Vignoble du Domaine des Romarins

Domaine des Romarins

Région viticole

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Vallée du Rhône

Bio
Sommaire

Quatre générations de Fabre à Domazan

Des abricots et des olives au vin mis en bouteille

Le Domaine des Romarins est une exploitation familiale de Domazan, dans la partie gardoise des Côtes du Rhône. Il fait remonter son histoire à 1892. L’arrière-grand-père, Charles Fabre, y cultivait des olives, des abricots et du raisin de table. Il vinifiait aussi les premières cuvées.

Ce paysan en polyculture a fini par se consacrer à la seule vigne, comme beaucoup dans la région. Le vignoble est ensuite passé au grand-père, Georges, puis au père, et enfin à Xavier, l’aîné. Georges vendait toute sa production au négoce. « Domaine des Romarins » était d’ailleurs la marque utilisée par ce négociant.

Ses petits-enfants ont changé de modèle. En 2017, ils élevaient et mettaient eux-mêmes en bouteille près de la moitié de leurs vins, en général ceux des meilleurs jus. Le domaine vend aujourd’hui au caveau, chez des cavistes et dans des restaurants, en France comme à l’étranger.

Xavier aux vignes, Benoît au caveau

Xavier Fabre, quatrième du nom, conduit 30 hectares de vignes. Son frère Benoît l’épaule depuis 2013. Il s’était d’abord tourné vers l’informatique. Aujourd’hui, Xavier s’occupe surtout des vignes, et Benoît du caveau, de l’administratif et du commercial.

Le reste de la famille n’est jamais loin. Vincent, Claire et Francis dépannent à leurs heures perdues, selon les besoins. Et Adrien, lui, « gère l’animation ».

De la HVE au premier millésime bio

Le domaine a été certifié Haute Valeur Environnementale, niveau 3, de 2015 à 2022. Il s’est engagé en agriculture biologique en juillet 2020, sous le contrôle de Bureau Veritas. Après trois ans de conversion, la récolte 2023 est devenue son premier millésime labellisé AB.

Les Fabre ne présentent pas ce passage comme un grand tournant. « Pour nous cela ne représente qu’une évolution de nos pratiques, pas une révolution », écrivaient-ils en août 2023. Ils reconnaissent que la bio leur demande plus de travail et de vigilance au vignoble, pour un coût non négligeable.

Signargues, le plus méridional des villages du Rhône

Quatre communes gardoises entre Pont du Gard et Avignon

Domazan est l’une des quatre communes de l’AOC Côtes du Rhône Villages Signargues, avec Estézargues, Rochefort-du-Gard et Saze. Le vignoble a été consacré Côtes du Rhône Villages avec nom géographique par un décret du 25 août 2005.

C’est le plus au sud des villages communaux de la vallée du Rhône. Il se trouve entre le pont du Gard et le pont d’Avignon, à 20 km de Châteauneuf-du-Pape. Le lieu a aussi son histoire. Selon le syndicat des vignerons, Signargues vit s’affronter en 736 les troupes de Charles Martel et les Sarrasins.

Des galets roulés et 200 jours de mistral

Le sol argilo-calcaire de Signargues est recouvert des mêmes galets roulés que celui de son voisin, Châteauneuf-du-Pape. Le plateau est balayé par le mistral 200 jours par an. D’après le syndicat, ce vent assainit le vignoble et permet de vendanger à bonne maturité.

Les étés sont souvent secs. Au domaine, les Fabre notent que leur terroir argilo-calcaire assure malgré tout une régulation hydrique naturelle des vignes.

Une appellation de rouges, menée par le grenache

L’AOC Signargues ne produit que des vins rouges. Le grenache noir, la syrah et le mourvèdre y pèsent au moins 80 % de l’assemblage, le grenache au moins 40 %. Le carignan, le cinsault et le marselan complètent. Le rendement maximal autorisé est de 42 hectolitres par hectare.

Pour les Fabre, le mourvèdre est ici dans sa zone de prédilection et apporte longueur et finesse. Le domaine produit aussi deux Côtes du Rhône, un rouge et un blanc. S’y ajoutent des vins de pays du Gard dans les trois couleurs.

Des haies, des nichoirs et des vendanges à rallonge

Luzerne, amandiers et abeilles solitaires

Autour des vignes, les Fabre gèrent la faune et la flore comme un tout. On trouve ici de la vigne, là des cultures temporaires comme la luzerne ou le sainfoin. Ailleurs, des haies ont été implantées, et des amandiers ou des oliviers plantés en bordure des parcelles.

Les haies champêtres sont faites d’arbres d’espèces locales. La famille dit en avoir planté plus de 50 en cinq ans. En 2021, le domaine est aussi devenu observateur pour l’Observatoire agricole de la biodiversité. Deux nichoirs à abeilles solitaires, posés dans les vignes, servent à suivre l’abondance et la diversité des hyménoptères.

Des vignes de 30 à 50 ans

Les vignes ont entre 30 et 50 ans. Le travail en vert passe par le relevage de la végétation, l’épamprage et l’ébourgeonnage. Les rendements tournent autour de 30 à 35 hectolitres par hectare. Pour le Signargues, la récolte se fait à la main, avec un tri sévère de la vendange.

Vigneron du Domaine des Romarins

2023 et 2024, deux millésimes opposés

Les parents des deux frères vendangeaient en trois petites semaines. Avec la plantation de cépages blancs, récoltés plus tôt, il en faut désormais quatre. En 2023, la récolte a duré du 28 août au 3 octobre, soit cinq semaines, « un record ». Ce premier millésime bio a aussi été généreux, après plusieurs années de faible production.

L’année suivante a donné la plus petite récolte de l’histoire du domaine. La sortie de grappes a été faible et le mildiou a pesé plus fort. Le grand-père Georges avait prévenu : « Quand on voit des raisins, il y en a toujours plus. Mais quand on n’en voit pas, il y en a encore moins ! »

Les raisins de 2024 étaient en revanche plus concentrés et plus aromatiques. Les rouges sont sortis très concentrés, avec beaucoup de profondeur. Ils ont ensuite été élevés en cuve ou en demi-muids pour assouplir leurs tanins.

Du Mazet au Signargues, les vins de la famille

Le Signargues et les Côtes du Rhône

Le Côtes du Rhône Villages Signargues assemble grenache, syrah et mourvèdre. La vendange est entièrement égrappée. La macération dépasse 25 jours, entre 28 et 30 °C, avec des remontages deux fois par jour. Le vin est élevé un an sur lies fines, en partie en cuve, en partie en demi-muids de chêne.

Le Côtes du Rhône rouge réunit grenache, syrah et carignan, dans la tradition des Côtes du Rhône méridionaux. Le domaine le décrit riche en fruit, avec des tanins fondus et une robe sombre. Son millésime 2023 a obtenu 2 étoiles dans le Guide Hachette des vins 2026. Le guide salue un palais « rond et soyeux ».

Dans ce 2023, l’attelage grenache et syrah s’enrichit de 20 % de carignan vinifié en macération carbonique. Le Côtes du Rhône blanc, dernier-né du domaine, associe viognier et vieux bourboulencs. Il passe quelques mois en barrique, et ses quantités restent très limitées.

Le ‘C’, du carignan dans une bouteille consignée

Le ‘C’ est, selon la famille, la cuvée la plus originale du domaine. C’est un vin de pays du Gard issu à 100 % de carignan de vieilles vignes, vinifié en macération carbonique. Le domaine le dit surprenant et très aromatique.

Le millésime 2025, mis en bouteille le 19 mars 2026, inaugure une bouteille réemployable. Le domaine travaille avec Oc’Consigne et le réseau France Consigne. Une fois vide, la bouteille se rapporte au domaine, puis elle est lavée et réutilisée. Elle n’a plus de capsule, justement pour faciliter ce réemploi.

Le Mazet, des vins d’été en IGP Gard

Un mazet est une petite construction de pierre, d’une seule pièce, bâtie au milieu des vignes. Le vigneron y rangeait ses outils ou s’y abritait de l’orage. Celui du domaine a donné son nom à une gamme de vins légers, issus de vignes plutôt jeunes. Ils sont vinifiés en IGP Gard.

Le Mazet blanc est un viognier fruité et léger. Le Mazet rosé assemble grenache, carignan et cinsault. Le Mazet rouge, grenache et carignan, est vinifié sans sulfites. C’est un rouge plus léger, sur le fruit. La famille le décrit comme « le vin que nos grands-parents buvaient après une dure journée de labeur ».

La famille fait aussi un jus de raisin. Un matin de vendanges, elle récolte de beaux grenaches frais en caissettes, puis file au pressoir pour les faire pasteuriser.

Une cave peinte et ouverte aux visiteurs

Une fresque sur une cuve à chaque primeur

Le troisième jeudi de novembre marque la sortie du Côtes du Rhône primeur, assemblage de grenache et de carignan. Chaque année depuis 2020, les Fabre demandent à un artiste d’en dessiner l’étiquette. L’œuvre est ensuite reproduite en fresque monumentale sur l’une des cuves de vinification.

  • 2020 : Michaël Camacho, artiste de Beaucaire, peint la première cuve
  • 2021 : Muriel Goro, inspirée par Bacchus
  • 2022 : Eugène Barricade, avec « King of Wine »
  • 2023 : le duo Titomulk, avec « Vaguement saoûl » sur la cuve n° 8
  • 2024 : le collectif Cocomo, sur la cuve n° 5
  • 2025 : RNST, filmé par France 3 Pays Gardois

Année après année, la cave se transforme ainsi en exposition permanente de street art. Pour la sortie du primeur 2025, la cave comptait six fresques originales.

À pied, à vélo ou en méhari

Le domaine guide des balades commentées dans les vignes, à pied, à vélo ou en méhari. Elles durent une heure et demie à deux heures, et se terminent par la visite de la cave et une dégustation. Des vélos électriques peuvent être loués. On rejoint aussi le domaine à vélo par la boucle « La vigne à vélo ».

Les groupes sont accueillis dans la cave, avec un parking pour les bus. Ils peuvent y déguster les vins avec des produits du terroir, ou y prendre un repas. Au caveau, la famille propose aussi une sélection de vins d’autres régions de France, en dépôt-vente.

Pour rester plus longtemps, le gîte des Romarins accueille les visiteurs à Domazan, entre Pont du Gard et Pont d’Avignon. La formule « Vignerons le temps d’un week-end » va plus loin. Elle ajoute une matinée dans les vignes, un atelier d’assemblage et une initiation à la dégustation.

Photos taurines et prix de l’œnotourisme

Chaque fin d’année, le domaine organise d’ordinaire un concours de photographies taurines, exposées ensuite dans la cave. L’édition 2025 n’a pas pu avoir lieu, et la famille vise une édition 2026 à la fin de la temporada.

Cet accueil a été remarqué. En 2024, le domaine a reçu avec sept autres domaines la Distinction œnotourisme d’Inter Rhône, au Palais des Papes. En 2025, il a été primé aux Trophées de l’Œnotourisme de Terre de Vins et Atout France. Il y a reçu l’« Offre remarquable » de la catégorie « Art, culture & savoir-faire ».

Dans cette catégorie, l’« Offre exceptionnelle » est revenue à la Maison Ruinart. Le domaine a été primé pour avoir fait se rencontrer deux mondes, celui du street art et celui du vin. Il l’a fait par les étiquettes de ses primeurs, et surtout par ses cuves. « Le petit parmi les grands », résume la famille.

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Domaine l’Ancienne École

    Perché à 400 mètres d’altitude sur le plateau de Vinsobres, le Domaine l’Ancienne École cultive 13 hectares en agriculture biologique. Fondé en 2007 par Anna et Wilson Thorburn, anciens professionnels londoniens, il produit des vins en AOC Vinsobres et Côtes du Rhône. Les rouges dominés par le Grenache et la Syrah offrent profondeur, fraîcheur d’altitude et tanins élégants, souvent salués par le Guide Hachette. Caveau, visites, gîtes avec piscine et expériences gourmandes complètent une approche cohérente de vigneron indépendant bio engagé.

  • Domaine Barou

    Implanté à Charnas en Vallée du Rhône septentrionale, le Domaine Barou cultive depuis 1972 une viticulture engagée en agriculture biologique sur des sols granitiques. Exploitation familiale sur trois générations, le domaine est aujourd’hui conduit par Emmanuel Barou, avec une spécialisation en AOP Saint-Joseph, Condrieu et IGP Collines Rhodaniennes. Les vignes, réparties entre Charnas et Limony, expriment des vins précis issus de Syrah, Marsanne, Roussanne et Viognier, fidèles au millésime. Vinification soignée, pratiques inspirées de la biodynamie et rapport qualité-prix constant définissent l’identité d’un domaine reconnu pour son authenticité et sa cohérence.

  • Mas de Libian

    Propriété de la famille Thibon depuis 1670, le Mas de Libian cultive ses vignes à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. Conduit en bio depuis toujours, il est certifié en biodynamie Demeter depuis 2005 et travaille une partie du sol avec un cheval de trait. Ses 20 hectares de vignes, taillées en gobelet et vendangées à la main, côtoient oliviers, céréales et ruches. Hélène Thibon et sa famille en tirent six vins, en Côtes du Rhône et en Vin de France.

  • Mas des Terrasses

    Repris en 2024 par la famille Voisin, l’ancien Domaine de Graillefiot est devenu le Mas des Terrasses, sur une colline de Sabran à 150 mètres d’altitude. Un peu plus de 7 hectares s’y partagent entre terrasses en Côtes du Rhône Villages et parcelles vallonnées en Côtes du Rhône, sur grès et sables. Conduit en agriculture biologique depuis plus de vingt ans, le domaine vendange à la main et élève trois cuvées en fût de chêne. Il reçoit au caveau et loue deux gîtes au milieu du domaine.

  • Château Clématis

    Créé en 2004 par Xavier Tronc, hors du cadre familial, le Château Clématis cultive 30 hectares à Sainte-Cécile-les-Vignes, dans le Vaucluse. Ses vins relèvent de trois appellations : Côtes du Rhône, Côtes du Rhône Villages Sainte-Cécile et Rasteau. Engagé chez Ecocert depuis 2019, le domaine passe au bio cuvée par cuvée, depuis le Fruité 2020, et reste en partie en conversion. Ses rouges reposent surtout sur le Grenache, à côté d’un blanc boisé et d’un rosé de Cinsault médaillés au Challenge Millésime Bio.

  • Domaine de l’Amandier

    Le Domaine de l’Amandier cultive 18 hectares au nord du Gard, sur Saint-Christol-de-Rodières, Aiguèze et Saint-Julien-de-Peyrolas, à la limite des gorges de l’Ardèche. La quatrième génération y travaille en agriculture biologique depuis 1999, et met son vin en bouteille depuis 2004. La gamme va du Côtes du Rhône L’Incompris(e) aux vins de cépage en IGP Pays d’Oc, plus des bag-in-box et un jus de raisin. Tous se dégustent gratuitement dans un moulin à huile du XVIe siècle à Aiguèze, rouvert en caveau en 2021.

  • Domaine de MasLauris

    À Lauris, entre Luberon et Durance, le Domaine de MasLauris est né en 2011 autour d’un ancien corps de ferme de l’époque vaudoise. Après l’arrachage des vieilles vignes, le vignoble a été replanté en sélection massale à partir de 2014 et compte 12 hectares bio à 300 mètres d’altitude. Vendangées à la main dès 4 heures du matin, à la lampe frontale, ses vignes donnent dix cuvées en AOP Luberon. Margeaux et Chiara Théophile poursuivent aujourd’hui l’aventure avec le vigneron Aurélien Le Tellier.

  • Domaine du Pourra

    Racheté en 1998 par Jean-Christian Mayordome, médecin franco-gabonais, le Domaine du Pourra cultive trois lieux-dits en altitude à Séguret et à Gigondas, jusqu’à 450 mètres. La vigne y est conduite sans intrant chimique depuis 1999, certifiée en agriculture biologique depuis 2012 et travaillée en biodynamie. Au Pourra, le rendement moyen se limite à 9 à 12 hl/ha, et les vins fermentent en cuve béton sans levures ajoutées. Leurs élevages sur lies fines durent souvent de 30 mois à cinq ans, et la boutique propose encore des millésimes de plus de vingt ans.

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