Vignes du domaine Grande Maison

Grande Maison

Région viticole

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Sud-Ouest

BioDemeter
Sommaire

Une maison forte du XIVe siècle au-dessus de la Dordogne

Un coteau plein sud face à Bergerac

La Grande Maison est un domaine viticole bio de Monbazillac, en Dordogne. Ses vignes couvrent une colline qui surplombe les rives de la Dordogne et la cité historique de Bergerac. Le domaine est installé dans une ancienne maison forte du XIVe siècle.

L’exposition générale est plein sud, et toutes les parcelles sont en coteaux, plus ou moins pentus. Le vignoble s’étend sur 14 hectares : 10 hectares de cépages blancs et 4 hectares de cépages rouges. Côté blanc, le Sémillon domine, devant le Sauvignon et la Muscadelle. Côté rouge, le Merlot fait l’essentiel, complété par le Cabernet Franc.

De Thierry Desprès à la famille Chabrol

Le domaine a connu deux reprises en une génération. Thierry Desprès l’acquiert en 1990 et l’exploite en agriculture biologique. En 2012, Jean-Louis et Benjamin Chabrol reprennent la propriété. Le Guide Hachette note alors que la qualité reste au rendez-vous.

Aujourd’hui, Benjamin Chabrol conduit les vins avec son équipe. Il reçoit les visiteurs avec sa femme Malika. La famille se retrouve jusque dans la gamme : la cuvée de bulles est un clin d’œil à Justine, la fille de Benjamin.

Vue aérienne du domaine Grande Maison

En bio depuis 1995, en biodynamie depuis la récolte 2018

L’engagement bio précède les Chabrol. Le domaine est engagé en agriculture biologique depuis le 15 mars 1995, sous le contrôle d’Ecocert. Le domaine revendique plus de 30 ans d’expérience du vin bio. Il y était sensible, dit-il, avant que le bio ne devienne une tendance.

La biodynamie est venue s’y ajouter. Le domaine est certifié Demeter à partir de la récolte 2018. Il figure dans la liste des adhérents de Demeter France. Trois vins portent le label : le Bergerac sec Dianaïs, le Bergerac rouge Opéra et un Monbazillac, Equinoxe 2020.

Monbazillac, l’appellation des brumes d’automne

Cinq communes sur la rive gauche de la Dordogne

L’AOC Monbazillac a été reconnue le 15 mai 1936. Elle couvre cinq communes de la Dordogne : Colombier, Monbazillac, Pomport, Rouffignac-de-Sigoulès et Saint-Laurent-des-Vignes. Son vignoble occupe les terrasses et les coteaux qui montent de la rive gauche de la Dordogne, au sud de Bergerac.

L’appellation est réservée aux vins blancs tranquilles, et ses vins titrent au moins 45 grammes de sucres par litre. Ils naissent de la Muscadelle, du Sauvignon, du Sauvignon gris et du Sémillon. Le cahier des charges impose des vendanges manuelles par tries successives : trois passages en général, parfois beaucoup plus, selon l’avancée du champignon.

Ce champignon, c’est le Botrytis cinerea, la pourriture noble. En automne, l’influence océanique amène rosées, brumes et brouillards matinaux, suivis d’après-midi ensoleillés. L’humidité de l’air oscille alors entre 85 et 90 %, ce qui favorise le botrytis. Il concentre le raisin et apporte au monbazillac son goût de rôti.

Un étang et un affleurement de silice

La Grande Maison possède un atout de plus : un étang au milieu du domaine. Selon le vigneron, il permet au botrytis de proliférer en période de vendanges.

Le sol est argilo-calcaire, avec un affleurement de silice. Le domaine lui attribue une certaine acidité, qui donne de la fraîcheur à ses vins blancs. Cet équilibre compte en Monbazillac, où la sucrosité, parfois très élevée, peut manquer de nervosité.

Attendre le botrytis : quatre façons de faire un liquoreux

Récolter plus tard, trier plus souvent

Ici, c’est le champignon qui fixe le calendrier. Quand le botrytis tarde à s’installer, le domaine récolte ses raisins plus tard. Toutes les vendanges se font à la main, et les liquoreux demandent de nombreux tris. Sa gamme de monbazillac va de 80 à 200 grammes de sucre résiduel par litre.

Au chai, les raisins arrivent dans de petits contenants. Ils passent ensuite dans des pressoirs pneumatiques, qui pressent en douceur. Le moût est protégé de l’oxydation par du CO2 et refroidi pendant le débourbage. Les fermentations partent avec des levures indigènes, issues du milieu naturel.

Des Anges à la Cuvée du Château

La Cuvée des Anges ouvre la gamme. Elle vient de raisins atteints par un « jeune » botrytis, fermentés et élevés en cuves inox. Avec 80 grammes de sucre résiduel, elle cherche les arômes de fruits mûrs et l’équilibre entre sucrosité et acidité. Le domaine la conçoit pour être bue jeune.

La cuvée Exotique se passe de Sémillon. Elle assemble 80 % de Sauvignon blanc et 20 % de Sauvignon gris, vendangés en deux passages avec des tris « au grain ». Son nom annonce ses arômes de fruits exotiques. Les millésimes 2012 et 2022 ont chacun donné 1 000 bouteilles.

La Cuvée du Château est la cuvée phare de la maison. Elle vient de vignes basses de 60 ans, plantées à 5 000 pieds par hectare, et d’une large majorité de Sémillon. Elle fermente et s’élève 24 mois en barriques neuves, pour un rendement de 12 hectolitres par hectare. Le millésime 2018 a reçu un coup de cœur du Guide Hachette 2021.

La Cuvée des Monstres, 700 bouteilles à 4,5 hl/ha

Tout en haut se trouve la Cuvée des Monstres. Le millésime 2009 vient de vignes basses très âgées, de 70 à 100 ans, à 5 500 pieds par hectare. Sa base est faite de raisins botrytisés extrêmement concentrés, assemblés ensuite avec des barriques plus « nerveuses ».

Les chiffres disent l’extrême. Le rendement tombe à 4,5 hectolitres par hectare, pour 700 bouteilles. Le vin fermente et s’élève 36 mois en barriques neuves, et garde 200 grammes de sucre résiduel par litre. Pour mémoire, le cahier des charges de l’appellation évoque un rendement de 30 hectolitres par hectare.

Bergerac sec, rouge et rosé, l’autre versant de la gamme

Dianaïs et La Tour, deux blancs secs de Sauvignon

Le Bergerac sec Dianaïs assemble 80 % de Sauvignon et 20 % de Sémillon. Les raisins macèrent 10 heures avant un pressurage doux, puis le vin s’élève dix mois, moitié en cuve inox, moitié en barrique. Le domaine le décrit fruité en attaque, soyeux, avec une acidité agréable et une finale minérale. Il porte le label Demeter.

La cuvée La Tour en blanc change de registre. Elle assemble 60 % de Sauvignon blanc et 40 % de Sauvignon gris, élevés 11 mois en barrique neuve. Le domaine complète ses blancs par Les Bulles du Château, un méthode traditionnelle à base de Sémillon. Les bulles y naissent d’une seconde fermentation.

Des rouges de Merlot, de la cuve inox à la barrique neuve

Le Bergerac rouge Opéra, certifié Demeter, réunit 95 % de Merlot et 5 % de Cabernet Franc. Il macère longuement avec des levures indigènes, puis s’élève 12 mois en cuves inox. Le domaine y trouve une explosion de petits fruits rouges au nez et des tanins doux en bouche.

Les Côtes de Bergerac passent par la barrique. La cuvée Harmonie, à 90 % de Merlot, s’élève 18 mois, pour moitié en barriques et pour moitié en cuve inox. Le domaine lui prête des arômes de pruneau et de griotte. La Tour en rouge, elle aussi à 90 % de Merlot, s’élève en barrique neuve.

Le millésime 2020 de La Tour a reçu un coup de cœur et trois étoiles au Guide Hachette 2024. Le guide y relève un nez de fruits noirs, de sous-bois et de cannelle, et une trame de tanins soyeux. La gamme se complète d’un rosé, Nuit d’été, qui assemble Cabernet Franc, Merlot et Malbec.

Une salle de style médiéval ouverte aux visiteurs

Une dizaine de cuvées à déguster sur place

Le domaine ouvre ses portes tout au long de l’année. Les visiteurs y dégustent une dizaine de cuvées, du Monbazillac aux Bergerac blanc, rosé et rouge. Benjamin et Malika Chabrol les accueillent et répondent à leurs questions. La Grande Maison propose aussi régulièrement des activités gratuites pour découvrir son univers.

Mariages, séminaires et visite guidée du vignoble

La grande salle du château, de style médiéval, se loue pour des mariages, des baptêmes, des séminaires d’entreprise, des soirées à thème ou des ateliers dégustation. Le domaine propose des formules sur mesure pour les événements privés comme pour les entreprises.

Les invités peuvent y ajouter une visite guidée du vignoble. Benjamin Chabrol les accompagne et leur explique les vendanges et l’élaboration des vins. La dégustation se fait ensuite dans la salle climatisée.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Mas del Périé

    Mas del Périé cultive 23 hectares biodynamiques à 350 mètres d’altitude sur les calcaires du causse de Cahors. Fabien Jouves y élabore des Malbecs naturels, souvent sans soufre ajouté, avec levures indigènes et élevages en béton, foudres ou amphores. Le domaine travaille aussi des cépages anciens du Sud-Ouest et produit des vins orange, blancs de Chenin et cuvées parcellaires. Référence du Cahors nature, Mas del Périé propose des vins digestes, minéraux et très marqués par les terroirs d’altitude.

  • Domaine Le Passelys

    Le Passelys cultive 10 hectares en agriculture biologique sur les troisièmes terrasses argilo-siliceuses de Cahors. La famille Baudel associe Malbec, Merlot et cépages résistants pour produire des vins authentiques et innovants. La gamme Colibri réduit jusqu’à 100 % des traitements grâce aux variétés Cabernet Cortis, Prior, Muscaris et Souvignier Gris. Entre Cahors de garde, rosé 100 % Cabernet et blancs frais, Le Passelys explore une viticulture durable tournée vers l’avenir.

  • Domaine AntocyÂme

    Le domaine Antocyâme cultive 7,5 hectares de vignes sur des sols argilo-calcaires au cœur de l’IGP Coteaux et Terrasses de Montauban. Repris en 2017 par Muriel Zoldan, œnologue de formation, le domaine développe une approche centrée sur les vins bio et les vinifications naturelles. Les vendanges manuelles, les fermentations sur levures indigènes et les élevages en cuve, barrique et amphore façonnent l’identité des cuvées. L’encépagement associe Chardonnay, Sauvignon, Cabernet Franc, Syrah, Tannat et Abouriou pour des vins frais ou plus structurés.

  • Château Lacapelle Cabanac

    Château Lacapelle-Cabanac cultive 29 hectares en agriculture biologique sur le causse calcaire de Cahors, à 300 mètres d’altitude. Le domaine associe Merlot et Malbec pour produire des rouges charnus, frais et plus accessibles que les Cahors traditionnels. Les sols kimméridgiens du causse apportent tension, finesse tannique et forte intensité aromatique aux différentes cuvées du domaine. Installé dans un ancien château viticole du XVIIᵉ siècle, le domaine propose aussi blancs, rosés et visites œnotouristiques.

  • Château Haut-Monplaisir

    Château Haut-Monplaisir cultive 30 hectares en agriculture biologique sur les célèbres troisièmes terrasses de Cahors. Le domaine familial élabore des Malbec profonds et veloutés, issus de sols argilo-siliceux riches en galets roulés. Les cuvées Tradition et Prestige traduisent une approche précise des terroirs, avec élevages longs et potentiel de garde remarquable. En complément des rouges de Cahors, le domaine produit des IGP Côtes du Lot blancs, rosés et rouges plus accessibles.

  • Château du Cèdre

    Château du Cèdre cultive 27 hectares en agriculture biologique sur les meilleurs terroirs calcaires et graveleux de Cahors. La famille Verhaeghe produit des Malbec profonds et raffinés, issus des grèzes calcaires et terrasses du Mindel. Le domaine se distingue par ses élevages précis, ses vieilles vignes et sa gamme Extra-Libre sans soufre ajouté. Référence incontournable du vignoble cadurcien, Château du Cèdre signe des vins puissants, frais et taillés pour la garde.

  • Château de Chambert

    Château de Chambert cultive 45 hectares en biodynamie sur les causses de Cahors, à 300 mètres d’altitude. Le domaine associe grands Malbec de garde, sélections massales et terroirs calcaires sidérolithiques riches en fer. Les parcelles kimméridgiennes exposées nord produisent aussi un Chardonnay tendu, souvent comparé aux grands blancs bourguignons. Entre château historique, restaurant panoramique et ateliers œnologiques, Chambert incarne une vision ambitieuse et moderne du Cahors biodynamique.

  • Château Lamartine

    Le Château Lamartine cultive 38 hectares certifiés en agriculture biologique à Soturac, à l’extrême ouest de l’appellation Cahors. La famille Gayraud y travaille depuis quatre générations un coteau d’un seul tenant, planté sur les anciennes terrasses du Lot. Le malbec domine l’encépagement et signe des vins puissants, portés par la fraîcheur atlantique. Lise et Benjamin Gayraud perpétuent cet héritage, du Cahors traditionnel à la cuvée Tandem.

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