Domaine Éric Chevalier - Chemin de terre entre les rangs de vigne sous un ciel d’été

Domaine Éric Chevalier

Région viticole

Région viticole

Vallée de la Loire

Bio

À Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, en pays de Retz, le Domaine Éric Chevalier cultive une propriété familiale de 29 hectares au lieu-dit l’Aujardière. Nous sommes à l’extrême ouest du Val de Loire, dans l’appellation Muscadet Côtes de Grandlieu. Le vin bio y prend un accent marin : le domaine décrit lui-même ses vins comme océaniques, frais et iodés.

Un muscadet entre le lac de Grand-Lieu et l’Atlantique

L’Aujardière, à l’ouest du vignoble nantais

Trois influences se croisent sur ces vignes : la façade atlantique, la Loire et le lac de Grand-Lieu, que le domaine présente comme le plus grand lac naturel de plaine de France. Saint-Philbert est la plus importante des communes qui bordent ce lac.

Entre la douceur du lac et le sel de la façade océanique, les vins sont marqués, selon la formule de la famille, « de là où ils sont nés ». Le domaine cherche à révéler ce côté salin millésime après millésime, et veut toute sa gamme légère, saline et océanique.

Côtes de Grandlieu, la cadette des muscadets

L’appellation Muscadet Côtes de Grandlieu a été reconnue en 1994. C’est la plus jeune des appellations sous-régionales du muscadet. Elle s’élabore exclusivement avec le melon de Bourgogne, qui donne ici des vins floraux et délicats, avec parfois des notes iodées et salines.

Domaine Éric Chevalier - Grappes de melon de Bourgogne sur un vieux cep
Le melon de Bourgogne, seul cépage du muscadet Côtes de Grandlieu.

Le domaine y produit notamment La Noë, un muscadet sur lie. Les 3 Bois, le fié gris et la Pièce de l’Orée sortent, eux, en IGP Val de Loire. Grâce à la diversité de leurs cépages blancs, Éric et Gaëlle Chevalier se disent reconnus comme spécialistes des vins blancs secs.

Le frère et la sœur revenus à la vigne familiale

2006 : dix ans de négoce, puis l’Aujardière

Éric Chevalier s’installe sur le domaine en 2006, après dix années d’expérience dans le négoce de vins, chez un négociant de Touraine. Il a repris l’exploitation familiale « sans l’avoir vraiment programmé », de son propre aveu.

Ses parents avaient déjà profité de la diversité des terrains pour planter d’autres cépages que le melon et la folle blanche, dont le chardonnay. Le fils a hérité de cette ouverture, et le fié gris est venu plus récemment renforcer la gamme.

2008 : Gaëlle quitte l’informatique pour le végétal

Sa sœur Gaëlle le rejoint dès 2008. Elle quitte le monde de l’informatique pour celui du végétal. Depuis, le frère et la sœur mènent le domaine ensemble.

Autour d’eux, une équipe travaille à l’année. La famille la remercie publiquement, sur la page d’accueil de son site, pour le travail fourni afin que chaque millésime s’exprime dans des vins qu’elle veut « simples, vrais et sains ».

Trois sols et une palette de cépages peu commune en pays nantais

Roches métamorphiques, granite et graves roulées

Le domaine distingue trois grands types de sols, et chacun a sa cuvée. Les sols légers sur roche mère métamorphique, éclogite ou serpentinite, portent le Clos de la Butte et Les 3 Bois. Sous Les 3 Bois, la roche mère mêle amphibolites et éclogites, avec une accumulation de quartz roulés et de silex.

La cuvée La Noë vient de granites et gneiss. Le fié gris pousse sur des graves roulées posées sur des sables et des limons fins. C’est cette mosaïque que le domaine traduit cuvée par cuvée.

Melon et folle blanche, puis les cépages bourguignons

Historiquement, l’encépagement repose sur le melon et la folle blanche. Pour la famille, le melon reste un très bon révélateur des différents types de sols. La folle blanche, elle, atteint ici une quarantaine d’années pour la cuvée qui porte son nom.

Le chardonnay est arrivé avec la génération précédente. Avec le pinot noir, dont les sols légers révèlent la finesse, il forme une liste de cépages d’origine bourguignonne. Le pinot noir couvre aujourd’hui près de 5 hectares. Le cabernet franc, rouge typique de la Loire, est cultivé à plus petite échelle, et le grolleau entre dans la cuvée Emeri.

Le fié gris et une parcelle sauvée de l’arrachage

Le fié gris est un autre nom du sauvignon gris, que le domaine désigne aussi comme sauvignon rose. La famille le qualifie d’original, à côté de l’incontournable melon. Une parcelle de ce cépage doit son salut à Michèle Vételé, sommelière et propriétaire avec son mari du restaurant Anne de Bretagne. Elle l’a sauvée de l’arrachage, puis en a confié l’exploitation à Éric Chevalier.

Une conversion bio préparée par le travail du sol

Sans intrant chimique depuis 2014, en bio depuis 2016

Le passage au bio ne s’est pas fait d’un coup. Depuis 2014, l’enherbement des vignes est entretenu sans intrant chimique, et l’ensemble du vignoble est travaillé mécaniquement. Le domaine s’engage ensuite dans la conversion en agriculture biologique le 8 septembre 2016, contrôlé par Certipaq Bio.

Domaine Éric Chevalier - Tracteur dans les vignes un matin de brume
Toutes les vignes sont travaillées mécaniquement depuis 2014.

Aujourd’hui, toutes les vignes du domaine sont conduites en agriculture biologique, et ses vins portent la certification. Une partie du raisin reste déclarée en troisième année de conversion pour 2025, à côté des surfaces certifiées.

Haies, vergers et bosquets au milieu des vignes

Le paysage de l’Aujardière garde la trace d’une histoire agricole locale en polyculture. Ses haies et ses cultures variées offrent des refuges à la faune auxiliaire. Pour préserver cet équilibre, la famille a planté en 2017 1,5 hectare de vergers fruitiers et de bosquets au milieu des vignes.

Au chai, levures indigènes et longs élevages sur lies

Des vendanges à la main par une équipe du pays

La majorité des raisins est récoltée à la main, par une équipe locale que le domaine décrit comme impliquée et dynamique. C’est le cas du fié gris et du pinot noir de la Pièce de l’Orée.

Domaine Éric Chevalier - L’équipe des vendanges réunie dans les vignes
L’équipe des vendanges, recrutée dans le pays.

Fermentations spontanées et sulfites mesurés

Au chai, la famille privilégie les levures indigènes et les départs en fermentation spontanée. Elle y voit un levier pour révéler l’identité de chaque terroir. Les sulfites sont employés en faible quantité, avec précision.

Pour La Noë, Les 3 Bois et le fié gris, le schéma se répète : pressurage lent, fermentations spontanées, puis élevage sur lies totales jusqu’à la mise en bouteille, début avril. Le pinot noir de la Pièce de l’Orée passe en macération en grappes entières, fait ses fermentations alcoolique et malolactique sans levurage, puis connaît un élevage court en cuve.

Des blancs salins, des bulles sans dosage et des rouges de soif

Trois cuvées de melon et une folle blanche

La gamme compte quatorze cuvées, que le domaine veut légères, salines et océaniques, « aux couleurs de Grandlieu ». Le Clos de la Butte vient de vignes de melon de 40 ans : nez floral, vin frais, fin et salin. La Noë, sur granite et gneiss, donne une expression plus minérale des Côtes de Grandlieu, à 11,5 % d’alcool.

Star Fish, autre melon issu de vignes de 30 ans, joue la fraîcheur et une finale saline, typique des terroirs de Saint-Philbert. La Folle Blanche associe un nez de fruits secs, de noisette et d’amande à une bouche vive, citronnée et saline.

Chardonnay, fié gris et bulles non dosées

Le chardonnay se décline en deux cuvées. Les 3 Bois cherche la simplicité et l’éclat du cépage sur des sols légers, en climat maritime. Agile mise sur le fruit et la fraîcheur, avec une salinité qui revient en fin de bouche.

Les Gralettes, 100 % fié gris, offre un nez floral et une bouche dense qui finit sur les épices. Fauve assemble 70 % de sauvignon gris et 30 % de folle blanche. Côté bulles, Mandibulles est un chardonnay brut nature, non dosé, après trois ans sur lattes. S’il Vous Plaît, élaboré entièrement au domaine, marie chardonnay, folle blanche et pinot noir.

Pinot noir, cabernet franc et grolleau en rouges légers

Les rouges restent dans le registre de la légèreté. Emeri, moitié grolleau, moitié pinot noir en macération de grappes entières, est un rouge de soif à 10,5 %. La Pièce de l’Orée, pur pinot noir, présente un nez de fruits rouges et une bouche structurée.

Cardinal, 100 % cabernet franc croquant et juteux, porte le nom de l’ancien propriétaire. Sans Prise de Tête associe pinot noir et cabernet franc dans un vin léger et fruité.

De Saint-Philbert aux tables de l’étranger

Plus d’une bouteille sur deux à l’export

Le domaine vend exclusivement en réseau traditionnel, auprès des cavistes et des restaurateurs. Plus d’une bouteille sur deux part à l’export : États-Unis, Canada, Brésil et Royaume-Uni.

La presse a suivi. Fin 2016, la Revue du vin de France a placé le Fié Gris, Les 3 Bois et le Clos de la Butte dans sa rubrique « Coup de cœur ». Le Sunday Times Magazine en a parlé en 2014, le blog de Jancis Robinson dès 2010.

Une cave ouverte à deux pas de l’abbatiale

La famille accueille volontiers à la cave pour déguster ses vins, de préférence sur rendez-vous. Saint-Philbert-de-Grand-Lieu se visite aussi pour son abbatiale, rare vestige de l’époque carolingienne édifié au IXe siècle, tout près du domaine.

Domaine Éric Chevalier - Le bâtiment de la cave à l’Aujardière
La cave de l’Aujardière, à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.

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  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

  • Château de la Viaudière

    Le Château de la Viaudière domine les coteaux du Layon depuis le XVIe siècle, à Champ-sur-Layon, sur les schistes de l’Anjou noir. Pierre-Antoine et Agnès Giovannoni y ont pris la suite de la famille Gelineau et cultivent 33 hectares, engagés en bio depuis 2016. Leurs Coteaux du Layon naissent de tris successifs de chenin touché par la pourriture noble, d’octobre à novembre. Le domaine signe aussi le Tuilé, un anjou de pur cabernet-sauvignon, un gamay élevé en amphores et des crémants de Loire élaborés depuis 1997.

  • Clos de l’Écotard

    Le Clos de l’Écotard cultive 15 hectares en appellation Saumur, à Courchamps, Fosse-Bellay et Saumur. Michel Chevré l’a fondé en 2011, alors chef de culture au Domaine des Roches Neuves, et son fils Thibaud le dirige depuis 2024. Engagé en bio depuis 2010, le domaine laboure au cheval son clos de chenin planté à 8 000 pieds par hectare. Il en tire des chenins secs comme La Haie Nardin et Les Pentes, des bulles sans dosage et, depuis 2021, des rouges de cabernet franc et de gamay.

  • Château Yvonne

    Le Château Yvonne cultive 16 hectares en bio depuis 1997 à Parnay, Champigny, Turquant et Montsoreau, sur la côte de Saumur. Recréé par Yvonne et Jean-François Lamunière, il est repris en 2007 par Mathieu Vallée, ingénieur devenu vigneron, qui en garde le nom. Ses cabernets francs en Saumur-Champigny et ses chenins secs en Saumur naissent de levures indigènes et d’élevages longs, en partie dans une cave creusée dans le tuffeau. Depuis 2021, des poiriers et des abricotiers poussent au milieu des vignes.

  • Château de Quinçay

    À Meusnes, sur les coteaux sud du Cher, la famille Cadart conduit depuis 1860 un domaine de 30 hectares aux terres chargées de silex. Engagé en bio en 2021, le vignoble a renoncé au désherbage chimique : un robot électrique Bakus y travaille 25 hectares depuis 2022. Les vins sortent en Touraine, Touraine Chenonceaux et Valençay, des sauvignons plantés en 1961 aux rouges de côt. La gamme Q fait fermenter chenin et pinot noir en fûts de 400 litres.

  • Domaine des Chasseignes

    Le Domaine des Chasseignes cultive 9,5 hectares de sauvignon blanc et de pinot noir à Sury-en-Vaux, sur les terres blanches, les caillottes et le silex du Sancerrois. Aurore Dezat dirige depuis 2011 cette exploitation familiale, rejointe en 2016 par son conjoint David Girard. Engagé chez Ecocert en 2020, le domaine produit des sancerres blancs, rosés et rouges certifiés en agriculture biologique. Ses blancs ont reçu deux coups de cœur du Guide Hachette d’affilée, dans les éditions 2025 et 2026.

  • Château de Coulaine

    Le Château de Coulaine cultive 19 hectares de vignes bio à Beaumont-en-Véron, en appellation Chinon, autour d’un manoir bâti vers 1470. Étienne et Pascale Denys de Bonnaventure le passent en bio en 1994, et leur fils Jean le dirige depuis 2017 avec son épouse Tatiana. Le cabernet franc et le chenin y poussent sur millarges, sables argileux, argilo-calcaires et graviers, que la famille relie à ses cuvées. Les rouges vont de la souplesse à la garde, et trois chenins s’élèvent en barrique ou en jarre de grès.

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