rouge

Le Floc du domaine suit la recette traditionnelle : deux tiers de moût de raisin frais pour un tiers d’Armagnac jeune. Cet Armagnac vient du millésime précédent, gardé en cuve inox. L’assemblage repose au moins six mois avant d’être prêt.

Le Floc blanc marie des jus de Colombard, de Sauvignon et de Gros Manseng. Le rouge part d’un jus de Merlot. Dans les deux, l’Armagnac est issu d’Ugni blanc. Le Guide Hachette des Vins a donné une étoile à un Floc rosé du domaine dans son édition 2008, puis au Floc blanc dans l’édition 2009.

Des Armagnacs distillés et vieillis à la propriété

Les Armagnacs sont distillés au domaine, puis élevés lentement en fût. Ce sont des Bas-Armagnacs, issus d’Ugni blanc. Tous les vins et Flocs sont certifiés bio, ainsi que certains Armagnacs.

La gamme va de la Blanche d’Armagnac, non vieillie, au XO, assemblage d’eaux-de-vie de plus de dix ans. Entre les deux, on trouve un Premier Âge et un VSOP présenté en pot gascon de grès émaillé. Trois millésimes complètent la gamme : 1988, 1998 et 2000.

Eauze, entre Côtes de Gascogne, Floc et Bas-Armagnac

Une IGP née d’un vignoble de distillation

Les vins du domaine relèvent de l’IGP Côtes de Gascogne, reconnue comme vin de pays par un décret du 25 janvier 1982. Au XXe siècle, le vignoble gascon, surtout destiné à la distillation, s’est reconstruit. La baisse de la consommation d’alcool l’a ensuite poussé vers les vins tranquilles.

À Pajot aussi, le vignoble voulu pour l’Armagnac donne aujourd’hui six vins. L’IGP doit sa réputation à ses blancs, qui pèsent 90 % des volumes, essentiellement secs. Les notes d’agrumes et de fruits exotiques y dominent souvent.

Eauze, dans l’aire du Bas-Armagnac

L’appellation Armagnac se divise en trois zones : le Bas-Armagnac à l’ouest, l’Armagnac-Ténarèze au centre et le Haut-Armagnac à l’est et au sud. Eauze appartient au Bas-Armagnac. Sur toute l’aire, le climat est océanique tempéré, avec une influence de l’océan plus forte à l’ouest.

La ville compte dans l’histoire de l’eau-de-vie. En 1310, Maître Vital Dufour, prieur d’Eauze, décrivait déjà les « 40 vertus de l’aygue ardente ». Au XIVe siècle, la distillation des vins blancs se développe en Gascogne. Le commerce avec les Hollandais fait ensuite grimper la production aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Le Floc, un « bouquet de fleurs » en gascon

Le mot « Floc » signifie « bouquet de fleurs » en gascon. Une recette gasconne du XVIe siècle atteste déjà ce vin de liqueur, obtenu en mutant du moût avec une eau-de-vie jeune. L’appellation d’origine a été reconnue en 1990.

Le moût et l’Armagnac doivent venir de la même exploitation, ou de la même cave collective. Le degré se situe entre 16 et 18 %. À Pajot, les deux viennent du domaine, et les Flocs affichent 17 %.

Une halte au Pajot, entre dégustation et balade

Déguster sans rendez-vous

Le domaine reçoit les visiteurs pour une dégustation de ses vins, Flocs et Armagnacs, avec vente sur place. Une simple dégustation ne demande pas de rendez-vous. L’accueil se fait en français, en anglais, en allemand et en espagnol.

La balade commentée dans les vignes

Sur réservation, une visite guidée d’1 h 30 à 2 h emmène dans les vignes. On y parle cépages, sols, culture bio et gestes en faveur de la biodiversité. La visite passe ensuite par les chais et se termine par une dégustation. Les groupes sont reçus à partir de 8 personnes.

Le domaine participe aussi à VineArt en Gascogne, le rendez-vous d’été des vins Côtes de Gascogne. Il y a proposé musique, exposition et ateliers de peinture, avec une visite guidée des vignes en compagnie du vigneron.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

  • Domaine de Brin

    Le Domaine de Brin cultive 14 hectares de vignes en AOC Gaillac à Castanet, dans une ferme familiale où poussent aussi lentilles, pois chiches et orge brassicole. Damien Bonnet y met les vins en bouteille depuis 2008, en bio dès le départ, avec une certification engagée en 2011. Mauzac, loin de l’œil, braucol, duras et prunelart s’élèvent en jarre de grès, en amphore, en foudre ou en béton. Ses quinze cuvées vont du pétillant naturel au vin de voile, en passant par l’orange et les doux.

  • Château du Grand Roc

    Le Château du Grand Roc cultive 7 hectares de vignes bio à Lamothe-Montravel, sur des coteaux argilo-calcaires tournés au sud, au bord de la Dordogne. Ingénieur agronome passé par le conseil viticole, Edouard Barkhausen l’a repris en 2023 à Henri-Paul Guillot, qui le conduisait en bio depuis près de trente ans. Il vinifie en cuves béton, en amphore, en œuf ou en demi-muids, de l’AOC Bergerac aux cuvées en IGP Périgord. Autour des vignes, des vaches highland entretiennent les prairies, entre les bois et les haies du domaine.

  • Domaine La Valette

    Le Domaine La Valette cultive 3 hectares en bio à Villaudric, dans l’AOP Fronton, au nord de Toulouse. Issu d’une famille de vignerons du Val de Loire, Antoine Rouiller y a planté une partie des vignes en 2019 et 2021. La négrette y côtoie la syrah, le cabernet franc, le mauzac et le chardonnay, vendangés à la main pour des vins soufrés au tiers de la dose autorisée. Le Guide Hachette 2027 accorde deux étoiles à l’Arlequin rouge 2024 et à la Négrette Only 2025.

  • Domaine Damiens

    Le Domaine Damiens cultive 16 hectares à Aydie, en appellations Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh, engagés en bio depuis 2011. Son nom vient d’un aïeul trouvé sous un porche d’église le jour de la Saint-Côme-et-Damien, et les Beheity tiennent la propriété depuis 1950. Pierre-Michel Beheity restructure le vignoble à partir de 2008 en faveur du tannat, tout en gardant un capital de vieilles vignes. Du tannat de printemps sans sulfites ajoutés aux Madiran de garde, la gamme compte aussi des Pacherenc secs et doux de petit et gros manseng.

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